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ISSN 1830-4354L’artillerie lourdePour une Europe compétitive sur le marché métallurgique Le Tableau de bord européen de l’innovation Diversité des approches dans le soutien aux grappes industrielles Bulletin d’information des Centres Relais InnovationCommission européenneDIRECTION-GENERALE ENTREPRISES ET INDUSTRIEENENT 5 0111 - EI 03-07 FR.indd 1T 5 0111 - EI 03-07 FR.indd 1 33/2/07 12:14:41 PM/2/07 12:14:41 PMMars 2007Sommaire Prendre l’initiativeStratégie de Lisbonne: Les États membres Les grappes industrielles sont aujourd’hui considérées comme un facteur sont en progrès 3 crucial pour favoriser l’innovation, grâce aux liens qu’elles tissent entre les milieux industriels et scientifiques et aux services qu’elles mettent à la DOSSIER: La diversité des grappes industrielles 5disposition des entreprises, en particulier des petites sociétés qui ne pour-DOSSIER: Les tribulations raient y avoir accès autrement, faute de ressources suffisantes. Cependant, de la métallurgie européenne 9les décideurs sont bien conscients qu’il n’y a pas de solution miracle pour construire de puissantes grappes industrielles dans leur région, et que l’ac-Bulletin d’information du CRI 13tion des pouvoirs publics doit être très précisément ciblée et mesurée. La TTT: Coopération internationale: diversité des approches dans le soutien apporté par les autorités – locales, de nouveaux outils 14régionales ou nationales – est presque aussi grande que le nombre de ?

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ISSN 1830-4354
L’artillerie
lourde
Pour une Europe compétitive
sur le marché métallurgique
Le Tableau de bord européen de l’innovation
Diversité des approches dans le soutien aux grappes industrielles
Bulletin d’information des Centres Relais Innovation
Commission européenne
DIRECTION-GENERALE ENTREPRISES ET INDUSTRIE
ENENT 5 0111 - EI 03-07 FR.indd 1T 5 0111 - EI 03-07 FR.indd 1 33/2/07 12:14:41 PM/2/07 12:14:41 PM
Mars 2007Sommaire Prendre l’initiative
Stratégie de Lisbonne: Les États membres Les grappes industrielles sont aujourd’hui considérées comme un facteur
sont en progrès 3 crucial pour favoriser l’innovation, grâce aux liens qu’elles tissent entre
les milieux industriels et scientifiques et aux services qu’elles mettent à la DOSSIER: La diversité des grappes industrielles 5
disposition des entreprises, en particulier des petites sociétés qui ne pour-
DOSSIER: Les tribulations
raient y avoir accès autrement, faute de ressources suffisantes. Cependant,
de la métallurgie européenne 9
les décideurs sont bien conscients qu’il n’y a pas de solution miracle pour
construire de puissantes grappes industrielles dans leur région, et que l’ac-Bulletin d’information du CRI 13
tion des pouvoirs publics doit être très précisément ciblée et mesurée. La
TTT: Coopération internationale: diversité des approches dans le soutien apporté par les autorités – locales,
de nouveaux outils 14
régionales ou nationales – est presque aussi grande que le nombre de
Les CRI récompensent les formules gagnantes 16 grappes industrielles qui prospèrent en Europe, et la clé du succès, pour les
décideurs, consiste donc à tirer les leçons des expériences des autres. Dans Le rayonnement régional d’un CRI 17
notre premier dossier, nous passons en revue plusieurs approches différen-
De nouveaux partenariats aux antipodes 18
tes et les résultats qu’elles ont donnés.
Combattre l’infection grâce
au transfert technologique 19 De nos jours, les métaux occupent une place essentielle dans la vie quoti-
dienne: tout autour de nous, de nombreux métaux – fer et acier, aluminium, GT Poissons: Lancement d’un bulletin
cuivre, et même des métaux précieux – font partie intégrante de produits, d’information électronique 20
d’outils et d’équipements dont dépendent nos existences mêmes. Mais le
EN BREF 21 travail du métal coûte cher, depuis la matière première jusqu’à l’énergie
consommée pour sa transformation, et les industries métallurgiques euro-L’innovation européenne: état des lieux 22
péennes rencontrent bien des difficultés face à des concurrents qui suppor-
L’innovation passe par Internet 24
tent des coûts moins élevés dans d’autres parties du monde. Comme dans
Prix de l’esprit entreprise: Des conditions tant d’autres secteurs, l’innovation est le meilleur atout dont disposent les
propices pour les entreprises 26 entreprises européennes pour rester compétitives.
