RAPPORT INT 2015
Rapport Planète Vivante Océans
Espèces, habitats et bien-être humain
W W F Le WWF est l’un e des organ isation s in dépen dan tes de con servation de la n ature les plus im portan tes et les plus expérim en tées au m on de. Elle com pte plus de 5 m illion s d’adhéren ts et dispose d’un réseau m on dial actif dan s plus de 10 0 pays.
La m ission du WWF est de stopper la dégradation de l’en viron n em en t n aturel de la plan ète et de con struire un aven ir où les hum ain s viven t en harm on ie avec la n ature, en con servan t la diversité biologique m on diale, en assuran t l’utilisation souten able des ressources n aturelles ren ouvelables et en prom ouvan t la réduction de la pollution et du gaspillage.
S o cié té zo o lo giq u e d e Lo n d re s Fon dée en 18 26, la Société zoologique de Lon dres (ZSL) est un e organ isation in tern ation ale scientiîque, de conservation et d’éducation. Sa mission est d’assurer et de promouvoir la protection des an im aux et de leurs habitats à travers le m on de en tier. La ZSL gère le Zoo de Londres et le Zoo de Whipsnade, eectue des recherches scientiîques à l’Institut de zoologie et participe activement aux eorts mondiaux de conservation. Elle concourt à l’établissement de l’Indice Planète vivante® dans le cadre d’un partenariat collaboratif avec le WWF.
W W F-In te rn a tio n a l Aven ue du Mon t-Blan c 1196 Glan d, Suisse www.pan da.org
In s titu t d e zo o lo gie Société zoologique de Lon dres Regent’s Park, Londres NW1 4RY, R.-U. www.zsl.org/ in dicators www.livin gplan etin dex.org
Conception graphique : millerdesign.co.uk
Photo de couverture : © naturepl.com / David Fleetham / WWF
R a p p o r t P la n è t e v iv a n t e Publié tous les deux ans, le Rapport Planète vivante du WWF compte parmi les grandes analyses scientiîques de la santé de notre planète et de l’impact qu’ont sur elle les activités humaines. Le Rapport Planète vivante 2014 a documenté un déclin alarmant de la biodiversité en m ettan t en éviden ce la chute de m oitié des population s d’espèces entre 1970 et 2010. Il a aussi montré que l’humanité, en particulier dans les nations développées, soum ettait toujours la n ature à des pression s in souten ables.
Cette édition spéciale se pen che plus précisém en t sur ces con clusion s et leurs im plication s dans le milieu marin. Preuve du manque d’attention porté jusqu’ici à l’océan, les don n ées dispon ibles sur les écosystèm es m arin s et sur les im pacts hum ain s qu’ils subissent sont limitées. Néanmoins, les tendances dégagées dans le présent document plaiden t san s am biguïté pour un e restauration de la san té de n os océan s.
ISBN 978-2-940529-24-7
Rapport Planète Vivante® et Indice Planète Vivante® sont des marques déposées du WWF-International.
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INTRODUCTION
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CHAPITRE UN : L’ÉTAT DE NOTRE PLANÈTE BLEUE L’In dice Plan ète Vivan te m arin Poisson s Autres espèces H abitats
CHAPITRE DEUX : NOTRE OCÉAN SOUS PRESSION Notre océan sous pression Surpêch e Aquaculture Tourism e Ch an gem en t clim atique In dustries extractives Pollution terrestre
CHAPITRE 3 : POURQUOI SOMMES-NOUS CONCERNÉS ? Pourquoi som m es-n ous con cern és ? Les im plication s socio-écon om iques du déclin des océan s L’in visibilité de la valeur de la n ature, cause m ajeure du déclin océan ique Un océan d’opportun ités
CHAPITRE 4 : PROTÉGER … CONTRE VENTS ET MARÉES Les solution s pour un e plan ète bleue La Vision pour un e seule plan ète en action
LA PROCHAINE FOIS SERA LA BONNE
RÉFÉRENCES
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POUR PRÈS DE 3 MILLIARDS DE PERSONNES, LE POISSON CONSTITUE LA PRINCIPALE SOURCE DE PROTÉINES.EN TOUT, LA PÊCHE ET L’AQUACULTURE FONT VIVRE 10 À 12 % DE LA POPULATION DU GLOBE.60 % DE LA POPULATION MONDIALE VIT À MOINS DE 100 KM DES CÔTES. LES POPULATIONS DE VERTEBRÉS MARINS ONT DÉCLINÉ DE 49 % ENTRE 1970 ET 2012.LES POPULATIONS D’ESPÈCES DE POISSONS CONSOMMÉES PAR LES HUMAINS ONT CHUTÉ DE MOITIÉ, VOIRE DAVANTAGE POUR CERTAINES DES ESPÈCES LES PLUS IMPORTANTES.ENVIRON UNE ESPÈCE DE REQUINS ET DE RAIES SUR QUATRE EST DÉSORMAIS MENACÉE D’EXTINCTION, POUR L’ESSENTIEL À CAUSE DE LA SURPÊCHE.LES RÉCIFS CORALLIENS ONT PERDU PLUS DE LA MOITIÉ DE LEURS CORAUX DURS CONSTRUCTEURS DE RÉCIFS AU COURS DES 30 DERNIÈRES ANNÉES.DANS LE MONDE, LA COUVERTURE DE MANGROVE S’EST RÉTRÉCIE DE PRÈS DE 20 % ENTRE 1980 ET 2005.29 % DES STOCKS HALIEUTIQUES SONT SUREXPLOITÉS.SI LA TEMPÉRATURE CONTINUE À AUGMENTER AU RYTHME ACTUEL, L’OCÉAN DEVIENDRA TROP CHAUD POUR LES RÉCIFS CORALLIENS EN 2050.LES LICENCES MINIÈRES CONCÉDÉES POUR EXPLOITER LES FONDS MARINS COUVRENT 1,2 MILLION DE KILOMÈTRES CARRÉS.PLUS DE 5 000 MILLIARDS DE MORCEAUX DE PLASTIQUE, PESANT EN TOUT QUELQUE 250 000 TONNES, FLOTTENT DANS L’OCÉAN.LES ZONES MORTES APPAUVRIES EN OXYGÈNE SE MULTIPLIENT SOUS L’EFFET DU RUISSELLEMENT DES NUTRIMENTS. L’OCÉAN PROCURE AU MOINS 2 500 MILLIARDS DE BÉNÉFICES ÉCONOMIQUES PAR AN.À PEINE 3,4 % DES OCÉANS SONT PROTÉGÉS, ET SEULE UNE FRACTION DE CETTE SURFACE EST EFFICACEMENT GÉRÉE.LE FAIT DE PORTER LA PART DES AIRES MARINES PROTÉGÉES À 30 % DE LA SUPERFICIE OCÉANIQUE POURRAIT GÉNÉRER 920 MILLIARDS D’US$ ENTRE 2015 ET 2050.
