Etats généraux de la reconquête - Autorité : Nous voulons rétablir la confiance
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Propositions de l'UMP sur l'autorité

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Publié le 28 avril 2014
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Langue Français

Exrait

AUTORITÉ NOUS VOULONS RÉTABLIR LA CONFIANCE
AVRIL 2013
ÉDITORIAL
1 elon une enquête récente de l’Ipsos pour le Cevipof , 87 % des Français pensent« qu’on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre »86 % et CeSs réponses témoignent d’un sentiment de désordre et d’abandon dans la société jugent que« l’autorité est une valeur trop souvent critiquée aujourd’hui ». française autant que d’une demande d’autorité. Au-delà de ce sondage, on parle assez généralement de « la crise de l’autorité » pour désigner le désarroi grandissant des Français devant un affaiblissement des différentes institutions essentielles pour la vie en société, institutions qui peinent à se faire respecter : famille, école, justice, police, institutions politiques… Les principales figures d’autorité sont facilement contestées : le maître, l’élu, le policier, l’expert… Des zones de non-droit se développent dans certains quartiers de notre pays, tandis que la défiance règne à l’égard des élites économiques et intellectuelles. Le scandale « Cahuzac » atteint la crédibilité de l’ensemble du gouvernement. Dans la sphère familiale, les pédopsychiatres s’inquiètent des difficultés qu’éprouvent les parents à dire non à leurs enfants. On parle souvent d’un effacement des pères au profit des pairs… La crise de l’autorité est souvent reliée à une crise de la transmission (remise en cause des modèles héritées du passé) et à une crise du progrès (perte de confiance dans l’avenir, survalorisation de l’instantané). Elle naît d’une perte de confiance dans les institutions et alimente cette crise de défiance qui fragilise notre Nation. Dans plusieurs pays européens, des mouvements populistes instrumentalisent ce besoin d’autorité et de sécurité exprimé par les citoyens. Cette crise est profonde, mais l’arrivée de François Hollande au pouvoir n’y apporte aucune réponse. Bien au contraire. L’UMP veut répondre à ce besoin d’autorité et de protection en évitant les pièges de l’autoritarisme et du repli sur soi. Il faut sans doute revenir à la définition de l’autorité, qui est un pouvoir qui s’exerce sans le besoin de recourir à la coercition. L’autorité s’affirme par une reconnaissance réciproque et une légitimité forte de celui qui la détient. Pour notre famille politique, ce n’est pas « un chef » qui va remettre de l’ordre partout. C’est à chacun, en fonction de ses responsabilités, à tous les niveaux, de remettre de l’ordre. De même, la loi seule n’établit pas l’autorité. Il faut aussi des valeurs partagées, une reconnaissance de la légitimité de la loi, des institutions qui sont chargées de la faire respecter et des personnes qui assument des responsabilités au service de la cité.
1 « Les nouvelles fractures françaises », janvier 2013.
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A travers nos propositions qui impliquent l’ensemble du corps social, nous voulons que la France renoue avec la confiance. Nous voulons d’abord responsabiliser les familles, qui sont en première ligne dans l’éducation et la transmission du cadre indispensable pour faire des femmes et des hommes libres. L’Etat n’a pas à se substituer aux parents, il doit les aider à mieux remplir leurs missions, notamment lorsque leurs enfants sont en difficulté. Quand des parents se défaussent de leurs responsabilités, la puissance publique peut les inciter à les assumer pleinement, quitte à les sanctionner. Nous voulons notamment obliger les parents à assister à l’audience lorsque leurs enfants sont poursuivis ; nous voulons les impliquer dans l’encadrement des travaux d’intérêt général lorsque leurs enfants sont condamnés. Nous voulons redonner à l’école les moyens de transmettre, en affirmant l’autorité du savoir et de la compétence, à rebours desidéologues qui, au nom d’une fausse « pédagogie » relativiste, ont mis au même niveau le maître et l’élève.Nous voulons faire confiance aux acteurs de terrain et leur donner plus d’autonomie. Une Education nationale bureaucratique où tout est dirigé depuis Paris, en fonction d’équilibres politiques et syndicaux, c’est une école qui perd du crédit et de la légitimité auprès des élèves, des parents et de l’ensemble de la société. Nous voulons reconstruire l’autorité de la loi par une justice efficace et rapide, afin de mieux prévenir la délinquance, de mieux la pourchasser et de mieux la sanction-ner : oui, nous voulons rétablir la vérité des peines, avec des sanctions rapides, justes et systématiques pour les délinquants et les criminels. Pour nous, ce n’est pas la prison qui est criminogène, c’est l’absence de sanction ! Cela impose notamment de réformer en profondeur la justice des mineurs et de donner une place