Zéro de conduite de Vigo Jean

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Fiche produite par le Centre de Documentation du Cinéma[s] Le France.
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FICHE FILM
ZÈro de conduite
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D O C U M E N T
dÕHuguet, le gentil surveillant. Mais l mÈdaille du dÈvouement revient ‡ D Verron, choisi pour interprÈter ÒBec-de gazÓ, lÕeffrayant surveillant gÈnÈr LÕacteur nÕest autre que le gÈrant lÕimmeuble du cinÈaste, qui, un soi frappa chez Vigo pour lui demander, furi bard, sÕil pouvait faire moins de brui ÒVous tombez bien, justement, je cher chais un rabat-joie pour jouer un pio dans mon film !Ó, rÈpondit le fÍtard a r‚leur, plutÙt conciliant dÕailleurs pui quÕil accepta son nouvel emploi ! (É)
Dans ce panphlet Ègalitaire, Jean Vig crache sur lÕEtat comme sur lÕEglise, aigreur personnelle plus que par idÈolo gie : le cinÈaste nÕa pas oubliÈ lÕann de ses 12 ans, o˘ lÕon ÒsuicidaÓ s pËre, militant anarchisteÉ Ce chef-dÕÏuvre a les qualitÈs de ses dÈfaut La bande son est dÈfectueuse QuÕimporte, puisque le dialogue nÕexi pas dans ce collËge. Seules les interjec tions, jurons ou ordres, retentissent dis tinctements. Certaines images son floues ? QuÕimporte, puisque les Ècolie ne vivent que dans la magie dÕun pr sent quÕils lacËrent dÕactes hÈroÔques de blagues. La plus belle sÈquence rest celle du chahut au dortoir, filmÈe a ralenti sous des flocons de plume. (É) Marine Landro TÈlÈrama n∞ 2537 - 26 ao˚t 199
PrÈsentÈ le 7 avril 1933 au Ci Artistic ‡ Paris, le film est interdit son Òesprit anti-franÁaisÓ. PrÈsent projection, AndrÈ Gide approuve la sion et les frËres PrÈvert la maudis Jean Vigo, lui, se dÈsespËre. Le film sera ensuite exclusivement sÈ par les CinÈ-Clubs jusq Novembre 1945, date de sa pre sortie publique ‡ Paris au PanthÈon
SALLE D'ART ET D'ESSAI C L A S S … ER E C H E R C H E 8 ,R U ED EL AV A L S E 42100 SAINTETIENNE 04.77.32.76.96 R…PONDEUR : 04.77.32.71.71 DOC : 04.77.32.61.26 Fax : 04.77.32.07.09
Reprenant le film dans son ensemble, on constate quÕil y a deux mondes enZÈro de conduite: dÕun cÙtÈ celui des enfants et du peuple, de l'autre celui des adultes, des bourgeois. Le choix des enfants n'a obÈi ‡ aucun souci de stylisation, ils reprÈsentent, sur un plan rÈaliste, la moyenne des enfants d'un collËge pauvre de province. La plu-part du temps, ils sont maigres, ni beaux ni laids, voire sales. Mais ce sont des enfants comme tous les enfants du monde. Les deux adultes du peuple, la cuisiniËre et le garÁon de cafÈ qui essuie les verres pour la fÍte, sont, dÕune maniËre aussi rÈaliste, n'importe quelle brave femme ou nÕimporte quel solide gaillard. Le surveillant Huguet n'est pas un vÈritable adulte, sa solidari-tÈ avec les enfants est totale. Avec les autres personnages, nous sommes transportÈs au monde des pan-tins ‡ commencer par les trois expres-sions de l'autoritÈ ‡ l'intÈrieur du collË-ge : le principal, le surveillant gÈnÈral Santt, dit Bec-de-Gaz, et le surveillant Parrain, dit PËte-Sec. Leur grotesque est en raison directe de leur importance : leur apparition dans le film a lieu dans l'ordre inverse. Nous avons en premier lieu PËte-Sec qui, ‡ la gare, attend les enfants revenant de vacances. Au pre-mier abord, il est surtout antipathique, figÈ dans son importance. A Caussat qui le lui montre, Bruel dit, ennuyÈ : ´On ne rigolera encore pas cette annÈe... - Ah, tu crois ?