Le Gone du Châaba de Ruggia Christophe

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Fiche produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
Site : abc-lefrance.com

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Langue Français
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Le gone du Cha‚ba de Christophe FICHE FILM Fiche technique
France - 1996 - 1h36 Couleur
RÈalisation et scÈnario : Christophe RuggiadÕaprËs le roman de Azouz Begag
Musique : Safi Boutella
InterprËtes : Bouzid Negnoug (Omar) Nabil Ghalem (HacËne) Mohamed Fellag (Bouzid) Amina Medjoubi Lounes Tazairt
L E
Bouzid Negnoug (Omar) et Mohamed Fellag (Bouzid)
D O C U M E N T
dure parmi la centaine dÕenfants d Cha‚ba, dont les plus petits, nÈs dan cet enchevÍtrement de planches et d tÙles ondulÈes, vont devenir la premiËr gÈnÈration issue de lÕimmigration alg rienne en France. Omar cherche sa place, entre ce peti morceau dÕAlgÈrie et la France q sÕouvre (ou se ferme) au del‡ des ch mins boueux du bidonville. La France.. ce pays o˘ il est nÈ et qui lui demande pour y Ítre simplement tolÈrÈ, de sÕÈlo gner toujours plus de ses racines. Mais Omar ne veut pas seulement Ítr tolÈrÈ, Omar veut plus. Il veut Ítr acceptÈ ! Alors il profite de tout ce qu lÕÈcole franÁaise peut lui apporterÉ e il apprend. Il est curieux de tout, il aim apprendre, comprendre et, plus que tout il aime les mots. HacËne, son cousin, a le mÍme ‚ge e se trouve dans la mÍme classe que lui Ils sont aussi fragiles et sensibles lÕu que lÕautreÉ et tout aussi solitaires. E cÕest cette solitude qui va les rÈunir en faire des amis. CÕest aussi lÕhisto de cette amitiÈ que raconte le film Cette amitiÈ qui va grandir et les prÈser ver un tempsÉ Un temps seulementÉ Car plus Omar Èvolue avec bonheur ver la connaissance de la culture franÁaise plus HacËne sÕen Èloigne. Question d dons et de tempÈrament sans doute mais aussi question dÕentourage fam lial : autant le pËre dÕOmar le pousse lÕencourage ‡ apprendre, autant celui d HacËne se fiche comme dÕune guigne d la vie scolaire de son gamin, trop occup ‡ trouver des combines pour survivre u peu mieux... Un jour HacËne annonce son dÈpart ver les, ´grands immeublesª... et cÕest c jour l‡ que lÕÈcriture sÕimposera ‡ O comme une Èvidence, celle qui nÕatte dait quÕun souffle pour apparaÓtreÉ IÕÈcriture qui va le sauver... Parce que, dÈracinÈ ‡ jamais, deven citoyen de nulle part, le seul endroit o˘ il se sentira chez lui... ce sera ‡ lÕint rieur de lui-mÍme. La Gazette Utopia n∞175 et 1
Le Gone du Cha‚baest un livre o˘, en 1986, Azouz Begag raconte son enfance, dans un bidonville de la banlieue lyon-naise. NÈ en 1957, il est chercheur au CNRS et a publiÈ plusieurs livres ; ses collËgues sociologues pourraient sans doute le considÈrer comme un bon exemple dÕ´intÈgrationª. Je nÕai pas son livre, je mÕen tiendrai aux choix, au images du film, qui Èvoquent pour moi aussi des souvenirs. LÕadaptation et la mise en scËne privil gient le cÙtÈ ´souvenirs dÕenfance mettent au second plan le ´document reconstituȪ. MalgrÈ le titre (le ´ gone ª Èvoque Lyon), le bidonville du film est situÈ en banlieue parisienne (les 75 sur les voitures, voitures qui servent, indi-rectement, ‡ dater ; ce nÕest quÕ‡ la f quand la famille quitte le bidonville lar-gement dÈsertÈ, que le commentaire dit : cÕÈtait en 1966, trois ans aprËs, qu nous quitt‚mes le bidonvilleÉ). Le film se passe donc en 1962-1963, ‡ un moment o˘, pour ces familles, la guerre vient de finir. De la guerre elle-mÍme, on ne parle pas, ni de la prÈsen-ce Èventuelle dÕun encadrement du FL Et Áa ne me paraÓt nullement choquant : les souvenirs dÕun enfant qui a vÈcu cel ‡ cette Èpoque sÈlectionnent tout ‡ fait normalement des ÈlÈments comme la classe, les rapports avec le maÓtre, le pËre, la mËre, les copains, la circonci-sion. JÕai ÈtÈ impressionnÈ par la fidÈl tÈ et le soin de la reconstitution matÈ-rielle (au dÈbut des annÈes soixante, jÕ frÈquentÈ le bidonville de Nanterre). JÕ pensÈ, en voyant ce film, ‡LÕEnfa noirque Laurent Chevallier avait tirÈ du classique de Camara Laye : l‡ aussi, le regard de lÕenfant (ou mieux, ce quÕil e devenu, ÈlaborÈ, filtrÈ par le souvenir) est lÕÈlÈment essentiel. Film historique oui, dÕabord de lÕhistoire dÕun indivi Et par contrecoup, tÈmoin aussi, quand mÍme, dÕune Èpoque. Le rÈalisateur, nÈ en 1965, et que rien dans sa biographie ne prÈdisposait ‡ choisir un tel sujet, sÕest astreint ‡ u
SALLE D'ART ET D'ESSAI C L A S S … ER E C H E R C H E 8 ,R U ED EL AV A L S E 42100 SAINTETIENNE 04.77.32.76.96 R…PONDEUR : 04.77.32.71.71 Fax : 04.77.25.11.83
partir des choix que jÔai indiquÈs. La direction dÕacteurs (surtout les enfants maghrÈbins, mÍme si lÕon salue une excellente et inattendue composition de FranÁois Morel en instit) est lÕessentiel de son travail ; il manque peut-Ítre ces quelques Èclairs dont Chevallier avait ornÈ sonEnfant noir. Reste un film Èmouvant et attachant. Paul-Louis Thirard Positif n∞443 - Janvier 1998
Depuis ses dÈbuts, Christophe Ruggia traque lÕenfance en difficultÈ. FaÁon de rÈgler des comptes avec la sienne : un enfant dÈracinÈ, ballottÈ de pays en pays, ‡ la traÓne dÕun pËre qui avait la bougeotte. Maroc, Canada, Angleterre, Allemagne, Australie : ‡ 7 ans, il a dÈj‡ parcouru une bonne partie du globe. A 8, il se retrouve orphelin, soudain coincÈ, avec sa mËre et sa sÏur, dans un Sud-Ouest o˘ il ne trouve pas ses marques. Vingt et quelques annÈes plus tard, au cinÈma, il filme les petits durs : ´Ces gosses de banlieue qui ‡ 5 ans parlent dÈj‡ comme des grands, qui savent ce que veulent dire les mots chÙmage, racisme, violence et drogue, mais igno-rent tout des jeux de leur ‚ge.ª DansLÕEnfance ÈgarÈe,un moyen mÈtrage de vingt-six minutes, il mettait en scËne deux enfants battus. DansLe gone du Cha‚bason premier long, ils sont une vingtaine de gosses entre 5 et 14 ans, recrutÈs au hasard des castings, dans la banlieue de Lyon et ‡ Montreuil, la plupart en situation dÕÈchec scolaire. ´Impossible de rendre lÕhistoire dÕAzouz Begag crÈdible sans la violence de mÙmes qui ont eux-mÍmes une vie diffi-ciledit Christophe Ruggia.Avant le tour-nage lÕ´adulteª signifiait pour eux lÕ´ennemiª ´ celui qui mentª, et lÕavenir, un no manÕs land absolu. Depuis, jÕespË-re quÕils ont repris un peu confianceª. DËs le dÈpart, Christophe Ruggia ne leur a pourtant guËre laissÈ dÕillusions. ´Je leur rÈpÈtais que ce nÕÈtait quÕune expÈ-
