Ouvriers, paysans de Straub Jean-Marie, Huillet Daniele
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Ouvriers, paysans de Straub Jean-Marie, Huillet Daniele

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Fiche produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
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Ouvriers, paysans Operai, contadini -FICHE FILM
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D O C U M E N T
cendres du fascisme. lIs inventent d nouveaux rapports, toujours basÈs sur l travail (d'o˘ la distinction entre le ouvriers et les paysans), mais o˘ le sen timent amoureux prend aussi une plac importante, tout comme la politique e la cuisine (vous apprendrez tout ce qu vous avez toujours voulu savoir sur l ricotta). Le projet de DaniËle Huillet e Jean-Marie Straub s'inscrit dans un recherche de radicalitÈ qui frise l'ascÈ tisme : une mise en scËne rÈduite a strict minimum avec deux plans sÈquences qui ouvrent et ferment le fil et un texte lu et rÈcitÈ plus que jouÈ Rien de ce qui est dit ne sera montrÈ. Il n'est pas question ici de remettre e cause le cinÈma des Straub. Ce cinÈm existe et a raison d'exister au mÍm titre queLe go˚t des autreso Jurassik Park. Il rÈpond s˚rement une nÈcessitÈ impÈrieuse et militante d deux cinÈastes intËgres, et ‡ l'attent d'une poignÈe de spectateurs. Doit-o pour autant lui donner notre bÈnÈdictio urbi et orbi ? S˚rement pas. Car si on parlÈ de radicalitÈ, on peut penser qu les Straub et Huillet soumettent malgr tout leur film ‡ un certain esthÈtisme on a lu quelque part que les sous-boi Ètait divinement bien filmÈs. La lumiËr y est effectivement trËs belle : est-ce l une limite ‡ la radicalitÈ ? Quelle est l raison d'un tel cadre qui amËne du bea non pas dans l'histoire mais dans ce qu voit le spectateur ? Il faudrait s˚remen poser la question aux deux rÈalisateurs Mais entendons-nous bien : il ne s'agi pas l‡ de dÈtail. On ne prend pas d plaisir ‡ ergoter sur des choses anecdo tiques. CarOuvriers, paysansest suf fisamment exigeant avec le spectateu pour que le spectateur soit exigean avec lui. (É) David Nathanso
Fiches du CinÈma n∞162
(É) A l'Ècran apparaÓt un sous-bois ensoleillÈ o˘ murmure un ruisseau archÈtype de la nature que balaie u panoramique ‡ 360∞. Le monde entie est l‡, comme avant les hommes. Le humains, les voil‡ : deux hommes et un femme dans une clairiËre, auxquels suc cÈderont deux femmes et un homme puis un couple, un homme seul, ‡ nou veau un trio. En plans fixes, cadrÈs e pied ou en gros plan (parfois en passan par le recours au zoom, procÈdÈ jus qu'alors refusÈ par les cinÈastes et qui ici, s'impose avec Èvidence), immobile sans Ítre figÈs, ils parlent, ils lisent. En deÁ‡ de ce qu'ils disent, ils ressem blent ‡ des instruments aux tonalitÈ savamment agencÈes. Jusqu'‡ l'ultim plan, second panoramique d'une natur plus civilisÈe et plus ouverte qui dÈbouche sur la mer, le film ne consiste ra en rien d'autre. Si tout art consiste ‡ susciter le plu possible d'Èmotions et de rÈflexion avec le moins possible de moyens Ouvriers, paysansest un sommet d l'art. A partir de ce dispositif qui emprunte ‡ la littÈrature (les protago nistes disent les textes des chapitres 44 45, 46 et 47 du livre de Vittorini), ‡ l musique et au thÈ‚tre, le cinÈma s'Èpa nouit avec une puissance extrÍme inversement proportionnelle aux effet (dramatiques et visuels) mobilisÈs. Un grande histoire prend chair sous l'effe de ces voix, au fil de cette langu magnifique, d'une simplicitÈ et d'un prÈcision admirables - que renden admirablement des sous-titres ciselÈs la nuance prËs, et que leur place dans l cadre semble faire sortir de la bouch de ceux qui parlent. Que disent-ils ? D'abord, qu'ils n'Ètaien pas d'accord. Les membres des deu premiers groupes, qui tous s'exprimen au passÈ, s'opposent, ouvriers contr paysans. Un panoramique d'un groupe l'autre exprime en un temps et un mou vement tout ce qui les rapproche, tou ce qui les sÈpare. Cette contradictio '
