Le tumulus n° 1 de Salesse, à Saint-Simon (Cantal) - article ; n°2 ; vol.5, pg 161-173
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Description

Revue archéologique du Centre de la France - Année 1966 - Volume 5 - Numéro 2 - Pages 161-173
Henri DELPORTE et Hubert VUITTENEZ,
Le tumulus n° 1 de Salesse, à Saint-Simon (Cantal)..

Ce tumulus appartient à un groupe de tertres situés le long du « Chemin des Morts » ; il a été anciennement foullé en son centre, mais nous ignorons ce qu'a pu découvrir cette recherche.
Menacé de destruction, il a été fouillé, en « sauvetage » par un groupe d'élèves-maîtres de l'Ecole Normale d'Aurillac. Ces travaux ont permis :
1° — D'observer la structure du tumulus et plus particulièrement de grossières constructions funéraires internes.
2° — De recueillir, outre quelques fragments de silex sans grand intérêt, deux vases, dont l'un à peinture graphitée, et des objets métalliques, en particulier une association de 35 bracelets très minces en bronze et de 2 bracelets en fer à section circulaire.
Dans l'état actuel de nos connaissances sur la Protohistoire du Cantal, nous ne pouvons qu'attribuer le mobilier recueilli au Premier Age du Fer (Hallstatt moyen ou final). Des précisions seront fournies par de nouvelles fouilles et par l'étude exhaustive du matériel recueilli au cours des fouilles anciennes. ,
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié par
Publié le 01 janvier 1966
Nombre de lectures 55
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Henri Delporte
Hubert Vuittenez
Le tumulus n° 1 de Salesse, à Saint-Simon (Cantal)
In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 5, fascicule 2, 1966. pp. 161-173.
Résumé
Henri DELPORTE et Hubert VUITTENEZ,
Le tumulus n° 1 de Salesse, à Saint-Simon (Cantal)..
Ce tumulus appartient à un groupe de tertres situés le long du « Chemin des Morts » ; il a été anciennement foullé en son centre,
mais nous ignorons ce qu'a pu découvrir cette recherche.
Menacé de destruction, il a été fouillé, en « sauvetage » par un groupe d'élèves-maîtres de l'Ecole Normale d'Aurillac. Ces
travaux ont permis :
1° — D'observer la structure du tumulus et plus particulièrement de grossières constructions funéraires internes.
2° — De recueillir, outre quelques fragments de silex sans grand intérêt, deux vases, dont l'un à peinture graphitée, et des objets
métalliques, en particulier une association de 35 bracelets très minces en bronze et de 2 bracelets en fer à section circulaire.
Dans l'état actuel de nos connaissances sur la Protohistoire du Cantal, nous ne pouvons qu'attribuer le mobilier recueilli au
Premier Age du Fer (Hallstatt moyen ou final). Des précisions seront fournies par de nouvelles fouilles et par l'étude exhaustive
du matériel recueilli au cours des fouilles anciennes. ,
Citer ce document / Cite this document :
Delporte Henri, Vuittenez Hubert. Le tumulus n° 1 de Salesse, à Saint-Simon (Cantal). In: Revue archéologique du Centre de la
France. Tome 5, fascicule 2, 1966. pp. 161-173.
doi : 10.3406/racf.1966.1283
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0035-0753_1966_num_5_2_128312-60 I I
LE TUMULUS N' IDE SALESSE, A SAINT-SIMON (CANTAL)
par Henri Delporte
Directeur des Antiquités Préhistoriques
et Hubert Vuittenez
Professeur à l'Ecole Normale d'Aurillac
Le tumulus n° 1 de Salesse appartient à une série de tertres,
dont sept sont signalés et qui se situent le long du « Chemin des
Morts », entre la vacherie de Mazic et la route de Saint-Simon à
Boussac ; ses coordonnées sont les suivantes :
x = 461,2
y = 4987,8
Ce tumulus a été anciennement fouillé dans sa partie centrale, et
les déblais rejetés forment deux apophyses (fig. 1, A et B), ainsi
qu'une petite butte en forme de croissant (C) qui constitue le som
met actuel du tertre ; ces fouilles anciennes n'ont donné lieu à
aucune publication et il semble bien qu'elles n'aient fourni aucun
mobilier : il est vraisemblable en effet que le travail a été effectué
par J. B. Rames et que, si des objets avaient été découverts, nous
en retrouverions la trace, sinon au Musée d'Aurillac, tout au moins
dans les notes de Rames.
Situé en bordure d'un champ cultivé, le tumulus a été récem
ment attaqué par son propriétaire, M. Vidalinc, qui a détruit la partie
ouest de la butte ; au cours de cette destruction, il a découvert un
« gros bol gris » et « un couteau rouillé » qu'il n'a pas conservés.
