Le bateau de mariage de Jean-Pierre Ameris

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Fiche technique du film " Le bateau de mariage "
Produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
Site : abc-lefrance.com

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Langue Français
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Le bateau de mariage F de Jean-Pierre Ameris FICHE FILM fiche technique France - 1992 - 1h35 Réalisateur : Jean-Pierre Ameris Scénario : J.P. Ameris, J. Gruault, C. Bottaro d' après le roman de Michel Besnier Musique : Laurent Grevill et Florence Pernel dans Le Bateau de Mariage Pierre Adenot Interprètes : Thibault Vallat Résumé (Charles) qu’il serait bon, pour sa carrière, pour saLa France “libre” à l’automne 40 . Pétain Laurent Grevill tranquillité, qu’il fasse un effort pour selance sa campagne d’épuration des (Pierre) conformer à la norme, en clair qu’il trouvemoeurs. Ce sont non seulement les juifs et à se marier au plus vite.les francs-maçons que l’on rend respon-Noémie Churlet C’est dans ce contexte qu’il refait lasables de la faillite morale de la nation, et (Julie) connaissance de Mauve Borie, une jeunedonc de la défaite du pays, mais de femme de son âge, de retour au villagesimples maîtres d’école se retrouventFlorence Pernel après plusieurs années d’absence. Elle aaussi dans la ligne de mire. Parmi eux, il y (Mauve) vécu à Paris où elle semble avoir collec-a Pierre Tessier, la trentaine, un instituteur tionné les échecs et les blessures senti-de village célibataire qui a pris ses dis-Marie Bunel mentales. Ils tombent amoureux l’un detances par rapport aux querelles qui déchi- (Béatrice) l’autre et, à la surprise de tous, notammentrent le monde. Un solitaire qui ne veut à de la soeur de Mauve, Béatrice, qui a euaucun prix se voir mêlé aux affairesFrançois Berleand une liaison avec Pierre et a été rejetée pard’autrui. Et pourtant, les autorités com- (Le maire) lui, ils décident de se marier immédiate-mencent à avoir des soupçons : sa misan- ment . Lors de la cérémonie, ils sacrifientthropie affichée pourrait cacher des au rite obligé du “bateau de mariage”,moeurs douteuses, et quoi qu’il en soit on remis au goût du jour par Vichy, et quitrouve qu’il donne un mauvais exemple à consiste, pour les jeunes époux, en uneses élèves. Un inspecteur lui fait com- traversée du lac à bord d’une barque déco-prendre, à demi-mots mais fermement, L E F R A N C E 1 D O C U M E N T S rée, après un discours du maire sur les questionner à l’école. De derrière une nant le système éducatif, (gangréné, je valeurs éternelles de l’amour et de la porte vitrée, Charles observe les deux cite, par “l’idéologie marxo-freudien- fidélité. Dès les débuts de leur vie com- hommes se parler, sans pouvoir ne”), calqué purement et simplement sur mune, Mauve va découvrir à quel point entendre leurs paroles. Lorsqu'il sera, les actions du gouvernement de Vichy Pierre est quelqu’un de conformiste, malgré tout, envoyé en maison de cor- en la matière, me semblait conférer au soumis au pouvoir, refusant de soutenir rection, sur la base d’un mobile inventé sujet une réelle actualité. Je me suis ses collègues révoqués, très loin de de toutes pièces par le maire qui veut à également beaucoup attaché au person- l’image qu’elle en avait. En outre, elle tout prix l’éloigner de sa fille, Charles nage principal de ce roman, un institu- éprouve bien des doutes : Pierre sera persuadé, à tort, que Pierre a été teur d’une trentaine d’années, très soli- l’aime-t-il vraiment ou l’a-t-il épousée complice de cette machination. Pour se taire, très renfermé, qui, par peur, refuse pour satisfaire aux exigences morales ? venger de lui, il fera part de sa convic- de s’engager auprès de ses collègues Très vite, méfiance, incompréhension, tion à Mauve venue lui rendre visite, qui se révoltent. Les scénaristes et difficulté à se parler s’installent entre sachant très bien qu’ainsi il menace de moi-même sommes partis de cette eux. détruire le très fragile équilibre de ce situation historique et de ce personnage couple miné par la méfiance. Mais, puis avons très librement adapté ce