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Cadrage et infini dans l'œuvre de Caspar David Friedrich

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Cadrage et infini dans l'œuvre de Caspar David Friedrich

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Langue Français
Jean-ClaudeGardes,EIRIS,UBO
CadrageetinnidanslœuvredeCasparDavidFriedrich
Caspar David Friedrich est sans nul doute l’une des figures marquantes de l’art pictural allemand, même si son œuvre, tombée dans l’oubli pendant de longues décennies à l’issue de sa mort en 1840, n’a été redécouverte qu’au début du vingtième siècle et ne s’est imposée comme une œuvre majeure que durant la seconde moitié de ce même siècle. Né en 1774 à Greifswald, petite ville du Nord de l’Allemagne située sur les rives de la mer Baltique, Caspar David Friedrich, à l’issue d’études effectuées à l’Académie des Beaux-Arts de Copenhague, vécut à Dresde, où se forma progressivement autourde lui un groupe d’artistes qui représente certainement le mouvement le plus important, le plus représentatifdu romantisme 1 pictural allemand.Friedrich est connu pour avoir renouvelé - voire révolutionné- en Allemagne la peinture de paysage. Comme plusieurs de ses contemporains, Friedrich oppose à l’écart imitatif, à l’écart entre imitant et imité, à la séparation ill.1 de l’art et de la nature, «une théorie de l’unité imitative, unemimesisqui vise à la fusion de l’art 2 et de la nature ». Reclus dans son atelier vide peint par son ami Georg Kersting (Cf. ill.1 - 1811) et qu’il a lui-même représenté dansFrau am Fenster -Femme à la fenêtre - (Cf. ill. 2 - 1822), il était convaincu que la peinture doit se réaliser «dans la solitude, 3 fondation de toute démarche picturale» ,et dans le dépouillement, tous les objets extérieurs troublant le monde d’images qui est à l’intérieur.Friedrich est un protestant introverti marqué par le malheur – de nombreux décès tragiques dans son entourage –, qui a toujours été à la recherche du divin, de l’indicible que l’art, savoir extatique en quelque sorte, peut saisir. En ce sens, comme le mouvement romantique dans son ensemble, il n’a pas créé de style, mais initié un état d’esprit. En d’autres termes, il s’agissait moins pour lui d’imaginer des formes nouvelles que de soumettre la forme au symbole. Cette démarche l’a incité à violer et mépriser les règles de l’harmonie et du beau traditionnel,ce qui est la loi de tout art symbolique puisque cette expression artistique implique la subordination du visible à l’invisible.ill.2