Religion et société aux Etats-Unis

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Introduction du chapitre consacré à la problématique du lien entre religion et société aux Etats-Unis depuis les années 1860.

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Publié le 29 avril 2013
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   C’est en 1492 que l’Amérique rentre dans l’Histoire. Découverte par Christophe Colomb, cette terre qu’il croyait être les Indes va attirer pendant les siècles à venir aventuriers, colons, missionnaires, etc. Cinq ans plus tard, en 1497 , ce nouveau continent prend son nom d’Amérique, que lui donne Amerigo Vespucci, conscient qu’il ne s’agit pas des Indes. A l’emplacement de ce qui deviendra les Treize colonies vivaient déjà des peuples, nommés « Indiens » ou encore « Peaux-rouges », et plus récemment « Amérindiens » voire même « First Nation ». Ceux-ci n’empêchèrent nullement les colons de s’installer, et en 1607, avec la création de la ville de Jamestown par des envoyés de la London Virginia Company , naît la Colonie de Virginie, première des Treize.      En 1620 , les Pères pèlerins (ou « Pilgrim Fathers »), débarquent sur la côte Est des futurs Etats-Unis, à la pointe de la presqu’île de Cape Cod, à l’emplacement de Provincetown, Massachussetts. C’est ici que 41 d’entre eux, sur la centaine de passagers du Mayflower , signèrent le Mayflower Compact . Ce document, est considéré comme le premier acte gouvernemental de la colonie de Plymouth, et comme l’un des textes fondateurs de la Constitution des Etats-Unis. Il institue un gouvernement fondé sur un modèle démocratique majoritaire, destiné à prévenir les possibles dérives des colons. En effet, les Pères pèlerins étaient censés débarquer dans l’estuaire de l’Hudson, et s’installer sur un territoire cédé par le roi à la London Virginia Company . Cependant, ayant pris la décision de s’arrêter plus tôt, dix-huit serfs engagés proclamèrent leur indépendance vis-à-vis de leur statut. C’est pourquoi les « Pilgrim Fathers » voulurent instituer une base de corpus législatif pour éviter les dérives. Par la suite, dès 1630, de nombreux autres protestants anglais, mais aussi allemands, fuyant l’oppression religieuse (de Jacques I er pour les anglicans), s’établirent sur la côte Est. Devenues une terre d’accueil  pour les chrétiens du monde entier, les Colonies continuent leur développement. L’empreinte religieuse  se fait de plus en plus sentir, et la question de la laïcité des Etats-Unis s’heurte à certaines déclarations faites à l’époque. Ainsi, en 1772, Samuel Adams, alors député au Congrès Continental (il deviendra par la suite gouverneur du Massachussetts), écrit dans une lettre aux colons américains : « La Providence a donné à notre peuple le choix de ses dirigeants. Il est un privilège, un devoir ainsi que dans l’intérêt d’une nation chrétienne de préférer et de choisir des chrétiens comme dirigeants. »    
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    En 1775, les Treize Colonies s’unissent, et signent l’année suivante le 4 juillet 1776  la Déclaration dIndépendance des Etats-Unis. Celle-ci place le pays sous la « protection de la divine Providence ». Rédigé par Thomas Jefferson, le texte est signé par 56 délégués réunis à l’Independence Hall, Pennsylvanie. Cherchant à ramener les colonies dissidentes dans son giron, le Royaume-Uni envoie son armée, et la Guerre d’Indépendance  commence en 1775. L’aide française, avec La Fayette, contribua à la victoire des « Patriots ». Ce faisant, la guerre s’achève en 1783 par le Traité de Paris reconnaissant l’indépendance des Etats-Unis. La Constitution des Etats-Unis est adoptée par une Convention réunie à Philadelphie le 17 septembre 1787 . Les dix premiers amendements arrivent avec le Bill of Rights  (la Déclaration des Droits ); proposés en 1789, et ratifiés en 1791. Le Premier amendement commence par l’ « Establishment clause » : « Congress shall make no law respecting an establishment of religion » (« le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion »), qui est suivie par la « Free exercise clause » :  or prohibiting the free exercise... » (« ou interdisant le libre exercice... »). Egalement célèbre, le « Deuxième amendement accorde aux citoyens le droit de porter une arme pour se défendre.     Après la fin de la Guerre d’Indépendance commence une période de conquête de l’Ouest , de repoussement permanent de la « frontière » ; facilitée par les divisions entre tribus indiennes. Il s’agit alors de coloniser le « Nouveau monde », par opposition à « l’Ancien », c’est-à-dire l’Europe. C’est durant cette époque que l’individualisme naît et se tisse à travers un esprit de pionnier, d’aventurier, et de missionnaire. La Conquête du « Far West » et le temps des chariots prend fin en 1867 , avec l’achat de l’Alaska à la Russie. Le territoire continental actuel des Etats-Unis est alors conquis. Entre-temps, les Etats-Unis se sont construits comme un puzzle : achat de la Louisiane à la France de Napoléon I er  pour 15 millions de dollars de l’époque en 1803, rattachement du Texas en 1848 à l’issue d’une guerre contre le Mexique espagnol qui perd 40% de son territoire d’antan, ou encore l’achat de la Bande de Gadsden pour faciliter le tracé d’une ligne de chemin de fer en 1853, etc. Cette expansion est basée sur la conviction que ce territoire leur a été donné par la Providence : c’est la destinée manifeste » ou « Manifest Destiny », une idéologie selon laquelle la nation américaine « aurait reçu pour mission divine de répandre la civilisation et la démocratie vers l’Ouest. L’expression apparaît pour la première fois en 1845 sous la plume de John O’Sullivan, à propos de l’annexion du Texas et de l’Oregon, dans l’éditorial du United States Magazine and Democratic Review : « Il est de notre destinée manifeste de nous étendre sur le continent offert par la Providence pour le libre développement de notre grandissante multitude. » Cependant, les affrontements avec les tribus amérindiennes se poursuivent jusqu’en 1890, date du massacre de Wounded Knee , où près de 350 Sioux Lakota Miniconjous périssent ; qui marque traditionnellement la fin de cette épopée. Les tribus survivantes sont depuis 1830 déportées dans des réserves par train, et dépossédées de leurs terres. Il est intéressant de noter que c’est à cette époque, en 1895, que le cinéma naît ; et qu’à travers lui la conquête du « Far West » ne s’est jamais achevée.
 