centrale aux victimes. Nous voulons que les forces de l’ordre soient plus respectées, mieux organisées et davantage présentes sur le terrain.refusons le laxisme et la démission par Nous rapport aux ravages de la toxicomanie (arrêt des salles de shoot, lutte contre le cannabis…). Nous considérons que les maires ont un rôle essentiel dans la lutte contre la délinquance. Les candidats de l’UMP pour les municipales de 2014 s’engageront dans un « pacte pour la sécurité des Français » :développement de la vidéoprotection et des polices municipales armées, développement des cellules de citoyenneté et de tranquillité publique avec un pouvoir d’injonction pour contrer la délinquance. Nous voulons que l’armée joue un rôle renforcée dans l’insertion des jeunes en e difficultéchance ».avec les dispositifs « défense 2
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Nous voulons une plus grande fermeté en matière d’immigration : les étrangers qui ne respectent pas les lois de la République n’ont pas vocation à rester sur le territoire national.Comme le rappelait David Cameron dans son discours de Suffolk, le 25 mars dernier, au sujet de l’immigration au Royaume-Uni, les étrangers que nous accueillons doivent contribuer à la dynamique nationale et à l’effort collectif. Les enfants nés en France de parents clandestins ne doivent pas bénéficier du droit du sol.
Nous voulons que la lutte contre les fraudes se dote de moyens modernes et efficaces– carte sociale sécurisée, fichier national des fraudeurs –avec des sanctions renforcées.
Nous voulons un parcours de citoyenneté pour tous les jeunes Français, et nous voulons que les étrangers nés en France de parents étrangers ne puissent devenir français sans en manifester la volonté.
Nous voulons un renouvellement profond de la vie politique,des élus moins avec nombreux et mieux reconnus. Nous nous opposons aux pratiques qui conduisent à distendre le lien entre l’élu et son ancrage local. Nous voulons associer davantage les citoyens à la décision publique et à l’élaboration des normes, à travers l’ouverture des données publiques (open data), à travers des grands débats citoyens, à travers l’usage des plates-formes numériques, à travers un recours plus fréquent au référendum.
Les Français n’ont pas à choisir entre le laxisme et le relativisme, d’une part, ou le populisme, d’autre part. L’UMP veut porter une espérance crédible pour la France. La crise de confiance n’est pas une fatalité !
Jean-François CopéHervé Mariton Présidentde l’UMPDélégué général au Projet  ValérieDebord BrunoRetailleau  Déléguéegénérale adjointe au ProjetDélégué général adjoint au Projet
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SOMMAIRE
1. LA CRISE DE L’AUTORITE VIENT DE LOIN, MAIS LA GAUCHE EN PORTE UNE RESPONSABILITE ET FRANCOIS HOLLANDE L’AGGRAVE9 1. Unecrise de l’autorité qui vient de loin.........................................................................................9 2. Desdécisions qui aggravent la crise de confiance L’exemple en matière de sécurité et de justice.....................................................................11
2. NOSPROPOSITIONS POUR RENOUER AVEC LA CONFIANCE15 1. Lesfamilles en première ligne : comment les responsabiliser ?.................................15 2. L’école: une autorité à reconquérir...............................................................................................19 3. Justice: pour restaurer l’autorité de la loi, pas de délit sans sanction....................21 4. Desforces de l’ordre reconnues et davantage présentes sur le terrain.................31 5. L’armée,des réussites à valoriser pour l’insertion de notre jeunesse.....................33 6. Immigration: faire respecter la loi et interdire le territoire national à ceux qui la refusent.....................................................................................................................................35 7. Lutteravec plus d’efficacité contre les fraudes.....................................................................37 8. Unparcours de citoyenneté pour favoriser la reconnaissance de l’autorité et l’engagement citoyen...............................................................................................................................38 9. Unrenouvellement de la vie publique pour réaffirmer l’autorité et la légitimité de nos institutions démocratiques......................................................................40 10. Nos engagements pour les élections municipales 2014....................................................43
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LA CRISE DE L’AUTORITE VIENT DE LOIN, MAIS 1. LA GAUCHE EN PORTE UNE RESPONSABILITE MAJEURE ET FRANCOIS HOLLANDE L’AGGRAVE
Il serait absurde d’imputer à la seule responsabilité du gouvernement socialiste la crise de l’autorité. En revanche, on peut pointer du doigt une idéologie de gauche qui attise les problèmes depuis des décennies et qui les aggravent aujourd’hui.