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penser ‡ devenir comÈdiens.ª encorese plier ‡ la discipline scolaire. Le rÈalisateur Pendant plus dÕun mois, avec sa sÏu´Je suis en troisiËme, section enfants VÈronique, il les a fait travailler.spÈcialisÈs. Mais moi, je prÈfËre dire RÈpÈtitions, improvisations, exerciceenfants sauvagesª, dit-il. Il y a un mois, NÈ en 1965 ‡ Reuil-Malmaison. DiplÙmÈ de concentration. ´Ils Ètaient habituÈsla chance lui a souri de nouveau : une du Conservatoire Libre du CinÈma sÕexprimer en ´zappantª. Ils ont apprisrÈalisatrice, Marie Vermillard, a fait FranÁais, il crÈe en 1988 la sociÈtÈ parler plus clairement.ª Le tournagappel ‡ lui pour un petit rÙle. ´Mais je Cristal Inn Production. achevÈ, certains ont accompli des pronÕavais pas assez travaillÈ. Je ne m En 1993, il est laurÈat de la fondation grËs spectaculaires. Ils Ètaient commsuis pas trouvÈ trËs bon !ª, commente-t-Marcel Bleustein-Blanchet pour la voca-pacifiÈs. ´Il fallait voir leur tÍteil. Dans ces cas-l‡, Galamela tÈlÈphone tion (cinÈma). lÕavant-premiËre organisÈe ‡ Lyon po‡ Christophe Ruggia, promu conseiller. Fiche AFCAE comprendre ‡ quel point ces gosse´Il mÕa promis de mÕaider et je sais qu quÕon a toujours dÈconsidÈrÈs Ètaiele fera. Il me remonte le moralɪ fiers de ce quÕils avaient fait. DÕautrMarie-Elisabeth Rouchy ont retrouvÈ leur vie et les copains aveTÈlÈrama n∞2505 - 14 Janvier 1998 lesquels ils traÓnaient. A ceux-l‡ jÕ Filmographie envie de dire : ÓSurtout, arrÍtez de vou faire du cinÈma...Óª Lyon,au dÈbut des annÈes 60. Des Court mÈtrage Christophe Ruggia ne croit pas augamins vivent dans un bidonville, SovÈ lÕanmou1990 miracles. ´On peut accompagner defouillent la dÈcharge publique proche enfants ; les ´rÈvÈlerª. On ne peut papour y trouver leurs jouets, et vont ‡ LÕenfance ÈgarÈe1993 les changer complËtement. A 10 ans,lÕÈcole avec des godillots Èternellemen Bouzid, le personnage principal du film,boueux. Il sont les fils et filles dÕimmi est considÈrÈ chez lui comme un petigrÈs algÈriens de fraÓche date. Parmi ces Long mÈtrage roi. Il ressemble ‡ Azouz Begag : aussgosses, le petit Omar, 9 ans, se dis-travailleur, aussi orgueilleux. Il ador que je lui demande de rejouer une scË aprËs avoir dÈj‡ dit ´bravoª ‡ la prÈ dente. Il sentait quÕil se dÈpassaitÉ lÕinverse, Nabil, qui joue son cousin, faisait payer chaque effort supplÈm taire par une crise de bouderie.ª Et puis, il y a les deux ´chouchous Kenza, la bonne ÈlËve, qui rÍve de de nir mÈdecin, un peu timide, mais nÕhÈsite plus aujourdÕhui ‡ dÈcro son tÈlÈphone ´juste pour dire bonjou Et surtout Galamela. Sur le tournage, i beau avoir exaspÈrÈ lÕÈquipe par ´conneriesª, cÕest lui dont le rÈalisa est aujourdÕhui le plus fier. En moin six mois, IÕex-rouleur de mÈcaniques sÈchait lÕÈcole sÕest complËte transformÈ : 20 kilos de moins, 10 ce mËtres en plus, et un sourire dÈsorm presque ‡ toute Èpreuve. Pour l Documents disponibles au France IÕexpÈrience a ÈtÈ dÈtermina ´Galamela a beaucoup dÕatouts p TÈlÈrama n∞2439 - 9 Octobre 1996 sÕimposer comme comÈdienª, Christophe Ruggia. En attendant, ‡ 15 ans, Galamela d
SALLE D'ART ET D'ESSAI C L A S S … ER E C H E R C H 8 ,R U ED EL AV A L S E 42100 SAINTETIENNE 04.77.32.76.9 R…PONDEUR : 04.77.32.71.7 Fax : 04.77.25.11.8