A t on le droit de critiquer la Nouvelle Vague ?
4 pages
Français

A t on le droit de critiquer la Nouvelle Vague ?

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
4 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

A t on le droit de critiquer la Nouvelle Vague ?
auteur : Philippe Person
Le Monde Diplomatique

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 620
Langue Français

Exrait

A-t-on le droit de critiquer la Nouvelle Vague ?
1 sur 4
http://www.monde-diplomatique.fr/imprimer/16828/99eca1a8d6
http://www.m onde-diplom atique.fr/2009/02/PERSON/16828 FÉVRIER 2009 -Page 27
UNLABELDEVENUCARCAN A-t-on le droit de critiquer la Nouvelle Vague ?
En revendiquant une grande liberté, en brisant certaines conventions, une jeune génération de cinéastes — la Nouvelle Vague —, dès la fin des années 1950, a fait souffler un vent d’air frais sur le septième art. Si ce mouvement a connu une existence éphémère, son influence sur le cinéma hexagonal se fait encore sentir aujourd’hui. Pour le meilleur ou pour le pire ? Par PHILIPPE PERSON Ecrivain.
Si l’on ouvre un manuel d’histoire au chapitre de la France d’après-guerre, il y a de fortes chances pour que l’on trouve côte à côte, illustrant la naissance de la Ve République, une photographie du général de Gaulle et celle d’une jeune fille aux cheveux courts vendant leNew York Herald Tribuneà la criée sur les Champs-Elysées. La légende sera sans doute : « La Nouvelle Vague : Jean Seberg dansA bout de souffle,de Jean-Luc Godard ».
La Nouvelle Vague, qui naît symboliquement en mai 1959, lorsqueLes Quatre Cents Coups, premier film d’un réalisateur de 27 ans nommé François Truffaut, reçoit un accueil triomphal au Festival de Cannes, serait donc un événement historique majeur. Elle aurait été à la fois le signe annonciateur de toutes les contestations des années 1960, l’irruption de la jeunesse sur les écrans, une révolution esthétique et les débuts de la modernité postindustrielle.
Lourd fardeau pour la dizaine de films à l’origine du phénomène et pour cette poignée de réalisateurs à peine conscients d’appartenir à un mouvement qui ne repose sur aucun manifeste fondateur. En 1959, quand Godard tourneA bout de souffleet que ses amis cinéphiles Claude Chabrol et Truffaut sortent successivementLe Beau Serge, Les CousinsetLes Quatre Cents Coups,ils ne sont pas encore préoccupés par la signification sociologique ou la portée de leurs œuvres. Ils ont une autre ambition : changer le regard du spectateur, profiter de l’arrivée de caméras plus légères et de pellicules adaptées à la lumière naturelle pour libérer le cinéma des studios où le séquestraient les réalisateurs établis, et offrir ainsi le spectacle des rues parisiennes et la fraîcheur de l’air de leur temps.
Si la Nouvelle Vague a une dimension historique, c’est parce qu’elle a certainement été la première construction médiatique moderne. Quand, en 1959, le terme, inventé par Françoise Giroud pour définir la jeunesse des années 1950, se recentre sur le cinéma, il devient aussitôt un argument publicitaire pour vendre des films qui n’ont en commun, outre leur faible budget, que d’être l’œuvre de jeunes gens, parmi lesquels Alain Resnais, qui, avec ses 39 ans, fait figure d’ancêtre. Dès lors, tout sera Nouvelle Vague dans le cinéma français, sans que l’on connaisse forcément le sens de l’estampille.
Truffaut, Godard et Chabrol, comme les autres cinéastes issus desCahiers du cinéma,se gardent bien de protester. Alors que, peu de temps auparavant, ils étaient encore des critiques féroces, ils favorisent l’ambiguïté de ce mouvement attrape-tout en ne produisant aucun texte exprimant une quelconque ligne directrice. Au contraire : ils se laissent porter par la vague, jusqu’à son reflux de
30/09/2009 10:52
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents