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A coeur ouvert avec un juge-arbitre international

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Hakim Fateh, seul arbitre algérien désigné par l'ITF pour les JO de Rio 2016.

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Ajouté le 31 août 2016
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Langue Français
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OmnTENNIS Sorts P I A cœur ouvert Avec un juge-Arbitre internAtionAl Hakim Fateh : «Les JO sont importants dans la vie d’un athlète» Désigné par la Fédération internationale de Tennis (FIT) pour officier aux JO de Rio-2016, le juge-arbitre international Hakim Fateh a honoré l’arbitrage algérien.
Le juge-arbitre international de tennis Hakim Fateh, qui a eu l’opportunité d’officier de nom-breux matchs dans de grandes manifestations internationales dont Roland-Garros et Winbledon, a eu cette fois l’in-signe honneur d’être désigné par la Fédération internationale de Tennis (FT) pour faire partie de la Commission des arbitres aux JO de Rio-2016. Rentré du Brésil après avoir accompli sa mission et honoré les couleurs nationales, il nous ouvre son cœur.
Tout d’abord, comment s’est présentée votre dési-gnation parmi le corps arbi-tral de tennis à Rio ? llCes jeux olympiques sont différents des autres compéti-tions internationales. Les res-ponsables de la FIT font, à chaque édition des JO, une sélection à travers le monde pour donner la chance à tous les pays d’êtres représentés. Et c’est comme cela que j’ai eu la chance d’être, en qualité de juge-arbitre international, le seul Algérien retenu. Au compte du continent africain, il y avait éga-lement un Ghanéen, un Sud-Africain, un Marocain, un Tunisien et un Egyptien. Notre voyage à Rio avait été organisé par la FIT, à partir de Rome (Italie).
Combien étiez-vous d’offi-ciels en tout, et sur quelle base s’est faite la désigna-tion pour les matchs ? llNous étions 136 officiels entre juge-arbitres, juges de ligne, et 16 arbitres de chaise sous la coupe d’un responsable allemand désigné par la FIT. Ce nombre élevé est en rapport avec les tableaux de 64 partici-pants Messieurs et Dames. Après 12 heures de vol, on était arrivés le 3 août à Rio où un bel accueil nous avait été réservé. Dès notre arrivée, on a reçu nos badges puis dirigés vers l’hôtel de notre résidence pour se repo-
ser. L’après-midi de la même journée, on avait rendez-vous pour récupérer nos uniformes, c'est-à-dire des costumes avec chapeaux. Le lendemain, c’était la cérémonie d’ouverture, après avoir visité le site voué au ten-nis, qui comprend un central de 15 000 places et deux autres grands de 10 000 et 7000 places, en plus d’une dizaine de terrains annexes.
Quand aviez-vous débuté votre travail ? llCela s’est fait le lendemain de la cérémonie d’ouverture, à savoir le 6 août. En ce qui me concerne, j’ai débuté en tant que juge de ligne et ce, durant plu-sieurs matchs. Ma grande satis-faction, c’était quand on m’avait désigné parmi les quatre équipes sur les 16, qui devaient officier les finales. C’était pour le bronze et la médaille d’or. J’ai eu l’occasion d’être juge de ligne lors du match Nadal –Nishikori, pour le bronze, le match en dou-ble de Nadal, et pour la troi-sième place de Nadal. On m’avait également sollicité pour le match pour la troisième place en double mixte entre les Tchèques et les Russes.
Qu’aviez-vous ressenti à figurer parmi les meilleurs arbitres mondiaux de ten-nis à ces JO de Rio ? llDe la fierté, surtout d’avoir été le seul à représenter mon pays. Qui ne rêve pas d’être présent au plus grand rendez-vous sportif planétaire ? Très jeune, je rêvais déjà de voir le mythique stade Maracana. Alors que les courts de tennis se trou-vaient dans le village olympique, cela ne m’a pas empêché de visiter ce stade, à l’occasion de l’ouverture des Jeux et de la cérémonie de clôture. Ce qui m’a impressionné aussi, ce sont les aspects sécuritaire et organi-sationnel tout au long de ces JO. Même en dehors des Jeux, lors de nos visites, on a rencon-tré des gens sympathiques,
Propos recueillis parSadek Belkheïr
contrairement à ce qu’on racon-tait à ce propos. Je ne peux que souhaiter à chaque sportif ou officiel de vivre un jour ce type d’événement. J’ai participé à des tournois du Grand Chelem comme Roland-Garros et Wimbledon, mais c’est totale-ment différent aux JO.
