Kirikou et la sorcière de Ocelot Michel

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Fiche produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
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Kirikou et la sorciËre de Michel Ocelot FICHE FILM Fiche technique
Belgique/France/Luxem bourg - 1998 - 1h10 Couleur
RÈalisation, scÈnario, et dia-logues : Michel Ocelot
Montage : Dominique Lefever
Animatrice : Inga Riba
Musique : Youssou NÕDour
Animation : Rija Studio (Riga)
Studio mise en couleurs, compositing, et crÈation dÈcors : Les Armateurs (AngoulÍme) Odec Kid Cartoons (Bruxelles) Tiramisu(Luxembourg)
L E
D O C U M E N T
Critique
Il Ètait une fois un dessin animÈ beau comme un tableau du douanier Rousseau, un conte africain qui se dirait au son des tam-tams, une volontÈ presque magique de faire de lÕintellige pour les enfants, loin du cinÈma numÈ-rique de lÕoncle Picsou...Kirikou et la sorciËreest sans aucun doute la plus belle histoire du moment ‡ montrer ‡ des bambins, celle qui saura aussi envo˚ter par ses multiples charmes les plus grands. Il faudrait en effet avoir vraiment un cÏur de pierre pour ne pas craquer devant Kirikou, bÈbÈ tout nu et tout malin aux fesses rebondies, minus-cule hÈros qui nÕen a pas fini de nou surprendre par sa sagesse et sa curiosi-tÈÉ Il Ètait une fois en Afrique, en plein cÏur dÕun tout petit village, dans un hutteÉ Une petite voix se fait entendre dans le ventre dÕune femme enceinteÉ Impatient de rencontrer le monde, un bÈbÈ naÓt, tout seul, et dÈclare ‡ sa mËre : ÒJe mÕappelle KirikouÓ. Le ba bin sait ‡ peine marcher que, dÈj‡ il cavale ‡ la dÈcouverte de cet univers qui est dÈsormais le sien : son village. Mais voil‡, les villageois ont bien des tracas : Karaba la sorciËre a jetÈ un sort sur la petite communautÈ et la vie est devenue un enfer ; la source est assÈchÈe, les hommes ont disparu mystÈrieusement et les femmes sont dÈpossÈdÈes de leurs bijouxÉ Il nÕen faut pas plus ‡ Kirikou pour s mettre en action : il va chercher tous les pourquoi ‡ ces malheurs et sÕen all dÈcouvrir le sombre secret de la mÈchancetÈ de Karaba afin de dÈlivrer son village. Riquiqui conquÈrant au cÏur dÕor, ingÈnieux et futÈ, notre hÈros pa pour lÕunivers malÈfique de la sorciËr L‡, il devra affronter bien des pÈripÈties pour dÈjouer les piËges des fÈtiches, les robots guerriers bÍtes et disciplinÈs de Karaba. Son pÈriple le conduira jusquÕ la montage interdite, o˘ le sage
connaÓt le secret du cÏur de pierre de la sorciËre lÕattendÉ Mais chutÉ nÕen racontons pas plus ! Kirikou et la sorciËreest une histoir inspirÈe dÕun conte Africain et en rest tue toute la force, toute la beautÈ. Ici nous ne sommes pas dans une fabl occidentale qui aurait pris lÕAfrique ses parfums exotiques pour toile d fond, mais bel et bien dans un rÈci ancrÈ culturellement dans son univers On y parle des pouvoirs des sorciers, de gris-gris et des connaissances des vieu sages, on y voit des femmes torse-n piler le mil, on y entend des chants trË simples, ceux que les gamins se metten ‡ spontanÈment inventer pour raconte lÕinstant prÈsent. Et puis il y a toutes les voix, aux accent mÈlodieux de lÕAfrique, et la musiqu traditionnelle qui rythme le rÈcitÉ Vous lÕaurez compris, Kirikou nous a li tÈralement conquis, par son intelligenc et sa sobriÈtÈ. Le film est en outre un formidable rÈussite graphique et esthÈ tique : ‡ voir ces forÍts luxuriantes, tou droit sorties de lÕArt naÔf, et ces fÈtich inquiÈtants, inspirÈes des statuettes d lÕArt NËgre, on a le sentiment dÕav fait un trËs beau voyage, un voyage d cinÈma, un voyage africain, un voyag touchant et drÙle ‡ lÕimage de Kiriko qui, comme le dit la chanson, ´nÕest p grand, mais il est vaillantª... La Gazette Utopia n∞18
