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EDF Histoires & Futurs Recomposer l'aménagement de la métropole

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En partenariat avec Recomposer l’aménagement de la métropole er Paris, le 1juin 2016 L’aménagement urbain vit > une révolution d’ampleur. L e sd o n n é e sn u m é r i q u e s , les serv ices,le changement climatique, la complexification des procédures d’urbanisme et la réduction des fina nces publiques modifient la façon de fai rela vi l le,bousc u lent l e sr ô l e se tt i s s e n td e nou v e l le sre l at ion s .L eje u d e sa c t e u r sd el af a b r iq u e u r b a i ned e v ie ntb e auc ou pPHILIPPE SERIEYS plu sou ver t .Ta nd isque les p l u st r a d i t i o n n e l sd ’e n t r e eu xchangent de périmètre d’intervention, qu’ils se déplacent dorénavant au long de la chaîne de l’aménagement, des nouveaux a r r i v ent .I l sv ien nentd’ hor i z ond i v e r s , des nouvelles technologies, du monde des services, de la distribution… Ils ne possèdent pas la même cult u re,ne s’impliquent pas su rles mêmes échelles de temps, mais se g reffentà tous les moments de la fabrique d el av i l l e .P a r a l l è l e m e n t ,l e sg r a n d s s ystèmestech n iques(t ra nspor t,énerg ie, information, assainissement), à qui il revient d’assurer les services vitaux ainsi que le flux u rba i n s,n’i nter v ien nentplu sà côté des projets, mais bien en leur cœur. Opérateurs d’i n f rast r uc t u reset aménageu rsdoivent donc maintenant dialoguer. Le moment est opportun : le Grand Paris se construit.

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Ajouté le 07 octobre 2016
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Langue Français
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En partenariat avec
Recomposer l’aménagement delamétropole
er Paris, le 1 juin 2016
L’aménagement urbain vit > une révolution d’ampleur. L e s d o n n é e s n u m é r i q u e s , les ser v ices, le cha ngement climatique, la complexification des procédures d’urbanisme et la réduct ion des f ina nces publiques modifient la façon de fa i re la v i l le, bousc u lent l e s r ô l e s e t t i s s e n t d e nou v e l le s re l at ion s . L e je u d e s a c t e u r s d e l a f a b r iq u e u r b a i ne d e v ie nt b e auc ou pPHILIPPE SERIEYS plu s ou ver t . Ta nd is que les p l u s t r a d i t i o n n e l s d ’e n t r e eu x changent de périmètre d’inter vention, qu’ils se déplacent dorénava nt au long de la chaîne de l’aménagement, des nouveaux a r r i v ent . I l s v ien nent d’ hor i z on d i v e r s , des nouvelles technolog ies, du monde des services, de la distribution… Ils ne possèdent pas la même cu lt u re, ne s’impliquent pas su r les mêmes échelles de temps, ma is se g reffent à tous les moments de la fabrique
d e l a v i l l e . P a r a l l è l e m e n t , l e s g r a n d s s ystèmes tech n iques (t ra nspor t, énerg ie, information, assainissement), à qui il revient d’assurer les services vitaux ainsi que le f lux u rba i n s, n’i nter v ien nent plu s à c ôté des projets, mais bien en leur cœur. Opérateurs d’i n f rast r uc t u res et a ménageu rs doivent donc maintenant dialoguer. Le moment est opportun : le Grand Paris se construit.n
« Les jeunes générations privilégient la manière de vivre la ville à la propriété, ce qui redéfinit complètement les propositions urbaines. »Caroline Pandraud
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L’aménagement du Grand Paris : une longue conquêteAlain Beltran e Aménager le XXI siècleThierry Gaudin
SYNTHÈSE DES DÉBATS
Un jeu d’acteurs réaménagé De nouveaux entrants dans la ville Répondre aux usages, inventer les services Un aménageur particulier : la Société du Grand Paris Quand le numérique change et pilote la ville Questions d’échelles Opérateurs et aménageurs : un dialogue à établir
Cohérence de l’aménagement, équilibres économiques Jean-Pierre Duport
PROCHAIN ÉVÉNEMENT 5 Décembre 2016 AMÉNAGEMENT URBAIN ET TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Recevoir une invitation : julie-j.grebert@edf.fr
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PASSÉ / FUTURS..
PHILIPPE SERIEYS
ALAIN BELTRAN
Directeur de recherche au CNRS pour l’unité mixte Irice (Identités, Relations internationales et civilisations de l’Europe). Président du Comité de l’histoire de l’électricité et de l’énergie.