CARTE BLANCHE: PME tchèques:
Pour relancer la stratégie de Lisbonne, en 2005, les États membres se sont le défi de l’innovation 27
engagés à mettre en place une série de réformes pour rendre leurs écono-Galileo: Les services spatiaux ouvrent
mies plus dynamiques. Comme le montre le récent rapport d’étape de la de nouveaux horizons 28
Commission sur la stratégie de Lisbonne, les gouvernements ont, dans l’en-
CONFERENCES 30 semble, tenu leurs promesses et l’économie de l’Union – couplée à l’amé-
PUBLICATIONS 31 lioration du contexte économique général – va désormais dans la direction
requise pour assurer à tous un meilleur niveau de vie. Néanmoins, le rythme L’INNOVATION EN CHIFFRES 32
des réformes doit être maintenu, afin qu’elles continuent sur leur lancée.
L’innovation à la DG Entreprises Innovation européenne et Industrie
Le développement de la politique de l’innovation et
la mise en œuvre d’une série de mesures relèvent
de la responsabilité de la Direction Politique de (anciennement Innovation & Transfert technologique) est un magazine
l’Innovation de la DG Entreprises et Industrie de la publié six fois par an simultanément en langues française, anglaise, allemande, italienne,
Commission européenne.espagnole et polonaise par la DG Entreprises et Industrie de la Commission européenne au
titre du Sixième programme-cadre de recherche de la Communauté européenne.
ContactsLe prochain numéro paraîtra en mai 2007.
Développement de la politique de l’innovation (D/1)
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innovation/index_en.htmReproduction autorisée, moyennant mention de
http://cordis.europa.eu/innovation/la source.
Imprimé en Belgique
Innovation européenne Mars 2007
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Les États membres
sont en progrès
Un effet boule de neigeLe rapport d’étape 2006 de la Commission, qui passe en
revue les efforts de réforme des États membres dans le cadre
de la stratégie de Lisbonne, montre que la dynamique se “Nous avons introduit un changement dans la façon dont
met en place. Des résultats concrets attestent que la relance les politiques sont définies, pour faire en sorte qu’elles se
de la stratégie, en mars 2005, crée un cadre plus favorable concentrent désormais sur les mêmes problèmes. Cela ne
à la croissance économique en Europe. Mais la Commission veut pas dire que tous les États membres appliquent les
observe que d’autres réformes seront nécessaires pour que la mêmes politiques, mais plutôt que leurs orientations sont les
stratégie puisse pleinement réaliser son potentiel. mêmes. C’est bien là le propos du projet de Lisbonne: il ne
s’agit pas de dire aux États membres ce qu’ils ont à faire; ils
sont les mieux placés pour savoir ce qu’ils veulent ou doivent
faire. Nous nous sommes dit que, si nous pouvions promou-
voir des échanges de bonnes pratiques et un alignement des
politiques, il serait possible d’apporter une valeur ajoutée,
par le simple fait que tous les intervenants agissent en même
temps et vont dans la même direction. Cela créerait un effet
boule de neige, et c’est en soi un signe encourageant”,
remarque-t-il.
“Dans l’ensemble, nous constatons que la stratégie de
Lisbonne porte ses fruits, dans la mesure où elle concentre
les efforts des décideurs sur des domaines qui revêtent une
importance stratégique aux yeux de toutes les parties pre-
Heinz Zourek nantes. D’autre part, le processus a été facilité par les enga-
Pour stimuler la croissance économique et créer de nou- gements que chaque État membre a pris et par la possibilité,
veaux emplois de meilleure qualité, l’engagement des États pour tous les autres, d’examiner les résultats obtenus dans
membres à mettre en place des réformes spécifiques et le l’accomplissement de leurs promesses respectives.”
suivi régulier de leurs progrès dans ce domaine constituent
un processus d’une importance cruciale. Dans cette dynami- Ouverture au changement
que, l’évaluation par les pairs et la publication des résultats
jouent un rôle moteur, qui se révèle de plus en plus efficace “À partir du moment où les gens se rendent compte qu’ils ne
pour encourager les gouvernements à tenir leurs promesses. sont pas livrés à eux-mêmes, mais que d’autres sont confron-
Chaque année, la Commission mesure les progrès accomplis tés à des problèmes similaires, qu’il s’agisse d’administrer les
par les différents États membres au regard des programmes services de santé, de promouvoir l’innovation et la R&D, de
qu’ils se sont eux-mêmes fixés. réformer la recherche du secteur public ou les universités,
cela crée une atmosphère plus propice aux changements.
1Le rapport 2006 de la Commission( ), adopté en décembre C’est le plus gros problème qu’il nous faut surmonter: la
(et dont les dirigeants de l’Union débattront lorsqu’ils se peur du changement. Bien sûr, ce qui engendre la plupart
réuniront pour le Conseil européen de mars), montre que des des inquiétudes, ce n’est pas en soi la conception du nou-
progrès appréciables ont été accomplis en matière de réfor- veau système souhaité, mais plutôt le processus du change-
mes économiques durant l’année écoulée, mais la Commission ment”, souligne M. Zourek.
insiste sur la nécessité pour l’Europe de continuer sur sa lan-
cée. L’amélioration récente de la conjoncture économique Peut-être le principal obstacle au déploiement de la stratégie
représente une occasion à saisir pour aller plus loin dans les de Lisbonne découle-t-il de cette réticence face au change-
réformes, sans s’arrêter en si bon chemin. Dans l’interview ment, couplée aux difficultés que les gouvernements éprou-
qu’il a accordée à Innovation européenne, Heinz Zourek, le vent à convaincre leurs citoyens qu’ils ne seront pas forcé-
Directeur général chargé des entreprises et de l’industrie à la ment perdants du fait de ces réformes. “Force est de cons-
Commission, a évoqué quelques-uns des grands défis liés à la tater aujourd’hui qu’un marché du travail à deux niveaux
réalisation des objectifs de Lisbonne, et les résultats obtenus à
ce jour, tels qu’ils ressortent du rapport.
