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Diderot le critique,le grand génie..l'ami de J.J Rousseau
Diderot le grand penseur et le grand amoureux des peintres.

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Publié le 03 mai 2012
Nombre de lectures 424
Langue Français

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La vision critique chez Diderot Dr Mohamed Sellam(Université du 7 avril Zawiya (Libye
Diderot critique, voilà ce qui est étonnant à plus d'un titre! C'est vraiment une chose à laquelle on est loin de penser, car Diderot, plus connu justement sous la dénomination de 1 philosophe ou de littérateur que sous celle de critique ... Or, malgré l'idée qu'on s'est faite de Diderot, de son statut dans le monde littéraire et philosophique, de son immense culture, de la mission dont il s'est chargé pour mener à bien l'oeuvre de sa vie, presque le seul objet de ses voeux et de ses préoccupations en l'occurrence l'Encyclopédie, on a le sentiment qu'il n'était pas apte à faire des incursions dans un domaine 2 réservé pourtant à des gens en quelque sorte de moindre envergure. Toutefois Diderot, grâce à une intuition qui, chez lui, quasi infaillible, jointe à une intelligence constamment en éveil, a su mettre en oeuvreles principes d’une critique universelle,contribuant par là à la découverteet à l’exploitation d'autres horizons insoupçonnés 3 dans le monde de la culture. Pour lui, comme pour n'importe quel écrivain de génie, la critique n'est pas l'apanage exclusif d'une élite professionnelle ou d'une catégorie d'intellectuels mineurs ou de bas étage, c'est aussi une opération bénéfique, un travail plus que nécessaire, à appliquer à l'œuvre en cours de création ou même dontd'élaboration est déjà achevée,ce qui permettrait,par un retour en arrière,de remonter jusqu’à sa genèse,pour sonder à fond les données qui avaient été à l’origine de son 4 éclosion . Etre philosophe, cela ne l'empêche nullement de donner son jugement sur une oeuvre littéraire ou picturale quelconque, au contraire, la philosophie, qui s'assigne pour tâche la pénétration progressive dans l'inconnu, en fonction des démarches dialectiques suivies, incite à juger, à reprendre l'oeuvre dès son origine et à lui attribuer la valeur intrinsèque qu'elle mérite. D'où, l'on est tenté de croire que iderot, doué qu'il était de cette aptitude inouïe de juger sainement de toutes choses s'est astreint, en dépit de ses multiples occupations, à descendre dans l'arène et à faire revivre, grâce à une clairvoyance aiguë, le goût de la critique, une critique d'ailleurs plus constructive que destructive, une critique qui ne perd pourtant rien de sa déontologie, mais qui suit rigoureusement une voie où souvent la complaisance s'allie intelligemment à l'ironie... C'est dans ce sens, que Diderot avait abordé successivement et sans relâche, la peinture où il excellait merveilleusement à mettre en relief à la fois les beautés qui sont multiples et les imperfections qui sont rares à la vérité...La littérature, qu'il jugeaitcependant en homme de talent et de goût; c'est un univers dans lequel il trouva cet enchantement, cette magie intellectuelle dont 5 il raffolait ... Et enfin la sculpture, car il n'était pas du tout étranger à cette forme d'art, qui l'enthousiasmait à plus d'un titre. Il en jugeait les oeuvres avec une compétence, une intelligence
1 C’est vrai dans la mesure où ils’était principalement occupétour à tourde littérature et de philosophie,maisson-.exclusivement borné à la curiosité et à l’amateurismestatut de critique s’est 2 .ignoré tout à faitLa critique a ses règles et ses techniques que Diderot,malgré tout,ne semble pas avoir-3 .Cf Rocafort ½Les doctrines littéraires de l’Encyclopédie╗EditionNRF 19034 .Le critiquedoit fouillerdans la vie du créateur pour en comprendre l’oeuvre:ce sera la doctrine de Sainte-Beuve-5 Pourtant on sait bien qu’il s’adonnait à la pratique de la littérature par désoeuvrement:c’était pour lui un moyen de-.se reposer des travaux de haute importancedélassement ,pour