L’histoire de ce couple va croiser celle dans une sorte de sursaut, Mauve va roman, en restant fidèle à son esprit, d’un autre couple, d’adolescents cette choisir de parier sur la parole de Pierre, mais en lui ajoutant le thème de la vie fois, Charles et Julie. Charles est l’aîné de lui faire confiance pour la première de couple, en inventant le personnage de l’une des familles les plus pauvres et fois. Au même moment, dans sa classe, féminin et d’autres. Ce qu’il m’intéresse marginales du village. Julie, sourde de en présence de l’inspecteur, Pierre choi- de raconter dans mes films, les naissance, est la fille unique du maire, sit de se mettre définitivement courts-métrages comme celui-ci, c’est un bourgeois ardent défenseur des hors-la-loi, en prenant la défense de comment des personnages qui se sen- valeurs du régime de Vichy. Aussi soli- Charles et en appelant les enfants à ne tent prisonniers, de leur environnement taires l’un que l’autre, ils aiment à se pas avoir peur de l’ordre établi et à se social ou professionnel autant que retrouver en cachette. Jusqu’au jour où révolter contre la morale mensongère d’eux-mêmes, essayent de se libérer. ils sont surpris par trois garçons de la qu’on veut leur inculquer. Pierre et Pierre Tessier, mon personnage mascu- classe de Charles, qui vont s’empresser Mauve n’ont ensuite plus qu’à s’enfuir, lin, est certes victime de cette oppres- de rendre publique cette liaison. Ne pour tenter de vivre ensemble, ailleurs. sion politique mais c’est avant tout de pouvant plus voir Julie, séquestrée par Synopsis lui-même qu’il est prisonnier. De sa peur son père, Charles entreprend de se ven- de tout, du pouvoir, des hiérarchies, des ger des trois garçons . Cela va tourner autres, peur d’aimer, de s’engager, de au drame : l’un d’eux sera très griève- se révéler... Du silence et de la solitude ment blessé dans l’incendie d’une gran- dans lesquels il a vécu jusqu’à trente ge provoqué par Charles . Tout le village ans... De sa timidité qui l’empêche Note d’intentionsest à sa recherche, on finit par l’arrêter d’aller vers autrui, l’empêche de vivre et alors qu’il s’était introduit dans la pro- le conduit à surtout ne pas se faire C’est à la lecture du premier roman depriété du maire pour tenter de voir Julie. remarquer, à être comme tout le monde Michel Besnier,Le bateau de mariage,Lors de l’interrogatoire, pour se et, si possible, invisible aux yeux de paru au SEUIL en 1988, que j’ai décou-défendre, Charles va mentir : au moment tous... De Mauve, son épouse, on peut vert la violence de la chasse aux sor-de l’incendie, il dit qu’il se trouvait chez dire qu’elle est prisonnière de son cières dont furent victimes, sous le régi-Pierre et Mauve, avec laquelle il s’est lié passé, de son obsession d’être trahie, me de Vichy, les instituteurs. Ceux quid’une réelle et profonde amitié. Autant de son incapacité névrotique à faire refusaient de servir auprès des enfantspour aider Charles que pour provoquer confiance qui lui viennent d’échecs sen- de “portes-parole” de la morale pétai-Pierre, qui vient juste de la décevoir timentaux mal cicatrisés. Elle est aussi niste étaient impitoyablement poursui-encore une fois par sa lâcheté, Mauve prisonnière d’idées très arrêtées sur ce vis, humiliés, révoqués voire même arrê-confirme ce faux-témoignage aux gen- que doivent être la vie, le bonheur, té . Malgré le nombre incalculable dedarmes. Malgré sa peur des repré- l’amour, idées qui lui viennent des films sur la période, cette situation nesailles, malgré les risques qu’il prend à modèles “exemplaires” que donnent lit- me paraissait pas, sauf erreur, avoir étémentir pour protéger un criminel, Pierre térature et cinéma. En cela, elle est un trop exploitée. De plus, la lecture duva à son tour confirmer ce faux-alibi peu une parente éloignée de Madame programme du Front National concer-devant le maire venu, le lendemain, le Bovary, dans sa haine de la médiocrité L E F R A N C E SALLE D'ART ET D'ESSAI CLASSÉE RECHERCHE 8, RUE DE LA VALSE 42100 SAINT-ETIENNE RÉPONDEUR : 77.32.71.71 2 77.32.76.96 Fax:77.25.11.83 D O C U M E N T S et son envie de romanesque. faire