ª lui rÈpond Caussat. Et il a rai-son de douter puisque PËte-Sec finira, crucifiÈ dans son lit, par Ítre dÈmoli comme les autres. On fait bientÙt connaissance avec le sur-veillant gÈnÈral. DËs sa premiËre appari-tion, Bec-de-Gaz sera ridicule. Par la suite seulement, l'odieux lui sera ajoutÈ jusquÕ‡ l'obtention d'un personnage louche espionnant les enfants, volant leur chocolat et ne prononÁant jamais un mot. Le principal, au contraire - nous en savons quelque chose - parle beaucoup. PlacÈ au sommet de la hiÈrarchie du col-
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lËge, il concentre en lui tous les ridi cules de ses subordonnÈs et les dÈpass tous par ses allures d'homme soignÈ, d chef et de nain. De mÍme que pour les enfants, Vigo pris pour crÈer ses personnagcs so point de dÈpart dans la rÈalitÈ et, pou bien les situer dans l'univers de grandes personnes, il n'a pas hÈsitÈ accentuer leurs traits jusqu'‡ la limit de la caricature. Cependant, pour satis faire les derniËres intentions de Vigo peupler cet univers avec les seul membres de la hiÈrarchie scolair n'Ètait pas suffisant. Il a fait appel au reprÈsentants d'autoritÈs bien au-des sus de celles du collËge : au curÈ et a prÈfet. BientÙt, tout ce monde sera ‡ s place au premier plan devant d'autre poupÈes, celles d'une baraque de jeu d massacre. Des pompiers, aussi ridicule qu'eux, se donneront en spectacle. C sont des gens du peuple, que lÕuniform rejette dans le monde des pantins. O se souvient que la vague silhouette, peine aperÁue, de lÕemployÈ de la gar au dÈbut du film, trouvait le temps, dan sa fugacitÈ, de n'Ítre pas sympathique n'est-ce pas un malheur pour les fonc tionnaires des gares de porter un unifor me ? Dans une sÈquence des premier projets, que Vigo n'a pas retenue, le enfants battaient et ridiculisaient, a foot-ball, d'immenses soldats. La logique sentimentale de Vigo es presque toujours impitoyable dans l crÈation des deux mondes. Il avait enco re un adulte, sans uniforme celui-l‡ sous la main : le correspondant d Caussat, le pËre de la fillette avec qui l garÁon joue pendant ses rares jours d sortie. Dans le scÈnario, il avait eu u moment de faiblesse et, avait indiqu que ´sous lÕÏil bienveillant du corres pondant, Caussat joue dans un coin d cette salle ‡ manger, o˘ tout est vieux, avec une dÈlicieuse fillette - la fille d correspondant -ª. Comment ! Un adult sympathique dans une salle ‡ mange rococo ? Impossible ! Et Vigo se repren en cachant la tÍte du correspondant der
