Edition de juin 2007 - édito

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Edition de juin 2007 - édito

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Juin 2007 N°9
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Quelle que soit l’analyse sur les causes de la guerre des Six Jours -Israël avait-il un autre choix que d’atta-quer à l’aube de ce 5 juin 1967 pour désenclaver le blocus dont il était vic-time et écarter la menace pesant sur son existence? Nasser voulait-il vrai-ment la guerre?- les conséquences de ces 6 jours pèsent depuis 40 ans sur les peuples de la région. Alors que toutes les vieilles nations européennes achevaient de se libérer, dans ces années soixante, de leur empire colo-nial, Israël entamait l’occupation de territoires qu’il espérait utiliser comme monnaie d’échange dans le cadre de futures négociations, occupation qui perdure 40 ans après.
Un jour, que nous espérons le plus proche possible, un bilan sera dressé sur ces années. L’énorme gâchis humain avec les milliers de morts qui ont endeuillé la majorité des familles des deux populations impliquées dans cette tragédie sera évidemment le plus lourd. Il sera possible également de quantifier le gâchis économique avec les millions de dollars investis dans les colonies, les routes de contournement, les murs et la répression des Intifadas d’une part et dans l’éducation à la haine et l’encouragement à l’exercice de la terreur d’autre part. En revanche, il sera plus difficile de mesurer l’impact du gâchis qui a transformé l’identité des deux peuples et qui a changé le regard du monde sur eux.
SUR LES ONDES
Vous nous lisez? C’est bien. Nous écouter n’est pas mal non plus! Sur Judaïques-Fm 94.8, un vendredi sur deux à 10h15: «Chroniques pour la paix». Elles y sont rediffusées le vendredi soir et le samedi matin.
1967 ...
Il suffit de se rappeler quelle était l’image d’Israël, il y a 40 ans, symbo-lisée par ce personnage dessiné par Dosh,kova tembelsur la tête (célèbre couvre-chef sans bords des pionniers israéliens) qui semblait si fragile et si porteur d’espoir et de la comparer à celle d’aujourd’hui, partagée entre sol-dat casqué, religieux, papillotes au vent ou colon armé. Quant à l’identité
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palestinienne, si elle s’est construite dans la confrontation avec Israël, puisant même dans l’histoire et les structures du mouvement sioniste un modèle à copier, quelle perspective offre-t-elle aujourd’hui à sa jeunesse, autre que celle d’un islamisme mor-tifère ou d’un pouvoir trop souvent cor-rompu? Quant à la classe politique israé-lienne, elle semble plus préoccupée par la préservation de ses avantages que par l’intérêt public. En outre, la multiplication des affaires lui donne
www.lapaixmaintenant.org
une image parfois délétère, qui lui ôte tout pouvoir d’attraction sur une jeunesse hédoniste, plus attirée par les sirènes de la Bourse ou les promesses de lahigh tech.
Certes, le remède à tous les maux ne viendra pas uniquement de la fin de l’occupation. Mais celle-ci est indis-pensable pour permettre aux deux sociétés de s’atteler à la résolution de leurs problèmes respectifs. Il n’y a bien sûr aucune symétrie entre la position d’un occupant et celle d’un occupé. Mais ces deux sociétés sont prison-nières d’une situation dont elles ne peuvent se libérer qu’ensemble. L’occupation ne pourra cesser que lorsqu’ Israël se sentira suffisamment fort et rassuré pour prendre le risque d’abandonner ces territoires et de se confronter à la frange extrémiste de sa population. Malheureusement le pouvoir pales-tinien, partagé entre le Fatah et le Hamas qui ont deux stratégies opposées, n’est pas en mesure aujour-d’hui de faire cesser les tirs de roquettes sur les villes du Sud du pays. C’est la condition pour une éventuelle énième reprise des négo-ciations. Paradoxalement, alors que, 40 ans après les «trois non de Khartoum» , pour la première fois une réelle possibilité de mettre fin à ce con-flit est envisageable avec l’initiative saoudienne, jamais la classe politique israélienne n’a été aussi faible pour faire face à ce défi. David Chemla
Du 29/8 au 3/9/1967, les Etats arabes, réunis en sommet au Soudan, proclament ce qui deviendra les «trois non de Khartoum» : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non à toute reconnaissance d’Israël.
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