En 1860, Napoléon III décide > d ’a g r a n d i r P a r i s . D e d o u z e arrondissements, la capitale passe à v ing t. Un a n neau de com mu nes est ainsi annexé, de Mont mart re à B at ig nol le s-Monc e au en pa s s a nt par Bercy, Vaugirard ou Auteuil. Les anciens murs des fermiers généraux s ont rem plac é s pa r l’enc ei nte de Thiers, fortif ications qui ne seront détruites que progressivement après la Première Guerre mondiale pour être plus tard remplacées par le boulevard périphérique et qui marquent, dès lors, une séparation à la fois physique et mentale entre Paris et sa banlieue.
PARIS SE FERME, LA BANLIEUE S’ÉTEND P a r i s , à l a d i f f é r e n c e d ’a u t r e s capitales européennes, est donc une v ille fermée. Cependant, le Second E m p i r e c on n a î t e n m ê m e t e m p s une forte expansion de la banlieue, grâce notamment au développement du chemin de fer. Des lotissements de v i l lég iat u re pou r les Pa r isien s se construisent qui dev iendront de nouvelles communes, comme Enghien ou Maisons-Laff itte. Des quartiers émergent, les provinciaux viennent grossir les effectifs, puis l’immigration étrangère, en particulier dans les villes industrielles du Nord parisien. De cette urbanisation naissent onze nouvelles communes entre 1860 et 1929, et un ag ra nd issement s y stém at ique du département de la Seine qui, en plus de Paris, compte 80 communes. Des
L’aménagement du Grand Paris :une longue conquête
s y nd ic at s i nt e r c om m u n au x s ont c ré és a i n si que des c om m i s sion s d é p a r t e m e n t a le s s u r l’é p a n d a g e des eaux, les égouts, les habitations b on m a rc hé (H BM)… L’idé e d’u n aménagement du Grand Paris émerge alors chez certains penseurs regroupés au sein du Musée social comme Jules Siegfried, chez des architectes, mais aussi chez des industriels qui, après la Première Guerre mondiale, héritent d’une situation extrêmement confuse en région parisienne.
L’AGGLOMÉRATION PARISIENNE, RECONNUE M a i s l a p r e m i è r e i n i t i a t i v e d’i mpor ta nce est sa ns conteste le Comité supérieur de l’aménagement et de l’orga n isat ion généra le de la région parisienne (CSAORP), créé en 1928 par le gouvernement Poincaré. Sous la houlette du conseiller d’État H e n r i C h a r d o n , d e l ’a r c h i t e c t e Henri Prost et du grand commis des c hem i n s de fer R aou l Daut r y, le s t ravau x de ce com ité (au xquels on peut adjoindre ceux d’Henri Sellier, maire de Suresnes) vont dégager une nouvelle vision pour l’agglomération parisienne et faire naître son premier pla n d’a ménagement, con nu sous le n o m d e p l a n P r o s t . L’u n e d e s conclusions du CSAORP étant d’éviter un développement trop anarchique de la banlieue, le plan Prost prévoit à la
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fois de dédensifier le centre de Paris et de contenir l’ex pansion urbaine da ns u n rayon de 35 k m autou r de Paris. Des règles d’utilisation des sols sont instituées, avec la définition de zones (indust r iel les, d’habitat ion, d e t r a n s i t i o n … ) , d e s p r o j e t s d’infrastructures autoroutières sont lancés ainsi qu’une réf lexion sur les espaces libres et la protection des sites. Mais achevé en 1934, le plan Prost ne sera validé qu’en 1939. S’il donne lieu à quelques réalisations, essentiellement
lim iter le développement. Le liv re de Jea n-Fra nçois Grav ier,Paris et le d é sert f rançai sié en 1947,, publ résu me à lu i seu l la ha nt ise d’u ne région parisienne extraordinairement peuplée (14 millions d’habitants un moment évoqués). Pou r lim iter sa croissa nce, on remplit les espaces vides, on densifie, y compris là où il n’y a pas de transport, on régénère le tissu existant et on discute de villes nouvelles.  Les années 60 qui voient à la fois
À la différence d’autres capitales européennes, Paris est une ville fermée
autorout ières, i l subit su r tout les conséquences de la Seconde Guerre mondiale.
PARIS FAIT PEUR Car après 1945, les priorités changent. I l f a u t r e c o n s t r u i r e l a F r a n c e . L es i n f rast r uc t u res, les pont s, les chemins de fer, les réseaux électriques priment sur le logement ou d’autres considérations comme le téléphone. Les mentalités changent aussi. Une idée t raverse les a n nées 40 et 50 : celle que Paris absorbe l’énergie de la France et qu’il est nécessaire d’en
le démantèlement du département de la Seine, la création de la Région parisienne et l’établissement de son premier schéma directeur (SDAURP) reprennent le principe de contenir l’accroissement démographique de l’ag g lomérat ion pa r isien ne, m a is s o u h a i t e n t l ’o r g a n i s e r d a n s u n périmètre défini en mettant l’accent sur les transports collectifs.