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Stratégie de Lisbonnes’est développé dans plusieurs États membres: ceux qui nous encouragions les actions qui favorisent l’accès à de
bénéficient d’un contrat à durée indéterminée jouissent de nouvelles sources d’informations ou d’expériences, et que
nombreux droits et privilèges, à l’inverse de ceux qui ont des nous facilitions l’échange d’expériences au niveau européen.
emplois à court terme”, remarque-t-il. “Malheureusement, À moyen terme, cela me paraît beaucoup plus important
c’est la seconde catégorie qui tend à augmenter et non la que d’augmenter de 2% le financement de la R&D. Hormis
première, mais ce sont les travailleurs de la première qui le développement de réseaux de contacts, nous avons vu
dominent le débat, et qui perçoivent comme une menace qu’avec des ressources relativement restreintes, on peut aussi
toute réforme susceptible de rendre le marché plus flexible. améliorer sensiblement l’accès au financement, en mettant
en place des instruments financiers pour renforcer les inves-
“Le vrai problème, ce n’est pas la flexibilité, au sens où tissements de fonds propres ou de capital-risque.
n’importe qui peut être engagé ou renvoyé immédiatement,
mais c’est le fait qu’un changement dans votre situation pro-
fessionnelle ne devrait pas affecter votre statut dans les sys-
tèmes de sécurité sociale. Il faudrait aussi que le passage du
statut de salarié à celui d’indépendant (ou vice versa) puisse
être facilité, sans que les droits à la pension et autres soient
remis en cause. On parle souvent de nos jours de ‘flexicurité’
– une notion qui combine la flexibilité sur le marché du tra-
vail et la sécurité pour la personne.”
C’est le moment d’innover
“Le changement structurel peut
“Le changement structurel peut être envisagé
comme une menace ou comme une occasion être envisagé comme une menace
à saisir. Et c’est précisément ce qu’est l’inno-
ou comme une occasion à saisir. vation. Nous avons besoin d’innover pour
faire en sorte que les produits européens ne Et c’est précisément ce qu’est
subissent pas trop durement la concurrence
des importations en provenance de Chine, l’innovation.”
et pour garder une longueur d’avance par
rapport au reste du marché. Peu importe que l’innovation
soit ou non d’ordre technologique. Ce qui compte, c’est
d’avoir une mentalité qui nous empêche de nous contenter
des choses telles qu’elles sont et qui nous force à essayer sans
cesse d’améliorer tantôt le produit, tantôt la façon dont il est
fabriqué, commercialisé, ou conçu. C’est déjà un beau résul-
tat que d’avoir fait passer le message. Il y a aujourd’hui plus
de gens qui prennent part à des stratégies relatives à l’inno-
vation qu’il n’y en a jamais eu auparavant. Tous les Fonds
structurels – les fonds régionaux – ont fait de l’innovation
l’un des principaux critères de leurs investissements.
1( ) Le rapport de la Commission et les évaluations des progrès
de chaque État membre peuvent être consultés à l’adresse: “Pour les 10 millions d’entreprises qui emploient plus d’une
http://ec.europa.eu/growthandjobs/annual-report-1206_fr.htm
personne en Europe, sans compter le 1% d’entreprises vrai-
ment grandes, la meilleure solution pour innover consiste
à engager du personnel, puisque les nouveaux venus ont Contact
dans la tête ou dans les mains quelque chose qui augmente
la capacité de ces entreprises à se lancer dans de nouvelles http://ec.europa.eu/enterprise/index_fr.htm
initiatives”, explique Heinz Zourek. “Il est donc essentiel que
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Stratégie de LisbonneLa diversité des grappes
industrielles
3Les conclusions du Conseil Compétitivité de l’Union de et PRO INNO Europe( ), soutenues par la DG Entreprises et
décembre 2006 décrivent les grappes industrielles comme un Industrie de la Commission. “Nous devons mobiliser toutes
domaine d’action prioritaire. Autrement dit, l’Europe doit les institutions communautaires, ainsi que les efforts régio-
faire davantage d’efforts pour favoriser leur création, leur naux et nationaux pour créer des grappes européennes de
développement et leur gestion. Les Ministres répondaient à classe mondiale”, déclare Nikos Pantalos de la DG Entreprises
l’initiative de la Commission visant à mettre en place une et Industrie. “Le Programme pour l’innovation et la compé-
Alliance européenne des grappes industrielles, esquissée titivité, le Septième programme-cadre de R&D et les Fonds
dans la communication de septembre sur la politique de structurels européens peuvent servir à étayer cette dynami-
l’innovation, afin de stimuler la coopération pratique entre que. Il nous manque cependant une vue d’ensemble des
les pouvoirs publics régionaux et les encourager à identifier clusters européens et une méthodologie commune pour les
et partager des expériences transférables. caractériser. C’est pourquoi l’Europe a d’abord besoin d’en
dresser la carte pour mieux répertorier ce dont nous dispo-
sons. Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons passer à une
coopération au niveau opérationnel et politique.”