SALLE D'ART ET D'ESSAI C L A S S … ER E C H E R C H E 8 ,R U ED EL AV A L S E 42100 SAINTETIENNE 04.77.32.76.96 R…PONDEUR : 04.77.32.71.71 Fax : 04.77.25.11.83
ÒKirikou nÕest pas grand, mais il est vaillantÓ : le refrain de la chanson qui ponctue le premier long mÈtrage dÕani-mation de Michel Ocelot pourrait Ègale-ment servir ‡ dÈcrire le film lui-mÍme. Production franÁaise au budget modes-te, cÕest une Ïuvre ambitieuse choisis-sant de se faufiler, pendant les fÍtes de NoÎl, entre les grosses productions amÈricaines qui se livrent un combat de titans. Michel Ocelot y adopte une mÈthode dÕanimation ´classiqueª tout en la mÈtissant de techniques modernes et en convoquant des rÈfÈrences artis-tiques originales. Et sÕil a choisi, comme dans ses courts mÈtrages, de conserver toutes les caractÈristiques du conte jusquÕ‡ la rÈpÈtition de situations ou de motifs, (renforcÈe par la rÈitÈration du refrain chantÈ), il sÕapplique aussi ‡ Èchapper aux archÈtypes du genre. SÕinspirant dÕun conte dÕAfrique de lÕOuest, il narre lÕhistoire dÕun petit gar-Áon tellement volontaire quÕil parle dans le ventre de sa mËre avant de sÕenfanter tout seul. La sorciËre Karaba a jetÈ un sort sur son village : la source est assÈ-chÈe, les villageois ranÁonnÈs et les hommes enlevÈs. Kirikou veut dÈcouvrir ´pourquoi Karaba est mÈchanteª, afin de dÈlivrer le village de son emprise. Tout dans lÕimage et le son fait apparte-nir le film ‡ la culture africaine : motifs de tissus inspirant costumes et dÈcors, statues dÕart nËgre animÈes, vÈgÈtation luxuriante digne dÕun Douanier Rousseau noir, animaux variÈs et rÈa-listes, musique de Youssou NÕDour joyeuse, presque enfantine, jouÈe sur instruments traditionnels, voix dÕAfricains francophones ‡ lÕaccent pro-noncÈ enregistrÈes ‡ DakarÉ Il est dÕautant plus regrettable que, en raison de la modestie du budget, les dÈcors splendides aux couleurs particuliËre-ment soignÈes, les corps et les visages sÈduisants soient desservis par une ani-mation parfois un peu ´raideª et des facilitÈs infographiques qui contrastent avec lÕesthÈtique de lÕensemble.
D O C U M E N T
rÈside pas dans une morale dÈlivrÈe i fine, mais davantage dans la dÈmarch du petit hÈros : plutÙt que dÕaccepter le rÈponses rÈsignÈes des villageois, il cherche ‡ comprendre ´pourquoiª. S quÍte sera ‡ la fois parcours initiatiqu et lutte contre les forces du mal : cÕe lÕaventure compliquÈe de lÕÈmancipati de lÕAfrique, qui doit cesser de subir prendre son destin en main. Tout dans ce parcours Èchappe au schÈ matisme et aux stÈrÈotypes. Le ´anciensª ne sont pas tous de ´sagesª : le grand-pËre de Kiriko contraste avec le vieillard craintif e radoteur du village. Le hÈros Èponym est un gamin prÈtentieux, arrogant, par fois peu sympathique. Quant ‡ Karaba elle est mÈchante non ´parce que cÕe une sorciËreª, comme le disent les villa geois, mais parce quÕon lui a fait du Kirikou dÈcouvre en effet quÕun gro dÕhommes lui a enfoncÈ dans le dos Èpine qui la fait encore souffrir - le rÈ de cette pÈripÈtie permettra aux adul dÕinterprÈter son agression comme viol collectif particuliËrement traum sant. CÕest aprËs avoir ÙtÈ lÕÈpine d de la sorciËre que Kirikou grandit subi ment pour atteindre lÕ‚ge de sÕu Karaba - lÕenfant devient homm gagne sa virilitÈ en rachetant le mal q dÕautres hommes ont fait avec la l Au sein dÕune fable sur le sort lÕAfrique se niche donc aussi rÈflexion sur les rapports entre l sexes. ´Kirikou est petit, mais il p beaucoup.ª Gilles Cim Positif n∞455 - Janvier 19
