Discussion pratique et discussion stratégique au nom de l'environnement. Différents modes de concertation pour définir des règles de gestion des marais - article ; n°1 ; vol.270, pg 19-35

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Économie rurale - Année 2002 - Volume 270 - Numéro 1 - Pages 19-35
Two dialogue plans, distinguished by their participants and the modal of discussion, were launched in 1990 in Charente-Maritime about the marsh management. They have produced various results: le- gitimization of collaboration relations on one hand, formulation of a technical problematic on the other hand. These results are complementary to further define new action rules. But their difficult linking questions the conditions to consider the practitioner's knowledge, and the possibilities to fit the plans to the discussions progress. The evolving and pragmatic nature of the plans proved a condition to have a productive dialogue about ideas.
Deux dispositifs de concertation, renvoyant à des acteurs et à des modes de discussion différents, ont été mis en place à partir des années quatre-vingt- dix à propos de la gestion des marais en Charente- Maritime. Ils ont produit des résultats différents: légitimation de relations de collaboration jusque-là difficiles d'un côté, formulation d'une problématique technique de l'autre. Ces résultats sont complémentaires pour faire avancer la définition de nouvelles règles d'action. Mais leur articulation difficile interroge les conditions de la prise en compte du savoir des praticiens, ainsi que les possibilités d'adapter les dispositifs en fonction de l'évolution des discussions. Le caractère pragmatique et évolutif des dispositifs s'avère une condition d'une concertation productive sur le plan des idées.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 2002
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Langue Français
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Mme Jacqueline Candau
MME Claire Ruault
Discussion pratique et discussion stratégique au nom de
l'environnement. Différents modes de concertation pour définir
des règles de gestion des marais
In: Économie rurale. N°270, 2002. pp. 19-35.
Abstract
Two dialogue plans, distinguished by their participants and the modal of discussion, were launched in 1990 in Charente-Maritime
about the marsh management. They have produced various results: le- gitimization of collaboration relations on one hand,
formulation of a technical problematic on the other hand. These results are complementary to further define new action rules. But
their difficult linking questions the conditions to consider the practitioner's knowledge, and the possibilities to fit the plans to the
discussions progress. The evolving and pragmatic nature of the plans proved a condition to have a productive dialogue about
ideas.
Résumé
Deux dispositifs de concertation, renvoyant à des acteurs et à des modes de discussion différents, ont été mis en place à partir
des années quatre-vingt- dix à propos de la gestion des marais en Charente- Maritime. Ils ont produit des résultats différents:
légitimation de relations de collaboration jusque-là difficiles d'un côté, formulation d'une problématique technique de l'autre. Ces
résultats sont complémentaires pour faire avancer la définition de nouvelles règles d'action. Mais leur articulation difficile
interroge les conditions de la prise en compte du savoir des praticiens, ainsi que les possibilités d'adapter les dispositifs en
fonction de l'évolution des discussions. Le caractère pragmatique et évolutif des dispositifs s'avère une condition d'une
concertation productive sur le plan des idées.
Citer ce document / Cite this document :
Candau Jacqueline, Ruault Claire. Discussion pratique et discussion stratégique au nom de l'environnement. Différents modes
de concertation pour définir des règles de gestion des marais. In: Économie rurale. N°270, 2002. pp. 19-35.
doi : 10.3406/ecoru.2002.5324
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_2002_num_270_1_5324iscussion pratique
et discussion stratégique
au nom de l'environnement
Différents modes de concertation
pour définir des règles de gestion des marais
Jacqueline actions Bordeaux localisées • CANDAU, Claire RUAULT, Cemagref, Gerdal, Unité Groupe de Recherche: d'expérimentation Agriculture et recherche, dynamique développement de l'espace rural, et
La protection des zones humides tend à gonistes, la Ligue de protection des oiseaux
s'imposer comme problème légitime (Comm (LPO), association de de la nature
issariat général du Plan, 1994; ministère d'envergure nationale ayant son siège social
de l'Environnement, 1994) et fait dès lors en Charente-Maritime, n'a cessé de dé
l'objet d'interventions publiques de plus en noncer depuis les années soixante-dix les
plus fréquentes. Mais pour autant, les modal aides publiques attribuées au drainage des
ités de mise en œuvre sont loin d'être évi terres de marais1. L'autre protagoniste, les
dentes lorsqu'il s'agit de passer des objectifs élus professionnels de la Chambre d'agri
à la construction d'actions. À l'échelle local culture, en majorité céréaliculteurs, soutien
e, les acteurs gestionnaires et les usagers, en nent que «la grande culture» est pour les
premier lieu les agriculteurs, se trouvent agriculteurs de cette zone la seule voie éco
confrontés à une demande de changement nomique viable2.