UN GRAND PARIS POLYCENTRIQUE E n s y mbiose avec les sen sibi l ités de l’époque, les années 70 changent de modèle. L es g ra nds ensembles sont rejetés, les projets d’autoroutes u r b a i n e s s o n t a b a n d o n n é s , l e s associations de défense de citoyens s e d é v e lo p p e n t . L e c a d r e d e v ie e s t m i s e n a v a n t t o u t c o m m e l a protection de l’aménagement rural et l’organisation des transports. Car les problèmes qui apparaissent sont de plus en plus liés aux déplacements et à la mauvaise connexion entre les emplois et les activ ités. Le schéma directeur rég iona l d’Île-de-France de 1994 intègre la décentralisation en prônant une politique d’aménagement à l’échelle du bassin pa r isien, u ne sauvega rde de l’env iron nement et une croissance soutenable. Un Grand Paris de 15 millions d’habitants n’est plus à craindre, s’il s’organise de façon polycentrique.n
Plan Prost en 1934 : premier plan d’aménagement de la région parisienne
Tours de bureaux à La Défense : un tertiaire impacté par les nouvelles technologies.
PHILIPPE SERIEYS
THIERRY GAUDIN
DR
Expert international en politique d’innovation et en propective. Président de l’association Prospective 2100.
Pour parler du futur, il faut garder >à l’esprit quelques év idences. Supposon s u ne jeu ne fem me qu i, cette année, décide d’avoir un enfant. Il fera ses études dans les années 2020 jusque dans les années 2040. Sa vie active se déroulera essentiellement dans la deuxième moitié du siècle et il pourra sans doute vivre jusqu’en 2100. Autrement dit, pour que cette décision de procréer soit prise en connaissance e de cause, il faut regarder le XXI siècle dans son ensemble. Or, on constate dès aujou rd’hu i u n c h a n g e m e n t d e s y s t è m e technique mondial, une transition de la civilisation industrielle vers la civilisation cognitive. La société que nous connaissons est très différente de celle où vivra cet enfant. Le monde entre dans une nouvelle civilisation dont les deux pôles sont la contraction du temps (les machines qui calculent en nanosecondes) et notre relation avec la nature (écologie et changement climatique).
e Aménagerle XXI siècle
LA VILLE-PLACE DE MARCHÉ Une t r a n s it ion de c e t t e a m ple u r implique d’immenses changements soc iét au x . Pou r les v i l les, ce sont déjà des cha ngements à l’œuv re et des différences visibles d’évolution. D’un côté les «shrinking cities», ces villes qui s’effondrent, comme Détroit au x États-Unis, témoins d’un passé industriel révolu ; de l’autre, ces villes qui se végétalisent de plus en plus, sou lig na nt not re nouveau rappor t à la nat u re. Ma is peut-êt re que la question à se poser est : pourquoi y a-t-il des villes ?  L e s p r e m iè r e s v i l le s m é s o p o – tam iennes (au x a lentours de –3000 a v. J .- C .) é t a i e n t d e s p l a c e s d e marché. Et cette idée de v ille-place de ma rché est encore t rès v iva nte da n s not re i m ag i na i re eu ropéen, e n A l l e m a g n e p a r e x e m p l e . A u
des sy mboles, des démonst rat ions de puissance pour les compag nies qu i y apposent leu r logo en g ra nd for mat. Ma is est-ce que cela su f f it e pour le X X I siècle ?
LE PARI DE LA RECHERCHE ET DE LA CULTURE ? L e t er t i a i re s er a i m p ac t é p a r le s nouvelles communications. Avec un s y stème d’i n for m at ion déloca l isé qui travaille en nanoseconde, vous n’avez plus besoin d’êt re au même bureau à la même heure tous les jours. Vous pouvez t rava i l ler à d ista nce et da n s d’aut res c i rcon sta nces. I l n’existe plus d’usine automobile sur l’île Seguin, peut-on être sûr qu’il y aura encore des tours de bureau x à La Défense dans 50 ans ? Où seront les emplois ? De nouveau x modèles émergent, comme les incubateurs. Ils
Peuton être sûr qu’il y aura encore des tours de bureaux à La Défense dans 30 ans ?
