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La céramique commune de l'atelier de Thésée-la-Romaine - article ; n°3 ; vol.16, pg 325-337

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Revue archéologique du Centre de la France - Année 1977 - Volume 16 - Numéro 3 - Pages 325-337
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1977
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Langue Français
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Gaston Cœuret
La céramique commune de l'atelier de Thésée-la-Romaine
In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 16, fascicule 3-4, 1977. pp. 325-337.
Citer ce document / Cite this document :
Cœuret Gaston. La céramique commune de l'atelier de Thésée-la-Romaine. In: Revue archéologique du Centre de la France.
Tome 16, fascicule 3-4, 1977. pp. 325-337.
doi : 10.3406/racf.1977.2106
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0220-6617_1977_num_16_3_21061977 - n" 63-64 R.A.C.
LA CÉRAMIQUE COMMUNE
DE L'ATELIER DE THÉSÉE-LA-ROMAINE
par G. Cœuret
Enfin ! des informations sur la production de l'atelier
de potier de THESEE-LA-ROMAINE (Loir-et-Cher).
Tout en indiquant les raisons qui ont motivé le retard
apporté à la parution de ce travail, l'auteur espère contribuer
à une meilleure connaissance de cette poterie, généralement
qualifiée de commune (et même de vulgaire par le récent ca
talogue du Musée des Antiquités Nationales) parmi laquelle il
faut pourtant bien distinguer ces vases à décor d'entrelacs
qui apparaissent comme une spécialité propre à cet atelier.
En 1968, le n° 28 de la présente Revue faisait paraître un article
relatant la découverte d'un four de potier sur la commune de THESEE-
LA-ROMAINE (Loir-et-Cher) i.
A l'époque, l'intention des auteurs était de présenter un travail
en deux parties, la seconde partie annoncée comme devant être « plus
spécialement consacrée à l'étude de la poterie commune, parmi laquelle
certains vases à décor d'entrelacs méritent une attention toute parti
culière ».
Depuis, de nombreux événements ont fait que ce projet n'a pu être
mené à bien. Aujourd'hui encore, rien n'est terminé. Cependant, quelques
planches de dessins sont prêtes et il serait regrettable que celles-ci
ne soient pas enfin diffusées.
Aussi avons-nous décidé de limiter notre travail à une description
sommaire des types de vases qui semblent caractériser la production de
l'atelier de THESEE-LA-ROMAINE, remettant à plus tard ou, plus objec
tivement, laissant à qui en aura la possibilité, le soin de mener à bien
une étude approfondie sur la provenance des argiles utilisées, la compos
ition des pâtes, les techniques de cuisson ainsi que la diffusion des
produits.
Un fait est certain : les découvertes de POUILLE puis, un peu plus
tard, celles de THESEE-LA-ROMAINE, tendent à prouver l'existence sur
1. G. et M. Coeuret. — Un four de potier gallo-romain à Thésée-la-
Romaine (Loir-et-Cher). — R.A.C. n° 28, 1068, Tome VIII, Fasc. h, pp. 291-
302.
— 325 — ces lieux même, — à une époque encore imprécise qui s'étend sans
doute du tout début du i*r siècle après J.-C. à la fin du n* siècle et peut-
être même au-delà, — d'un important complexe de fabrication de céra
mique dont la production devait largement dépasser les besoins de la
population locale.
Les travaux de G. GAUME ont permis de prendre conscience de
l'importance du site de POUILLE où de nombreux fours de potiers ont
été mis au jour ainsi que les infrastructures de plusieurs bâtiments 2.
Après quelques années de sommeil, la fouille de ce site a récemment été
reprise par une équipe de l'U.E.R. d'Art et d'Archéologie de Paris-Sor-
bonne 3.
Toutefois, à notre connaissance, aucune étude n'a été entreprise
pour tenter de définir le ou les types de vases produits par la quinzaine
de fours découverts sur la rive gauche du Cher. Bien sûr, on observe que
les formes reconstituées sont de même facture, à quelques variantes
près, d'un côté et de l'autre de la rivière. Il est donc très malaisé de
préciser si tel ou tel four était plus particulièrement réservé à tel ou
tel type de vase. D'ailleurs, sans doute n'y avait-il spécialisation d'un
four que dans la mesure où un potier était lui-même spécialisé dans un
type de vase. Dans cet esprit, nous constatons qu'en ce qui concerne le
four de THESEE-LA-ROMAINE il a été possible de reconstituer une
vingtaine d'exemplaires archéologiquement complets de vases lissés à
décor d'entrelacs. De nombreux autres exemplaires sont demeurés
incomplets du fait que la fouille des fosses n'a pu être menée à son terme
en raison de l'exiguïté des lieux.
Après reconstitution des exemplaires complets il a été observé que
chacun d'eux présentait un défaut de cuisson : vase éclaté ou déformé,
zone de cuisson insuffisante ou excessive, etc.. Ces vases, inutilisables,
ayant été selon toute vraisemblance détruits sur place aussitôt après la
cuisson, on peut donc affirmer, sans grand risque d'erreur, qu'ils ont été
cuits dans un four tout proche, sinon dans celui que nous avons fouillé.