de leurs pratiques. Ce sont leurs nonnes L'évolution du contexte européen, condi
d'action et leurs façons de concevoir l'util tionnant certaines aides à la mise en œuvre
isation de ces zones humides qui se trouvent pratique de mesures de protection écologi
mises en question. Ces espaces de marais, que de ces zones, ainsi que l'expression loca
essentiellement décrits en termes de potent le de cet affrontement, ont conduit le préfet
iel de production agricole, vis-à-vis duquel du département à s'impliquer pour que
l'un des objectifs était la maîtrise de l'eau soient définies de nouvelles règles de gestion
pouvant aller jusqu'à l'assèchement, sont des zones de marais. Un protocole, dit
aujourd'hui également valorisés pour leur
caractère humide et la vie faunistique et flo-
1. Les marais de Charente-Maritime ont connu au ristique spécifique qu'ils abritent. cours des années 1970-1980 des «aménagements»
Les marais charentais, au sud et au nord importants. Par le drainage et l'aplanissement, a
ainsi été mise en culture une part importante des de Rochefort, cristallisent de manière exemp
surfaces au détriment de la prairie naturelle et du laire les enjeux liés à ces deux qualifica caractère humide du milieu.
tions, qui étaient perçues jusqu'ici comme 2. Pour une présentation analytique de ce conflit,
incompatibles, conduisant les acteurs qui les nous renvoyons le lecteur aux écrits de J.-P. Billaud
(1996). portaient à entrer en conflit. L'un des
Économie Rurale 270/Juillet-août 2002 .«s mulées de la même façon en relation avec
s d'autres protagonistes, dès lors que la dé
des «agriculture-environnement», construire 1991, charges dont «par le conforme but la concertation» et les aux principes objectifs est un signé sont de cahier proen de finition et la mise en œuvre d'une action
impliquent une diversité d'acteurs qui n'ont
tection et de production. Celui-ci devrait per pas la même vision des choses et le même
mettre de concilier - et de traduire en normes rapport à une situation donnée. C'est notam
précises d'action - la préservation du carac ment le cas pour les questions de gestion du
tère humide du milieu et la prise en compte territoire, de pollution ou d'aménagement de
l'espace. des objectifs des acteurs économiques, en
premier lieu ceux des agriculteurs. Ensuite, nous présenterons les principales
Dès lors, ces derniers sont placés, avec caractéristiques des deux processus de con
l'ensemble des différents acteurs concernés, certation analysés et nous donnerons un apeu
devant «l'obligation» de trouver un nouveau rçu du contenu des échanges auxquels ils ont 3
mode de discussions. C'est ainsi qu'entre donné lieu. Dans la dernière partie, nous pro
1991 et 2000, des réunions ont été organisées céderons à une analyse comparative des ré
dans deux cadres relativement différents: sultats et des difficultés inhérentes à chacun
- un dispositif de concertation organisé à d'eux. Loin de les voir inconciliables, nous
l'échelle départementale auquel ont partici soulignerons leur complémentarité quant à
pé la majorité des acteurs institutionnels ce qu'ils produisent, en soulignant et en ana
concernés par la gestion des marais; lysant toutefois la difficulté qu'il y a à les
- un dispositif d'action locale où des agri articuler.
culteurs se sont réunis entre eux d'une part,
et ont organisé, d'autre part, des rencontres Le cadre d'analyse:
avec d'autres acteurs (LPO et inra3). une lecture cognitiviste
Notre réflexion est centrée sur la question et interactionniste de la concertation
suivante: Comment, entre des acteurs ayant
des points de vue aussi différents que ceux En choisissant la concertation comme princi
pe de travail, les autorités publiques souhaides agriculteurs, des associations de protec
tent donner la parole aux acteurs et ouvrir un tion de la nature, des ostréiculteurs, des ad
ministrations publiques chargées de la mise espace de débat où les différentes concept
ions puissent s'exprimer. C'est là sans doute en œuvre des mesures de protection ou enco
l'enjeu central de toute concertation si elle re des organismes de développement agricol
n'est pas restreinte à une démarche e, une problématique de gestion des
procédurale5: aménager un espace de discusmarais peut-elle se construire de manière
sion pour construire collectivement des décollective ? Quels sont les principaux fac
teurs qui conditionnent la possibilité pour cisions par la confrontation des idées, ce que
ces différents acteurs de contribuer à la dé Habermas (1989) a appelé espace public.
finition des solutions concrètes T4
Tout d'abord, nous expliciterons dans quel 4. Nos travaux ont été menés dans le cadre du pr
cadre d'analyse nous situons ces questions et ogramme de recherche pnrzh, Programme national
de recherche sur les zones humides - Aramis, en comment nous les traitons d'un point de vue collaboration avec I'inra de Saint-Laurent-de-la- méthodologique. Précisons que si elles sont Prée. Les sociologues du GERDAL, Groupe d'expé
ici posées à propos de protagonistes précis, rimentation et recherche: développement et actions
dans un contexte spécifique (tel que présenté localisées, étaient impliqués dans ce programme à
un double titre : (i) pour mener une étude des formes plus haut), ces questions pourraient être
d'organisation sociale des agriculteurs, ainsi que de
l'évolution de leurs pratiques et conceptions; (ii)
3. Institut national de la recherche agronomique qui pour appuyer la mise en place d'un dispositif d'ac
a une station expérimentale en Charente-Maritime. tion locale avec les agriculteurs.