1.Une crise de l’autorité qui vient de loin…
La contestation de l’autorité appartient à la culture française. Jules César évoquait déjà dansla Guerre des Gaulesla propension des peuples gaulois à se diviser et à se déchirer. Il notait quand même que, dans les périodes de trouble, les Gaulois étaient capables de se rassembler derrière un chef.
Après tout, la France est ce pays où l’on apprend aux jeunes enfants à se moquer de la police dès le plus jeune âge, lors des spectacles de Guignol. Ce pays où l’on apprend aux jeunes enfants à chanter leur rejet de l’autorité paternelle dès les premières comptines chantées à l’école maternelle(« Mon papa ne veut pas, que je danse, que je danse, mon papa ne veut pas, que je danse la polka. Il dira ce qu’il voudra, moi je danse, moi je danse. Il dira ce qu’il voudra, moi je danse la polka »)…
Cette capacité à se rebeller devant l’autorité, devant la loi du plus fort est parfois un atout, une force de notre génie national.Qu’on pense à Jeanne d’Arc pendant la guerre de Cent Ans, faisant fi de tous les usages pour sauver son pays. Qu’on pense aux révolutionnaires de 1789 bravant l’absolutisme. Qu’on pense évidemment aux héros de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale !
La France n’est pas une nation de robots, obéissant les yeux aveugles à des règles fixées par une autorité politique incontestable. Heureusement !Rien ne serait plus contraire à l’esprit français qu’une soumission absolue à n’importe quelle autorité, sous prétexte qu’elle est une autorité.
Mais faut-il pourtant accepter la conception de l’autorité qui nous a été léguée par la gauche soixante-huitarde et qui laisse penser que toute autorité est arbitraire ?Une conception qui survalorise la transgression et la déconstruction en renvoyant toujours à un individualisme mal compris. Une conception qui veut tous les droits sans jamais accepter les devoirs. Une conception qui revendique la liberté mais rejette la responsabilité.
Comme si le progrès, c’était d’abord casser l’autorité et prendre ses distances par 2 rapport au passé. Comme si la norme était forcément une résurgence du fascisme . Comme si la transmission des valeurs était un crime. Comme si l’apprentissage d’un cadre et de repères était un asservissement. Comme s’il fallait abandonner ses racines pour grandir.
2 « La langue est fasciste », disait Roland Barthes.
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Avec la multiplication des discours et des politiques qui ont systématiquement pointé du doigt la réussite et le mérite, condamné la fermeté, remis en cause toute forme d’autorité, la société a perdu une partie de ses repères, sans que les apprentis sorciers d’un prétendu « progressisme » permettent d’améliorer la cohésion nationale.
Il faut quand même noter que l’idéologie de la gauche soixante-huitarde est en perte de vitesse dans l’opinion et que de plus en plus de Français la rejettent.Les grandes déclamations sur l’air de « il est interdit d’interdire » ne font plus recette en France. L’adhésion aux valeurs d’autorité est de plus en plus forte dans notre pays. Dans les enquêtes européennes sur les valeurs des citoyens de l’Union européenne, seuls l’Italie, le Portugal et le Royaume-Uni nous dépassent sur ce point précis.
La gauche libertaire est donc obligée de se masquer pour avancer. Ilest d’ailleurs significatif que les dernières revendications de cette gauche se fassent au nom de l’égalité, plutôt que de la liberté. Que cette gauche en vienne à devoir s’appuyer sur les valeurs de la famille, de la stabilité et du mariage pour défendre sa vision de la société.
Soyons cependant lucides :une forme d’individualisme à outrance et un libéralisme mal-compris, encouragés tant par la gauche que par la droite, ont pu entretenir aussi cette remise en cause de toute forme d’autorité, sans laquelle il n’y a plus de« décence commune »(George Orwell). Une vision dévoyée qui voudrait appliquer les règles du marché à toute chose présente en effet une menace pour la cohésion sociale et pour l’unité de notre Nation. Si l’argent devient la valeur suprême, que tout peut s’acheter, quelle est la place pour l’autorité ?