confiance, malgré les apparences ? réflexe de défense, un souci d’être Dans le film, tout le monde ment à un d’une discrétion extrême. C’est aussi D’une façon plus abstraite, j’aime à pen- moment ou à un autre, par omission, par pour cela que j’ai aimé l’idée d’un film ser que les personnages sont toujours timidité ou par volonté de faire le mal. en costumes, d’une reconstitution histo- un peu les prisonniers du film lui-même, La méfiance, la méprise envahissent rique, même très stylisée comme ici, car du scénario, de la mise-en-scène, et que tout, gangrènent tout. cela m’offrait un rempart derrière lequel ce à quoi nous aimons assister, nous je pouvais me livrer davantage, sans spectateurs, c’est la façon dont ils C’est l’histoire d’un homme et d’une pour autant que le film vire à l’étalage gagnent, ou non, leur part de liberté. femme qui apprennent à aimer. Lui doit public de Sentiments intimes. C’est peut-être pour cela que les films apprendre à vivre sous le regard de se passant en prison ont toujours exercé quelqu’un qui l’aime, il découvre qu’il sur moi une fascination particulière, je est aussi difficile d’être aimé que pense au Condamné à mort s’est d’aimer. Elle doit apprendre à laisser Le Maréchal à l'école échappé de Robert Bresson ou au der- tomber les clichés romantiques qui aliè- nier film de Jacques Becker, Le trou. nent son esprit et à aimer vraiment, en "Je vous donne mon coeur comme vous Chez ce personnage d’instituteur, qui a sachant voir, derrière la médiocrité, non avez donné le votre à la France." vécu seul jusqu’à la trentaine, dans le pas l’héroïsme ou la grandeur, ce serait "Quand je serai grand, ça me plairait silence et le repliement sur lui-même, il trop beau, mais simplement la difficulté d’être Maréchal et je tâcherai de diriger y a une parole enfouie qui ne demande et la douleur de vivre. C’est un film qui aussi bien que vous." Les enfants qu’à venir aux lèvres. Avec son corollai- essaye de dire qu’il faut se méfier des apprennent à reconnaître Pétain comme re, l’oppression, la parole est l’autre jugements trop hâtifs que l’on peut por- le sauveur de la France. On édite une grand motif du film. Paroles tues, ter sur des gens qui ont tout de incroyable variété de livres d’enfants, de enfouies, réprimées, étouffées. Ce récit médiocres, qui n’ont aucune séduction. dépliants, de calendriers, d’almanachs est celui de l’accession à la parole, c’est Une personne dans la vie, un personna- concernant le chef de l’état, avec des pourquoi je tenais à ce que le film ge dans un film, on ne sait jamais ce qui biographies taillées sur mesure pour les s’achève par un discours de l’instituteur, se passe dans leurs têtes. C’est peut différents niveaux d’instruction de la discours qui a au moins autant de valeur être le contraire des apparences, c’est population. Le comité de censure, char- comme acte libérateur que dans son cela que j’ai essayé de débusquer der- gé "d’éliminer ce qui est excessif et de contenu même. Mais de la parole, j’ai rière "l’écran" des personnages. Je mauvais goût", laisse publier un éton- essayé de dire aussi qu’il faut se méfier. tenais absolument à finir le film sur nant abécédaire dans lequel chaque Le personnage de Mauve, au contraire cette idée que l’essentiel d’une éduca- lettre illustre un épisode de la vie de de Pierre, a toute confiance en la parole, tion est d’apprendre, le plus tôt pos- Philippe Pétain: A comme Amour, le elle ne jure même que par elle et en use sible, à ne pas avoir peur, des pouvoirs, maréchal embrasse le drapeau du en apparence avec aisance. Pour cette des hiérarchies, du jugement des autres. 