20 Économie Rurale 270/Juillet-août 2002 L'idée de construction collective implique dus ici comme une ou un ensemble de ques
de considérer qu'il n'y a pas une seule façon tions qui a un sens pour un acteur donné). La
pré-déterminée de traiter les problèmes. On a «bonne» prairie pour l'éleveur, n'est pas la
même «bonne» prairie pour le promeneur ou ici une situation caractéristique d'une ten
l'écologiste soucieux de protéger les sion entre une urgence à agir et le fait qu'en
oiseaux. La façon dont ces conceptions (vimême temps on ne sache pas exactement ce
sions des choses) vont pouvoir être mises à qu'il faut faire6. Certes il existe une certaine
contribution pour formuler des questions à connaissance scientifique des phénomènes,
résoudre, va constituer un facteur au regard qui peut s'exprimer par la voix des experts:
duquel chacun des acteurs va (re)considérer des critères d'évaluation d'une richesse bio
son engagement dans le processus en cours. logique par exemple, ou encore les liens qui
peuvent être établis entre telles pratiques et L'intérêt porté à l'échange entre acteurs
tels effets sur la faune et la flore. Si cette en termes de confrontation et de production
d'idées nous conduit à mettre l'accent sur la connaissance peut contribuer à dresser un
discussion en tant que situation d'interaction état des lieux, à caractériser la situation, elle
verbale. La production de parole n'est pas ne définit pas un problème à traiter, et encore
équivalente à la somme des pensées indivimoins des règles opérationnelles.
duelles. Pour Mead (1934), le dialogue, s'il Le produit attendu de la concertation, un
doit se prolonger, exige l'inter-compré- cahier des charges susceptible d'orienter
hension. Le processus de convergence à l'action pratique, suppose donc qu'il y ait un
l'œuvre procède par ajustements successifs travail spécifique de formulation et de trait
(Rogers et Kincaid, 1981) et peut aboutir à ement des problèmes, qui relève d' un proces
des significations partagées ou à une redéfid' élaboration de connaissances sus collectif
nition du sens des mots (Bakhtine, 1929) qui pour l'action (Berger et Luckmann, 1966;
permettent à chacun des interlocuteurs de se Darré, 1996). C'est ce que nous appelons la
situer. construction cognitive de l'action.
Pour cela, il s'agit de concilier des points
Le produit des discussions: quelle lecture? de vue divers. Nous parlons ici de points de
vue objectivement situés en référence à une Nous partons de l'hypothèse selon laquelle la
activité et une position sociale (Prieto, 1975) nature et le produit des discussions entre ac
et déterminant une certaine connaissance de teurs, ainsi considérés en termes de product
la réalité 7, une façon d'évaluer l'état du mar ion de connaissances, sont liés aux cadres
ais à partir de catégories propres de classifi d'interaction dans lesquels elles s'opèrent.
cation. De ce fait, une première difficulté Ces cadres, constitués par les dispositifs de
tient au fait que les acteurs en présence ne concertation mis en œuvre, sont caractérisés
formulent pas les mêmes problèmes (enten- tout d'abord par la configuration sociale des
acteurs présents dans un lieu déterminé de
discussion; celle-ci définit un système de po5. Le risque, dans une perspective procédurale, est
de restreindre la participation des différents acteurs sitions sociales8. C'est aussi un mode pratique
à leur nomination dans le dispositif de concertation. d'organisation des discussions: fréquence et Ce seul indicateur ne dit pas dans quelle mesure tel
acteur présent à la table de discussion a pesé dans
les débats, dans quelle mesure ses idées se retrou 7. La connaissance dont il s'agit est celle qui se rap
vent dans l'action finale à mettre en œuvre (Can- porte à ce que les gens connaissent comme réalité
dau, 1999). dans leur vie quotidienne: la «connaissance
6. Comme c'est aujourd'hui souvent le cas autour commune», par différence avec «les formulations
des questions d'environnement: pollution de l'eau, théoriques de la réalité, qu'elles soient scientifi
dégradation d'un milieu, érosion, etc. Voir Ruault ques, philosophiques ou idéologiques» (Berger et
et Lemery (2000). Luckmann, 1966).