e X I X s iè c le , i l s’a g i s s a it au s s i d e v illes industrielles concentrant un emploi essent iel lement déd ié à la production. Et puis, nous avons v u, d a n s l’ag g lomérat ion pa r i sien ne, d i spa r a ît re le s u si ne s C it roën ou les u si nes Renau lt. L’ac t iv ité s’est t ra nsfor mée, les sou rces d’emploi ont bascu lé du secteu r seconda ire au s e c t e u r t e r t i a i r e . L e t e r t i a i r e e s t s o r t i d e t e r r e d e m a n i è r e p a r t ic u l iè r e m ent é lo q uent e à L a Défen se. Ses tou r s sont de venues
s’installent n’importe où, y compris dans les universités, ce qui dev rait nous inciter à réf léchir au rôle des g r a nde s v i l le s e n t a nt q u e p ôle s scientifiques et culturels. À cet égard, en région parisienne, des territoires sont en constitution, à Saclay, à Marne-la-Vallée, au nord de Paris ; sur Orly et Roiss y vont sa ns doute se créer aussi des opportunités. Mais fait-on véritablement le pari de la recherche et de la c u lt u re en ag g lomérat ion parisienne ? Il y a un peu plus de vingt
ans le Louvre était encore en partie le m in istère des Fina nces et l’on a sans doute bien fait d’affirmer Paris dans son rôle de capitale culturelle mondiale en faisant du Louvre le plus g ra nd musée du monde. C’est u ne stratégie qui, à mon sens, n’est pas assez présente dans la manière dont on imagine actuellement l’évolution des villes.
AU DÉFI DES MIGRATIONS D e r n i e r é l é m e n t à p r e n d r e e n e compte pour ce XXI siècle naissant : la démog raph ie. L es perspec t ives d’après 2050 nous indiquent d’abord un vieillissement et une stabilisation de la population à l’échelle mondiale, avec certes quelques différences selon les continents. Elles nous indiquent aussi que les f lu x m ig ratoi res qu i s’opèrent déjà vont s’accélérer. Une étude établie par l’OCDE l’an dernier fait état de cette accélération, précisant qu’el le sera nota m ment due à des sécheresses. Si nous avons l’habitude de considérer les migrations actuelles comme les conséquences de faits de guerre, on ne doit pas oublier que c’est loin d’être la seule cause, et même que les sécheresses sont aussi facteurs de conf lictualité. Or, dans le cas du changement climatique, il est à craindre une augmentation considérable des e sécheresses. Les m ig rants du X X Isiècle se compteront par centaines de millions. Ils se dirigeront vers le nord, nous mettant au défi, d’une part de savoir canaliser ces f lux migratoires vers des régions habitables, d’autre part d’exprimer notre solidarité, notamment en construisant les infrastructures n nécessaires.
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SYNTHÈSE DES DÉBATS..
Un jeu d’acteurs réaménagé
L’a ménagement u rba i n, c’est > c et te opérat ion qu i c on si ste à t r a n s for m e r s oit u n t e r r a i n nu soit une friche en des mètres carrés de program me bâtis ou en espaces publics. Il s’agit donc d’un processus qui se met en œuvre sur un temps plus ou moins long et sur un espace défini, faisant intervenir un certain nombre d’acteurs de la ville. Jusqu’à présent, le jeu de ces acteurs se déroulait en France de façon très séquentielle. Tout en amont, on trouve la collectiv ité ter r itor i a le qu i déf i n it le s rè g le s urbaines. Puis vient l’aménageur qui assure la maîtrise foncière, définit le projet et réalise les espaces publics. Il vend des mètres carrés de surface de plancher à des promoteurs qui, eux, interviennent à l’échelle du lot, assurent la conception des bâtiments et leu r con st r uc t ion, en l ien avec des entreprises, des architectes, des bureaux d’étude, et procèdent à leur commercialisation. Enfin, le plus en aval, entrent en jeu les investisseurs pu is les ut i l isateu rs, habita nts ou entreprises.
DES CONTRAINTES FINANCIÈRES PESANTES Ce mode opératoire, que l’on pourrait qu a l i f ier « en s i lo s », e s t en t r a i n d’évoluer de plusieurs manières. Tout d’abord, comme l’explique Isabelle Ba raud-Ser fat y, « L es promoteu rs et les investisseurs se positionnent beaucoup plus en amont des projets u rba i n s. L a cont ra i nte f i na nc ière pesant de plus en plus, les collectivités locales ou les aménageurs n’ont pas f o r c é m e n t l e s m o y e n s d ’a c h e t e r le s t e r r a i n s . » C ’e s t m ê m e , s e lon A st r id Pou la in, « u n point du r à la
Le futur stade Arena 92 à Nanterre.
