Introduction 7. Régions  polaires et subpolaires
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7. Régions polaires et subpolaires Rédaction : Guillaume Prudent (ONERC)
Introduction 7.1
Groenland
Saint-Pierre-et-Miquelon
Îles Falkland Géorgie du Sud et îles Sandwich du Sud Îles Crozet
Amsterdam Saint-Paul Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF)
Les milieux polaires sont à la fois des terres d’extrêmes etBiodiversité des terres de richesses. Richesse des ressources, richesse Les cosystèmes terrestres des milieux polaires sont marqus de la biodiversit marine, et extrmisme des conditions dans leur ensemble par des conditions de vie difficiles, climatiques sont les caractristiques principales de ces qui sont dues principalement à la rudesse du climat. Des rgions. Les tempratures y sont particulièrement basses, tempratures basses, des vents forts, des sols pauvres, des dans certaines rgions, les vents soufflent quasiment en priodes prolonges de lumière et d’obscurit ont fortement permanence avec des pointes atteignant les 200 km/h, conditionn les espèces de ces milieux. Elles sont par les prcipitations sont très abondantes ou très limites en consquent devenues très spcialises et adaptes à cet fonction des territoires. Au nord, l’Arctique est caractris environnement. La biodiversit arctique est dans l’ensemble par un ocan gel entour de milieux continentaux alors caractrise par un faible nombre d’espèces endmiques. qu’au sud, l’Antarctique est un continent gel, entour Une situation inverse se retrouve parfois en Antarctique, où d’un ocan froid et d’une ceinture d’îles sub-antarctiques. diverses communauts marines prsentent des proportions Ces contraintes naturelles font que la colonisation de ces importantes d’espèces endmiques (Clarke & Johnston milieux par l’homme est reste limite et peu de populations 2003) et même les cosystèmes terrestres simples et permanentes sont actuellement prsentes dans ces peu diversifis contiennent une proportion considrable territoires. Les rgions polaires comptent six collectivits d’espèces endmiques (Convey & Stevens, 2007; Pugh europennes d’outre-mer (PTOM) : le Groenland (Danemark) & Convey sous press). Les chaînes alimentaires terrestres et Saint-Pierre-et-Miquelon (France) au Nord ; les territoires dans l’Arctique sont relativement simples avec en gnral britanniques des îles Malouines, Gorgie et Sandwich du quelques vgtaux, un herbivore et un prdateur (mammifère Sud, le Territoire Antarctique Britannique au sud ; et les ou oiseau) par rgion. En Antarctique, elles sont encore plus Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) au Sud simplifies en raison de l’absence de vertbrs terrestre et galement. Les territoires qui sont situs au sud du 60° dulçaquicole, à l’exception d’un seul passereau en Gorgie Sud et sur le continent antarctique (Terre Adlie et territoire du Sud et de trois espèces de canards distribues entre antarctique britannique, Bristish Antarctic Territory) sont les Kerguelen et la Gorgie du Sud (Convey, 2007a,b). La considrs par l’Union Europenne comme des PTOM. Les vgtation est souvent domine par des formations basses revendications et la souverainet territoriales dans cette zone avec des mousses, des lichens, quelques plantes vasculaires ont cependant t « geles » depuis le trait sur l’Antarctique et des couverts arborescents plutôt de type nain ou rampant. de 1959. De manière contraste, la biodiversit marine est assez riche
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aussi bien au Nord qu’au Sud, en raison de la prsence de beaucoup de plancton dans les eaux froides ou les zones de mlange entre des eaux froides et des eaux plus chaudes. Les crustacs, les espèces plagiques et benthiques ont des populations bien dveloppes et assurent la nourriture de base pour les nombreux oiseaux marins, ctacs à dents et à fanons qui voluent dans les eaux polaires. Pressions existantes Les pressions directes exerces par les implantations humaines sur les cosystèmes de ces rgions sont majoritairement faibles, si on les compare aux pressions anthropiques fortes qui touchent des territoires densment peupls. En Antarctique cependant, la faible surface libre de glace a pour consquence des pressions directes accrues. En effet, les activits