Rapport Plan ète Vivan te Océan s page 2
© WWF-Canon / Matthew Lee POUR UNE PLANÈTE BLEUE VIVANTE Notre océan, cette imposante étendue bleue qui déînit notre planète depu is l’espace et sem ble en appar en ce si r ich e, est en cr ise. Dan s l’avan t-pr opos du Rappor t Plan ète Vivan te 20 14 du WWF, j’in diqu ais que cette pu blication n e con ven ait pas au x âm es sen sibles. Vér itable r adioscopie des espèces m ar in es et des h abitats don t elles dépen den t, le pr ésen t r appor t s’an n on ce au ssi peu r éjou issan t. L’In dice Plan ète Vivan te (IPV) m ar in pr ésen té ici suit de pr ès l’évolution de l’IPV global, qui r évèle un déclin d es population s de ver tébr és M arco Lam bertin i de 52  depuis 1970. Si cet état des lieux su̇t en lui-mmeDirecteur gén éral à don n er l’alar m e, ce qui se cach e der r ièr e l’IPV m ar in global en dit lon g du W W F-In tern ation al su r l’im m in en ce de la cr ise socio-écon om ique qui n ou s atten d. Lor squ’on s’in tér esse au x espèces de poisson s les plus étr oitem en t liées au bien -êtr e h u m ain , on s’aper çoit que leur s popu lation s son t en ch u te libr e. Or , n on seu lem en t le poisson con stitu e jusqu’à 60 % de l’appor t pr otéiqu e dan s les pays côtier s, m ais il fait au ssi vivr e plusieur s m illion s de petits pcheurs et une industrie dont les revenus se chirent en milliards de dollar s à l’éch elle du globe. Qu’il s’agisse des r écifs cor allien s, des m an gr oves ou en cor e des h er bier s m ar in s, les h abitats don t dépen den t les poisson s son t tous autan t m en acés. De m an ièr e gén ér ale, le tableau n ’a jam ais été au ssi clair : en m au vais gestion n air es, n ou s con du ison s collectivem en t l’océan au bor d Les tendances du pr écipice. A en juger par le r ôle vital de l’océan pou r n os écon om ies et par sa con tr ibution essen tielle à la sécu r ité alim en tair e (par ticu lièr em en t dégagées dans pou r les com m un au tés littor ales pauvr es), ce con stat est tou t sim plem en t in acceptable. Nous pou von s d’ailleu r s légitim em en t n ou s dem an der si ce rapport les retombées économiques de l’eondrement des écosystèmes océaniques n e r isquer aien t pas de déclen ch er la pr och ain e r écession plan étair e et r u in er plaident sans les pr ogr ès r éalisés su r le ch em in de l’ér adication de la pau vr eté. Cela dit, des solu tion s existen t : les pr atiqu es de pêch e ver tu eu ses ambiguïté pourmettant în aux prises accessoires, aux déchets et à la surpche la suppression des subventions néfastes et de la pche non réglementée une restaurationla protection des habitats clés et d’une portion océanique su̇samment vaste pou r per m ettr e la r égén ér ation de ses r essour ces vivan tes et la pr éser vation de la santé dedes espèces emblématiques et lieux exceptionnels  la baisse des émissions de CO2, source d’une acidiîcation océanique potentiellement désastreuse. nos océans. L’océan dispose d’u n e au tr e gr an de qualité : écosystèm e plan étair e dyn am ique et in ter con n ecté, il se r égén èr e assez vite lor sque les pressions qu’il subit sont ėcacement matrisées. Le WWF dr esse h abituellem en t l’état de san té de la plan ète tous les deux an s. L’ur gen ce de la situ ation et la n écessité d’agir dès m ain ten an t, n ou s am èn e cepen dan t cette an n ée à m ultiplier les aver tissem en ts pou r le bien de l’océan . Cer tes, la com m un auté in ter n ation ale a fait de la san océan ique l’un e des pr ior ités de l’agen da de développem en t du r able post-20 15, m ais ces en gagem en ts doiven t se tr aduir e par des in vestissem en ts con cr ets visan t à r estau r er et à gér er du r ablem en t les r essou r ces m ar in es. Le r yth m e d’évolution de l’océan est tel qu’il n ’y a pas de tem ps à per dr e, car ces tr an sfor m ation s se dér oulen t de n otr e vivan t. Nou s pouvon s et n ous devon s ch an ger de tr ajectoir e dès à pr ésen t.