33ème RI, K comme Képi, V comme la jeune femme, qui arrive à la trentaine Sur ce point, instituteurs et professeurs voiture qui porte le maréchal à travers meurtrie par des trahisons sentimen- ont une très grande responsabilité. La les foules, etc...En apprenant à lire, les tales, l’amour n’existe que si il est dit et question de savoir comment apprendre petits français prennent ainsi des leçons redit. Mais les mots peuvent tromper, et aux enfants à vivre libres, à être cri- de pétainisme... Toutes ces publications c’est ce qu’elle va découvrir, apprenant, tiques et vigilants face aux discours exaltent consciencieusement les hauts au cours du film, à débusquer le men- qu’ils recoivent, demeure, même dans faits du chef militaire économe de la vie songe entre les mots des uns, la vérité un pays non totalitaire, toujours d’actua- de ses soldats en 1917 comme il est en derrière le silence des autres. En cela, lité. Avec ce film, j’ai ressenti le besoin 1940, soucieux de protéger son pays. l’histoire d’amour entre les deux adoles- d’explorer, d’exposer à l’écran des senti- Elles convergent en une apothéose nar- cents, Charles et Julie, contient une part ments très intimes, ce que je n’avais rative où le personnage va jusqu’à d’utopie. Julie étant sourde de naissan- jamais osé faire jusque là. J’ai essayé perdre son enveloppe humaine. ce, elle et Charles se doivent d’inventer de traduire formellement ce tiraillement, une autre forme de communication, qui est le mien comme celui de mon per- On compare le maréchal à Henri IV, mais hors-la-parole, plus ludique, plus instinc- sonnage masculin, entre ce besoin, ce plus souvent encore à Jeanne d’Arc, si tive que les mots. Vérité, mensonges désir de sortir de soi, d’exprimer des bien qu’à Nice, on peut tout naturelle- sont les moteurs de cette histoire. choses pas forcément reluisantes, et, ment proposer aux jeunes le sujet sui- Comment croire en l’autre, comment de l’autre côté, tout aussi fort, un vant: "De Jeanne d’Arc à Pétain: la L E F R A N C E SALLE D'ART ET D'ESSAI CLASSÉE RECHERCHE 8, RUE DE LA VALSE 42100 SAINT-ETIENNE RÉPONDEUR : 77.32.71.71 3 77.32.76.96 Fax:77.25.11.83 D O C U M E N T S France continue. Dites pourquoi et indi- JEAN-PIERRE AMERIS quez les raisons de votre confiance dans le renouveau et dans les destinées de la Né le 26 Juillet 1961 à Lyon patrie . "Les programmes scolaires sont revisités et les manuels expurgés de Diplômé de l”’Institut Des Hautes toutes les nostalgies républicaines, hors Etudes Cinématographiques” de toute pression de l’occupant. Des consignes, plus ou moins suivies, invi- AUTEUR - REALISATEUR tent les instituteurs à accrocher le por- trait du maréchal dans leur classe, à 1997 : Les aveux de l’innocent faire faire à leurs élèves salut au dra- peau, exercices physiques et jardin sco- 1992 : Le bateau de mariage laire, à les accompagner à l’église et à introduire la notion de Dieu dans les 1991: Une vie nouvelle ; après la leçons de morales... Les filles reçoivent frontière une éducation spécifique destinée à faire d'elles de futures mères de famille 1990: Ainsi la nuit : portrait parfaites. d'Henri Dutilleux 1989 : La passion d'Alexandre Lenoir De Vichy au Front National 1988 : Figures libres, Propos de Jean-Marie Le Pen concer- nant le système d’Education nationale, 1987 : Intérim parus dans Libération le 9/12/91 : GRAND PRIX DU FESTIVAL DE "On assiste à un phénomène de subver- CLERMONT-FERRAND 1988 sion totale du système d’éducation, PRIX SPECIAL DU JURY AU FESTIVAL DE morale et civisme sont remplacés par LILLE 1988 antiracisme et cosmopolitisme; goût du PRIX D’INTERPRETATION FEMININE AU FES- travail et apprentissage des hiérarchies TIVAL DE BREST 1988 naturelles dûes aux mérites individuels sont remplacés par un égalitarisme for- cené et des expériences pédagogiques Sans-abris, plus ou moins farfelues conduisant au nivellement par le bas. C’est un 1986 : Les inconnus, désastre... Le socialisme pédagogique est devenu une religion d’Etat... L’éduca- 1983 : L’hôtel des cîmes, tion nationale accaparée par les syndi- cats marxisants et leurs préjugés poli- 1982 : La visite, tiques visent à soustraire les jeunes à leur famille pour empêcher la transmis- 1981 : Le retour de Pierre sion des sentiments par les mamans et les familles. La transmission la plus naturelle est la meilleure. Ne perdons pas courage, le jour est proche où nous pourrons confier nos enfants à des éta- blissements d’où il sortiront petits Francais et fiers de l’être." Dossier Distributeur L E F R A N C E SALLE D'ART ET D'ESSAI CLASSÉE RECHERCHE 8, RUE DE LA VALSE 42100 SAINT-ETIENNE RÉPONDEUR : 77.32.71.71 4 77.32.76.96 Fax:77.25.11.83