De l’apprentissage coopératif à l’action
coopérative
L’initiative Europe INNOVA a déjà procédé à un exercice de
mappage des grappes au niveau régional dans les dix pays
qui ont rejoint l’Union en 2004, et l’on s’emploie à présent à
l’étendre aux régions des autres États membres. Cet exercice
permettra de déterminer le nombre, la taille, la nature et les
tendances dominantes des clusters, ainsi que le soutien dont
ils bénéficient à l’échelon régional et national. À partir de là,
on espère voir se mettre en place une coopération au niveau
Le High-Tech Campus Eindhoven (HTCE) est l’élément clé dans l’adoption opérationnel et politique dans toute l’Europe, afin d’identi-
par Philips de la philosophie de l’“innovation ouverte”. fier et de transférer les meilleures pratiques, et de faciliter la
mise en place de réseaux pour construire des grappes indus-
“Les groupements peuvent être un moyen efficace pour trielles plus compétitives.
renforcer l’innovation au niveau régional en ce sens qu’ils
permettent la conjugaison des compétences des entreprises, En novembre 2006, à l’occasion de la première conférence
4des instituts de recherche et des administrations publiques”, Europe INNOVA( ) organisée à Valence, en Espagne, plu-
1ont conclu les ministres( ), en relevant que “Ces groupe- sieurs intervenants ont évoqué le développement fructueux
ments peuvent encore être renforcés par un dialogue trans- de grappes d’entreprises et ont décrit leur évolution, dans
frontière et transnational et le partage des informations sur des industries traditionnelles comme dans des secteurs high-
les outils, les mesures et les expériences les plus appropriés tech. Des études de cas ont été présentées pour mieux faire
ou pertinents.” Toutefois, la pratique montre que les grappes ressortir les éléments qui influencent le succès de la gestion
industrielles (clusters) sont des entités complexes et que le et du développement des grappes. Les participants ont eu
succès peut dépendre de facteurs très divers. Certains d’en- ainsi un premier aperçu de quelques exemples illustrant
tre eux sont étroitement liés aux condi-
tions locales, comme l’accès aux ressources “Nous devons mobiliser les
naturelles, mais d’autres renferment des
enseignements qui ont une portée plus institutions communautaires, ainsi
large et peuvent être transférables.
que les efforts régionaux et nationaux
La diffusion de ces informations auprès pour créer des grappes européennes
d’une large audience européenne fait partie
2du travail des initiatives Europe INNOVA( ) de classe mondiale.”
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Photo: © Philips

Soutien aux grappes industriellesles bonnes pratiques et l’“apprentissage par l’action” que Les Basses-Carpates sont riches d’une tradition aéronautique
l’initiative de l’Alliance européenne des grappes industriel- longue de 100 ans, avec au départ la production de petits
les entend recenser et diffuser largement dans le cadre avions, puis d’hélicoptères sous l’ère communiste quand la
de sa stratégie pour renforcer la coopération en matière région abritait aussi un centre de formation au pilotage. La fin
de développement et de mise en œuvre d’une politique du communisme a ralenti les activités, mais les entreprises loca-
de soutien aux grappes. Nous présentons dans cet article les se sont rapidement mises en quête d’investisseurs intéressés
plusieurs approches différentes de la gestion des grappes et par leur expérience, par les qualifications de leurs 16 000 sala-
leur évolution. Ces exemples montrent bien la diversité des riés et par leurs contacts spécialisés avec des universités. Cette
expériences dans toute l’Europe. recherche de partenaires/investisseurs internationaux s’est
révélée payante pour le constructeur de moteurs d’avion WSK
PZL Rzeszów, qui s’est vite lancé dans une collaboration avec Des grappes nées de la base en Pologne
la United Technologies Corporation aux États-Unis (qui l’a
Pour l’allocation des ressources des Fonds structurels euro- d’ailleurs racheté en 2002). Depuis, WSK PZL Rzeszów a pris
5péens, le ministère polonais de l’Economie a placé le sou- l’initiative de mettre en place le cluster “Aviation Valley”( ), en
tien aux grappes industrielles en bonne place dans sa liste introduisant un nouveau mode de pensée et en investissant
de priorités. Krzysztof Gulda, directeur du département dans des start-ups locales. Les membres de la grappe indus-
du développement économique au ministère, précise la trielle produisent à présent des pièces pour l’industrie aéro-
contribution des pouvoirs publics à cet égard: “Au niveau nautique du monde entier, y compris pour Airbus en Europe,
national, notre intention n’est pas d’essayer de créer des et sont aujourd’hui au nombre de 50 entreprises.