De même les évolutions technologiques et la démocratisation du savoir favorisent une profonde transformation des rapports sociaux :l’horizontalité prend le pas sur la verticalité. Les experts n’ont plus le monopole de la connaissance (le médecin se trouve confronté à des patients qui vérifient ses propos sur Internet) et les citoyens peuvent mettre en débat n’importe quelle décision ou information.
La circulation de l’information, l’ouverture des échanges culturels fragilisent les modèles classiques de l’autorité.La mobilité des individus, l’affaiblissement des modèles d’encadrement traditionnels – Églises, syndicats, partis politiques, armée… – tout comme les évolutions familiales profondes n’ont pas fait disparaître le besoin d’autorité exprimé par la société française, mais ils imposent une nouvelle définition de cette autorité et des nouveaux modes d’affirmation.
Nous avons pleinement conscience de cette réalité et nous considérons que le contexte actuel est une formidable opportunité pour réinventer une autorité au service des citoyens,une autorité qui va permettre de renouer la confiance avec les Français, et entre les Français.
Notre projet politique n’est pas fondé sur la nostalgie d’un ordre ancien. Il est fondé sur notre goût de l’avenir. Sur notre engagement à répondre aux aspirations légitimes du peuple français. Sur notre volonté de préparer l’avenir des enfants de France.
Nous nous voulons des racines et des ailes. Nous voulons une liberté qui soit fondée sur la conscience de notre responsabilité à l’égard du monde et de ceux qui nous entourent, à l’égard de notre nation et des générations à venir.
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2.décisions qui aggravent la crise de confiance. Des L’exemple en matière de sécurité et de justice L’arrivée de la gauche au pouvoir ne répond pas du tout au besoin d’autorité des Français. Au contraire, le désordre qui règne au gouvernement –avec la multiplication des couacs – et l’incapacité de François Hollande à incarner un leadership crédible posent un problème supplémentaire dans la société française. Beaucoup de Français s’interrogent avec inquiétude :« Où va notre pays ? Nos dirigeants ont-ils une vision pour la France et les compétences pour nous diriger ? » Sur le fond, le projet porté par le gouvernement reste entaché par une idéologie en décalage profond avec les attentes de nos concitoyens. Le débat sur le cannabis ou sur les salles de shoot est une illustration de ce décalage. Il peut sembler secondaire à certains, mais il ne l’est pas. Surtout lorsqu’il est porté par le ministre en charge de l’Education nationale, celui qui se propose par ailleurs de donner des cours de morale laïque et républicaine à nos enfants. En fait, il témoigne d’une gauche mal à l’aise avec l’idée d’autorité. Une gauche qui préfère la mise en scène du compassionnel à l’exercice de sa responsabilité lorsqu’elle est au pouvoir : faire respecter l’ordre républicain. Les discours de façade de Manuel Valls n’ont aucune prise sur le réel.Car, lorsque gauche se rallie au principe d’autorité (souvenons-nous de Ségolène Royal et de son « ordre juste »), elle est très volubile quand il s’agit d’idée générale, mais très mal à l’aise quand il faut passer aux travaux pratiques. L’échec en matière de sécurité Mardi 19 mars 2013, Christiane Taubira a confirmé sa volonté d’abroger les peines plancher et la rétention de sûreté. Elle a regretté de n’être pas allée« au bout »des débats sur la dépénalisation du cannabis et sur le récépissé lors des contrôles d’identité. Elle a ouvert la voie à une « libération conditionnelle automatique » des détenus. Vendredi 22 mars 2013, les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) ont révélé que l’insécurité a progressé depuis l’élection de François Hollande. La politique de justice et de sécurité menée par Christiane Taubira et Manuel Valls est en échec. 1°) La gauche n’a tiré aucune leçon des errances des années Jospin : elle affiche moins de sévérité envers les délinquants et plus de défiance envers les forces de l’ordre.Elle donne l’impression d’avoir plus de souci pour les délinquants que de compassion pour les victimes. Ses annonces, guidées par la seule volonté de faire table rase du sarkozysme, sont irresponsables. aL’abrogation programmée des peines plancher et de la rétention de sûreté créent un climat d’impunité pour les délinquants. La gauche explique que les peines plancher et la rétention de sûreté seraient contraires au principe d’individualisation des peines. Ces deux mesures ont pourtant été jugées parfaitement constitutionnelles (décisions du Conseil constitutionnel du 9 août 2007 et du 21 février 2008). Elles permettent, d’une part, de sanctionner plus durement la récidive et, d’autre part, de maintenir en prison certains criminels dont il serait avéré qu’ils présentent un danger majeur pour la société en cas de libération
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