Les Mimivirus savent se débarrasser de leur ADN inutile

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Les Mimivirus savent se débarrasser de leur ADN inutile Les Mimivirus, découverts en 2003 par deux équipes dirigées par le Professeur Didier Raoult, représentent le plus grand groupe de virus à ADN connu,

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Publié le 24 janvier 2012
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Langue Français
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Les Mimivirus savent se débarrasser de leur ADN inutile

Les Mimivirus, découverts en 2003 par deux équipes dirigées par le Professeur Didier Raoult, représentent le plus grand groupe de virus à ADN connu, possédant 900 gènes à eux seuls. Ils ont été repérés dans des amibes, êtres unicellulaires se trouvant notamment dans les circuits de refroidissement d'eau des systèmes de climatisation. L'originalité de ce virus vient de sa taille et de sa vulnérabilité à être infecté par des petits virus : les virophages.

En milieu naturel, c'est-à-dire au sein des amibes, les Mimivirus vivent en « communauté ». Ils partagent leur espace amibien avec d'autres organismes tels que des virus et des bactéries. Des échanges constants de gènes chez ces microorganismes à vie intra-amibienne, aussi bien entre eux qu'avec leur hôte protozoaire, ont permis cette évolution vers une vie en « communauté ».

Une collaboration franco-américaine (impliquant des chercheurs du CNRS, de l'Université de la Méditerranée et de l'Université de Provence) cultivé de manière isolée le Mimivirus. En laboratoire, seul dans une amibe et sans contact avec d'autres microorganismes, les chercheurs ont observé, en évolution accélérée (seulement 150 passages*), une réduction de 17 % de la taille de son génome. Cette perte génomique se fait pour l'essentiel par la perte d'un fragment D'ADN aux deux extrémités de son génome. En absence d'autres microorganismes et donc de compétition au sein de l'amibe, le Mimivirus élimine, alors, une partie de son génome en supprimant notamment les gènes impliqués dans la formation de longues fibrilles qui entourent son enveloppe. Le Mimivirus devient ainsi "chauve". Les chercheurs ont également observé qu'il devenait résistant aux virophages.

Ce travail montre qu'un changement d'écosystème peut être associé à une modification majeure et rapide du génome des microorganismes.

*Le mimivirus se multiplie dans sur une amibe en 2-3 jours, avant qu'elle n'éclate. Un échantillon du Mimivirus est prélevé puis réintégré dans une nouvelle amibe. Tout ceci est répété de nombreuses fois.