profonde, un esprit d'un vrai visionnaire...D'ailleurs son premier contact avec le monde de l'art, 6 c'était avec la sculpture: son père l'avait placé dès son enfance chez un sculpteur. Comment Diderot conçoit-il la critique ? Il semble évident que Diderot ne posséde aucune conception de la critique du moins celle que l'on concevait à l'époque d'après les canons conventionnels établis à la suite de Boileau... Néanmoins il croyait que toute critique devrait être 7 plus constructive que destructive, nécessairement aimable et amicale que violente et agressive. Cela est peut- être dû au caractère de Diderot, un caractère empreint de bonhomie, de bienveillance et de sollicitude non pas seulement à l'égard de ses plus proches confrères, mais aussi et surtout à l'égard de tout le monde, que l'on appartienne ou non à la République des lettres . De plus, comme nous l'avons déjà souligné plus d'une fois, sa critique, souvent gaie, souriante et bénévole, demeure pour nous, lecteurs de la fin du XXème siècle, peu orthodoxe, en ce sens qu'elle empiéte ou dépasse la critique conventionnelle et n'érige pas en principes l'intransigeance qui est par ailleursle plus souventsimulée ainsi que la rigueur dans 8 l'observation des plus minces détails ... C'est pourquoi, en raison de la sphère très limitée où règne l'esprit de Diderot critique, on ne pouvait se défendre d'éprouver, à la lecture de ses nombreux articles, traitant des problèmes divers, ce sentiment de sympathie, de grandeur et de grâce; que l'on éprouve envers cet homme que l'ingratitude de la postérité a failli mettre dans les oubliettes... Diderot pouvait-il avoir de rapport immédiat avec Boileau d'une part et Voltaire d'autre part ? Si Boileau se caractérise par une sorte de violence, une sorte d'agressivité souvent malintentionnée, enfin une attitude qui frise le mépris le plus impitoyable, et qui va jusqu'à l'invective, au contraire, Diderot, se fait un devoir d'être très complaisant et même plus complaisant qu'il ne l'est en réalité, car entre Boileau, critique sévère et intransigeant, et Diderot, critique aimable et indulgent, la différence, comme on le sait, est incommensurable. Boileau, bien qu'il fût un censeur indomptable, violent et coriace, il n'en eut pas moins raison, car il accomplissait un devoir, il assumait une mission dont il était convaincu et pour laquelle il était destiné, c'était en l'occurrence son propre métier, sa propre besogne, une besogne pénible et dure, il est vrai, jalonnée de beaucoup de risques et d'embûches... Mais qui ne manquait 9 pourtant pas de charme . Diderot, ainsi que Voltaire d'ailleurs, accédant accessoirement à la critique, se trouva comme confronté malgré lui à un cas de conscience dont il cherchait pour de bon à sortir avec honneur et dignité... C'est alors qu'il adopta à bon escient un style conforme à son caractère et à sa nature d'homme calme, sérieux et dévoué...Il ne pouvait se départir de ses propres qualités humaines liées à sa condition de philosophe et de moraliste, contrairement à Voltaire qui, se mêlant lui aussi à la critique, la plupart du temps de façon accidentelle, prit d'assaut ses ennemis et n'eut de cesse qu'il les terrassât, qu'il les plongeât dans la fange de la honte et de l'ignominie, comme on a pu le voir aux prises avec Fréron ou même avec l'Abbé Desfontaines, deux irréductibles ennemis également des encyclopédistes… Diderot, philosophe placide, serein et humble, ne saurait s'attaquer sans remords à des esprits qui avaient peut être besoin de ses lumières pour s'éclairer dans leur évolution vers le bien. La critique au XVIIIème siècle accusait profondément une lacune regrettable, une lacune vraisemblablement irrémédiable et qui, par ailleurs, ne fut comblée qu'en partie par Diderot, en
6 .rabelaisiennede la pédagogieIl est probable que son père aurait été nourri-7 .Cette critique estaux antipodesde cellede Voltaire ,qui se déchainaitimpitoyablement contre ses détracteurs-8 Diderot,dans sa critique des oeuvres d’art,n’étaitpourttant pastrop pointilliste;il affichaitvolontairement une-.bienveillance qui se caractérise le plus souvent par la complaisance et l’urbanité 9 .Pourtant c’est Boileau que l’on considère de nos jours comme le pionnier de la critique moderne-