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On en veut pour preuve la faÁon dont il reprÈsente le mal, qui est la question taraudante ‡ laquelle se confronte Kirikou. PersonnifiÈ par la sorciËre, il prend ici la forme de la beautÈ, dans ses plus magnÈtiques atours. ParÈe dÕor, ÈlancÈe comme une statue, la criniËre Èlectrique et le sein haut, la sorciËre est une splendide incarnation baudelairien-ne, dont le regard paralyse et la parole tue. Mais sa mÈchancetÈ et son pouvoir relËvent dÕun secret que le village igno-re, celui de sa propre souffrance, rÈvÈ-lÈe ‡ Kirikou par un vieux sage. Sans se transformer le moins du monde en traitÈ philosophique, voil‡ en tout cas un des-sin animÈ qui, divertissant avec intelli-gence, est un trËs beau cadeau de NoÎl pour les petits et leurs parents. Jacques Mandelbaum
D O C U M E N T
Assise dans sa case, une femme africai ne entend une voix ferme et dÈcidÈ sortir de son ventre rond : ´MËre, enfan te-moi ! - Un enfant qui parle dans l ventre de sa mËre sÕenfante tout seuªl rÈpond calmement la femme. DÕentr ses jambes jaillit alors un minuscul bÈbÈ, agile et pressÈ de vivre, qui coup lui mÍme le cordon ombilical e lÕassaille de questions. O˘ est so pËre ? ÒIl a disparu, comme tous le hommes du villageÓ, rÈpond la femm Pourquoi ? ÒUne sorciËre nommÈ Karaba affame la rÈgion. Elle a fait mai basse sur les richesses du pays. On di aussi quÕelle a mangÈ ses captifs...Ó naissance exceptionnelle, destin excep tionnel ; ni une ni deux, Kirikou galop vers le domaine de la sorciËre pour dÈli vrer les siensÉ Michel Ocelot, qui sÕes inspirÈ de contes africains, nous livre u dessin animÈ colorÈ, drÙle et vif. Il donne ‡ cette histoire des rÈsonance intemporelles, en Èvitant pesanteur e didactisme. Son petit personnage nÕ jamais peur, il rÈflÈchit et agit avec plu de sagesse quÕun ÒgrandÓ. Il incar bien s˚r le courage, la raison, la persÈ vÈranceÉ Mais ce message nÕes jamais appuyÈ. Au contraire : le ton es ‡ la lÈgËretÈ. LÕimage joue de contrastes, sÕamuse ‡ opposer la taill du gamin ‡ celle de ses aÓnÈs, puis lÕimmensitÈ de la savane. De la mÍm maniËre, cÕest dans le balanceme entre la fantaisie de lÕaventure et l grandeur Èternelle de lÕAfrique que c film trouve son originalitÈ. Avec se plages dÕÈmotion : avant de retourner a combat, Kirikou se blottit sur les genou de son grand pËre devin. CÕest to simple et trËs beau. Les dÈcors semblent sortis de lÕimagin tion dÕun Douanier Rousseau africai Parfois, le graphisme va jusquÕ‡ la styl sation extrÍme : quand Kirikou entr dans le terrier dÕune famille dÕÈcureui lÕÈcran est presque entiËrement noir lÕenfant apparaÓt en ombre chinois dans un boyau lumineux. Tant de jeux graphiques, de fraÓcheur
de sensualitÈ mÍlÈs donnent ‡ ce dessi animÈ un souffle magique. La sorciËr vous ensorcellera ; Kirikou vous enchan tera. Bernard GÈni TÈlÈrama n∞2552 - 9 DÈcembre 199
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Filmographie
Courts mÈtrages :
Gedeon 60 Èpisode de 5 mn
1976
Les 3 inventeurs1979 Les filles de lÕÈgalitÈ1981 Beyond oil1982 La lÈgende du pauvre bossu La princesse insensible1986 13 Èpisode de 4 mn Les quatre vÏux1987 CinÈ si1989 8 films de 12 mn Les contes de la nuit1992 spÈcial 26 mn
long mÈtrage :
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