réalisation de certaines opérations p a r f o i s t r è s lo n g u e s , c o m m e le s Z AC . » L’ac q u i s it ion de s t er r a i n s devient donc un enjeu sur lequel se posit ion nent aussi des opérateu rs pr ivés. Pa r a i l leu rs, la ra réfac t ion de s fond s pu bl ic s a s s o c ié e à de s c o n t r a i n t e s e n v i r o n n e m e n t a l e s d e p l u s e n p l u s s t r ic t e s d é p l a c e le mode de fabr ique u rba i ne vers une plus grande mutualisation. « Il s’agit, comme le dit Isabelle Baraud-Ser fat y, de penser si mu lta nément l’é c h e l le d u q u a r t ie r (q u i r e lè v e traditionnellement de l’aménageur) et l’échelle du bâtiment (qui relève du promoteur). Cela oblige, par exemple, à penser la question de l’énergie de m a n ière mut u a l i s é e, ou c el le du stationnement. »
LES USAGES REMONTENT VERS L’AMONT Les usagers et leurs besoins prennent aussi de plus en plus d’importance dans la conception des projets. Il n’est aujourd’hui plus question de concevoir des bâtiments, des espaces publics, voire même des infrastructures, et
L’évolution du rôle des acteurs de l’aménagement par Isabelle Baraud-Serfaty
de les livrer tels quels, sans en avoir d é f i n i le s u s a g e s : le p a r a d i g m e s e l o n l e q u e l l ’o f f r e p r é c è d e l a demande est bel et bien en train de s’inverser. Or, ce sont les promoteurs et les investisseurs qui sont au plus pr è s de s u s a g e r s . N ic ol a s G r a v it l’illustre à travers le cas d’Eiffage : « Not re modèle est complètement intég ré pu isque nous som mes à la fois a ménageu rs, const r ucteu rs et promoteurs. Les problématiques que nous cernons en aval, nous devons les retranscrire en amont du projet pour élaborer de nouveaux quartiers de la manière la plus pertinente possible, en y incorporant aussi les modèles économiques des opérateurs ou des investisseurs qui interviendront après nous. Nos réf lex ions por tent donc sur les usages futurs, sur les espaces publics, sur l’animation commerciale de la ville : comment faire en sorte, qu’une fois que nous serons partis, le quartier puisse continuer à vivre ; c o m m e n t c r é e r d u l i e n s o c i a l ; comment mutualiser les services et comment intégrer la ville durable de demain… »
NOUVELLES STRATÉGIES Face à la remontée des acteurs privés vers l’amont s’exerce un mouvement i nv er s e d a n s le quel c ol le c t i v ité s e t a m é n a g e u r s s ’i m p l i q u e n t d e plu s en plu s en a v a l de s pr oje t s . « N ou s c on n a i s s on s au jou r d’ hu i des aménageurs qui exploitent des pa n neau x photovolta ïques, ca r ils sont une nécessité pour le quartier, note Isabelle Baraud-Serfaty. Et nous connaissons ici des collectivités qui s e font i nv e s t i s s e u r s ou u s a ger s . C ’e st le c a s du projet A ren a 92 , à Nanterre, présenté comme un projet privé, mais qui a été rendu possible grâce à l’acquisition de surfaces de bureaux par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine. Sans compter le récent débat su r les ca h iers des cha rges t rès presc r ipt i fs i mposés p a r c e r t a i n s a m é n a g e u r s à d e s promoteurs. » Ainsi, le jeu des acteurs traditionnels de l’a m én a gem ent s e re c om p o s e et s’ouv re de tel le ma n ière que de nouvelles stratégies relationnelles se nouent et que l’opposition public-privé perd peu à peu de sa pertinence.n
De nouveaux entrants dans la ville
La recomposition à l’œuvre dans > le jeu des acteurs traditionnels de l’aménagement se complexifie encore un peu plus avec l’entrée de nouveaux intervenants. Isabelle Baraud-Serfaty en donne la métaphore suivante : « Avant, tout se passait comme dans un jeu d’échec, les rôles de chacun étaient déterminés comme les mouvements des pièces sur un échiquier. De plus en plus, nous sommes dans un jeu de go : les pièces ont la même liberté de mouvement, l’enjeu se situe dans la manière dont elles se combinent entre elles pour produire de la ville. »
ACTEURS DIVERS, CULTURES DIVERSES Les nouvelles pièces qui enrichissent ATELIER CHRISlTIeA«NgDEoPOuRrTbZAaiMPnA»RCsont essentiellement issues des nouvelles technolog ies. Comme le dit Caroline Pandraud, « Le numérique a accéléré les nouveau x usages, et donc de nouvelles façons de décrypter, d’analyser, de designer et de const r u ire. » De plus en plus d’étapes s’invitent dans la conception et la réalisation d’un projet urbain. Les exemples sont nombreux et, ici, non exhaustifs : intégrer la question de l’éclairage intelligent, utiliser le financement participatif, coordonner la maquette numérique… Tant et si bien que la chaîne de l’im mobilier doit faire place au secteur de l’énergie, au monde numérique, ou à ceux qui s e p osit ion nent su r u n tout p et it chaînon : l’information en temps réel, l’impression 3D dans le bâtiment, la gestion de données… Ces nouveaux entrants s’appellent Google ou Amazon qui développent des infrast r uctures de collecte, de traitement et de stockage de la donnée. Ce sont les startups qui pensent et créent de nouveau x ser v ices, avec leu r cu lt u re propre. Ce sont aussi des acteurs de la distribution, ceu x qui ont déjà trouvé une place entre les infrastructures traditionnelles et les utilisateurs et qui reformatent les
ressources : Wework pour le tertiaire, AirBnB pour le logement, BlaBlaCar pour le transport routier…