dépit des efforts plus que louables, et qui méritent d'être soulignés hautement: il a déployé dans ce contexte beaucoup d'initiatives, de curiosités, et d'esprit, pour mettre au point une critique valable, sûre et consistante, une critique en un mot au service des oeuvres picturales ouencore littéraires... Pourtant, à part quelques Frérons et quelques Desfontaines, aujourd'hui ensevelis dans un entier oubli, la scène intellectuelle ne présentait aucun des écrivains de l'époque qui fût 10 effectivement en mesure de prétendre au titre de critique. D'un autre côté, presque la majorité des littérateurs mineurs s'arrogeaient non sans vanité le droit d'être des critiques des productions intellectuelles, soit dans le domaine du théâtre, soit 11 dans celui du roman ou de la poésie... Paradoxalement, la critique que Boileau au siècle précédent avait érigéeen règle souveraine et absolue, n'a pas trouvé au XVIIIème siècle, le terrain propice où elle eût pu fleurir et s'épanouir à l'aise, en raison bien évidemment du caractère même de cette période, où la raison devait trouver absolument une place dominante. Puisque le XVIIIème siècle n'est que le continuateur du XVIIème, en particulier sur le plan de la logique, en exploitant avec plus de profondeur la révolution cartésienne. Cette tendance eût pu en réalité influer plus implicitement sur la critique en lui imprimant plus d'objectivité et de rigueur dans tous ses aspects. Pourquoi donc cette rupture inattendue? C'est que, cette discipline intellectuelle, cependant plus que nécessaire dans un monde où les oeuvres de l'esprit naissaient sans cesse, s'accroissaient, se répandaient avec la rapidité de l'éclair, puis, comme par miracle, disparaissaient à jamais, cette discipline dont la présence était donc vitale et indispensable, en vue d'établir un équilibre immédiat entre tout ce qui se produisait, n'a pas trouvé sa raison d'être puisque, reléguée sous le pouvoir de certains folliculaires ou de gratte-papier en mal de scandale, ainsi cette discipline, au lieu d'être en évolution constante,s'est trouvée comme dans un état de léthargie 12 totale ... Un éclair cependant dans ce ciel sombre, produit par intermittences pour illuminer et fructifier les idées...C'est que, Voltaire qui n'aimait pas à être censuré, de quelque manière que ce fût, se vengeait souvent comme on l'a laissé entendre précédemment d'une façon non pas habile et intelligente, mais cruelle et impitoyable, jetant dans le ridicule et la honte, toute personne qui eût eu l'audace de se hasarder jusqu’à mettre en question son œuvre ou ses idées...Ce qui a pu réduire la critique à un état de paralysie aussi radicale...En torpillant toute tentative, même la plus honnête, dans ce domaine qui demeura ainsi inaccessible pour une si longue période... Mais si la critique n'avait pas eu de bonne fortune au XVIIIème siècle, il n'en demeure pas moins qu'elle fit totalement défaut... Car outre l'Encyclopédie, qui fut un véritable réceptacle de presque toutes les idées critiques, un monument qui avait courageusement instauré cette discipline, qui s'occupait non seulement des faits littéraires mais aussi des domaines jusque-là sacrés et interdits...Ainsi outre cette Encyclopédie, dont l'édification a coûtécher à Diderot, les habitués des salons mondains, excellaient dans le maniement de la critique, sous toutes ses formes, peut être de la critique verbale, mais il n'y a pas eu d'obstacles à ce que les sentiments exprimés dans les salons pussent être répandus dans tous les milieux, condamnant ou approuvant l'oeuvre mise en question: c'était effectivement les salons qui regnèrent en maître absolu de la 13 critique en ce temps-là.
10 .La critique littéraire ne commença à se développerde façon progressive qu’à partirdu débutdu XXe siécle-11 N’importe quelfolliculaire pouvait prétendre au titre de critique littéraire,mais le plus souvent une critique-.spontanée,instinctive et n’est jamais fondée sur des critères scientifiques pertinents 12 J’ai déjà affirmé que la critique littéraire est restée de tout temps au stade de la curiositéou bien des réglements de-.compte entre écrivains antagonistes 13 La critique au XVIIe siécle comme au siécle suivant,était cantonnée dans les Salons,tenus le plus souvent par des-Dames célèbres,et où se réunissaientla plupart des têtes pensantesde cestemps-là.Il seraitintéressant dese reporter particulier ementaux piécesde Molière ,telles que ½les précieuses ridicules╗ ½l’impromptu de Versailles
