"SI JE PEUX DONNER UN COUP DE MAIN..."
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"SI JE PEUX DONNER UN COUP DE MAIN..." M. Camérini, quel rapport entretenezvous avec l'ASSE aujourd'hui ? J'ai construit ma vie sur le socle mais comment pouvait-il en être autrement pour moi qui avait à peine 16 ans et demi et qui débarquait dans un club dirigé par des hommes aussi remarquables que Roger Rocher, Albert Batteux ou Jean Snella et plus tard Robert Herbin ! A un âge où votre caractère s'affirme et votre personnalité s'étoffe, j'ai été confronté à des gens exceptionnels. Et bien sûr que j'en suis ressorti marqué et plus fort. Je dois ma réussite actuelle, celle de mes affaires, à toutes les valeurs de travail et d'honnêteté que j'ai apprises à St-Etienne pendant six ans. La rigueur stéphanoise ne m'a jamais plus quitté. Pour en revenir à votre question, j'ai longtemps eu une loge à Geoffroy-Guichard où j'invitais mes anciens potes et coéquipiers. Aujourd'hui, je les reçois chez moi sur la Côte ou dans un des mes golfs. Vous continuez à organiser des retrouvailles avec les anciens Verts ? Plus que jamais. En plus j'habite désormais dans le Haut Var près d'un lac dans un des plus beaux châteaux du sud de la France. J'organise souvent des soirées culturelles, sportives, musicales où j'invite les Larqué, Bereta, Revelli, Synaeghel... Je vois souvent les anciens présidents, André Laurent ou Alain Bompart qui eux aussi se sont mis au golf. Mais j'ai aussi une loge à Nice et à Monaco...

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Publié le 14 avril 2011
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Langue Français

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"SI JE PEUX DONNER UN COUP DE MAIN..."

M. Camérini, quel rapport entretenezvous avec l'ASSE aujourd'hui ? J'ai construit ma vie sur le socle mais comment pouvait-il en être autrement pour moi qui avait à peine 16 ans et demi et qui débarquait dans un club dirigé par des hommes aussi remarquables que Roger Rocher, Albert Batteux ou Jean Snella et plus tard Robert Herbin ! A un âge où votre caractère s'affirme et votre personnalité s'étoffe, j'ai été confronté à des gens exceptionnels. Et bien sûr que j'en suis ressorti marqué et plus fort. Je dois ma réussite actuelle, celle de mes affaires, à toutes les valeurs de travail et d'honnêteté que j'ai apprises à St-Etienne pendant six ans. La rigueur stéphanoise ne m'a jamais plus quitté. Pour en revenir à votre question, j'ai longtemps eu une loge à Geoffroy-Guichard où j'invitais mes anciens potes et coéquipiers. Aujourd'hui, je les reçois chez moi sur la Côte ou dans un des mes golfs.

Vous continuez à organiser des retrouvailles avec les anciens Verts ? Plus que jamais. En plus j'habite désormais dans le Haut Var près d'un lac dans un des plus beaux châteaux du sud de la France. J'organise souvent des soirées culturelles, sportives, musicales où j'invite les Larqué, Bereta, Revelli, Synaeghel... Je vois souvent les anciens présidents, André Laurent ou Alain Bompart qui eux aussi se sont mis au golf. Mais j'ai aussi une loge à Nice et à Monaco...

Pourquoi ne vous êtes-vous jamais investi dans un club pro, à St-Etienne ou ailleurs ? On m'a souvent sollicité et j'avais failli sauter le pas au Servette de Genève et à Lausanne. Mais j'ai de nombreuses activités dans l'immobilier d'entreprises, dans le bâtiment industriel, j'installe des sociétés étrangères sur la Côte. En étant à la tête d'une trentaine d'entreprises, j'ai pas mal de responsabilités et j'essaie de caser mes amis, ma famille. Donc se lancer dans le foot dans ce contexte, ça paraît compliqué. Mais j'avais eu une discussion avec Bompart à ce sujet, j'ai rencontré Romeyer aussi dernièrement...