A la différence des autres types de vases non décorés, dont les exemp
laires sont également nombreux, nous avons observé, en participant aux
travaux de G. GAUME, que le décor d'entrelacs était beaucoup moins
fréquent sur la rive gauche que sur la rive droite du Cher.
ESSAI DE CLASSIFICATION
Nos travaux de reconstitution nous ont amenés à la classification
succincte suivante :
• Groupe 1 : vases globuleux sans décor,
•2 : à décor d'entrelacs,
• Groupe 3 : vases à de bandes parallèles,
•4 : à grande ouverture,
2. G. Gaume. — Les fours de potiers gallo-romains de Thésée-Pouillé. —
Bulletin des Amis du Vieux Montrichard, n° 6, Année Î962.
G. Gaume. — Un habitat gallo-romain à Thésée-Pouillé (Loir-et-Cher). —
R.A.C. n° lk, 1965, 1" partie et n° 20, 1966, 2* partie.
3. C. Bourgeois. — Poursuite des fouilles de Thésée et Pouillé. — R.A.C.
n° 57-58, 1976, Tome XV, Fasc. 1-2.
— 326 — • Groupe 5 : vases tripodes,
•6 : écuelles,
• Groupe 7 : pichets à une anse,
•8 : cruches à une ou deux anses.
Par souci de simplification, nous n'avons pas cru bon de créer des
sous-groupes en fonction, par exemple, des variantes de décor dans
les vases globuleux ou du profil de rebord dans les vases tripodes. Toutef
ois, dans le Groupe 5 nous distinguons deux Types.
Il est remarquable que, pour les vases décorés, chaque « forme »
correspond à un « décor », ainsi les du Groupe 2 ne reçoivent
jamais le décor des vases du Groupe 3 et vice-versa.
DESCRIPTION
Vases du Groupe 1. PI. I - Fig. 1 et 2
II est intéressant de noter que les vases de ce Groupe, de même que
ceux des Groupes 2 et 3, présentent les caractéristiques dimensionnelles
suivantes :
— ils s'inscrivent dans un cube, c'est-à-dire que leur hauteur est égale
à leur plus grand diamètre, celui de la panse,
— le grand diamètre est situé aux 2/3 de la hauteur à partir du pied,
— le diamètre de l'ouverture est égal aux 2/3 du diamètre de la panse
(sauf dans le Groupe 1 où l'ouverture est légèrement plus grande),
— le du pied est égal au 1/3 du diamètre de la panse.
Les vases du Groupe 1 apparaissent, malgré la qualité de leur fabri
cation, comme les plus frustes de la production. Ce sont, parmi les vases
globuleux, ceux qui présentent les dimensions les plus importantes :
hauteur et grand diamètre 23 cm.
Absence de décor, — pas de lissage non plus.
Le profil de la panse est régulier.
Le pied est généralement en léger creux.
L'ouverture, évasée, présente une lèvre légèrement rentrante formant
peut-être ainsi le centrage d'un couvercle (nous en avons recueilli quel
ques fragments) ce qui tendrait à attribuer à ce type de vases le rôle
d'urne cinéraire.
Les couleurs de pâtes rencontrées vont du noir au gris clair. Elles
sont généralement assez grossières, à forte proportion de dégraissant.
Vases du Groupe 2. PL II - Fig. 1 à 7
Vases globuleux. Les plus riches de la production.
Généralement noirs, mais pouvant présenter, selon la composition de
l'argile utilisée et le résultat de la cuisson, des teintes intermédiaires
allant jusqu'au gris clair. Quelques tessons recueillis sont bleutés, d'au
tres de couleur jaune orangé.
La pâte est assez grossière bien que certains exemplaires, de faible
dimensions, paraissent mieux travaillés et ont permis d'obtenir des
épaisseurs de paroi très minces, de l'ordre de 1,5 à 2 mm.
— 327 — FI. ï
— 328 — Tic.
ce.
PI. IE
— 329 — est évasée mais la lèvre ne présente pas de centrage L'ouverture
pour recevoir un couvercle éventuel.
L'épaule et la panse sont constituées d'une série de bourrelets super
posés de largeur variable selon les exemplaires.
Ils sont lissés, depuis l'intérieur de la lèvre, sur environ les 2/3 de
leur hauteur. Cette opération était réalisée à l'aide d'un petit outil (métal
lique, en bois, ou en os), arrondi à son extrémité, que l'on tenait légèr
ement appuyé sur la pâte tandis que l'on imprimait au vase un mouve
ment de rotation. En descendant ou en montant l'outil, selon que l'on
partait du haut ou du bas, on obtenait un dessin hélicoïdal à spires join-
tives donnant l'illusion d'une surface uniformément lisse.