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partage, mais aussi de rencontre, qui traversent le film. On ne sait trop d'abord qui sont ces gens ni ce qui leur est arrivÈ ; on Ècoute cette dame assise qui lit son texte comme un musicien sa partition, ce grand et gros homme au visage sombre de pirate barbaresque. La diffÈrence de relation au temps (pro-gressif ou cyclique), ‡ l'histoire, au tra-vail, chez les paysans et chez les ouvriers, transparaÓt peu ‡ peu de ces mots concrets. Mais voici que d'autres rÈcits interfËrent, d'autres conflits. Peu ‡ peu, il apparaÓt que ces gens, origi-naires de diverses rÈgions d'Italie, se sont trouvÈs ensemble au lendemain de la guerre pour travailler ‡ la reconstruc-tion d'une citÈ, au milieu des ruines. Hommes et femmes, amis et ennemis de l'Èpoque de l'occupation, hiver et prin-temps, humains et forces naturelles, fidËles et volages : tout concourt ‡ la composition d'une ÈpopÈe. Elle prend forme ‡ travers les mots, les anecdotes, les listes exigeantes, le phrasÈ opini‚tre de celle-ci, la diction lasse de celui-l‡, le moment de silence de celui qui a volÈ et quittÈ le groupe puis cru pouvoir y revenir impunÈment, la violence d'un geste du bras de l'hom-me assis sur un tronc. Progressivement, une formidable saga affleure ‡ la surfa-ce de l'Ècran. Son ampleur, et plus enco-re les outils de son apparition, sont indi-cibles : seul le cinÈma rend possible ce phÈnomËne. Au grÈ des mots, mille histoires sont invoquÈes.Ouvriers, paysansconte le dÈsir des hommes pour les femmes et des femmes pour les hommes ; la trahi-son, la tendresse, le dÈpit, la timiditÈ, la souffrance dans la misËre extrÍme et l'espoir dans la possibilitÈ d'une vie meilleure. Il indique du mÍme Èlan la recette de la polenta et comment la ser-vir, le bonheur du premier soleil sur la neige au sortir d'un hiver glacial et l'Èmotion des premiËres lumiËres de la ville ressuscitÈe. Une poignÈe de per-sonnes parlent dans la forÍt, comme -
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fameux rÈcits de la clairiËre ÈvoquÈe dansHÈlas pour moi. Ils offrent, ‡ qui saura les Ècouter, le monde. Jean-Michel Frodo Le Monde Interactif - 19 sept. 200
(É) L'action foisonne au sein du texte d'Elio Vittorini, dont Straub et Huille avaient dÈj‡ adaptÈConversations e Siciledans leur splendideSicilia !Il n' aura pourtant ‡ l'Ècran, deux heure durant, que des femmes et des homme debout ou assis, qui lisent ou disen l'histoire. Celle-ci est donc mise ‡ dis-tance par un dispositif radical. En mÍme temps, il s'agit de nous l rendre proche par la force de l'Èvoca-tion. Pari ‡ la fois simple et compliquÈ. SimplicitÈ de conception : des plans fixes captant autour des acteurs l'infinie placiditÈ du soleil filtrÈ par les arbres ; une diction claire mise au service d'une langue belle, sonnante et concrËte. Revers de la mÈdaille : le respect de l'italien oblige le spectateur ‡ se concentrer sur les sous-titres. L'entrÈe dans le cercle symboliquement tracÈ pa les acteurs, si elle est finalement rÈcom-pensÈe par un effet d'hypnose o˘ l'ima gination, en quelques grands moment du texte, pallie volontiers l'absence d'images, se paie d'un effort d'adhÈsio que les non-straubiens pourront trouver excessif. Ces rÈserves-l‡ faites, ce film, ‚pre et doux, paisible et violent, artisan et parti-san d'une utopie communautaire, sino communiste, inlassablement remise su le mÈtier, ce film un peu trop long dans sa robe d'austÈritÈ luxuriante est admi rable. FranÁois Gori TÈlÈrama - 19 Juillet 200
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C'est une histoire terrible, une histoire d'aprËs-guerre, qui raconte comment, au cÏur d'un interminable hiver, des pay-sans et des ouvriers, rÈfugiÈs venus de toute l'Italie, sont entrÈs en conflit, parce que leur temps de travail et leurs moyens de survie ne concordaient pas. Les uns aprËs les autres, douze person-nages en quÍte d'auditeurs ÈgrËnent les faits de la pÈnurie et de la violente opposition qu'elle a entraÓnÈe. Ouvriers, paysansest un film-puzzle dont il faut rassembler toutes les piËces, et se souvenir de l'une pour l'imbriquer dans l'autre. Car tout se tient et se rÈpond. Si son exigence est grande, ce n'est pourtant