riËre un journal. Il ne devait en Èmerge que dans le rÈcit de Caussat, mais l sÈquence nÕa pas eu lieu, et il est rest cachÈ pour lÕÈternitÈ. Vigo admet cependant une exceptio pour deux adultes bourgeois, pour deu femmes. La premiËre est la mËre d Tabard qu'on rencontre dans la gare. O ne voit d'abord que sa silhouette. Mai au moment o˘ l'on va pouvoir distingue son visage, voil‡ qu'il est cachÈ par un mouvement du surveillant. Vigo a peine indiquÈ la mËre, il l'a presqu ignorÈe, mais il n'a pas voulu s'Èlever contre elle en la plaÁant dans le mond des pantins. En outre, c'Ètait la mËre de Tabard, et celui-ci, nous le savons, Ètait beaucoup Vigo lui-mÍme. Nous voyon le chemin que Vigo a parcouru, dans l domaine sentimental, depuisA Propo de Nice. Du carnaval grotesque particu liËrement fourmillant de femmes, il e est arrivÈ ‡ en dÈcrÈter leur absence dans le monde des pantins deZÈro d conduite. Il avait rÈussi ‡ surmonter e partie sa crise de fils ennemi, et lorsqu'il permet ‡ la mËre de dire au surveillant : ÒPardon, Monsieur, RenÈ Tabard ne ren trera que demain matin. Il a le cÏur gros ce soirÉÓ, on sent qu'il a pardonnÈ ‡ s mËre. C'est par l'amour que Vigo a conquis ce Èquilibre. Justement, l'autre femme celle qui est gentiment suivie pendant l promenade par le pion Huguet et le ÈlËves jusqu'‡ un tournant de rue, rem placÈe par un curÈ inquiet, ne pouvait pas ne pas Ítre sympathique, car ell exprime une possibilitÈ d'amour. Le correspondant disparu derriËre le journal, le veilleur passant par le dortoir, toujours indiffÈrent, quÕy rËgne le calm ou le chahut, et la vague silhouette de l mËre abandonnÈe dans la gare, resten dÈplacÈs entre les deux mondes, tandi que Vigo autorise la dame de la prome nade ‡ entrer dans le monde humain de enfants, du pion Huguet, de la cuisiniËre et du garÁon de cafÈ. Cette division en deux mondes et l conclusion du film nous donnent tous les
SALLE D'ART ET D'ESSAI C L A S S … ER E C H E R C H E 8 ,R U ED EL AV A L S E 42100 SAINTETIENNE 04.77.32.76.96 R…PONDEUR : 04.77.32.71.71 DOC : 04.77.32.61.26 Fax : 04.77.32.07.09
ÈlÈments de l'idÈologie de Vigo et des intentions sociales deZÈro de condui-te. L'Ècole deZÈro de conduiteest, outre, lÕÈcole rÈelle issue des souvenirs d'enfance de Vigo, la sociÈtÈ telle que la voit l'adulte Vigo. La division entre enfants et adultes ‡ l'intÈrieur de l'Ècole correspond ‡ la division en classes de la sociÈtÈ : une minoritÈ forte qui impose sa volontÈ ‡ une majoritÈ faible. L'association entre les enfants et leur complice Huguet d'un cÙtÈ, les gens du peuple, la cuisiniËre et le garÁon de cafÈ de l'autre, ne nous est pas donnÈe par l'action - ce serait artificiel - mais par le mÍme style rÈaliste de la prÈsentation des uns et des autres, en opposition ‡ la stylisation accentuÈe des adultes reprÈ-sentants de l'autoritÈ. (É) Jean Vigopar P. E. SalËs GomËs Ramsay Poche CinÈma
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en robe de mariÈe sur la pÈniche dans ladÈtÈriorer pendant toute cette pÈriode A propos de Jean Vigo brume ou, dans le sens contraire, leet il meurt ‡ 29 ans le 5 octobre 1934. dÈballage du linge sale accumulÈ dans Je crois que Vigo aurait eu bien des rai le placard de Jean DastÈ, et chaque fois sons dÕÍtre plus content de lui que s il s'est tirÈ dÕaffaire gr‚ce ‡ sa dÈlic confrËres car il a ÈtÈ plus loin quÕaucu tesse, son raffinement, son humour, son dÕeux dans la restitution des diffÈrent ÈlÈgance, son intelligence, son intuition rÈalitÈs : celles des choses, des milieux et sa sensibilitÈ. des personnages, des sentiments, plu FranÁois