LA VILLE EN PARTAGE Sa n s êt re à proprement pa rler de nou veau x ent ra nt s, les h abit a nt s tendent, eux aussi, à s’impliquer dans les opérations d’aménagement. En cela, ils passent d’un rôle passif à un rôle actif. Là est tout l’enjeu de l’habitat participatif où les futurs usagers décident d’intervenir dès la concept ion et la fabricat ion d’un projet. Là est l’enjeu aussi de la production décentralisée d’énergie où le consommateur se fait à son tour producteur. Là est l’enjeu, de manière générale, de cette nouvelle économie du partage où chacun peut contribuer à fournir des ressources : des places de stationnement, des financements, des données… Voici donc les habituels bâtisseurs de la ville face à une multiplicité d’acteurs qu i, c om me le sou l ig ne C a rol i ne Pandraud, « possèdent une culture de travail, des temporalités, des modes de financement très divers. » Si bien que s’il y avait pu avoir un modèle type en matière d’aménagement, celui-ci est révoqué. Astrid Poulain le confirme : « Il n’y a pas de règle. C’est le contexte dans lequel on s’inscrit qui déf init la conception du projet. Et c’est en réfléchissant à comment construire des partenariats que l’on parvient à définir de nouveaux modes de fabrique de la ville. » Coproduction, co-conception, co-construction deviennent les maîtres mots. Intégrer dans l’aménagement les nouvelles thématiques que représentent l’agriculture urbaine, les mobilités et leur intermodalité, le parking intelligent ou les nouvelles sou rces d’énerg ie demande d’identifier les partenaires et de les asseoir autour d’une table le plus tôt possible. « Aujourd’hui, nous avons le foncier, nous connaissons nos objectifs, reste à définir le programme et à construire la ville ensemble », conclut Astrid Poulain.n
intervenants
ISABELLE BARAUD-SERFATY Consultante en économie urbaine. Fondatrice d’Ibicity
« La fabrique de la ville est en train de se fractionner. La question est d’en changer les règles. »
NICOLAS GRAVIT Directeur d’Eiffage Aménagement
« Désormais, sur toutes nos opérations d’aménagement, nous sommes confrontés à une demande d’évaluation des usages. »
CAROLINE PANDRAUD Directrice de projet chez Fabernovel
« L’aménagement des territoires reste l’action qui permet de garantir les espaces du vivre ensemble. »
GAËLLE PINSON Responsable adjointe du projet numérique à la Société du Grand Paris
« Nous souhaitons que l’infrastructure numérique du Grand Paris Express vienne fertiliser les aménagements des collectivités. »
ASTRID POULAIN Directrice du développement et des études chez SEQUANO Aménagement
« Concevoir la ville autrement, c’est fabriquer des projets qui répondront aux usages de demain, construire des quartiers suffisamment souples pour s’adapter à l’évolution des besoins. »
NICOLAS ROUGÉ Fondateur d’Une autre ville
« L’aménageur a peutêtre un nouveau rôle à jouer en tant qu’initiateur de services énergétiques pour dimensionner plus intelligemment les infrastructures. »
PHILIPPE TOUZELET Responsable du développement chez Dalkia
« Nos discussions avec les aménageurs interviennent de plus en plus en amont des projets afin de mieux intégrer le dispositif énergétique. »
LIVIER VENNIN Délégué au Grand Paris chez EDF
« Nous entrons dans un moment où les questions de sobriété énergétique nous obligent à penser de manière totalement différente la façon dont on construit la ville. »
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SYNTHÈSE DES DÉBATS..
Répondre aux usages, inventer les services
WEWORK LLC
Tout change. L’impermanence > touche aussi les villes. Certaines s’effondrent parfois, comme l’explique Thierry Gaudin (voir page 3). À certains moments, les changements sont encore plus profonds et peuvent marquer la fin d’une époque pour le début d’une aut re. C’est peut-êt re ce qui est en train de se produire, et les acteurs de la ville cherchent à comprendre. Ils ont bien pris en compte, par exemple, l’évolution formidable que connaissent les usages. Le modèle de propriété que l’on connaît s’estompe pour laisser place à un modèle de l’accès. Tout au moins dans les grandes villes, tout au moins chez les plus jeunes générations. Mais comme le dit Caroline Pandraud, « C e s ont c e l le s que l’on ob s er v e puisqu’elles définissent notre future façon d’habiter, notre future façon de nous déplacer. » Et qu’obser ve-t-on ? « Que ces jeunes générations pr iv ilég ient la ma n ière de v iv re la v ille à la propriété, ce qui redéfinit c o m p l è t e m e n t l e s p r o p o s i t i o n s urbaines. »
LE BÂTIMENT DEVIENT RESSOURCE L’idée est connue, citée par Isabelle Baraud-Serfaty : « Michelin ne vend plus des pneus, mais des kilomètres parcourus. » Un symbole de l’économie de la fonctionnalité. Adapté au monde immobilier, cela peut vouloir dire que l’on ne vend plus des logements ou des bureaux, mais des mètres carrés
ser vant à des usages. Ou peut-être un peu plus que cela, selon Caroline Pa nd raud. Ca r « la quest ion est de savoir de quelle manière packager cet usage, quelle valeur il prend pour les utilisateurs. » WeWork, le spécialiste a mérica in du pa r tage de bu reau x, ne loue pas seulement une capacité à travailler, « il loue un superbe bureau, une super connectivité, du café à gogo et une communauté de talents pour vous entourer. » Soit une surcouche de
Espace WeWork à Londres.