Économie Rurale 270/Juillet-août 2002 modalités de convocation et de conduite des tion se centre sur ce qui s'est dit au fil des
échanges. Enfin, la nature des «intersections» réunions. Notre matériau est constitué par
entre différents lieux de discussion (de par les l'ensemble des notes prises au cours de ces
I échanges qui se sont déroulés entre 1991 positions de multi-appartenances des protagon
s et 2000, consignant les propos tenus par les istes) joue sur la manière dont les objets de
uns et les autres, en reprenant leurs termes. débats circulent. L'ensemble de ces éléments
va contribuer à créer une certaine dynamique Le contenu des échanges est analysé à
des points de vue, favorisant plus ou moins ce partir de la notion de surface du problème
que nous appellerons une coopération sur le (Darré, 1993). La surface du problème peut
plan des idées. être considérée comme le «produit
d'intégration» à la fois des différentes conPour autant, cet intérêt pour la confronta
ceptions exprimées par les acteurs en prétion d'idées ne nous fait pas oublier que dans
sence et de la façon dont elles se sont contoute interaction sociale se jouent également
frontées. Concrètement, cela se traduit par des rapports de force. Au cours des discus
un ensemble de formulations de questions et sions, chaque personne peut chercher à impos
d'objectifs, qui évolue en permanence; cerer sa vision des choses, mettant pour cela à
tains objets de discussion apparaissent ou profit son autorité sociale et donc sa légitimité
disparaissent, des idées sont retenues ou reconnue dans les systèmes d'action locaux,
non, des accords se font ou au contraire des nationaux ou autre. Dans ces relations de pou
divergences se figent. L'évolution de la survoir, les différents acteurs veulent maintenir
face du problème peut être qualifiée en teou renforcer leur position socioprofessionnell
rmes de réduction ou de diversification des e et institutionnelle. Lorsque l'argumentation
questions, de maintien ou perte de sa pertdes protagonistes vise explicitement à mainten
inence suivant les différents acteurs conceir ou renforcer leurs ressources d'autorité
rnés selon, notamment, qu'il y a imposition (Lémery et al, 1997)9 et, plus largement, lor
ou non de certaines visions. On observera sque les modes d'engagement visent de façon
aussi les processus de concentration ou spécifique de tels objectifs, nous parlerons de
d'élargissement de la prise de parole, sadiscussion stratégique. Cependant, ces deux
chant qu'au départ les acteurs en présence dimensions, pratique et stratégique n'inte
n'ont pas, du fait des écarts de positions rviennent pas nécessairement de façon disso
sociales, le même «droit» à la parole. ciée dans l'échange.
Les indicateurs sont les suivants: quels D'un point de vue méthodologique et dans
sont les objets de discussion? Quels sont les la perspective ainsi définie, notre observa-
préoccupations, les problèmes et les object
ifs formulés selon les participants, avec
8. M. Bakhtine (1929) souligne que ce qui est dit quels écarts ou divergences de sens? Comdépend de l'identité des personnes en présence: ment évoluent ces différentes formulations? «Le mot s'adresse à un interlocuteur; il est fonc
Quelles sont les idées reprises, ignorées, tion de la personne de cet interlocuteur: il variera
selon qu 'il s 'agit d'un homme du même groupe so écartées? Quelles sont les personnes qui
cial ou pas, selon qu'il est inférieur ou supérieur prennent ou non la parole, répondent à qui, et
dans la hiérarchie sociale, selon qu 'il est lié ou non sur quel registre (technique ou stratégique)? au locuteur par des liens sociaux plus ou moins
Quels sont les ajustements des différentes étroits.» (Ed. 1977, p. 123).
façons de voir les choses? 1i a-t-il avancée 9. Par mode d'engagement des acteurs nous
entendons: les buts poursuivis en participant aux ou blocage dans la définition des problèmes
réunions, la place accordée à la concertation dans à traiter et dans la recherche de solutions? les activités de l'institution et dans sa politique gé
Ces éléments sont rapportés aux caractéristnérale. Ce qui se traduit par une façon de s'organi
iques des cadres de discussions, telles que ser pour participer: qui fait quoi, avec quel mandat
et quel statut? précisées ci-dessus.