De plus, les Lettres Persanes, bien qu'elles fussent avant tout une oeuvre de satire sociale et politique, elles n'en furent pas moins également une oeuvre de critique littéraire...On eût dit que cette oeuvre, ayant posé pour ainsi dire les fondements d'une espèce de critique révolutionnaire, imprégnée à la fois d'humeur et d'ironie, accompagnés d'un sourire hypocrite et cruel, avait en quelque sorte restauré la tradition chère à Boileau et qui,malheureusement, fut discréditée au XVIIIème siècle par une critique anarchique, incompétente, frivole et fantaisiste. Les Lettres Persanes, en effet, que Diderot eût lu avec ferveur, contiennent en elles les germes de ce qu'on a pu appeler une critique humoristique et lucide, touchant presque à tous les domaines, n'omettant rien pour faire prévaloir l'autorité de la raison en toute chose, une critique 14 qui fit appel avant tout au bon sens, à l'esprit pragmatique et matérialiste... Mais quelle était au juste la dimension de l'approche critique chez Diderot ? Si l'Encyclopédie, héritier immédiat de la pensée cartésienne, fit œuvre de destruction, en faisant table rase de tous les préjugés, les dogmes et tout ce qu'on était censé connaître comme vérités établies et inviolables, que ce fut en religion, en politique ou même en morale, au contraire, Diderot, quoique l'Encyclopédie, oeuvre grandiose ayant été conçue d'après des 15 principes avancés par Diderot lui même, ait pris une direction opposée à celle généralement admise par la société du temps, Diderot, grâce à une clairvoyance lucide et audacieuse, prit parti non pas en faveur des attitudes paradoxales de se contemporains, en se laissant entraîner comme eux sur la pente d'un nihilisme irréversible, étayé plus solidement par la pensée a théiste, mais, étant attaché indéfectiblement à la juste mesure, à une pondération que l'on ne trouve que chez lui, acquise à la suite d'une expérience humaine exceptionnelle, refusa tout compromis et s'en tint de manière toute exclusive à des considérations morales dont il n'avait jamais pu se démordre, en 16 dépit de son inclination inconsciente pour une critique sévère et foncièrement subjective... Parfois, et cela dans des cas fort rares, il lui prend envie de froisser, peut être sans dessein préconçu, l'amour propre d'un peintre dont la toile ne semblait pas lui donner des raisons de satisfaction immédiate "vous excellez, disait-il à Hubert Robert, vous excellez dans votre genre. Mais étudier Vernet. Apprenez de lui à dessiner, à peindre à rendre vos figures intéressantes. Cette remarque, toute inoffensive toute simple qu'elle était, ne me parait faire partie dela nature de Diderot critique; en vérité, il était loin d'être aussi désinvolte, aussi méchant à un tel degré. En effet, convier, pour ne pas dire ordonner à Hubert Robert à s'éclairer de la lumière d'autrui, fût- ce même de l'inimitable Vernet, cela relève d'emblée d'une attitude contradictoire, je dis même insolite de la part de Diderot... Hubert Robert est un peintre remarquable, d'un génie raffiné et son œuvre était fort appréciée par ses contemporains... Pourtant Diderot, en tant que critique, affirmait en toute modestie qu'il n'y a personne et il ne peut y avoir personne qui juge également en tout du vrai, du bon et du beau." Cela nous conduit à apprécier davantage le caractère souvent sincère, candide et gai de Diderot, surtout le Diderot critique. Diderot, en artiste consommé, en vétéran authentique dans
.╗.╗ ou encoresavantes½Les femmes 14 Comme les Satiresde Boileau,les Lettres Persanes,inaugurèrent une nouvelleconception de la critique socialeet-littéraire:mais reste à ajouter toutefois que la critique littéraire n’est pas d’aujourd’huiet qu’elle tire son origine de la Renaissanceet même Malherbe,avec son exubérancecoutumière et son caractère de puriste repu,n’avait pas manqué de pourfendre impitoyablementDesportes etses autres ennemis et par là,a contribué à instaurer la tradition .critique littérairede la 15 En réalité,c’était à la lumière du dictionnaire universel de Chambers que Diderot aeu l’idée de bâtirune telle-.Encyclopédie 16 L’athéisme estune pratique consciente chez Diderot,car pour lui,être philosophe et déisteen mêmetemps,est une-.Vanier 1895disposition irréconciliable.Cf.Ducrot ½Diderot╗ Edition