M. le Maire de Saint-Simon, à qui nous adressons nos vifs remer
ciements, a interdit la poursuite de cette destruction ; alertés,
nous avons organisé, avec l'autorisation de M. Vidalinc et la parti
cipation efficace d'un groupe d'élèves-maîtres de l'Ecole Normale
d'Aurillac 1, une fouille de sauvetage, du 23 au 30 juin 1965.
Avant la fouille de le tumulus se présentait sous
la forme d'un monticule irrégulier, long de 10,40 m et large de
8,40 m, dont la hauteur ne dépassait que faiblement 1,50 m (fig. 1
et 2), recouvert de buissons et pénétré. de grosses souches qui ont
plus ou moins perturbé la structure du monument. La fouille a
1. Ce nous est un devoir agréable de remercier M. le Directeur de l'Ecole
Normale d'Instituteurs d'Aurillac, qui a autorisé et favorisé cette participation.
Nos remerciements vont également à M. Millotte, Directeur des Antiquités
Préhistoriques de la Franche-Comté, dont les avis et les conseils nous ont été
de la plus grande utilité, ainsi qu'à MM. Périchon et Daugas, qui ont participé
au travail d'illustration de la présente note. Ci te
Il
3 m
Fig. 1. — Plan d'ensemble du tumulus avant les fouilles : noter le « cratère
central et les déblais anciens (A, B et C). Fig. 2. — Coupe actuelle du tumulus et, en pointillé, coupe tnôorique avant
les premières fouilles.
1m
Coupe x-y
3m
3m .2nde. chape (?)
destruction
Fig. 4. — Coupe suivant l'axe xy de la figure 3 : localisation des découvertes
a, b, c, d et e, des chappes et des ensembles de charbon de bois (en pointillé). 164 HENRI DELPORTE ET HUBERT VUITTENEZ
été organisée en quatre quadrants I, II, III et IV (fig. 1 et 3). En
dehors de la partie centrale anciennement bouleversée, la strat
igraphie se présente, de bas en haut, de la façon suivante (fig. 4) :
1. A la base, un sol dallé à éléments moyens, dont la bordure
a été perturbée par les labours.
2. Sur le sol dallé, une couche de terre noire, dont l'épaisseur
peut atteindre 0,40 m ; c'est cette couche qui a fourni la quasi-
totalité des objets archéologiques, ainsi que les structures funé
raires dont il est fait état plus loin.
3. Une chape continue recouvre cette couche noire ; comme
le sol dallé et les structures funéraires ,elle est surtout composée
de blocs de basalte, mais aussi de phonolite, de trachyte et
d'andésite.
4. Une nouvelle couche de terre, brune, qui contient cependant
encore quelques agglomérations de charbon de bois.
blocaille," 5. Enfin, une couche peu développéee et très irrégulière de
qui peut avoir représenté une seconde chape, mais qui
provient, plus vraisemblablement, de la destruction de la chape de
la partie centrale par les fouilles anciennes.
Au cours de la fouille, ont été recueillis, dans la couche noire 2,
un certain nombre de silex et de tessons isolés, mais cinq points
particuliers de trouvaille sont à signaler (fig. 3 et 4) :
a. A l'ouest du tertre, dans le quadrant I, un assemblage de
pierres plates formant une sorte de construction grossière (fig. 5),
allongée dans la direction du point où M. Vidalinc aurait trouvé
le « gros bol gris » ; cette structure ne contenait ni silex, ni céra
mique, mais de nombreux fragments de charbon de bois.
b. Vers le centre du tertre, dans le quadrant II, une petite
voûte formée par des blocs qui semblaient arrangés recouvrait les
tessons d'un grand plat contenant des fragments de charbon de
bois et d'os calciné.
c. Egalement vers le centre du tumulus et à proximité du pré
cédent, mais dans le quadrant III, se trouvait une sorte de niche
conique formée par des dalles disposées subverticalement et se
recouvrant comme les tuiles d'un toit ; à l'intérieur de cette niche,
nous n'avons recueilli ni silex, ni céramique, mais des fragments
de charbon de bois et d'os calciné fortement décomposés.
d. Egalement dans le quadrant III, mais près de la bordure
orientale du tumulus, sans qu'il y eût structure apparente, ont été
recueillis, sur et dans les interstices du sol dallé, les tessons d'un
vase noir de forme vaguement biconique.
e. Dans le quadrant IV, mais à proximité immédiate du pré
cédent et sans qu'il y eût non plus structure apparente, nous avon.s
découvert un ensemble d'anneaux, en fer et en bronze, qui peuvent
être des bracelets.
Le matériel récolté au cours de la fouille comprend des silex,
de la céramique et des objets métalliques :
1°) Les silex. — Industrie lithique pauvre et atypique, recueillie
en dehors des structures funéraires signalées ci-dessus ; outre une
vingtaine d'éclats de taille variée, à débitage grossier et ne portant 3. — Plan d'ensemble de la fouille avec localisation des principales découFig.
vertes : a, b, c : structures funéraires ; d, vase noir ; e, ensemble de bracelets ;
les silex sont indiqués par des croix, la céramique par des cercles, les objets
métalliques par des triangles. DEI-PORTE ET HUBERT VUITTENEZ HKN'UI
Fig. 5. — Structure funéraire a (cliché Vuittenez).
que quelques esquillures, il faut noter une pièce à encoche, une
pièce vaguement denticulée et un fragment de grande lame non
retouchée ; la patine de ces différents silex est très variée.