22 Économie Rurale 270/Juillet-août 2002 Les échanges ment), des références concernant la gestion
des niveaux d'eau en vue d'atteindre un au sein du comité technique du
«optimum biologique» sur les marais. La Protocole Agriculture-Environnement
parole - et la vision - des experts se trouvent
Le dispositif de concertation tel que défini ainsi placées au centre des discussions, aux
dans le protocole Agriculture-Environne dépens de celle des praticiens. L' UNIMA ne
ment de 1991 attribuait à un comité dé manque pas de réagir à cela sur la base de
partemental constitué à cet effet le rôle de son expérience de gestionnaire: «Dites-nous
veiller à la mise en application des objectifs clairement ce qu'il va falloir faire» (...)« Si
de préservation et de développement écono c'est géré comme ça actuellement, c'est pour
mique des marais. Deux ans plus tard, alors telles et telles raisons».
que les discussions sont au point mort, le La LPO et le cpie rendent compte des résul
préfet a pris l'initiative de lancer une nouvell tats de leur étude en termes de «besoins de
e instance de concertation: le comité tech submersion fréquents des prairies naturelles
nique. Mis à part les élus des collectivités au moment des haltes migratoires», et de
territoriales qui n'y furent pas conviés, les «besoins d'inondation pour les zones de
participants sont identiques à ceux du comit frai», et préconisent de «réduire le décalage
é départemental et la diversité de leur sphè entre la gestion actuelle et l'objectif
re sociale et technique traduit en acte le sou biologique». Les discussions s'engagent alors
ci de concertation. Se retrouvent ainsi, à propos de la notion d'optimum biologique.
durant huit réunions entre 1993 et 1995, des Les prises de parole des uns et des autres
élus professionnels ostréicoles et agricoles recouvrent à la fois des enjeux cognitifs et
(Chambre d'agriculture, fdsea), des repré des enjeux stratégiques. La Chambre d'agri
sentants d'associations de protection de la culture réagit vivement à ce strict objectif
nature, de la Fédération de chasse et de pê d'optimum biologique: «N'oubliez pas les
che, des organismes d'aménagement des agriculteurs» (...)« il faut prendre en compt
marais (UNIMA et syndicats de marais), des e les préoccupations économiques des
organismes de recherche (inra, ifremer), acteurs». Mais elle en reste à une formulation
et enfin des administrations compétentes générale, qui traduit une position stratégique
(DIREN, DDAF, DDE)10. plus que technique: pas de propositions pré
Le sous-préfet ouvre la première réunion cises sur les moyens pour y parvenir, aucune
en énonçant l'objectif qu'il poursuit: «II faut précision n'est apportée concernant les diffé
que le cahier des charges avance»11. Il pro rentes pratiques des agriculteurs. Ces der
pose pour cela une démarche de travail que niers apparaissent comme un groupe unifor
soutiennent la diren et la lpo: obtenir, grâce me, les éleveurs et les cultivateurs n'étant pas
à une étude réalisée par la LPO et le cpie distingués.
(Centre permanent d'initiation à l'environne- Le représentant de I'inra conteste aussi
l'approche retenue, en développant cepen
10. Fdsea, Fédération départementale des syndi dant une argumentation scientifique: «Quel
cats d'exploitants agricoles. UNIMA, Union lien existe-t-il entre l'eau de surface et le
cale des marais de Charente-Maritime. Ifremer, niveau d'eau du réseau?» (...) « Les praiInstitut français de recherche pour l'exploitation de
ries sèches et les prairies naturelles sont la mer. DlREN, Direction régionale de l'environne
ment. Ddaf, départementale de l'agricul complémentaires», et en mettant en cause la
ture et de la forêt. Dde, Direction départementale démarche de travail adoptée pour élaborer
de l'équipement. Cpie, Centre permanent d'initia les cahiers des charges: «II faut prendre en tion à l'environnement.
compte la gestion des parcelles par les agri1 1 . Les passages en italique et entre guillemets sont
culteurs à l'échelle locale» (...)« Les objectdes fragments des discussions prises en note lors
des réunions. ifs biologiques seront plus durables si les
Économie Rurale 270/Juillet-aoùt 2002 sions, les deux dernières réunions sont cette agriculteurs détermination y adhèrent. à aborder » On peut la dimension voir dans
centrées sur la question de savoir quelle dé
technico-économique de l'usage des marais, marche de travail adopter pour continuer. En
une volonté d'obtenir, en tant qu'expert de parlant de démarche de travail, les partici
pants s'interrogent - c'est un exposé de I'il'agriculture, une marge d'initiative plus imI
nra qui se trouve au centre des discussions - portante dans le processus de concertation et
une reconnaissance de ses compétences en sur deux points:
matière de production agricole sur les espa 1. Quelles études faut-il conduire pour avoir
ces de marais. des références «solides» (i.e: scientifiques)
Au cours des dernières réunions, les a sur la gestion du marais?
rguments et propositions de I'inra vont 2. Comment mettre en place une démarche
plus «participative» à l'échelle des marais? prendre une place croissante dans le débat.
