THESE Charlotte ULLMANN

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NOTES, COMPTE RENDUS, INFORMATIONS 169 INFORMATIONS 40SYMPOSIUM NETSUDS 2007 L’objectif global de la rencontre était de contribuer à mieux comprendre les réalités des conditions et formes d’usages des TIC en Afrique sub-saharienne à l’heure où sont mis en œuvre le plan d’action de Genève ainsi que l’Agenda de Tunis (Sommet Mondial sur la Société 41de l’Information) . Il s’agissait de présenter et discuter les systèmes d’accès aux TIC mis en place dans les zones défavorisées de différents pays, notamment les formes d’accès au public de type associatif ou communautaire, mais aussi de prendre en compte les accès aux TIC fournis par des petits opérateurs privés dans les télécentres, cybercentres et boutiques de tailles diverses. La question du « service universel » est aujourd’hui placée au cœur du débat international et national (UIT, NEPAD) sur l’équipement et les usages des télécommunications 42dans les pays les plus pauvres . Que signifie cette notion là où l’accès aux réseaux reste un problème crucial comme c’est le cas dans tous les pays d’Afrique sub-saharienne même si les situations nationales sont extrêmement variées et ont évolué très rapidement ces dernières années ? L’accès public aux TIC, qu’il relève des secteurs privé, associatif ou des instances publiques, est la principale forme d’accès dans des pays où les coûts du matériel et de la connexion sont très élevés par rapport au niveau de vie de la population, et même en ...

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Langue Français
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NOTES, COMPTE RENDUS, INFORMATIONS
169
INFORMATIONS
SYMPOSIUM NETSUDS 2007
40
L’objectif global de la rencontre était de contribuer à mieux comprendre les réalités
des conditions et formes d’usages des TIC en Afrique sub-saharienne à l’heure où sont mis en
oeuvre le plan d’action de Genève ainsi que l’Agenda de Tunis (Sommet Mondial sur la Société
de l’Information)
41
. Il s’agissait de présenter et discuter les systèmes d’accès aux TIC mis en
place dans les zones défavorisées de différents pays, notamment les formes d’accès au public
de type associatif ou communautaire, mais aussi de prendre en compte les accès aux TIC
fournis par des petits opérateurs privés dans les télécentres, cybercentres et boutiques de tailles
diverses.
La question du « service universel » est aujourd’hui placée au coeur du débat
international et national (UIT, NEPAD) sur l’équipement et les usages des télécommunications
dans les pays les plus pauvres
42
. Que signifie cette notion là où l’accès aux réseaux reste un
problème crucial comme c’est le cas dans tous les pays d’Afrique sub-saharienne même si les
situations nationales sont extrêmement variées et ont évolué très rapidement ces dernières
années ? L’accès public aux TIC, qu’il relève des secteurs privé, associatif ou des instances
publiques, est la principale forme d’accès dans des pays où les coûts du matériel et de la
connexion sont très élevés par rapport au niveau de vie de la population, et même en valeur
absolue (de l’ordre de 6 à 20 fois plus que dans des pays développés). On peut parler de cette
mutualisation comme d’une forme particulière d’appropriation des TIC qui concerne à la fois
le téléphone fixe avec ses télécentres, Internet avec ses cybercafés et la téléphonie mobile avec
ses points phones. Du point de vue de leur évolution, entre 1999 et 2002, les accès publics
communautaires et privés à Internet, se sont multipliés en Afrique, d’abord dans les capitales
puis dans certains pays, dans les villes secondaires, mais à des rythmes et selon des modalités
très différenciées. Ensuite, il semble qu’il y ait eu une certaine pause dans les équipements,
voire une crise avec une succession de créations et de disparitions surtout des petits
établissements privés, tandis que les cybercentres subventionnés parvenaient difficilement ou
40
Accès aux TIC et service universel en Afrique Sub-saharienne. Comparaisons et dynamiques
; Campus
numérique francophone de l'AUF à Dakar, 26-28 novembre 2007, par le Groupe de recherche
international du CNRS,
NETSUDS.
Afin de confronter les expériences et points de vue sur les
modes de développement souhaitables pour un meilleur accès aux TIC, la rencontre a réuni
différents types de personnes concernées : les chercheurs ayant réalisé les études en Afrique et
d’autres chercheurs ayant travaillé sur d’autres continents ; la société civile impliquée dans
l’accès public aux TIC ; les opérateurs économiques locaux impliqués dans l’accès public aux
TIC (entreprises, gérants de cybercentres privés, opérateurs de réseaux, fournisseurs
d’accès…), ; les administrations publiques nationales et locales ; les responsables institutionnels
de projets de développement ; etc..