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     La population qui vit sur le territoire des Etats-Unis est majoritairement d’origine anglo-saxonne et de religion protestante. L’empreinte d’un protestantisme rigoriste façonne le territoire . Ainsi le puritanisme , une doctrine calviniste prônant une stricte observance des règles religieuses et une rigueur morale, considère le territoire des Etats-Unis comme une terre vierge appelée à devenir un paradis terrestre. Au milieu du XVIII ème , le mouvement du Grand Réveil (« Great Awakening ») redynamise la vie religieuse protestante, et conduit à l’ancrage des valeurs puritaines dans l’Ouest. A la même époque, dans les anciens Etats sécessionnistes, l’anglicanisme cède la place à un protestantisme plus conservateur, dont le mouvement baptiste. C’est la naissance de la « Bible Belt » (littéralement la « Ceinture de la Bible »), une zone géographique et sociologique marquée par une empreinte très forte d’un protestantisme rigoriste. L’expression étant forgée par le journaliste et sociologue américain H. L. Mencken, surnommé « le Sage de Baltimore », au début des années 1920. Cependant, la population des Etats-Unis est loin de former un bloc. En effet, la Guerre de Sécession (1860-1865) divise les Américains et laisse de profondes séquelles dans les esprits. En outre, elle ne parvient pas non plus à abolir l’esclavage, ni à apaiser les tensions entre communautés, comme le prouvera par la suite la légalisation de la ségrégation raciale. Un autre coup porté à l’intégrité de la nation est l’arrivée des premiers immigrants  catholiques et juifs. En effet, jusqu’à la fin du XIX ème  siècle, les nouveaux arrivants étaient majoritairement des WASP : White Anglo-Saxon Protestant . Mais l’ouverture du centre d’accueil d’Ellis Island, à New York, en 1892, marque l’accélération des flux de migrants, et l’arrivée en force d’ autres religions . Ainsi, le catholicisme fit-il son entrée parmi les populations irlandaises (chassées par la grande famine – « the Blight » – qui sévit entre 1845 et 1851) et italiennes (fuyant la misère). Ces nouveaux arrivants s’installent majoritairement dans les grandes villes du Nord-Est. De 1880 à 1920, la population des Etats-Unis passe de 50 à 106 millions d’habitants.     On peut définir la religion comme étant un ensemble déterminé de dogmes, de rites et de croyances régissant au travers d’une pratique individuelle ou collective, le lien de l’homme avec le sacré, et une ou plusieurs divinité(s). L’empreinte de la religion reste forte au travers de l’histoire des Etats-Unis, et n’a pas perdu de son influence. En effet, on peut lire sur les billets de dollars « In God we trust » depuis 1956 ; devise ayant remplacée le « E pluribus unum » (« De plusieurs un »). En outre, on peut remarquer que dans la majorité des cas, les hommes politiques achèvent leurs discours par un « God bless America » (« Dieu bénisse l’Amérique »). Pour le sociologue Robert Bellah, qui a beaucoup travaillé sur la religion civile en Amérique, les Etats-Unis sont « le pays de Dieu ». Mais, quelques décennies plus tard, force est de constater qu’ils sont devenus le pays des dieux compte tenu de la diversification des églises dans le paysage américain.         ! "  # $ %   &  # $ % '     # ! (  
 
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