Truffaut loin aussi et surtout dans la rÈalitÈ phy Filmographie Jean Vigo, Ïuvre de CinÈma sique. Je me demande mÍme sÕil sera exagÈrÈ de parler ‡ propos de Vigo dÕu courts mÈtrages : cinÈma olfactif. Cette idÈe mÕest venu aprËs quÕun journaliste mÕait dit, un jo A propos de Nice1930 en guise dÕargument dÈcisif pour dÈm lir un film que je dÈfendais ÒEt puis cÕe La natation1931 un film qui sent des piedsÓ. Je nÕai ri rÈpondu sur le moment mais jÕai repensLe rÈalisateur Taris roi de l'eau1933 ‡ cela en me disant : voil‡ un argumen quÕauraient pu employer les censeurJean Vigo est nÈ le 26 avril 1905 ‡ Paris. qui ont interditZÈro de conduite, eIl est le fils dÕun militant anarchiste q moyens et longs mÈtrages : dÕailleurs SalËs GomËs nous dit que lsera arrÍtÈ plusieurs fois, accusÈ de tra-articles hostiles aux films de Vigo comhison et retrouvÈ ÈtranglÈ dans sa cellu-ZÈro de conduite1933 portaient des phrases telles que : "CÕele en 1917. de lÕeau de bidet" ou "On frÙle la scatVigo restera trËs marquÈ par le destin ' logie", etc. AndrÈ Bazin dans un articlde son pËre et essaiera de le rÈhabiliter. sur Vigo a eu un mot trËs heureux eCollÈgien ‡ Millau puis ‡ Chartres, il est parlant de son "go˚t presque obscËne dcontraint pour des raisons de santÈ la chair" car il est vrai que personne nÕdÕaller se reposer dans les PyrÈnÈes, filmÈ la peau des gens, la chair drencontre une jeune polonaise Lydu qui lÕhomme aussi cr˚ment que Vigo. Riedeviendra sa femme en 1922. Il tourne de ce quÕon a montrÈ depuis trente a"en amateur"A propos de Nicequi est nÕa ÈgalÈ, dans ce domaine prÈcis, cettprÈsentÈ le 28 mai 1930. Il fonde un image de la main grasse du professeucinÈ-club dÕavant-garde ‡ Nice, "Le sur la petite main blanche de lÕenfaAmis du cinÈma". Il tourne en 1931 dansZÈro de conduiteou deTarisouLa natation, film de comman-Ètreintes de Dita Parlo et Jean Dastde, en 1932,ZÈro de conduite. Le film lorsqu'ils vont faire lÕamour ou mieuest interdit, qualifiÈ dÕanti-franÁai encore lorsquÕils se sont quittÈs et quÕPendant lÕhiver 1933/1934, il tourn montage parallËle nous les montre sLÕAtalant.econditions atmosphÈ- Les retournant chacun dans leur lit, lui danriques, pluie, froid neige, gel et lÕÈtat d sa pÈniche, elle dans une chambrsantÈ de Jean Vigo ralentissent le tour-dÕhÙtel, tous deux en proie au mnage. Le film terminÈ au printemps est d'amour, dans une scËne o˘ la partitioprÈsentÈ aux exploitants et mal de Maurice Jaubert joue un rÙle de preaccueilli. Il est alors remaniÈ, rebaptisÈDocuments disponibles au France miËre importance, sÈquence charnelle epasseLe Chaland qui, titre dÕun Iyrique qui constitue trËs exactement uchanson ‡ la mode alors intÈgrÈe au filmRevue de presse accouplement ‡ distance.et sort en septembre en exclusivitÈ dansJean Vigopar P. E. SalËs GomËs CinÈaste esthËte et cinÈaste rÈalisteun cinÈma des Champs-ElysÈes.Jean VigoPremier Plan n∞19 Vigo a ÈvitÈ tous les piËges de lÕesthLÕaccueil est mÈdiocre et le film quittJean Vigopar Pierre Lherminier tisme et du rÈalisme. Il a manipulÈ ulÕaffiche. matÈriel explosif, par exemple Dita ParlLa santÈ de Jean Vigo ne fait que se
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