LE PANTIN D’ÉBÈNE
«
J’espère qu’il comprendra, s’il est élu, le degré de désillusion qui surviendra s’il ne
devient pas un homme meilleur qu’il ne le sera jamais.
»
Sean Penn - Festival de Cannes 2008
L’espoir est à double tranchant. A la frontière entre la foi et l’imposture, il
conditionne le succès, décuple les attentes et exacerbe les déceptions. Quand le
discours précède l’action, la responsabilité des promesses faites est le fardeau de
l’homme politique. L’épreuve des actes marque systématiquement la fin de l’état de
grâce. Il n’est pas d’espoir anodin.
Si l’élection de Barack Obama a suscité un engouement unanime, la questionner
relève du bon sens. L’allégresse grégaire générale a toujours ce quelque chose de
suspect.
Le prix de la victoire
Le triomphe du candidat démocrate était une évidence, non pas un miracle. En
témoigne la disproportion des montants dépensés pour le financement des campagnes
électorales : 605 millions de dollars pour le grand vainqueur contre 150 pour son
adversaire républicain - soit un très inégal rapport de 1 à 4. A titre de comparaison,
George W. Bush et John Kerry avaient respectivement déboursé 345 et 380 millions
de dollars lors de la précédente élection présidentielle.