grappes industrielles. Nous allons plutôt soutenir celles qui
existent et qui sont suffisamment fortes pour s’imposer à Le cluster de Wielkopolska couvre tous les aspects de
l’échelle nationale et internationale. La Pologne dispose de la chaîne d’approvisionnement de l’ameublement, depuis
16 programmes régionaux qui peuvent, pour leur part, agir les installations de recherche spécialisées comme l’Institut
des technologies du bois de Poznan et l’Institut des fibres
naturelles, jusqu’aux fabricants de meubles eux-mêmes, en
passant par des sous-traitants comme les fournisseurs de
peintures et de produits chimiques – soit 3 700 entreprises
au total. Le secteur de l’ameublement est bien implanté dans
la région depuis déjà longtemps, et bon nombre des instituts
ede recherche datent du milieu du XX siècle. À l’époque
communiste, les fabricants travaillaient en étroite collabora-
tion avec ces instituts, mais les liens se sont distendus lors de
la transition vers une économie de marché, et l’on s’emploie
seulement maintenant à les renouer.
Les fabricants de mobilier ont eux-mêmes entrepris de for-
mer une grappe industrielle en coopération avec l’Université
différemment, en encourageant par exemple la création de d’économie de Poznan. Comme le remarque M. Gulda, les
grappes, mais le gouvernement central ne s’occupe que de efforts de collaboration entre les fabricants ont été jalonnés
l’impact national – nous avons donc opté pour un partage d’obstacles: concurrence, problèmes de DPI et mauvai-
clair des responsabilités avec les régions.” Il cite deux exem- ses expériences passées. Toutefois, les choses changent à
ples de grappes régionales polonaises qui présentent un mesure que les membres du cluster se rendent compte du
potentiel international: une grappe industrielle du secteur potentiel bénéfique de la coopération en termes de compéti-
aéronautique dans la région des Basses-Carpates, dans le tivité. Pour surmonter ces difficultés, les membres ont chargé
sud-ouest de la Pologne, et une grappe consacrée à l’ameu- l’Agence de développement des entreprises de Wielkopolska
blement dans la région centrale de Wielkopolska. Ces deux de servir de “courtier” pour promouvoir la coopération au
grappes industrielles sont “nées de la base” – c’est-à-dire sein de leur réseau, dont les chiffres de ventes atteignaient
que la volonté de collaborer trouve son origine parmi les 882 millions € en 2004, avec une large part imputable aux
membres eux-mêmes. exportations.
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Soutien aux grappes industriellespasse par la création d’un environnement et de structures
qui favorisent les interactions, les contacts et le partage des
connaissances, débouchant sur le lancement de projets com-
muns et de joint-ventures par les entreprises du HTCE.
L’intérêt pour Philips est que l’entreprise peut exploiter des
idées et des innovations émanant de l’extérieur, qui viennent
enrichir les services disponibles pour les divisions commercia-
les du groupe. Ses laboratoires peuvent également concéder
des technologies issues de son vaste portefeuille de DPI à des
sociétés high-tech du HTCE, susceptibles de commercialiser
les innovations plus rapidement. Pour les entreprises du
campus, les contacts et la coopération sur des idées d’inté-
rêt commun sont facilités par le partage des installations et
des technologies – par exemple, le MiPlaza, un centre de
microsystèmes et de nanotechnologies, avec une des “salles
S’ouvrir à l’innovation pour ouvrir propres” les plus perfectionnées au monde, les laboratoires
l’innovation et des services d’analyse de matériaux.
L’expérience montre que de grands centres de recherche Une collaboration transfrontalière
peuvent servir de pôles d’innovation pour leur région et mutuellement profitable
promouvoir la formation et le développement de grappes
régionales. Des universités, comme celle de Cambridge au On peut mesurer l’ambition plus large du HTCE en prenant
Royaume-Uni, et des parcs technologiques, comme Sophia comme exemple l’un de ses instituts de recherche, le Centre
Antipolis en France, en sont des exemples. Les entreprises Holst, qui mène des recherches sur les technologies sans fil
peuvent aussi remplir ce rôle, et Philips Research l’a large- dans le domaine de l’intelligence ambiante – notamment les
ment démontré à Eindhoven, aux Pays-Bas. La multinatio- “vêtements intelligents”. Le Centre Holst a été fondé par le
nale high-tech Royal Philips a toujours alimenté un foyer éco- Centre interuniversitaire de microélectronique et d’électro-
nomique dans la région d’Eindhoven, où elle a été fondée, et nique de Leuven, en Belgique, et par TNO, l’Organisation
où est implantée Philips Research. hollandaise de sciences appliquées. Cette coopération est à
l’image de l’implantation du HTCE dans un triangle d’inno-
À l’origine, la mission de Philips Research consistait à fournir vation qui s’étend d’Eindhoven, au nord, à Leuven, au sud-
des solutions et produits innovants aux filiales de Philips dans ouest, et à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, au sud-est.