Et alors ? Alors, s'il faut donner un coup de main, pourquoi pas ! Je suis prêt à participer, même financièrement. Mais je sais qu'il n'est pas facile pour les deux présidents en place de voir arriver quelqu'un comme moi. Qu'ils se rassurent, je ne ferai jamais d'OPA, mais le fait que je sois un ancien joueur les met certainement mal à l'aise. Je les comprends mais une fois encore je ne désire aucunement prendre leur place ou rogner leurs prérogatives. Si je fais un geste, c'est parce que je veux renvoyer l'ascenseur et que j'ai conscience que sans l'ASSE je n'aurais pas construit ma vie de cette façon. Tout ce que j'ai aujourd'hui, c'est aux Verts que je le dois. Tenez, dernièrement, on m'a appelé pour me dire qu'il y avait une brève dans France Football qui disait que Benzema avait été le seul à faire mieux que moi en étant champion de France à quatre reprises à 21 ans. Je ne le savais même pas.

"QU'ILS SE RASSURENT, JE NE FERAI JAMAIS D'OPA, MAIS LE FAIT QUE JE SOIS UN ANCIEN JOUEUR LES MET CERTAINEMENT MAL À L'AISE..."

Pourquoi avez-vous quitté St-Etienne aussi tôt, en 1971, alors que vous étiez encore au sommet de votre carrière et que le phénomène vert montait en puissance ? Parce que j'ai construit ma vie différemment, je n'avais pas que l'ambition sportive à assouvir. Mon objectif n'était pas de jouer jusqu'à 35 ans, d'accumuler les matchs et les sélections en équipe de France. J'avais aussi une famille avec qui je voulais être, quatre frères que j'ai rejoint à Nice, un parcours de chef d'entreprise que j'avais envie de prendre. J'avais donné six ou sept ans à St-Etienne, il était temps de rentrer chez moi à Nice pour apporter aux miens tout ce que j'avais appris. Quelque part, ce métier de footballeur professionnel était trop beau. J'ai tout arrêté à 28 ans car il me paraissait plus important de me prouver que j'étais aussi capable de faire autre chose, de créer des emplois. J'ai monté ma première affaire à 23 ans en construisant des complexes sportifs. Je me languissais de démontrer que je pouvais, moi aussi, réussir dans les affaires, comme les présidents que j'avais côtoyés dans mes clubs. Je voulais simplement gagner ma vie autrement.

Etes-vous fier d'être l'exemple d'une des plus belles reconversion de footballeur professionnel ? Je suis à la tête d'une des plus grosses fortunes de France si l'on en croit le magazine L'Express qui avait fait un truc sur moi dernièrement... Et j'aime qu'on dise que je suis un ancien footballeur. Car ça montre que même les footeux sont capables de penser avec autre chose que leurs jambes et leurs pieds. Mais je suis aussi très fier que d'anciens collègues à moi, des Larqué, des Boghossian, des Roy, des Marsiglia, des Vieira, que je vois passer sur mes centres sportifs, aient aussi réussi en restant dans le milieu. Ce sont mes potes et je suis toujours heureux de pouvoir les réunir. C'est un bonheur car on refait le monde, on parle de tout.

Même des Verts de Galtier ? Qu'en pensez-vous ? Je me dis qu'ils ne sont pas à la place où ils devraient être tellement il y a du potentiel dans cette équipe. Mais une fois c'est Piquionne, une autre fois c'est Feindouno, ou Gomis, cette fois ce fut Payet. Il y a toujours un problème à gérer pendant la saison qui finit par porter préjudice à l'équipe. Le monde du foot est bien compliqué et c'est pour ça que je me garderais bien de critiquer les deux présidents en place.

