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La France : souteneur de la dictature au Togo

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La France : souteneur de la dictature au Togo

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La France : souteneur de la dictature au Togo
Par Comi Toulabor*
1ère partie : Les fondements d’un soutien maffieux
1.1- Le Togo de la bande: une colonie idéale pour la France françafricaine 1.2- La «stabilité» comme principe fondant la CDI (Colonie à durée indéterminée) 1.3- L’armée : garant desdits intérêts françafricains 1.4- Une CDI n’a pas besoin de démocratie mais de développement
2ème partie : La Bande et les lobbies
2.1- Chirac-Eyadéma : une idée de gouvernance affligeante pour l’Afrique 2.2- Un chef de Bande au centre de réseaux françafricains 2.3- Des lobbies branchés sur des réseaux économiques et occultes
Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire des relations entre la France et le Togo depuis l’indépendance, mais d’essayer de comprendre l’attitude pour le moins équivoque des pouvoirs politiques français à l’égard du processus démocratique au Togo, un cas d’école affligeant. Mais il faut convenir que ce cas d’école s’inscrit dans les eaux glauques et nauséeuses des relations françafricaines, que François-Xavier Verschave considère comme étant d’ordre incestueux, quelque chose de subliminal, dont il est difficile de deviner la rationalité qui les gouverne. Cette France dont nous parlons est essentiellement limitée à son gouvernement central qui se décline en de multiples centres de pouvoir aux intérêts contradictoires (l’Elysée et sa cellule africaine, le ministère de la Coopération aujourd’hui intégré à celui des Affaires étrangères, le Trésor, le ministère de la Défense, les services d’espionnage, etc.…) et s’étend, en les absorbant partiellement ou totalement, à des réseaux situés à sa périphérie qui n’ont rien à voir à l’origine dans la définition de sa politique africaine, si tant est qu’il en existe une. Ce sont les grandes entreprises publiques et privées, les marchands de canons, les éditeurs de manuels scolaires, les obédiences maçonniques, les parlementaires, groupes et clubs d’amitié de toutes sortes, le reliquat des milieux coloniaux, le mercenariat et la barbouzerie, des personnalités influentes intéressées, des universitaires a priori sans scrupule, etc. Tous ces acteurs et milieux se retrouvent enchevêtrés dans une combinatoire volontaire ou inconsciente, serrée et inextricable avec le pouvoir de la Bande au Togo, où finalement les intérêts privés se substituent au pouvoir public, comme au bon vieux temps des colonies. Au temps des colonies, on le sait, les intérêts privés constituaient des lobbies si puissants et si influents qu’ils arrivaient à s’imposer à l’Etat colonial, et de ce point de vue, il n’y a fondamentalement rien de nouveau sous les cieux franco-togolais depuis les indépendances.
1ERE PARTIE : LES FONDEMENTS D’UN SOUTIEN MAFFIEUX
1.1 - LE TOGO DE LA BANDE : UNE COLONIE IDEALE POUR LA FRANCE FRANÇAFRICAINE
Il faut dire que c’est contrainte par le nouveau contexte international né de la Seconde Guerre mondiale que la France « octroya » à ses colonies « l’indépendance » à laquelle d’ailleurs s’opposèrent des roitelets locaux comme Léon Mba avant d’y être astreint, rabroué par la métroplole, si on se fie aux mémoires de Jacques Foccart. Et à la différence par exemple de la Grande Bretagne, qui a été une superpuissance coloniale, la France n’a jamais pris au sérieux l’indépendance de ses (anciennes) colonies africaines où pèse encore lourdement sa présence multiforme. C’est ainsi que les leaders nationalistes africains qui voulurent donner sens et contenu