41
Cette rencontre s’est située dans le cadre du Groupe de recherche international du CNRS
Netsuds. Elle a été organisée en collaboration avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO),
avec l’Agence de régulation des télécommunications et des postes ARTP du Sénégal, et avec les
Université de Saint Louis (Africajuris) et de Bambey (Sénégal). Voir les communications en
power point et en video en ligne sur, http://www.gdri-netsuds.org/spip.php?article129. Un
prochain numéro de Netsuds est en préparation.
42
En particulier avec la tenue des premiers Sommets mondiaux de la société de l’information
(Genève décembre 2003 et Tunis novembre 2005).
NETCOM, vol. 22 (2008), n
°
1-2 & NETSUDS, vol. 3 (2008)
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pas du tout à assurer leur durabilité économique. Pourtant les besoins se sont créés, la
demande est loin d’être satisfaite et ces accès sont nécessaires à la diffusion des usages. Depuis
2004, la diffusion de l’accès à haut débit grâce à l’amélioration des infrastructures
internationales change la donne ; l’amélioration de la connexion va de pair avec la diminution
des coûts et un regain d’activité s’observe jusque dans les villes secondaires auparavant peu ou
mal desservies. Les raisons de ces évolutions sont complexes et multiples.
Outre son intérêt académique, cette rencontre présentait un intérêt certain pour les
acteurs des politiques des TIC en général, et dans le contexte des projets de développement
(ADEN, CMC, TCP, télécentres, autres). Tous ont en effet besoin de connaître en détails les
conditions et formes d’usages des TIC sur le terrain pour pouvoir affiner leurs actions. Ces
études sont également un support de vulgarisation aux enjeux empiriques et théoriques que
posent les modes d’appropriation des TIC en condition d’accès public.
Annie CHENEAU-LOQUAY
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Coopération décentralisée entre la Communauté d’Agglomération de Castres-Mazamet
(France) et la Ville de Guédiawaye (Sénégal)
La communauté de travail réunie lors des rencontres régionales de l’eatlas
francophone de l’Afrique de l’ouest a exprimé son intention de se doter d’une plateforme
collaborative, outil d’information sur les relations entre sociétés, TIC et territoires en Afrique
de l’ouest. La conception d’un portail collaboratif dédié à la gouvernance locale et au
développement durable dans l’agglomération dakaroise a été retenue comme un de ces projets.
Son objectif est bien de concourir à l’observation et l’analyse de la mobilisation et de
l’utilisation des TIC mises au service de la gouvernance locale dans le cadre de collectivités
locales sénégalaises. Une première matérialisation de ce projet se met en place à partir de la
collaboration engagée entre la Communauté d’Agglomération de Castres Mazamet et la Ville
de Guediawaye, dans le cadre des projets de coopération décentralisée soutenus par le
Ministère des affaires étrangères au titre de la solidarité numérique.
Plusieurs collectivités locales se sont impliquées. La ville de Guédiawaye
44
s’est
engagée dans une démarche de projet de ville puis d’
Agenda21
local qui lui a donné une
expérience de réalisation de diagnostic spatial et de développement de projets participatifs dans
un contexte de mobilisation importante des partenaires sociaux. La Communauté
d'agglomération de Castres, instituée le 1er janvier 2000, s’est dotée de la compétence
optionnelle du développement de l'enseignement supérieur, de la recherche et du transfert de
technologie (Plateforme Numérique de Castres-Mazamet). Par ailleurs, l’Université de
Toulouse le Mirail est associée au projet par l’implication du Laboratoire Interdisciplinaire
Solidarités Sociétés Territoires (LISST-CIEU). L’ambition du projet est de construire un espace
de travail collaboratif avec l’ensemble des acteurs impliqués sur un territoire, dans le but
d’augmenter les potentialités de participation à la gouvernance de ce territoire. Il passe par la
conception et l’animation d’un portail de mise à disposition d’une information concertée,
validée et accessible par les acteurs territoriaux, les acteurs institutionnels, des acteurs de la
société civile et des partenaires académiques et l’émergence d’un savoir faire local dans
43
Responsable scientifique du symposium, coordinatrice du GDRI Netsuds
44
Située sur la frange littorale de la région de Dakar population estimée à 500 000 habitants en
fait la troisième ville du Sénégal.