le monde entier. Dans ce modèle, la plupart des activités
d’innovation étaient menées en interne ou confiées à des Les interactions et les échanges entre les entreprises de cette
fournisseurs de confiance et des partenaires universitaires. zone transfrontalière sont favorisés par plusieurs facteurs,
Dans son intervention à la conférence Europe INNOVA, Jan notamment une solide tradition de coopération transnatio-
van den Biesen, vice-président de programmes de R&D nale entre les entreprises high-tech et les organisations de
publics chez Philips Research, a expliqué comment l’entre- recherche de la région Eindhoven-Leuven-Aix-la-Chapelle et
prise s’était réinventée et avait relégué au rang de souve- la présence de laboratoires Philips aux trois coins du triangle.
nirs les solutions à usage unique, en lançant le High-Tech Les pouvoirs publics, les instituts de recherche et les entre-
6Campus Eindhoven (HTCE)( ) – l’élément-clé de l’adoption prises – la “triple hélice” comme on l’appelle – s’efforcent,
par Philips de la philosophie de “l’innovation ouverte”. ensemble, de créer un foyer technologique européen. Dans
son allocution, Jan van den Biesen a évoqué les liens entre
Construit sur le site de Philips Research à Eindhoven, le HTCE recherche et industrie dans le cadre d’une innovation ouver-
abrite plus de 40 entreprises et instituts à vocation techno- te et a montré comment les aides d’États peuvent favoriser
logique qui emploient plusieurs milliers de personnes afin de ces efforts d’une manière flexible.
mettre au point des technologies et produits d’avant-garde
grâce au modèle d’innovation ouverte. L’innovation ouverte
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Photo: © Darren Hester

Soutien aux grappes industrielles Internationalisation des grappes industrielles grâce à des
voyages d’étude et des événements spéciaux.
Hormis les initiatives de regroupement d’activités thémati-
ques, il existe des réseaux intersectoriels qui visent à favoriser
l’échange de compétences générales et d’expériences. Ils
bénéficient du soutien des fonds européens de dévelop-
pement régional et s’inscrivent dans la stratégie régionale
d’innovation de Haute-Autriche. Ils portent sur des thèmes
transférables comme les ressources humaines, la logistique,
le design et les médias.
Werner Pamminger a décrit l’expérience de la Haute-Autriche
comme une combinaison d’approches ascendantes et descen-
dantes. La mise en place des initiatives a été facilitée par une
approche descendante. Par la suite, cependant, la gestion des
grappes et leurs opérations ont tiré parti d’une organisation
qui part de la base et encourage la participation, le dévelop-
pement de réseaux et les interactions, a-t-il précisé, en citant
comme exemple les conseils consultatifs sectoriels et l’accent
mis sur les projets coopératifs. Et la démarche de Clusterland
semble bien fonctionner, comme l’ont montré les études
Gestion des grappes industrielles en d’évaluation, qui indiquent que les entreprises membres d’un
Autriche cluster sont plus performantes que les autres. La popularité
des projets de collaboration transparaît aussi dans le fait que
Pour décrire l’approche de la gestion des grappes industrielles 77% des entreprises partenaires continuent à travailler ensem-
au niveau régional, Werner Pamminger, directeur général de ble après l’aboutissement des projets. Et la simplicité même
7Clusterland, en Haute-Autriche( ), a expliqué que “la Haute- de la formule est importante, a insisté M. Pamminger lors de
Autriche est une petite région, et nos activités de réseau et la conférence Europe INNOVA, en concluant: “L’innovation va
de regroupement d’entreprises restent donc relativement vite, donc nous devons réagir vite.”
simples”. Clusterland couvre huit réseaux thématiques, dont
1( ) http://www.consilium.europa.eu/ueDocs/cms_Data/docs/pressData/l’industrie automobile, les transmissions et systèmes d’entraî-
en/intm/92107.pdf
nement, les plastiques, et plusieurs clusters du secteur de la 2( ) http://www.europe-innova.org/index.jsp
3(.proinno-europe.eu/santé, et s’occupe d’environ 1 500 entreprises et organisa-
4( ) Voir “Europe INNOVA: “It’s innovation, stupid !””, Innovation euro-
tions de R&D, qui emploient 220 000 salariés et totalisent un péenne, janvier 2007.