Vous êtes Niçois, vous avez été formé au Cavigal, vous avez fini votre carrière à l'OGC Nice pendant cinq saisons tout de même, pourtant vous ne parlez que des Verts ! J'ai ce club dans les tripes. Lorsque je suis arrivé à St-Etienne à 16 ans et demi, comme tous les stagiaires, j'étais logé seul à 4 kilomètres du stade dans une sous pente non chauffée. Et ce qui me faisait tenir, même si c'était difficile, c'est de savoir que tous ceux qui jouaient à ce moment-là, les Mekloufi, les Herbin, les Goujon, les Mitoraj, tous étaient aussi passés par là. Beaucoup d'autres n'ont pas tenu et sont rentrés chez eux mais ceux qui se sont accrochés ont ensuite eu la vie plus facile. Je connaissais toutes les compositions des équipes stéphanoises des années 60 quand bien même j'étais encore dans mon village, qu'il n'y avait pas la télé, ni les journaux comme aujourd'hui. Mais j'écoutais tout ce que me racontaient les anciens sur le club, je m'imbibais de cette culture. Et j'en suis resté marqué à vie. Et quand on se revoit tous, on sent qu'on fait partie de la même famille car on a tous été formé avec les mêmes valeurs.

"J'AIME QU'ON DISE QUE JE SUIS UN ANCIEN FOOTBALLEUR...QUI A RÉUSSI !"

On est loin de la réalité du foot moderne ! Les joueurs qui changent de club tous les six mois, qui ne finissent plus que par être des enjeux financiers pour leurs agents ne sont pas heureux. Ils ne le savent pas parce qu'ils n'ont connu que ça mais je sais qu'ils ne sont pas heureux. On ne peut pas l'être en changeant de club aussi souvent. J'ai gagné pas mal de titres avec St-Etienne, des coupes, des matchs européens face au Bayern, au Celtic, au Benfica... et j'ai surtout le sentiment de m'être construit à travers ce parcours, mais aussi d'avoir construit ce club, de l'avoir maçonné... pour pas grand-chose en plus car à l'époque, même si on était bien payé par rapport à la moyenne nationale, ça n'avait rien à voir avec les salaires actuels. Au moins, cela a permis au club de faire des économies et d'acheter ensuite de grands joueurs qui ont perpétué la légende. C'est peut-être pour ça que nous estimons que, quelque part, ce club il nous appartient un peu aux Bereta, Santini, Larqué, Bathenay, Revelli, Lopez et tous les autres...

Francis Camérini Né le 25 janvier 1948 à Marseille (13) Défenseur Clubs successifs : St-Etienne (1965-1971), Nice (1971-1976) Palmarès : Champion de France (1967, 1968, 1969, 1970), vainqueur de la Coupe de France (1968, 1970) (il ne disputa pas les finales). International français (2 sélections face à la Hongrie et la Bulgarie en 1971), 8 matchs de coupes d'Europe.

Aujourd'hui : dirigeant de sociétés immobilières sur la région de Cannes et propriétaire de quatre golfs.

Son équipe stéphanoise de rêve

"Il manque certains grands noms dans cette équipe, Rocheteau par exemple, mais Keita me semblait supérieur. J'aurais pu mettre Johnny Rep à la place de Revelli, mais celui-ci a quand même mis 200 buts sous le maillot vert. Quant à Platini, il n'est pas resté longtemps à St-Etienne. Il a apporté au club autant que le club lui a apporté et je suis un de ses inconditionnels, comme je le suis de Zidane, mais j'ai choisi des joueurs dont l'image et la carrière étaient attachées à l'ASSE. Platini, lui, c'est la Juventus..."

Gardiens Georges CARNUS (ou Yvan Curkovic) Défenseurs latéraux Vladimir DURKOVIC Christian LOPEZ

Défenseurs centraux Bernard BOSQUIER Osvaldo PIAZZA

Milieux Christian SYNAEGHEL Jean-Michel LARQUÉ Dominique BATHENAY

Attaquants Salif KEITA Hervé REVELLI Geroges BERETA

Entraîneur Albert BATTEUX