2°) La céramique. — Elle est essentiellement représentée par
les deux vases déjà cités :
a) Le vase noir, recueilli au point d : pâte gris-noir, assez fine,
légèrement feuilletée, à dégraissant fin non calcaire ; les parois
sont peu épaisses, mais la pièce n'est pas tournée ; la forme géné
rale est celle d'un bol à bord rentrant, redressé à sa limite supé
rieure (fig. 6), d'aspect tronconique et faiblement caréné ; le pied
est creux et bien modelé ; la surface extérieure porte des traces
de lissage entrecroisées. Le décor, obtenu par peinture au graphite,
comprend, de haut en bas, les zones suivantes :
— deux lignes parallèles (une troisième peut-être au bord
extrême du col) ;
— un registre composé de neuf motifs formés de deux trian
gles opposés par le sommet, ces motifs étant séparés les uns des
autres par des séries de 3 à 0 lignes verticales parallèles ;
— deux nouvelles lignes parallèles horizontales ;
— un second registre, plus étroit que le premier, composé par
une succession de petits triangles, alternativement pointe en haut
et pointe en bas.
La forme et le décor de ce vase, qui présentent quelques
rapports avec ceux du tumulus de Mons, près de Saint-Flour
(Cantal), (Millotte, 19615), évoquent la civilisation launacienne du
Midi de la France et le classent vraisemblablement dans la première
moitié de la période de Hallstatt. N" 1 DK SALKSSE 107 TUMULUS Cî oc
Fig. 7. — Grand plat grossier à pâte rouge (dessin H. Périchon). N" 1 UK SALESSK 169 TUMULUS
b) Le grand plat découvert au lieu b : pâte grossière rouge
oxydée, avec cependant, par endroits, une âme noire non oxydée ;
dégraissant siliceux à grains moyens (en moyenne 1 mm) ; parois
épaisses, sans traces de tournage ; la forme générale est celle d'une
grande assiette, assez élevée et à bord faiblement galbé (fig. 7) ;
pied faiblement saillant et un peu déprimé sur sa face inférieure ;
il ne subsiste aucune trace d'un décor éventuel ; le diamètre maxi
mal doit atteindre 0,60 m. C'est une forme chronologiquement mal
définie, dont les homologues plus ou moins exacts se rencontrent
depuis le Bronze final jusqu'au Hallstatt final et peut-être à la
Tène (Millotte, 1963).
En dehors de ces deux vases, ont été relevés une quarantaine
de tessons : les uns appartiennent à un vase qui semble de même
type que le vase noir, mais à parois plus épaisses ; les autres rap
pellent la pâte et suggèrent même des formes identiques à celles
du grand plat ; nous avons recueilli quelques rares tessons
qui appartiennent à la céramique courante du gallo-romain, un
fragment de tuile plate et un tesson de céramique émaillée.
3") Les objets métalliques comprennent essentiellement les
anneaux recueillis au point e :
a) Des morceaux d'anneaux en fer, très oxydés, à section
circulaire, qui semblent appartenir à deux bracelets d'un diamètre
approximatif de 0,08 m.
b) Une série de 35 anneaux en bronze, en partie soudés les
uns aux autres par l'oxydation et formant une sorte de tonnelet
régulier, entremêlés avec les fragments de bracelets en fer. Ces
35 anneaux sont tous identiques : diamètre extérieur de 0,06 m ;
section carrée de 0,001 m environ de côté ; décor extérieur formé
de petites incisions transversales régulières (fig. 8). Ces objets
se rapprochent de ceux du Hallstatt moyen et final du Jura (Mil
lotte, 1963, p. 186) et leur disposition milite en faveur de l'hypo
thèse de M. Millotte qui pense que de tels anneaux étaient fixés
sur une manchette de cuir portée à l'avant-bras. Des anneaux
exactement identiques ont été recueillis autrefois par M. Tour-
toulou dans un tumulus hallstattien situé à quelques kilomètres
de ceux de Salesse, à Broize-Auriacombe, commune de Marmanhac
(cf. note, annexe).
c) enfin, dans le même quadrant IV, mais au contact du qua
drant I, a été recueillie une boucle en bronze (fig. 9), dont l'or
igine et la datation nous semblent problématiques.
*
Le département du Cantal est depuis longtemps connu pour sa
grande richesse en tertres funéraires protohistoriques. Le malheur
veut qu'un grand nombre de ceux-ci aient été détruits sans grand
bénéfice pour l'archéologie : les comptes rendus et les publications,

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