pas un film difficile. De la mÍme maniËre que le long panoramique initial donne ‡ voir et entendre une incroyable diversitÈ de couleurs et de sons, comme si une forÍt Ètait filmÈe pour la premiËre fois, et ainsi rendue ‡ notre regard soudain dessillÈ par tant de beautÈ, chaque dÈposition rejette toute rÈtention. Rien n'est dissimulÈ, il faut que tout soit dit et entendu, ce jour ou jamais. De quoi ont besoin les Straub pour faire resurgir toute la complexitÈ d'un monde englouti ? Un trou de verdu-re, un texte sublime d'un grand Ècrivain trop oubliÈ, portÈ par douze comÈdiens et une mise en scËne dont la rigiditÈ apparente n'est qu'une promesse ‡ toutes les ouvertures. PlutÙt que de res-sasser sur le soi-disant jansÈnisme des Straub, mieux vaut parler de leur sen-sualitÈ et de leur capacitÈ ‡ rÈveiller chez le spectateur un flot dÈbordant de perceptions soudain affleurantes. Si les histoires racontÈes ici ressemblent Ètrangement auxRaisins de la colËrede Steinbeck, leur trËs ferme mise en corps et en espace appelle d'autres images. Celles du film de John Ford, par exemple, cinÈaste Ù combien chÈri par les Straub, mais aussi des flux d'images et de pensÈes plus indÈcises, publiques ou privÈes, spectaculaires ou ‡ peine esquissÈes, prÈcises ou flottantes, proches de la rÍverie ÈveillÈe ou de '
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‡ pied. Alors que les paysans et les ouvriers se rÈpondent, jusqu'‡ ce que la figure de leur conflit soit enfin complËte, et leur querelle vidÈe, le spectateur de cette instruction se met lui aussi ‡ dialo-guer avec eux, dans un mouvement qui n'est pas de repli mais d'appÈtit sen-suel.Ouvriers, paysansest un film qui donne faim de tout. Film policier aux intrigues entrecroisÈes, film de procËs o˘ on plaide ‡ charge et ‡ dÈcharge, mais aussi film fantastique, o˘ l'espace est soumis ‡ de brusques distorsions et o˘ un coin de forÍt toscane se fait le rÈceptacle sans limites du vaste monde, de tous ses lieux et de toutes ses his-toires, les nÙtres et les leurs, corne d'abondance et creuset d'une fÈconditÈ qui donne le vertige. Et cette histoire antÈdiluvienne d'affamÈs de devenir notre absolue contemporaine. D'ores et dÈj‡ le plus beau film de l'annÈe, Ouvriers, paysansa la gÈnÈrositÈ inÈpuisable du trËs grand art. FrÈdÈric Bonnaud Les Inrockuptibles - 19 sept. 2001
Les rÈalisateurs
Jean-Marie Straub arrive ‡ Paris en 1954, il visite les tournages dÕAstru Renoir, Bresson et Rivette. AppelÈ ‡ faire son service militaire en AlgÈrie, il choisit de passer en Allemagne o˘ il sÕinstalle ‡ Munich, avec sa femme principale collaboratrice, DaniËle Huillet, en 1959. Fiche distributeur
Filmographie
Courts mÈtrages Machorkamuff1962 Introduction ‡ la musique dÕacco pagnement pour une scËne de film dÕArnold Schoenberg1972 Toute rÈvolution est un coup de dÈs1977 dÕaprËs StÈphane MallarmÈUn coup de dÈs jamais nÕabolira le hasard En rach‚chant1982 dÕaprËs Marguerite DurasOh, Ernesto CÈzanne1989 Lothringen1994 Longs mÈtrages
Nicht versˆhnt1964/65 Non rÈconciliÈs, dÕaprËs Heinrich Bˆll Chronique dÕAnna-Magdalen Bach1967 ‡ partir du NÈcrologe rÈdigÈ par Phillip-Emmanuel Bach en 1750 La fiancÈ, la comÈdienne et le maquereau1968 dÕaprËs Ferdinand Br¸cknerLe mal de la jeunesse Othon1969
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Monsieur Jules CÈsar MoÔse et Aaron1974 dÕaprËs lÕopÈra dÕArnold Schoenberg Fortini/Cani1976 dÕaprËs Franco FortiniLes chiens du SinaÔ De la nuÈe ‡ la rÈsistance1978 Trop tÙt, trop tard1980/81 dÕaprËs une lettre de Engels ‡ Kaulsky et la postface du livre de Mahmoud HusseinLuttes de classes en Egypte Amerika - Rapports de classe1983 dÕaprËs Franz Kafka La mort dÕEmpÈdocle ou quand le vert de la terre brillera ‡ nouveau pour vous1986 dÕaprËs Friedrich Hˆlderlin Noir pÈchÈ1988 dÕaprËs Friedrich HˆlderlinEmpÈdocle sur lÕEtna Antigone1991 dÕaprËs Sophocle, Hˆlderlin et Brecht Du jour au lendemain1996 Sicilia !1999 dÕaprËs le roman de Elio Vittorini Conversazione in Sicilia Ouvriers, paysans2001
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Cahiers du CinÈma n∞560 Positif n∞488