Les discussions vont déboucher sur l'éla En revanche, l'objectif technique, d'élabo
rer le cahier des charges, qui reste central rgissement des objectifs du futur cahier des
charges puisque au seul «optimum pour le préfet, est laissé de côté. À aucun
biologique» vient s'ajouter la nécessité de moment n'est discuté par exemple de «qui»
devrait mettre en œuvre ce futur cahier des prendre en compte «les conséquences tech
niques et économiques» des évolutions encharges: les agriculteurs exploitant des terres
visagées et «la participation des agricul dans les marais? les syndicats de marais, re
teurs à la démarche». Ceci s'accompagne sponsables de la gestion hydraulique des ré
d'un nouvel équilibre des positions respec seaux d'assainissement? ou bien les deux?
tives de chacune des institutions partic L'UNIMA a simplement exprimé sa volonté
ipantes et d'une description du marais plus de ne pas avoir à «gérer des objectifs
complexe qui témoigne de la prise en biologiques» tels que déclinés dans les résul
compte du regard spécifique des représent tats de la première étude. La question des
ants agricoles et de I'inra. Les oiseaux en modifications de pratiques de gestion, qu'il
migration à la recherche d'abri pour faire s'agisse de gestion de l'eau ou d'utilisation
halte et les oiseaux de milieux humides mis des terres, reste absente des discussions. Et
c'est finalement une certaine «dispersion» en péril en période de reproduction ne sont
dans l'objet du débat qui est perceptible. plus les seuls «habitants» des marais. Il y a
aussi des agriculteurs, et dans l'argument Fin 1995, le comité technique cesse de se
aire de I'inra, ce sont plus précisément les réunir, après qu'un accord a été trouvé pour
expérimenter une autre démarche de travail. éleveurs qui sont implicitement désignés.
Les marais y apparaissent en effet comme Il reprendra ses réunions quelques années
une mosaïque de prairies différenciées, plus tard, mais l'objectif de cahier des char
certaines naturelles et d'autres sèches. Cett ges sera abandonné; les instances dé
e approche, en termes de complémentarit partementales de concertation constituées
é, permet à chacun de s'y retrouver: la LPO dans le cadre du protocole Agriculture-Env
parce qu'en faisant état des prairies natu ironnement se centrant sur la mise en place
relles, l'attention est portée au maintien de des Contrats territoriaux d'exploitation (CTE)
parcelles humides, et les représentants au cours duquel un CTE marais sera défini.
agricoles parce qu'ils y voient une façon de Avant d'aller plus loin dans l'analyse de ces
relativiser la place des prairies humides. résultats, voyons ce qu'il en est du côté des
Compte tenu de cet élargissement des ob échanges au sein et autour du groupe d'agri
jectifs qui marque un recadrage des culteurs de Voutron.
24 Économie Rurale 270/Juillet-août 2002 sont alors formulés, parmi lesquels un sur Les échanges
chaque secteur est choisi pour être traité en organisés par le groupe d'agriculteurs
priorité. Sur le secteur de Voutron, un groudu marais de Voutron
pe de travail se constitue ainsi autour du
En juin 1997, six ans après la signature du problème suivant: «Comment faire pour
protocole, les nombreuses réunions au sein être consultés et être entendus apropos des
du comité technique n'ont donc pas abouti à mesures en préparation ?».
la définition du cahier des charges. L'inra Qui sont les agriculteurs qui composent ce
obtient l'accord des autres partenaires im groupe? La plupart d'entre eux habitent les
pliqués et l'aval du préfet pour engager sur trois communes les plus proches du marais:
deux secteurs une démarche «expéri Yves, Thairé et Ballon. Il s'agit principal
mentale» qui permettrait d'associer direct ement d'éleveurs (dix sur les treize personnes
ement les usagers - et d'abord les agricul qui participent régulièrement), mais qui r
teurs -, à l'élaboration des règles de gestion eprésentent une diversité de modes de
des marais. Il propose de travailler à l'échel production: laitiers principalement et mixtes
le du syndicat de marais, c'est-à-dire à lait-viande pour deux d'entre eux, ou éle
l'échelle «habituelle» de gestion hydrauli veurs cultivateurs, sur des exploitations de
que des marais. Cette démarche doit être taille moyenne à importante. Deux agricul
«complémentaire» de celle qui se poursuit teurs sont céréaliers dont un «céréalier pur».