Référen ces page 3
CHAPITRE UN : L’ÉTAT DE NOTRE PLANÈTE BLEUE Sur l’le de Mali aux Fidji, Alumita Camari ȧche son savoir-faire en manipulant avec adresse un crabe de palétuviers récalcitrant frachement capturé dans la mangrove.Mita, comme on l’appelle couramment, passe pour trele meilleur pcheur de crabes du village. Mère célibataire, elle est tributaire de la pche pour subvenir à ses besoinset à ceux de sa îlle. Aux Fidji, la vie a toujours été modelée par l’océan.Cette nation insulaire du Paciîque abrite le Grand récifdes Fidji, baptisé localement Cakaulevu. Long de plusde 200 km, il forme la troisième barrière récifale du globe après la Grande Barrière de corail australienne et le Récif mésoaméricain, situé au large de la c{te caraïbede l’Amérique centrale.
Le récif et les écosystèmes associés, tels les mangroves,sont essentiels à l’économie du pays et au mode de viedes habitants : ils procurent des aliments, attirent chaque année des centaines de milliers de touristes et protègentles zones c{tières des temptes. Or, à l’instar des autres écosystèmes marins, les récifs coralliens déclinent sur toute la planète. Tandis queles populations d’espèces marines s’appauvrissent,leurs habitats sont dégradés ou en voie de destruction.La formidable biodiversité de notre planète bleue, de mme que les cultures littorales variées qui l’habitent, font plusque jamais face à un avenir incertain.
© Jürgen Freund / WWF-PaciIc
L’Indice Planète Vivante marin Le Rapport Planète Vivante 2014 a exposé l’état alarmant du monde naturel dont dépendent à la fois nos sociétés et nos économies. L’Indice Planète Vivante (IPV), qui mesure la tendance suivie par 10 80 populations de  08 espèces vertébrées, a ainsi reculé de 52  entre 1970 et 2010. En d’autres termes, les populations de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons ont vu leur eectif chuter en moyenne de moitié en à peine 40 ans, preuve que l’humanité soumet toujours la nature à des pressions insoutenables et menace du mme coup son bien-tre et sa prospérité à long terme. Les écosystèmes Àéchissant, la satisfaction des besoins élémentaires d’une population humaine en plein essor va devenir un déî de plus en plus di̇cile à surmonter. L’IPV des populations marines, établi pour le présent rapport, a enregistré une régression de 49  entre 1970 et 2012 (Figure 1). Basé sur les évolutions observées chez 5 829 populations de 1 24 espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et de poissons, il a été calculé à partir de près de deux fois plus d’espèces et de lieux que celui du Rapport Planète Vivante 2014, et donne par conséquent un tableau encore plus précis (et plus sombre) de la santé océanique.La période s’étendant de 1970 au milieu de la décennie 1980 a connu la contraction la plus marquée, suivie d’une relative stabilité, avant que l’eectif des populations ne reparte récemment à la baisse. L’indice global masque toutefois des écarts considérables entre régions : si les eectifs sont en hausse sous les latitudes élevées (par rapport à un niveau lui-mme en net retrait), ils déclinent en revanche en milieu tropical et subtropical. Le présent chapitre se propose d’analyser plus înement ces données. L’environnement marin ne faisant pas l’objet d’un suivi continu, on note un déîcit de données dans certaines régions. La Société zoologique de Londres (ZSL) a créé des indices pour un certain nombre d’écosystèmes et de catégories d’espèces au sujet desquels les rapports publiés, les articles de revues et les recherches halieutiques mettent à notre disposition su̇samment de données îables.
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Va leu r d e l’in d ice (19 70 = 1)
0 1970
1975
1980
1985
1990 1995 An n ée
Rapport Planète Vivante Océans page 
2000
2005
2012
Fi g u r e 1 : l’IP V m a r i n g l o b a l a e n r e g i s t r é u n d é c l i n d e 4 9 % e n t r e 19 70 e t 2 0 12 . Ce résultat repose sur les tendances relevées chez 5 829 populations de 1 24 espèces (WWF-ZSL, 2015).