Au droit de la panse, entre deux bourrelets, une bande, brute de
tournage, était réservée sur laquelle, en combinant judicieusement le
mouvement de rotation du vase avec le mouvement vertical de l'outil
le dessin hélicoïdal se transformait en un décor d'entrelacs plus ou
moins régulier selon l'habileté de l'ouvrier.
Nous avons volontairement rangé dans ce type de décor les lignes
obliques, croisées (Fig. 2) ou non (Fig. 6) qui ne sont que des variantes
obtenues selon le même procédé.
Vases du Groupe 3. PI. Ill - Fig. 3
Vases globuleux.
Mêmes caractéristiques dimensionnelles que les vases du Groupe 2. couleurs de pâtes également, allant du noir au gris clair,
avec quelques tessons bleutés ou de couleur jaune orangé.
L'ouverture est évasée et l'on retrouve la lèvre des vases du Groupe 2,
sans centrage.
Les bourrelets n'existent pas. La panse est unie et réunie à la lèvre
par une épaule troncônique de profil légèrement concave.
La panse est décorée de bandes parallèles, circulaires, lissées à
l'outil et séparées par des bandes laissées brutes de tournage. La lar
geur de ces bandes est irrégulière.
Nous avons, dans ce Groupe, un vase très incomplet présentant une
variante de décor plus raffiné : les bandes lissées à l'outil sont conser
vées mais les bandes intercalaires sont ornées de petites incisions obli
ques réalisées à l'aide d'un outil pointu.
Vases du Groupe 4. PI. Ill - Fig. 2
La forme des vases de ce Groupe apparaît comme un intermédiaire
entre le vase globuleux et le vase tripode.
Les proportions sont les suivantes :
• le diamètre de l'ouverture est aussi grand que le diamètre de la panse,
• le du pied est égal aux 2/3 du grand diamètre, celui de la
panse,
• la hauteur est égal à la moitié du grand diamètre.
L'ouverture est légèrement évasée et terminée par un bourrelet
retombant à l'extérieur.
L'extérieur du vase est lissé sur environ la moitié de la hauteur,
selon la méthode décrite plus haut.
On retrouve les mêmes pâtes que dans les vases des Groupes 2 et 3
mais leur couleur est généralement noire.
— 330 — Fic.i
f0U\LLt
1
"M
FtG.4 1=10.5
PI. nr
— 331 — du Groupe 5. PI. IV - Fig. 1 à 4 Vases
II s'agit de vases à trois pieds troncôniques pleins, parmi lesquels
on discerne deux types assez bien différenciés :
• Type 1 - Le fond est presque plat et forme, avec la paroi inclinée
un angle assez prononcé. La paroi est elle-même réunie au
rebord rentrant par un bourrelet qui fait saillie à l'extérieur.
Tout l'intérieur du vase est brut de tournage ; A l'extérieur,
le fond est également brut mais la paroi et le rebord sont
lissés.
• Type 2 - Le vase est en forme de calotte dans laquelle fond et paroi
sont très peu ou pas- du tout délimités.
Dans ce Groupe, les rebords peuvent présenter des variantes telles
que figurées sur la PI. IV.
les pâtes et les couleurs sont les mêmes que dans les vases du
Groupe 4.
Vases du Groupe 6.
Nous avons réservé un Groupe particulier pour ces écuelles à fond
plat dont le nombre de tessons recueillis nous font penser qu'elles ont pu
être fabriquées à cet endroit. Aucun exemplaire n'a cependant été reconst
itué entièrement.
L'intérieur est totalement et soigneusement lissé.
A l'extérieur, seule la paroi, inclinée, est lissée.
Mêmes pâtes et mêmes couleurs que dans les vases des Groupes 2 et
3.
Vases du Groupe 7. PI. I - Fig. 4 et 5
On retrouve dans ces pichets à une anse, de forme élégante, quelques-
unes des caractéristiques dimensionnelles des vases des Groupes 1, 2 et 3,
c'est ainsi que :
• le diamètre de l'ouverture est égal aux 2/3 du plus grand diamètre,
celui de la panse,
• le du pied est égal au 1/3 du diamètre de la panse.
On remarque en outre que :
• le diamètre de la panse est situé sensiblement au milieu de la hauteur
totale.
Les dimensions de ces pichets, qui semblent être constantes, sont
d'environ 30 cm pour la hauteur et 23 cm pour le plus grand diamètre.
Le rebord, évasé, est formé d'un bourrelet extérieur d'où semble
naître l'anse qui va se souder à la panse à peu près au 1/4 supérieur
de la hauteur du vase.
Ces pichets sont bruts de tournage. Ils ne reçoivent aucun décor.
Quelques stries horizontales agrémentent le col de certains exemplaires.
Vases du Groupe 8. PI. V - Fig. 1 à 4
Des cruches à une ou deux anses semblent avoir été également
produites en quantités importantes dans les fours de POUILLE et de
THESEE-LA-ROMAINE.
— 332 — Vtc.i
40 CM
FlC,3
DIVERS PROFILS DE COUPES TRtPOOES
FOUILLE 0ETHEXEE
G.C
PI.
— 333