par ailleurs dans le dispositif institutionnel La part du marais dans la surface totale des
de mise en œuvre du protocole. exploitations (de 10 % à 80 %) ainsi que la
Un «dispositif d'action locale» est ainsi part des céréales dans le revenu est très va
mis en place à l'automne 1998, avec l'appui riable d'un agriculteur à l'autre. Le président
méthodologique du GERDAL, sur deux du syndicat de marais, agriculteur à la retrai
marais: Voutron et Moëze, qui couvrent re te, participe aussi régulièrement
spectivement six et dix communes et concer
nent chacun environ soixante agriculteurs. Construction d'une problématique
L'objectif est «d'aider les agriculteurs à fo de l'élevage et discussion «pratique»
rmuler et à traiter les problèmes qu'ils se po avec les acteurs de l'environnement
sent concernant l'avenir de leur activité pro
Les agriculteurs vont se réunir régulièrement fessionnelle dans le marais, en lien avec les
durant deux ans (de 1998 à 2000) et vont mesures de protection environnementale
solliciter à plusieurs reprises des rencontres dont il fait l'objet». Il s'agit aussi de les
avec les autres acteurs: chercheurs de l'iN- aider à «faire des propositions et à s'organi
RA, techniciens de la lpo, représentants des ser pour les négocier avec les différents ac
services de l'État. Les premières réunions teurs auxquels ils ont affaire». Le dispositif
sont l'occasion de préciser les questions est animé par une équipe d'agents de déve
qu'ils se posent et les buts qu'ils poursuiloppement de la Chambre d'agriculture et
vent. Plusieurs types d'arguments sont du cpie ayant reçu une formation ad hoc.
développés: L'inra, qui ne participe pas directement à
• D'un côté, les agriculteurs expriment cerl'animation des réunions, suit les discus
sions qui s'y déroulent. La mise en œuvre du taines «généralités» qui traduisent le sent
dispositif va se traduire concrètement par iment d'être de plus en plus dépendants des
aides à la fois sur le plan technique et finanune première réunion sur chaque secteur à
laquelle tous les agriculteurs sont invités cier, et le sentiment d'impuissance et d'in
(une petite moitié d'entre eux sera présente) certitude vis-à-vis des orientations données
pour y exprimer leurs préoccupations et par l'Union européenne: «Les décideurs,
leurs souhaits. Une dizaine de problèmes c'est la Communauté européenne t et nous,
Économie Rurale 270/Juillet-aoùt 2002 exactement; savoir ce qui dans nos pration n'est pas consultés, les CTE qu 'est-ce que
ça va être exactement?» C'est aussi leur ques est bon ou pas». À partir d'une mise à
vision générale des écologistes qui est réaf plat de ce que fait chacun sur son exploitat
ion, les agriculteurs construisent un argufirmée, mettant en avant une distance de
points de vue quasi infranchissable: «Des mentaire visant à démontrer le «pourquoi»
gens qui voient la nature depuis la ville, de leurs pratiques de conduite des prairies en
zone de marais. D'autres discussions suivent alors que nous, on en vit. Eux, ils veulent
faire vivre les petits oiseaux» où le but est de se mettre d'accord sur des
propositions plus précises et sur des princi• D'un autre côté, ils développent une éva
pes à respecter. Pour prendre en compte la luation précise de leur situation, évaluation
qui met en évidence la diversité des diversité des situations, les agriculteurs dé
fendent par exemple la nécessité d'une souexploitations : «H faut voir individuellement,
plesse dans les normes à définir: «Permettre un céréalier, un éleveur» et le fait que les
l'ensilage et le pâturage au fil sur certaines conséquences des mesures de protection du
parcelles, des niveaux de fertilisation variamarais ne soient pas les mêmes pour tout le
bles suivant les exploitations; ne pas fixer monde; «le problème de piétinement est lié
des dates de fauche pendant cinq ans». au chargement, le lait c'est 1 ha sur une
semaine, la viande c'est 1 ha pour trois Les échanges avec la LPO ont ainsi été
vaches. » À partir de l'expérience pratique d'ordre essentiellement technique. La LPO de
qu'ils ont de l'OGAF-environnement (Opéra son côté affine sa vision des choses, en pré
tion groupée d'aménagement foncier), di cisant notamment «qu'il ne s'agit pas de
vers aspects des systèmes de production convertir tout le marais à un type de
sont passés en revue: dates de fauche, mo pratiques», et en mettant en avant la notion
des de récolte, niveaux de chargement, ferti de biodiversité à l'échelle du marais. Les
lisation. . . 12 agriculteurs souhaitent aborder la biodiversi
Les objectifs du groupe «pour se faire té du marais sous l'angle agricole: «faire un
entendre» se précisent autour de quatre points: bilan des pratiques et de leurs effets sur la
faune et la flore», bilan qu'il faudrait faire 1. S'organiser au niveau du groupe et
«avoir des idées concrètes» (sur ce qu'on «en arpentant les parcelles avec eux (les
écologistes)». Mais cet objectif traduit l'ipeut faire).
ntégration dans leur raisonnement de critères 2. Revoir la représentation professionnelle
autres que strictement productifs. dans les instances officielles où on discute
Cette notion de biodiversité à l'échelle du du marais: «on est représenté par des gens
marais va progressivement constituer un qui ne sont pas dans le marais, c'est
«pont cognitif » entre la vision des uns et des inadapté».
autres. Même s'ils l'utilisent dans un sens 3. Rencontrer les écologistes et négocier d
sensiblement différent: richesse biologique irectement avec eux.