Lég en d e
Indice Planète Vivante marin
Limites de conîance
Fi g u r e 2 : l’i n d i c e d e s p o i s s o n s c o n s o m m é s a d é c l i n é d e 5 0 % e n t r e 19 70 e t 2 0 10(W W F-ZSL , 20 15). Lég en d es
Indice des poissons consommés Limites de conîance
Fi g u r e 3 : l’i n d i c e d e s S c o m b r i d é s (t h o n s , m a q u e r e a u x , b o n i t e s ) a r e c u l é d e 74 % e n t r e 19 70 (W W F-ZSL , 20 15). Lég en d e
Indice des Scombridés
Limites de conîance
Poissons Sur les 90 espèces de poissons marins prises en compte par l’IPV, 1 4 populations représentant 492 espèces sont réputées consommées, que ce soit pour la subsistance des populations locales ou à des îns commerciales. L’indice englobant l’ensemble des espèces de poissons consommées montre une réduction de 50  de l’eectif de leurs populations dans le monde entre 1970 et 2012 (Figure 2). S’agissant des populations de poissons consommées, les sources de données font état de menaces pour 45 d’entre elles. A la première menace que représente l’exploitation dans la grande majorité des cas, s’ajoutent d’autres menaces : la dégradation et/ou la perte des habitats et les impacts du changement climatique.
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1
Valeur de l’in dice (1970 =1)
0 1970
1980
1990 Année
2000
2010
Pour les espèces de poissons occupant une place de choix dans les économies régionales, les moyens d’existence ou l’alimentation, le déclin s’avère parfois encore plus dramatique. Tel est notamment le cas des Scombridés, famille englobant les maquereaux, thons et bonites : leur indice, basé sur les données de 58 populations appartenant à 17 espèces, a connu une chute de 74  entre 1970 et 2010 (Figure ). Bien que le déclin le plus rapide ait été observé entre 197 et 1990, aucun signe de véritable redressement n’a été observé au niveau mondial.
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1
Valeu r d e l’in d ice (1970 = 1)
0 1970
1980
1990 Année
2000
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Chapitre 1: L’état de notre planète bleue page 7
Autres espèces Le déclin observé chez les populations de poissons l’est également chez les autres espèces marines. Les écosystèmes marins étant étroitement liés entre eux, ce mouvement est susceptible de se diuser aux réseaux trophiques marins et d’altérer ainsi le fonctionnement de l’écosystème océanique tout entier (McCauley et coll., 2015). Or non seulement la Liste rouge de l’UICN répertorie un nombre croissant d’espèces marines menacées, mais seule une petite fraction d’espèces marines connues a été évaluée et, dans de nombreux cas, les données sont insu̇santes pour dresser un bilan satisfaisant (Figure 4). Les études et le suivi des espèces de poissons et d’invertébrés marins doivent donc tre approfondis de toute urgence, en particulier pour déterminer le niveau des menaces pesant sur elles. Dans ce rapport, nous avons sélectionné trois groupes d’espèces pour illustrer le niveau de stress subi par la biodiversité et la santé de l’écosystème marin : les holothuries (l’un des rares groupes d’espèces invertébrées à avoir fait l’objet d’un suivi relativement détaillé)  les requins et les raies, qui comprennent de nombreuses espèces menacées et pour lesquels le déîcit de données est parfois criant  et les tortues marines, dont le statut d’une partie des espèces, en danger critique d’extinction, explique les actions de conservation prises en leur faveur.
