LBO, késako ?
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LBO, késako ? Faut-il avoir peur des LBO ? Dans l'univers du capital investissement, les LBO ont mauvaise presse. Ces opérations spécialisées dans l'accompagnement de la cession d'entreprise, la fusion et la transmission auraient, selon l'avis de certains économistes, une vraie part de responsabilité dans la crise financière actuelle.

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Publié le 28 janvier 2012
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Langue Français

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Faut-il avoir peur des LBO ?
LBO, késako ?
Dans l'univers du capital investissement, les LBO ont mauvaise presse. Ces opérations spécialisées dans l'accompagnement de la cession d'entreprise, la fusion et la transmission auraient, selon l'avis de certains économistes, une vraie part de responsabilité dans la crise financière actuelle. Entre la spéculation pure et les business angels, le capital-investissement tente de redorer son blason.
Si les fonds d'investissements (private equity) sont aujourd'hui indispensables pour aider les jeunes entreprises à éclore et prospérer, trop souvent aussi, ces mêmes fonds sont pointés du doigt en raison de leurs pratiques à la hussarde où le profit est le seul objectif. Parmi les opérations les plus souvent critiquées, l'on trouve essentiellement les LBO qui interviennent lors de la cession-transmission d'une entreprise.
Les autres formes du capital-investissement que sont le capital-risque (financement du démarrage de nouvelles entreprises), le capital-développement, et le capital-retournement (financement du redressement d'une entreprise en difficulté) ont globalement été moins directement impliquées dans les bulles spéculatives.
LBO, késako ?
Le leveraged buy-out, abrégé en LBO, se généralise depuis les années 1990. Ce terme désigne une opération de financement d'acquisition d'entreprise par emprunt. Dans la logique du LBO, c'est l'entreprise rachetée qui finance en grande partie le remboursement de l'emprunt contracté pour son rachat. Le montage repose donc essentiellement sur une architecture de dettes. Au coeur de la manoeuvre, l'effet de levier généré par l'emprunt facilite l'acquisition mais aussi la défiscalisation du projet.
Dans le détail, dans un LBO, plusieurs investisseurs se regroupent dans le cadre d'une holding pour acquérir une entreprise. La holding s'endette autant que la capacité d'autofinancement de la société rachetée le permet. Elle est capitalisée par les acquéreurs a minima, c'est-à-dire à hauteur du solde du prix d'acquisition (c'est l'effet de levier). Les dettes qui sont au coeur du montage d'un LBO ont le plus souvent des priorités de remboursement différentes. Les dettes seniors sont celles qui seront
remboursées en priorité, puis viendront les dettes juniors ou subordonnées et en dernier recours, les dettes mezzanine.
Plus les dettes sont prioritaires et moins elles sont risquées (et donc rémunératrices).
LBO, quel danger ?
Le LBO en soit n'a rien de dangereux tant que l'entreprise rachetée prospère et qu'elle génère suffisamment de valeur pour rembourser l'emprunt de son rachat. Cette condition de solvabilité est un critère prioritaire dans l'éligibilité d'une entreprise cible. Or, ces dernières années, les difficultés économiques ont réduit comme peau de chagrin le nombre d'entreprises éligibles. Les fonds d'investissement se sont donc retrouvés avec des liquidités importantes à placer.
La concurrence s'est installée et les fonds d'investissement ont eu tendance à survaloriser les rares entreprises cibles du marché, se déconnectant chaque jour un peu plus de la réalité. Ce contexte particulier a vu l'émergence d'une bulle LBO spéculative. Les entreprises rachetées trop fortement valorisées se sont retrouvées rapidement dans une impasse, entrainant en cascade des fonds d'investissement dans le rouge.
Fort heureusement, toutes les LBO n'ont pas connu le même destin. Seuls les montages de grande importance ont été touchés par cette folie spéculative. Les entreprises familiales qui avaient choisi le modèle du LBO pour orchestrer leur cession-transmission ont elles largement profité des avantages de l'effet de levier de l'emprunt tant sur le plan financier que fiscal.