pour la LPO au regard du nombre d'espèces 4. «Voir ce que fait l'iNRA, et à quoi pour
présentes et de leur rareté; diversité des praraient servir leurs études sur l'agriculture».
tiques agricoles pour les agriculteurs, chacun Une première rencontre avec la LPO est
s'y retrouve du fait d'une observation plus préparée sur un double objectif: d'une part
fine et plus complexe à la fois des pratiques «leur expliquer ce qu'on fait et nos condi
et des critères de description du marais. tions de travail» et, d'autre part, leur poser
Après une année de travail, une certaine des questions sur «ce qu'ils veulent de nous
reconnaissance du groupe par la Chambre
d'agriculture est acquise. La «production» 12. Billaud (1992) décrit la construction stratégique
du groupe et la manière dont se sont déroulés de cette OGAF-environnement par les institutions en
Charente-Maritime. les échanges avec la lpo, loin d'avoir accen-
26 Économie Rurale 270/Juillet-août 2002 1. Des productions de nature différente... tué la distance, ont plutôt favorisé un rappro
chement entre deux acteurs historiquement Le comité technique est mis en place pour
opposés. La Chambre d'agriculture voit dé résoudre une question avant tout d'ordre
sormais dans ce groupe, où sont présents ma pratique: la définition d'un cahier des char
joritairement des éleveurs, un lieu d'élabora ges pour gérer le marais. Le groupe d'agri
tion de propositions qui peut alimenter culteurs du marais de Voutron en revanche
«différemment» la réflexion institutionnelle se constitue pour réfléchir à une question de
en cours sur la définition des CTE. En même nature stratégique: Comment s'organiser
temps, les agriculteurs rencontrent certaines pour être consultés et être entendus à propos
difficultés pour aller plus loin dans l'élabora des mesures en préparation? Or on constate,
tion de propositions. Or ces difficultés parais à la lecture des contenus des débats et de
sent liées, en particulier, à un sentiment d'in leur évolution, une certaine inversion: la
certitude sur la finalité de leur travail. De fait, production est à dominante stratégique pour
la façon dont leurs propositions pourraient le comité technique alors que celle du grou
être prises en compte dans le cadre des di pe d'agriculteurs est à dominante pratique.
scussions institutionnelles sur l'élaboration de Au sein du comité technique, la discussion
règles de gestion du marais n'est pas précisée s'instaure autour d'un objectif d'optimum par les institutions qui en ont la charge.
biologique à assigner au futur cahier des
Cette incertitude sera renforcée par l'inte charges, pour le compléter ensuite par des
rvention d'un céréalier auprès des membres objectifs techniques et économiques et
du groupe pour les inviter à se méfier: «II ne même sociologiques (associer les usagers).
faut pas laisser les écolos nous dicter leur Cet élargissement des objectifs résulte
loi, ils vont nous imposer des contraintes et d'échanges centrés sur la manière de décrire
vous n'aurez pas de compensations». Au les marais («il ne faut pas oublier les
cours du bilan du travail fait dans l'année, les agriculteurs» (...)« les prairies naturelles et
agriculteurs expriment des avancées: «On les prairies sèches»...) où chacun des ac
connaît mieux ce qu'ils (les écologistes) veul teurs veut faire reconnaître sa grille de lectu
ent, comment les décisions sont prises et re. Ce faisant, chacun vise à être reconnu
quelle est leur vision des choses»; «ils ont comme partenaire incontournable et compét
reconnu qu'une seule date de fauche, c'était ent pour définir l'avenir de cet espace. Fina
pas l'idéal... avant, il y avait une différence lement les discussions ont abouti, plus qu'à
et donc les oiseaux allaient un peu partout». un résultat en termes de contenu opération
Mais en même temps ils craignent que «les nel de cahier des charges (elles en sont res
décisions sur l'avenir du marais continuent à tées à des objectifs généraux), à une évolu
se prendre sans nous». tion dans le degré de légitimité accordé
respectivement aux différentes institutions
au sein du comité technique pour traiter le Deux types de production
problème: la LPO a perdu du terrain lorsque complémentaires mais des modes
le strict objectif biologique, champ de ses de concertation difficiles à articuler
compétences d'expert, a été relativisé. Ceci
En nous centrant maintenant sur l'analyse s'est produit au bénéfice de I'inra, et plus
comparative des productions de ces deux marginalement de l'organisme gestionnaire
dispositifs de discussion, voyons ce qui les des marais (I'unima) et de la Chambre
caractérise et comment elles peuvent re d'Agriculture. C'est ainsi que le préfet a don
spectivement contribuer à atteindre l'objectif né son aval à I'inra pour mettre en place une
réflexion avec les agriculteurs et pour mener de départ: l'élaboration de règles de gestion
des études sur les activités d'élevage. Cet des marais.
Économie Rurale 270/Juillet-août 2002