5( ) http://www.dolinalotnicza.pl/pl/1/1/chiffre d’affaires de quelque 39 milliards €. Chaque grappe
6(.hightechcampus.nl/
industrielle est gérée par une équipe spécifique. Comme le 7(.clusterland.at/index_eng.php
remarque M. Pamminger, les activités de soutien restent
simples et se concentrent sur cinq domaines:
Contacts
Information et communication, notamment les profils des
entreprises, des bulletins d’information, etc. Nikos Pantalos, Commission européenne
Ateliers et séances spéciales de formation qui procurent DG Entreprises et Industrie
aussi des opportunités de contacts. Unité développement de la politique de l’innovation
Initiation et soutien aux projets de coopération, dans le Tél.: +32 2 299 9734
cadre de programmes nationaux et internationaux en nikos.pantalos@ec.europa.eu
faveur de l’innovation. http://ec.europa.eu/enterprise/innovation/
Marketing et relations publiques en vue de promouvoir index_fr.htm
une identité régionale et une image de marque.
Innovation européenne Mars 2007
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Soutien aux grappes industrielles
Photo: © Shinsoku ChituraLes tribulations de la
métallurgie européenne
L’industrie métallurgique européenne est confrontée à une La Commission européenne a publié un rapport sur l’indus-
1concurrence sans précédent face aux importations venues trie métallurgique en août 2006( ). Dans la foulée d’une
de Chine et d’autres économies en croissance rapide. Si le consultation publique sur l’impact des coûts de l’énergie et
secteur de l’acier résiste bien, grâce à l’innovation, le secteur des matières premières pour la compétitivité du secteur, la
de l’aluminium peine à maintenir la production en Europe. Commission s’interroge à présent sur l’opportunité d’éven-
tuels changements politiques.
“Il y a une différence entre le développement de l’indus-
trie sidérurgique et le secteur des métaux non ferreux”,
nuance Alberto Canevali, de la DG Entreprises et Industrie,
à la Commission. “Avec les restructurations opérées dans les
années 1980 et 1990, le secteur de l’acier européen est com-
pétitif sur le marché mondial – du moins en ce qui concerne
l’UE-15.” Les pays qui ont adhéré en 2004 ont cependant
entamé leur restructuration plus tardivement, tandis que la
Bulgarie et la Roumanie viennent juste de commencer.
La réponse est dans l’innovation
Une solution efficace pour réduire la consommation de carburant est de
construire des véhicules plus légers. Le secteur sidérurgique répond à ces défis par l’innovation,
avec notamment la Plateforme technologique européenne
Les industries métallurgiques européennes réalisent un chif- sur l’acier. L’intégration et la structure verticale de l’industrie
fre d’affaires annuel de 227 milliards € et emploient plus sidérurgique, où les producteurs coopèrent étroitement avec
d’un million de personnes. Les deux tiers environ de ce leurs clients, lui permettent de répondre aux besoins des utili-
chiffre d’affaires proviennent du fer et de l’acier, et le reste sateurs finaux bien plus aisément que ne le peuvent certaines
de quelque 40 métaux non ferreux, principalement l’alumi- industries des métaux non ferreux, où les PME occupent
nium, le cuivre, le zinc, le plomb et le nickel. une place prépondérante. Il est plus difficile aussi, pour de
petites entreprises, d’avoir accès au financement européen
Les matières premières et la consommation énergétique de la recherche. “Pour participer aux programmes-cadres, les
représentent 60 à 80% ou davantage encore du prix du métal entreprises doivent unir leurs efforts et soumettre des projets
vendu sur le marché. En 2003, l’Europe a importé 74% du communs”, explique M. Canevali, “mais il n’est pas facile de
minerai utilisé pour le cuivre, 76% pour le plomb, 80% pour trouver des partenaires potentiels, et souvent les ressources
l’aluminium et le zinc, 83% pour le fer et 86% pour le nickel. La humaines et financières limitées posent un problème.”
forte demande des économies en croissance de pays comme
la Chine et l’Inde fait grimper le prix des matières premières. Dans ce dossier, nous parlerons de l’innovation dans l’in-
Dans le même temps, les coûts énergétiques ont fortement dustrie sidérurgique, des solutions retenues par le secteur
augmenté en Europe au cours des trois dernières années. On de l’aluminium en réponse aux coûts élevés de l’énergie, et
utilise du charbon pour produire l’acier, du gaz naturel pour le de l’importance du recyclage, surtout dans l’industrie des
cuivre et l’acier, et de l’électricité pour l’aluminium et le zinc. métaux non ferreux.
L’émergence de la Chine Les entreprises sidérurgiques collabo-
rent pour innover
Mais c’est l’émergence des économies asiatiques qui a réelle-
ment ébranlé le marché. “Désormais, la Chine augmente cha- La Plateforme technologique européenne sur l’acier (ESTEP)
que année sa production d’acier d’une part supérieure au volu- est une initiative de grande envergure dont le rôle est d’en-
me de production de l’ensemble de l’industrie sidérurgique alle- courager l’innovation dans l’industrie sidérurgique. Lancée
mande”, remarque Christian Mari, d’Eurofer, la Confédération en 2003, elle associe tous les principaux producteurs d’acier
européenne des industries du fer et de l’acier. “Elle consomme
plus d’acier que n’importe quel pays dans l’histoire.”
