Elles... face à eux Témoignages

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Elles... face à eux Témoignages TÉMOIN ISEULT (27 ans, publicitaire, Paris) Le pouvoir de llaa mmaatteerrnniittéé « Je ne me suis jamais posée trop de questions quant à ma situation par rapport aux hommes. Je fais partie d'une génération peut-être moins combative que celle de ma mère.

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Publié le 08 novembre 2011
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Elles... face à eux Témoignages

TÉMOIN ISEULT (27 ans, publicitaire, Paris) Le pouvoir de la maternité

« Je ne me suis jamais posée trop de questions quant à ma situation par rapport aux hommes. Je fais partie d'une génération peut-être moins combative que celle de ma mère. C'est en entrant dans la vie active dans une agence de pub à Paris que j'ai pu m'apercevoir que même dans ce milieu très libéré, les poncifs n'étaient pas morts. Mes collègues masculins, quasiment aussi jeunes que moi avaient parfois une fâcheuse tendance à me prendre régulièrement pour la petite « boniche » du service, ce qui avait le don de me mettre dans tous mes états. Une tendance à me rabaisser sur le ton de la plaisanterie qui ne me faisait pas rire du tout. Il y a deux ans, j'ai été enceinte, et pour moi ce fût une révolution. A titre personnel d'abord, car jamais je ne m'étais sentie aussi bien, c'était un peu comme si mon corps avait trouvé sa vraie plénitude. Mais en plus, l'attitude de tous ces mecs a soudainement changé à mon égard. Je suis à présent traitée d'égale à égale, je dirai même plus. La maternité m'a donné au niveau du boulot un pouvoir que je ne soupçonnais vraiment pas ».

« Surjouer » la faible femme

VERONIQUE (43 ans, femme au foyer, Marseille)

« J'ai été élevée en Afrique avec mes trois soeurs, de façon assez bohème et libre. Je pense que j'en ai gardé une certaine insouciance, une façon de voir la vie un peu plus détachée peutêtre. Je me suis mariée sur le tard, j'ai eu une fille il y a sept ans. Hélas, mon mari est tombé malade et est décédé il y a moins d'un an. Tous ses copains savaient qu'il était condamné et même avant son décès, ils ont commencé à prendre les choses en main. Ils se sont occupés ensuite des coups de téléphone, des prises de rendez-vous avec les pompes funèbres, du notaire, et ont continué à se mettre en quatre pour que tout se passe bien. Je pense qu'ils ont fait cela par amitié pour mon mari bien entendu, mais aussi parce que ma façon d'être les a convaincus que j'avais besoin de leur aide. J'avoue avoir un peu profité de cet instinct de protection à mon égard en « surjouant » un peu la faible femme et en acceptant de rentrer dans le rôle qui m'était dévolu. Cela me facilitait la vie, alors que j'ai un peu honte d'avouer que je n'en avais pas tant besoin. J'ai toujours utilisé ce ressort vis-à-vis des hommes, en tentant cependant de ne pas en abuser. »

JACQUELINE (60 ans, DRH, Asnières) Femmes & management

« J'ai commencé à travailler comme secrétaire dans une entreprise de restauration collective. J'ai adopté assez tôt des convictions féministes mais que je ne mettais pas forcément en avant. Au fil du temps, j'ai occupé plusieurs postes jusqu'à ce que je trouve ma voie au département du personnel. Ce côté à la fois carré et humain me plaisait. J'ai touché un peu à tout, et finalement le patron m'a fait confiance pour remplacer (après 17 ans dans l'entreprise quand même) le DRH. Lorsqu'il m'a convoquée, il a insisté sur le fait qu'il m'avait bien observée et que son choix s'était porté sur moi surtout parce qu'il avait constaté que j'avais naturellement une attitude douce et compréhensive, en particulier lors d'entretiens assez conflictuels, tout en ayant les compétences nécessaires. Mon style de négociation avec les syndicats notamment lui plaisait. Même s'il ne l'a pas dit, je pense qu'il voulait choisir une femme avec toutes les caractéristiques que cela représente en termes de management. »