humaines (recherche et tourisme) sont en comptition avec les populations animales (oiseaux et phoques) et les cosystèmes terrestres pour le peu d’espaces disponibles. Les espèces exotiques envahissantes, en premier lieu, exercent une pression non ngligeable sur la biodiversit terrestre des territoires polaires (Frenot et al., 2005, 2007; Convey, 2007c). Les cosystèmes marins sont galement soumis à des pressions importantes via les activits de pêche. L’exploitation sans limite des populations de phoques et de baleines a amen certaines espèces au bord de l’extinction. De nos jours, ces pratiques sont très règlementes et ces populations montrent des signes de rtablissement qui varient en fonction des espèces. La pollution via des Polluant Organiques Persistants (POP)
Eléphant de mer austral (Mirounga leonina) sur l’île de Crozet (TAAF) est aussi une menace importante au nord qui a notamment t mise en vidence chez les populations d’ours polaires (Verreault et al. 2007). Le drangement occasionnel des oiseaux marins lors de leur nidification est commun au nord et au sud. Ces oiseaux marins sont galement en interaction ngative avec les quipement de pêche, comme les filets de pêche, les hameçons et tout autre forme d’quipement qui ne cible pas une prise en particulier. Ainsi, les cosystèmes terrestres et marins des rgions polaires subissent djà des pressions anthropiques marques, que le changement climatique pourrait exacerber. Évolutions climatiques pour la région Les tempratures de l’air dans l’Arctique se sont deux fois plus rchauffes que la moyenne globale. Le rchauffement dans l’Arctique a t de 1 à 2°C depuis les annes 1960-1970 suivant les rgions, et l’augmentation des tempratures moyennes annuelles pourrait atteindre 4,9°C d’ici à la fin du 21e siècle (cf. tableau 8). L’augmentation des tempratures dans cette rgion devrait être plus prononce en hiver (+ 6,9°C) qu’en t (+ 2,1°C). Dans la rgion de l’Antarctique,
Colonie de Gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome chrysocome) aux îles Malouines les tendances varient considrablement d’une sous-rgion à une autre. Si la Pninsule Antarctique s’est rchauffe de manière significative au cours des 50 dernières annes, la rgion autour du Pôle Sud gographique s’est elle lgèrement refroidie. Les tempratures moyennes annuelles de l’Antarctique pourraient augmenter de 2,6°C d’ici à 2099. Jusqu’à prsent, les rgimes de prcipitation n’ont pas chang de manière significative dans l’Arctique alors que des signes de diminution des prcipitations ont t dtects dans certaines îles sub-antarctiques, ainsi que des changements de saisonnalit et de rgime dans les parties Ouest de la Pninsule Antractique (GIEC 2007). Cependant, une augmentation moyenne de 18 % des prcipitations annuelles a t modlise pour l’Arctique, elle est de 14 % pour l’Antarctique. Dans les deux rgions polaires, l’augmentation des tempratures et des prcipitations aurait notamment pour consquence une augmentation de la dure effective des ts et des hivers très chauds et très humides. Les changements de tempratures et de rgime des prcipitations pourraient galement avoir des consquences sur les milieux physiques, comme la banquise arctique (cf. encadr 7.1) et les glaciers de Gorgie du Sud et des Kerguelen. La surface de la banquise d’t a djà diminu de 7.4 % [5.0 to 9.8] par dcennie depuis 1978. En 2007, la surface de la banquise de fin d’t enregistre a atteint un record alarmant, elle tait d’environ 40 % infrieure à la surface de 1978 à la même saison. Certains scnarios du GIEC projettent une disparition totale de la banquise de fin d’t d’ici la fin du siècle. Tableau 7 : Variations climatiques d’ici la fin du siècle pour les régions polaires (GIEC 2007). Moyenne pour 21 modèles de simulation globaux (scénario A1B). Fourchette vraisemblable d’incertitude entre crochets (quartiles 25/75 %). Composante climatique Variation de 1980-1999 à 2080-2099 Température de l’air Arctique :  Augmentation de 4,9 °C [+ 4 à + 5,6]  Antarctique :  Augmentation de 2,6 °C [+ 2,3 à + 3] Précipitations Arctique :  Augmentation de 18 % [+ 15 à + 22]  Antarctique :  Augmentation de 14% [+ 9 % à + 17] Banquise Arctique :  Disparition de la banquise de fin d’été
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