valorisation par le service qui montre à quel point l’expérience est recherchée. Le k ilomètre parcouru de Michelin devient alors de la qualité de vie, de l’expérience vécue en commun dans des espaces partagés. Cela est v rai dans le monde du travail, mais aussi dans le logement. Le bâtiment devient ressou rce, mut ua l ise les espaces, met en réseau les acteurs pour que les ut i l isateu rs a ient accès à tou s les services urbains. Ce principe va
« Smartseille » : de la prospective à la réalité
Au nord de Marseille, sur l’un des territoires les plus pauvres de France, l’établissement public Euroméditerranée en partenariat avec Eiffage construit l’écoquartier Allar, baptisé aussi « Smartseille ». Sur les 2,7 hectares qui accueillaient 2 autrefois une usine de production de gaz s’installeront 58000 m de logements, bureaux, commerces et équipements, un hôtel et des résidences seniors. Soit un quartier mixte d’une grande densité. Mais aussi un quartier aux multiples services. Nicolas Gravit explique : « Nous avons travaillé à la mutualisation des parkings, nous implantons une conciergerie très développée avec des services de proximité, de gardiennage, d’autres liés au numérique. » Des véhicules électriques seront aussi mis à disposition des habitants. La création avec EDF Optimal Solutions d’une boucle à eau de mer assurera le chauffage, l’eau chaude sanitaire et le refroidissement de tout le quartier. Pour Eiffage, ce projet est aussi l’aboutissement d’une réflexion menée au sein de Phosphore, son laboratoire de prospective de la ville durable né en 2007. La livraison de « Smartseille » est prévue pour 2018. 4 000 personnes y sont attendues pour y habiter ou y travailler.
jusqu’à impacter des lieux autrefois aussi monofonctionnels que les gares. Celles qui seront bâties pour le réseau du Grand Paris Express devraient ainsi intégrer des espaces de télétravail, « car nous pensons, nous dit Gaëlle Pinson, que ce métro devra aussi servir à ne pas se déplacer ! »
RÉVERSIBLE, RESPONSIVE C o n s t r u i r e d e s b â t i m e n t s a u x multiples ressources, aux multiples services pour de multiples usages dont certains ne sont pas encore connus. Construire une mix ité de fonctions au sein d’un même lieu : y travailler, y h a b i t e r, s ’y g a r e r, y é c h a n g e r. Construire aujourd’hui ce qui sera valable demain. Donc, pour Astrid Poulain : « Construire des quartiers qui soient suffisamment souples et qui s’adaptent à l’évolution des besoins et de la société. » Et construire, enfin, pour tous : pour permettre à toutes les popu lations de v iv re où elles le souhaitent, sans devoir quitter son qua r t ier dès lors que sa sit uat ion personnelle change.  La réponse à ces défis se trouve, s e lon e l le, « d a n s l a ré v er s ibi l it é d e s b â t i m e n t s , q u i s u p p o s e d e s cont ra i ntes, m a is pou r laquel le i l existe d’ores et déjà des modèles que l’on pourrait industrialiser demain. » Un logement peut-il se transformer à l’arrivée d’un nouvel enfant ? Peut-il évoluer avec l’âge et les changements f a m i l i a u x , v o i r e m ê m e a v e c l a dépendance ? Cette réversibilité doit se doubler, selon Caroline Pandraud, « d’une capacité des infrastructures déployées à faire en sorte qu’au fur et à mesu re des nouveau x usages, d e n o u v e a u x a c t e u r s p u i s s e n t
EIFFAGE IMMOBILIER MÉDITERRANÉE/GOLEM
Vue d’architecte de l’écoquartier des Docks à Saint-Ouen qui privilégie de nouveaux modes d’habiter.
l’i nté g rer. » I l faut donc bât i r des projets prévoyant une zone d’inconnu, des projets modulables, d’une certaine manière « responsive », telles ces pages Web qui savent s’adapter aux usages de l’ord inateu r com me à ceu x des smartphones.