NOTES, COMPTE RENDUS, INFORMATIONS
171
l’utilisation de ces techniques. Le projet se décline en plusieurs volets : transfert d’expérience et
de savoir faire dans la construction d’un système d’information territoriale communautaire ;
analyse des conditions de l’adaptation et expérimentation des outils au contexte d’une ville
africaine en développement ; formation à l’usage des outils d’information collaboratifs pour les
cadres des organisations territoriales et de la société civile ; recherche de méthodes de
coproduction des informations territoriales par tous les acteurs territoriaux ; ouverture à
d’autres partenariats en vue de l’extension du projet à l’agglomération dakaroise.
Françoise DESBORDES
45
Master 2 Professionnel « eAdministration et Solidarité Numérique »
Le Master 2 Professionnel «
eAdministration et Solidarité Numérique
»
46
a pour objet de
former des personnels des TIC pour les collectivités locales. Il a trois grandes orientations : le
déploiement de l’Administration électronique (levier important de la modernisation de
l’administration locale, des services publics locaux, voire de la démocratie locale) ; le rôle des
TIC dans les projets de développement local (les TIC sont souvent intégrées aux politiques
publiques d’aménagement du territoire et de développement territorial) ; la coopération
décentralisée et la « solidarité numérique » (réduire la « fracture numérique » en élaborant des
projets en partenariat entre différentes collectivités des pays du Nord et du Sud).
Cette formation est installée à Castres-Mazamet (Centre Universitaire de Formation
et de Recherche Jean-François Champollion) qui a orienté son campus sur la question des TIC.
Les i-jumelages au service de la solidarité internationale et du développement local
(Information de l’Association « Villes internet »)
L’association « Villes internet »
47
propose depuis plusieurs années aux collectivités
françaises de mettre en action des i-jumelages. L’idée est simple : utiliser Internet comme
vecteur pour la construction de ces nouvelles solidarités internationales entre acteurs locaux,
collectivités locales et acteurs du tiers secteur non marchand. Il s’agit de mettre très
concrètement en place via Internet de nouveaux modes de co-développement, basés sur des
logiques de réciprocité, d’échanges de savoir et de compétences, Nord-Sud mais aussi Sud-Sud.
Les collectivités locales sont la bonne échelle territoriale pour mettre en action ces
échanges. Les multiples initiatives, de ce qui est appelé dans le jargon institutionnel « la
coopération décentralisée », fortes de succès modestes mais très tangibles, tendent à se
multiplier et à se diversifier, incluant chaque fois une diversité plus grandes d’acteurs,
collectivités locales mais aussi associations, ONG, syndicats.
Le 19 décembre 2007 s’est tenue à l’auditorium Léopold Sédar Senghor du Campus
numérique francophone (Agence universitaire de la Francophonie, AUF, Dakar) la cérémonie
de remise des trophées de la première édition du label Villes Internet Afrique, en vue de
récompenser les meilleurs sites web réalisés par des villes africaines. S’inspirant du mode de
fonctionnement de l’Association française « Villes Internet », ce label associe un collège de
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LISST – CIEU, Maison de la Recherche, Université de Toulouse-Le Mirail, desborde@univ-tlse2.fr
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O
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octobre 2007 sur le Campus universitaire de Castres-Mazamet, il
s’appuie sur l’équipe LISST-CIEU, UMR 5193 du Cnrs. http://www.master-easn.com/
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http://www.villes-internet.net/
NETCOM, vol. 22 (2008), n
°
1-2 & NETSUDS, vol. 3 (2008)
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scientifiques et de personnalités du monde des Tic qui composent le « Jury ». Cette année 2007
étant considérée comme le prototype de ce label, le concours s’est adressé aux communes du
Sénégal. Les villes lauréates de ce concours 2007 sont la ville de Gorée, qui reçoit le
« Baobase » d’or, la commune d’arrondissement de Grand Dakar, qui reçoit le « Baobase
d’argent », et la commune d’arrondissement de Médina Gounass, avec le « baobase de
bronze ». Le Jury a décerné par ailleurs le « prix spécial du Jury » à la commune
d’arrondissement de Yoff.
Florence DURAND-TORNARE
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48
Déléguée et fondatrice de l’Association « Villes Internet ». Courriel : fdurand@la-sdi.net