Mars 2007 Innovation européenne
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Photo: © Audi

Industrie métallurgiqueen Europe, leurs clients et fournisseurs, des centres de “Un autre défi pour l’ESTEP est d’encourager la conser-
recherche et d’autres parties intéressées. L’ESTEP soutient vation des ressources et de réduire les déchets”, explique
trois programmes de R&D industrielle susceptibles d’avoir M. Charbonnier. “Nous avons par exemple des projets qui
un impact considérable sur la société, qui portent sur les visent à transformer nos résidus en matériaux utiles pour
nouvelles technologies de transformation, l’énergie et les d’autres industries. En même temps, nous mettons en place
ressources, et les nouvelles solutions intéressantes pour les une approche intégrée, depuis la conception jusqu’au pro-
utilisateurs finaux dans le domaine de l’acier. duit fini, pour éliminer l’empreinte écologique de la produc-
tion sidérurgique. Nous voudrions développer de nouveaux
modèles qui vont plus loin que l’évaluation classique du
cycle de vie et étudier aussi l’impact des nouveaux matériaux
sur la santé et la sécurité, par exemple.”
Des voitures plus légères
pour réduire les émissions
L’industrie métallurgique aura un rôle central à jouer
dans les efforts de la Commission européenne pour
réduire les émissions de dioxyde de carbone des auto-
mobiles(*). Un accord volontaire avec les constructeurs
pour réduire les émissions des nouvelles voitures de
120 grammes par kilomètre en moyenne d’ici 2012 n’a
pas apporté les améliorations escomptées dans les délais
prévus. La Commission a annoncé en janvier la publica-L’une des actions les plus ambitieuses est le projet ULCOS
tion d’un texte législatif en 2007.(Ultra-low CO steelmaking), doté d’un budget de 55 mil-
2
lions €, qui vise à réduire de moitié les émissions de dioxyde La construction de véhicules plus légers permet de rédui-
de carbone de l’industrie d’ici 2050. “Au cours des 30 der- re la consommation. L’aluminium, par exemple, partage
nières années, les émissions de CO ont déjà été réduites de
2 bon nombre des propriétés structurelles de l’acier, mais
50%, mais notre objectif est d’aller beaucoup plus loin”, dit son poids est trois fois moindre. Sans aluminium, les
Jean-Claude Charbonnier, secrétaire général de l’ESTEP. “Il est voitures seraient nettement plus lourdes qu’elles ne sont
difficile de réduire les émissions dans les filières de production aujourd’hui, explique Alessandro Profili, d’Alcoa Europe.
classiques de l’acier – le haut-fourneau et le four électrique à “Des systèmes comme la direction assistée, les vitres
arc. Il nous faut donc développer de nouvelles technologies.” électriques, les sièges électriques et l’air conditionné ont
ajouté beaucoup de poids. La seule solution pour com-
penser a été d’alléger d’autres éléments. Ainsi, les blocs De nouvelles façons d’obtenir du fer
moteurs, essence ou diesel, sont aujourd’hui essentiel-
lement ‘tout aluminium’. Ce seul changement a permis Les pistes explorées vont de la récupération du dioxyde de
un allègement de 50 à 100 kilos.”carbone libéré par les hauts-fourneaux à la conception de
méthodes d’extraction entièrement nouvelles. Elles pour- De leur côté, les sidérurgistes ne rendent pas les armes
raient faire intervenir l’utilisation de gaz naturel ou d’hydro- sans combattre. L’un des objectifs de l’ESTEP est de
gène comme agents réducteurs pour extraire le métal du proposer aux constructeurs automobiles toute une
minerai, ou même des procédés électrolytiques comme ceux gamme d’aciers plus légers. “Nous mettons au point
employés pour l’aluminium. de nouveaux aciers à haute résistance pour réduire le
poids des voitures”, dit Jean-Claude Charbonnier, de
Les économies d’énergie font aussi partie des priorités, et la l’ESTEP. “Ces 15 dernières années, nous avons allégé les
simplification des méthodes de fabrication est une manière voitures d’environ 20-25%. À présent, nous voudrions
aller plus loin et, pour ce faire, nous devons développer d’y parvenir. Le principe de la “coulée proche des dimen-
de nouvelles compositions d’acier au moyen de nou-sions finales” vise à obtenir des produits beaucoup plus
velles filières métallurgiques. Il pourrait être possible, ajustés par rapport à la taille et à la forme souhaitées par les
aussi, de combiner l’acier avec d’autres matériaux. Ce clients, ce qui réduit la nécessité d’un long meulage.
dont nous avons besoin, ce sont de nouvelles idées et
des innovations.”De nouveaux types d’aciers à hautes performances sont égale-
ment développés pour les trois grands marchés de l’automo-
(*) Voir “Ouvrir la route aux voitures propres”,
bile, de l’énergie et de la construction. Des techniques inno- Innovation européenne, mars 2006.
vantes de revêtement des tôles d’acier sont aussi étudiées.
Innovation européenne Mars 2007
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Industrie métallurgique
Photo: © Tanakawho