Selon vous, les JO sont importants pour tout le monde ? llDans d’autres compétitions, c’est plutôt pour l’argent et le prestige personnel que l’on parti-cipe, alors qu’aux JO, c’est pour les couleurs nationales. Ce qui m’a marqué, c’est quand Djokovic, N1 mondial, a perdu face à l’Argentin Del Potro. Il pleurait à chaudes larmes et était inconsolable. Je n’avais jamais vu cela auparavant, ce qui montre à quel point ces jeux sont importants dans la vie d’un athlète. La particularité de ce rendez-vous planétaire, ce sont plutôt les valeurs humaines qui y prévalent et de savoir que tous les athlètes sont sur un même pied d’égalité. Ils vivent dans les mêmes conditions, le même lieu et prennent le bus ensemble. On a vu Usain Bolt avec son entraî-neur, de même que Djokovic malheureux avec son coach Boris Becker, prendre le bus comme tout le monde, sans aucun protocole.
Parlons maintenant des JM de 2021, qui seront organi-sés à Oran … llNous sommes capables d’organiser ces Jeux. Il suffit d’avoir de la volonté et de bannir le bricolage. Autre chose impor-tante, il nous faut apprendre à accueillir nos hôtes dans les meilleures conditions. A Rio, les Jeux reposaient principalement sur la population, c'est-à-dire sur les milliers de bénévoles, qui avaient été à la base de la réus-site de l’événement. Donc, nous devons faire la même chose. Je pense qu’il est temps de cibler la population, oranaise surtout, en vue d’une bonne formation dans ce sens. Ces bénévoles seront partout sur les sites sportifs, les lieux d’hébergement, pour s’as-surer que le transport sera au rendez-vous, à l’accueil à l’aéro-16
port pour assurer la sécurité et pour d’autres tâches encore. J’ai eu l’occasion d’être présent à plusieurs manifestations spor-tives internationales dont les JM de Tunisie ou les Jeux Africains et autres, et j’ai remarqué que tout reposait sur l’esprit citoyen et la population.
Ne croyez-vous pas qu’on commence déjà à accuser du retard ? llCertes, la situation inquiète quelque peu. Je me demande en effet ce qu’on attend, sachant qu’il est temps pour donner un bon coup et lancer véritablement la machine. Les nouvelles infra-structures au village Méditerranéen ne sont pas achevées, alors que les travaux n’ont même pas débuté pour celles qui doivent êtres reta-pées, comme le Palais des sports ou le complexe de tennis de Haï Salam. Même sur le plan humain, en ce qui concerne notamment l’encadrement de ces JM, c’est le calme plat. Un exemple à suivre, celui des Japonais qui ont commencé à préparer les JO de Tokyo bien avant le début des jeux de Rio.
Concernant la présidence de la Ligue d’Oran, serez-
vous candidat pour un autre mandat ? llOn est sur le point d’organi-ser l’AG élective de la Ligue, et j’hésite à me présenter car je ne peux activer sur deux fronts, à savoir : arbitre international et président de ligue. Pour ne pas revivre la même expérience, je songe à céder le flambeau à quelqu’un d’autre qui serait plus disponible pour les affaires de la Ligue. Sinon, nous activons tou-jours. C’est ainsi que le mois prochain, nous participerons, à Alger, à un séminaire pour les administrateurs de tennis. Par ailleurs, Oran abritera une conférence internationale des entraîneurs, qui se tiendra du 21 au 23 octobre, à l’Hôtel Liberté.
On vous laisse le soin de conclure … llMon souhait le plus cher est que le tennis se développe réel-lement dans notre pays, au même titre que les autres disci-plines sportives. En outre, il faut une décision politique pour que notre sport soit au sommet, sachant que le taux de pratique et les résultats sportifs sont en quelque sorte la vitrine d’un pays.
Mercredi 31 Août 2016