100
80
60
40
Contacts terrestres
P o u r ce n t a ge d e s e s p è ce s 20
0
TM 7
PM 36
OMR 478
SLM 82
Exclusivement aquatique
CS 88
PRDS 530
PC 1061
PRM IM ~15,050 ~151,150
Fi g u r e 4 : e s p è c e s m a r i n e s m e n a c é e s r é p e r t o r i é e s d a n s l a L i s t e r o u g e d e l’U ICN . Les m en a ces se r ép a r t issen t en t r e les ca tég or ies « étein te » (or a n g e), « en d a n g er » (r ou g e ; r eg r ou p e les ca tég or ies « en d a n g er cr it iqu e » et « en danger » en danger sur la liste de l’UICN), « données insuîsantes » (v er t cla ir) et « n on év a lu ée » (m a r r on). Les g r ou p es en t r a n t en con ta ct a v ec la ter r e fer m e p en d a n t u n e p a r t ie d e leu r ex isten ce (v er t) son t d ist in g u és d es esp èces exclu siv em en t a q u a t iqu es ( bleu cla ir). Le n om br e tota l d ’esp èces est im ées d a n s cha q u e g r ou p e est d on n é sou s le g r a p hiq u e (M cCa u ley et coll., 20 15).
Rapport Planète Vivante Océans page 8
Lég en d e
Non-étudiée Pénurie de données
Eteinte Menacée
Gr o u p e s d ’e s p è c e s TMTortues marines P MPinnipèdes et mustélidés marins OM ROiseaux de mer et de rivages S LMSerpents et lézards marins CSCétacés et siréniens P R D SPoissons à nageoires rayonnées diadromes ou d’eau saumtre P CPoissons cartilagineux P R MPoissons à nageoires rayonnées exclusivement marins I MInvertébrés marins
Fi g u r e 5 : é v o l u t i o n d e s p r i s e s m o n d i a l e s d ’h o l o t h u r i e s r e t r a c é e à p a r t i r d e s d o n n é e s d e l a FAO (Pu r cell et a l., 20 13). Lég en d e
Prises mondiales d’holothuries
H o lo th u r i e s ( c o n c o m b r e s d e m e r ) Présentes dans le monde entier, les holothuries sont pchées et vendues dans plus de 70 pays (Purcell et coll., 2012). Elles jouent un r{le vital dans leur écosystème en régulant la qualité de l’eau, en fouillant les sédiments, en recyclant les nutriments et en servant de proie aux espèces commerciales que sont, notamment, les crustacés. Réputées pour tre un mets rȧné, elles sont aussi très prisées pour leur chair, notamment en Asie. A l’échelle mondiale, la pche des holothuries s’est massivement développée ces 25 dernières années (Figure 5). Or la surexploitation de nombreuses populations entrane une réaction en cascade dans l’écosystème. Certaines zones dépourvues d’holothuries sont ainsi devenues inhabitables pour d’autres organismes, car non seulement les holothuries remuent le sable en se nourrissant des matières organiques qui y sont mlées, mais les nutriments qu’elles sécrètent peuvent tre absorbés par les algues et les coraux (Mulcrone, 2005). Aux Galpagos, les populations d’holothuries se sont eondrées de 98  entre 199, année d’ouverture de la première pcherie légale, et 2004 (Shepherd et coll., 2004). Mme constat dans la mer Rouge égyptienne, o leur recul a atteint 94  entre 1998 et 2001 pour cause de surexploitation (Lawrence et coll., 2005). Malgré l’interdiction de la pche en 200, l’eectif des populations y a à nouveau diminué de 45  entre 2002 et 2007 (Ahmed et Lawrence, 2007). Si certaines espèces commerciales reviennent dans les zones o elles ont été victimes de surpche, il n’existe néanmoins aucune preuve de reconstitution de leurs stocks.
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To n n e s ( s é ch é e s ) x 1,0 0 0 4
0 1950
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1980 An n ée
1990
2000
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L’amélioration de la gouvernance des pcheries d’holothuries est donc vitale. Les mesures de gestion doivent prendre en compte les stocks d’holothuries, les écosystèmes auxquels elles appartiennent, et les facteurs socio-économiques dictant leur exploitation (Purcell et coll., 201).
Chapitre 1: L’état de notre planète bleue page 9