l'art de la peinture, qu'il juge intelligemment et avec une perspicacité parfois infaillible, fournit 17 des arguments qui demeurent en réalité valables pour tous les temps... Ses salons, sont la meilleure preuve de son génie en matière d'art; ses idées, entremêlées des cris d'enthousiasme et d'admiration, sont d'une facture extraordinaire, profonde et véridique... Cependant, le critique en lui ne fait aucunement oublier le philosophe, l'un n'empiète pas sur le pouvoir de l'autre et ce qui est fondamentalement caractéristique dans cette nature, c'est qu'on constate qu'il y a un vrai équilibre entre les deux... Le critique fouille dans le chaos de l'objet mis à l'examen, que ce soit une oeuvre d'art ou une œuvre littéraire, conçoit et suggère les idées, le philosophe s'en saisit aussitôt et les développe en référence à la raison et à la logique des choses, sans jamais porter atteinte à la vérité, qui doit 18 être le seul guide pour tout critique honnête et digne... Diderot serait-il le précurseur de Baudelaire et de Sainte-beuve ? En toute sincérité, l'influence de Diderot, non pas en tant que philosophe, mais en tant que critique, est immense. Nul au XVIIIème siècle ne s'est penché, autant que lui, sur les problèmes 19 de son temps et ne s'est mêlé avec une ardeur toute juvénile à la société où il vivait... Il était d'un tempérament sociable et plein de cette bonhomie toujours souriante et gaie, que l'on ne rencontre que dans les hommes à l'esprit large et compréhensif... Ses salons, pour lesquels il a consacré beaucoup de temps, demeure pour le lecteur de la deuxième moitié de notre siècle, une source inépuisable de principes moraux et d'idées pratiques, susceptibles de former en lui du goût et de le mettre dans la voie la plus conforme à ses aspirations... 20 Par ailleurs, les Salonsne sont pas ce que Diderot avait produit de plus prestigieux dans le domaine de la critique, d'autres travaux, conçus sous forme de courts articles, touchant à diverses disciplines, de la morale jusqu'à la pédagogie, sont à ce titre plus remarquables, parce qu'ils nous font voir clairement l'étendue immense de cet esprit, si riche, si éclatant qu'il nous émeut jusqu'aux entrailles... Pourtant il est regrettable de dire qu'aujourd'hui Diderot, contrairement à Voltaire et à J.J Rousseau, est peu lu et la cause principale en est aux programmes universitaires qui ne font aucun cas de ses œuvres, qui sont cependant infiniment intéressantes, instructives, et dignes de faire l'objet d'étude et de réflexion... Baubelaire, même, à une certaine époque de sa vie, eût pu trouver dans Diderot un mentor tout aimable, sincère et sérieux, l'éclairant par sa sagesse et son immense savoir, en sculptant, en orientant ses dons en même temps d'artiste et de poète... Cela peut être deviné à travers l'oeuvre critique de Baudelaire, où les réminiscences, la technique, les idées plastiques de Diderot foisonnent sans mesure... Il en est de même pour Sainte-Beuve, qui, sans le secours de Diderot, surtout en tant qu'encyclopédiste, n'eût pas trouvé sa voie et n'eût pas élaboré sa doctrine dans le domaine de la 21 critique ...Baudelaireet Sainte-Beuve, tous les deux sont en effet redevables à Diderot, pour leur
17 Nul ne pourraêtre juge des autreset tout jugement ,de quelque justessequ’il soit,ne peut être tout à faitimpartial-.ou infailliblementobjectif ,puisque personnene peut prétendre détenir la vérité 18 .Il serait peut être incongrude dire que Diderot pratiquait la critique d’après des critèresétablis à postériori-Même les chefs-d’oeuvre,qui sont les plus grands monuments de la pensée humaine,étaientde tout temps en butte à la .d’une truculence inouiecritique ,une critique souvent acerbe et 19 .CF ½Etudescritiques╗ de F.BrunetièreEdition Corréa 1895-20 Les Salonsde Diderot sont une source réelle de règles et d’idéessincères.Il suffitde les relirepour comprendre-.combien Diderotdans la manipulation de la critique d’artétait profondément conscient 21 Sainte-Beuve et Baudelaire,sont considérés de nos jours,comme de vraiscritiques ,parce qu’ils avaient le don et la-.leurs contemporainsperspicacité de jugerles oeuvres deavec droiture et tact
avoir élargi leurs horizons intellectuels et les avoir éclairés sur les méthodes à suivre dans la critique et l'appréciation des oeuvres de l'esprit. Plus que Voltaire, Diderot demeure du moins pour la génération du siècle précédent le seul, presque l'unique représentant du XVIIIème siècle, tant par son caractère impartial, son attitude vis-à-vis des problèmes du temps, et ses arguments qui sont d'une consistance et d'une valeur spirituelle indéniable, ainsi que par son pouvoir à formuler des prophéties pour l'avenir.
 BibliographieSommaire Ducrot :Diderot.(Edition Vanier,1895) Bertrand. :D'Alembert ( Les GrandsEcrivains Français,1899 Caro :La fin du XVIIIe siècle.( Edition Corréa,1895) (F. Brunetiére: Etudes critiques.(Edition NRF,1895 Rocafort: Les doctrines littéraires de l'Encyclopédie.Ed.J.Corti 1942
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