LA VIE D’APRÈS L e s s e r v i c e s p r é v u s p a r l e s op é r at ion s d’a m é n a g e m e nt v ont ainsi devoir s’adapter à des usages émergents. Autrement dit, il n’est plus envisageable de livrer des quartiers clef en main sans en assurer la continuité. « On recommande à nos clients, qui sont souvent des promoteurs, de se placer com me ag régateu rs de ces nouveaux services, sans forcément les créer eux-mêmes, explique Caroline Pandraud. Cela veut dire d’êt re en capacité de ma inten ir u ne qua lité de service, d’être là après la livraison pour comprendre si ce qui a été mis en place sert bien les usages, de créer parfois une organisation à dessein. » Pour Nicolas Gravit, cette question se pose effectivement : « On se doit, dans le cadre de la création de nouveaux quartiers ou de nouveaux bâtiments de tenir les promesses faites en matière de mutualisation, de faire en sorte que les ser v ices fonctionnent après notre départ. Nous le prévoyons avec nos partenaires gestionnaires dans le cadre d’engagements juridiques. » Cependant, garantir cette continuité, être sûr que les gestionnaires sauront a d a p t e r l e u r s s e r v i c e s a u f i l d e changements technologiques de plus en plus rapides, est difficile. V ient a lors l’idée que ce soit les habitants eu x-mêmes qui prennent en main les outils délivrés, les services mis en place. Nicolas Gravit en donne u n e x e m p l e : « N o u s t r a v a i l lo n s su r la con st r uc t ion de résidences
intergénérationnelles : des immeubles où se côtoient les jeunes générations, les fam illes et les personnes âgées av e c l’a m bit ion d’y c ré er du l ien socia l. Nous avons fa it appel pou r cela à une société qui met en œuvre un système d’accompagnement. Un local spécifique est créé dans l’immeuble pour des réunions, des activ ités, et une personne est chargée d’animer cette cohésion. Elle le fait durant deux à trois ans puis se retire petit à petit. Et nous avons remarqué que les habitants savaient ensuite prendre en main la gestion des services ainsi créés. »
AMÉNAGER L’AVENIR COMMUN Il est env isageable d’imag iner des sit uat ion s si m i la i res su r d’aut res s e r v ic e s , y c o m p r i s l e s s e r v ic e s nu mér iques, d’auta nt plus que les usagers tendent à devenir aussi des acteurs urbains et que la smartcit y ne peut se const r u ire sa ns eu x . Si les opérations d’aménagement sont aujourd’hui conçues de telle manière à ce que « la v ie pren ne der r ière », selon les mots de Nicolas Grav it, si un travail de réf lex ion est mené en a mont su r les espaces publics, les commerces, la mixité fonctionnelle et sociale, s’il n’est plus pensable de réaliser un quartier de bureaux qui ne v ive que de 8 h du m at i n à 8 h du soir, il incombe malgré tout au x grands acteurs d’imaginer et d’animer le vivre ensemble. « Nos cahiers des charges recensaient jusqu’à présent des considérations d’ordre technique plus que des questions de lien social, explique Astrid Poulain. Mais nous devons aussi accompagner les gens dans les nouveaux modes d’habiter, sur les questions énergétiques, sur la mutualisation des stationnements. Nou s menon s déjà des ac t ion s en ce sens en Seine-Saint-Denis, avec
les citoyens et les associations, sur l’agriculture urbaine, sur le réemploi des matériaux pour créer du mobilier urbain et pour leur faire partager les projets futurs. » Car il existe bien un risque à ce que le foisonnement des services numériques ne provoque un hyper individualisme. « On peut choisir de construire son propre parcours de vie sur la base des
ressources fournies par la v ille, on peut choisir de commander son Uber plutôt que de prendre le métro, et de ne plus rien partager avec la collectivité. L’aménagement des territoires reste alors l’action qui permet de garantir les espaces du vivre ensemble et de se construire un avenir commun », conclut Caroline Pandraud.n
« Des initiatives intéressantes existent en matière d’ habitat mobile. L’une, très prospective, a été imaginée par une équipe de la Silicon Valley : un immeuble constitué de neuf capsules identiques, chaque capsule étant un appartement que l’occupant peut transférer à son gré de ville en ville. Un autre modèle est celui d’ habitats standardisés, mais facilement personnalisables, pour les populations mobiles dont les vies professionnelles les amènent à changer souvent d’endroit. Ces nomades possèdent alors un compte client valable partout. Ils retrouvent d’un appartement à l’autre les mêmes standards d’expériences et les mêmes services. Enfin, le dernier modèle est celui lié à l’économie collaborative : ces plateformes qui vous permettent d’aller vivre chez les autres. » Caroline Pandraud
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