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Pour les autres utilisations de ce mot, voir Les Contes d’Hoffmann (homonymie).Chronique de Paris, 14 août 1836Théophile GautierLes Contes d’HoffmannLes Contes d’HoffmannHoffmann est populaire en France, plus populaire qu’en Allemagne. — Ses contesont été lus par tout le monde ; la portière et la grande dame, l’artiste et l’épicier enont été contents. Cependant il semble étrange qu’un talent si excentrique, si endehors des habitudes littéraires de la France, y ait si promptement reçu le droit debourgeoisie. Le Français n’est pas naturellement fantastique, et en vérité il n’estguère facile de l’être dans un pays où il y a tant de réverbères et de journaux. — Ledemi-jour, si nécessaire au fantastique, n’existe en France ni dans la pensée, nidans la langue, ni dans les maisons ; — avec une pensée voltairienne, une lampede cristal et de grandes fenêtres, un conte d’Hoffmann est bien la chose du mondela plus impossible. Qui pourrait voir onduler les petits serpents bleus de l’écolierAnselme en passant sous les blanches arcades de la rue de Rivoli, et quel abonnédu National pourrait avoir du diable cette peur intime qui faisait courir le frisson surla peau d’Hoffmann lorsqu’il écrivait ses nouvelles, et l’obligeait à réveiller safemme pour lui tenir compagnie ? Et puis que viendrait faire le diable à Paris ? Il ytrouverait des gens autrement diables que lui, et il se ferait attraper comme unprovincial. On lui volerait son argent à l’écarté ; on le forcerait ...
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