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Etude d'un cas en psychogénéalogie

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Un arbre généalogique est la perception d'un monde vertical. En le réalisant on effectue une promenade dans un autre monde, on s'y promène librement, on observe sans juger, mais on ne revient pas indemne.
Notre inconscient a depuis longtemps été colonisé.
Ce document tente de déterminer l'influence que nos ancêtres ont eu sur nous, sur notre comportement et notre mode de vie.
A partir d'un exemple concret d'une famille auvergnate sur sept générations, on étudiera ici l'étendue des divers traumatismes que ces gens ont subi et les conséquences sur leurs descendants.
Disponible en version papier sur www.lulu.com

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Publié le 01 octobre 2016
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EAN13 978-1-326-796
Langue Français
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Étude d'un cas en psychogénéalogie
Réflexions sur les traumatismes transgénérationnels
Claude-Alain Saby
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Étude d'un cas en psychogénéalogie
Exemple d'une famille auvergnate
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Ce livre existe en version papier sur www.lulu.com
©2016 -http://www.patronymesaby.fr http://scribe.jimdo.com
ISBN
978-1-326-79650-1
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droits est illicite (Art. L122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contre-façon sanctionnée par les article L-335.5 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
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Table des matière
Avant propos Encore quelques mots Chapitre 1 : la psychogénéalogie, quelques rappels importants Chapitre 2 : étude d'un cas Chapitre 3 : exemple d'une famille auvergnate Les traits généraux Représentation de l'arbre généalogique Explications La condition sociale des enfants au XIXe siècle Etude de l'arbre au 3ème mariage de Marien Discussions Etude de la branche de Beaujeu De l'influence des autres arbres généalogiques L'armée Essayons de les décrire un peu mieux Pour ce qui concerne l'enseignement Chapitre 4 : les traumatismes historiques d'un peuple Chapitre 5 : les génosociogrammes Chapitre 6 : psychogénéalogie & psychologie sociale Chapitre 7 : modèles cognitifs en psychogénéalogie Chapitre 8 : les accents Chapitre 9 : les odeurs Chapitre 10 : les souvenirs Le mot Fin ne s'inscrit pas sur notre page Bibliographie Liens Internet Annexes
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Avant propos
« Je ne peux saisir tout ce que je suis » Augustin d'Hippone
Dans la première moitié du XVIIème siècle René Descartes se doutait déjà quesi l'expérience individuelle du monde était stockée dans la mémoire, toute la mémoire n'était pas pour autant accessible à la conscience. Au XIXème siècle le psychologue Hermann Ebbinghaus écrivit dansLa Mémoire, quela plupart des expériences restent cachées à la conscience, mais produisent néanmoins des effets significatifs qui authentifient leurs manifestations passées.
Ainsi nous pourrions dire que nos activités, nos pensées, nos croyances sont les produits finaux d'activités de notre mémoire et de nos cellules nerveuses si l'on fait référence aux travaux réalisés ces dernières années en neurosciences. Pour simplifier, on hérite d'un certain plan de construction génétique et on naît dans un environnement qui ne nous laisse aucun choix tout au long des années les plus importantes de notre formation. L'égalité entre les Hommes est donc un leurre, sinon un mythe, un fantasme collectif.
Notre espace intérieur est immense, caché, intime mais néanmoins nous pouvons tenter d'essayer de connaître une petite parcelle de nous-même simplement en interrogeant nos ancêtres, cela suppose déjà de
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faire leur connaissance. Les morts, même oubliés et non connus, peuvent être très bavards et très influents.
Du point de vue scientifique, nous ne tenons pas la barre de notre comportement, nous sommes dépendants de nos gênes et de leurs particularités, chacun est bâti à partir d'un plan génétique. L'esprit conscient n'est pas le capitaine du navire. Le gouvernail est tenu par le cerveau inconscient, lui-même formaté par les expériences de la vie et par les programmes instinctifs produits par les générations antérieures. Le cerveau fabrique nos comportements selon des procédés très complexes traduisant ainsi le fait que les gens ne peuvent pas être égaux. Cette variabilité constitue le moteur de l'évolution car les profils génétiques et les histoires personnelles des gens façonnent leurs cerveaux et donc marquent leurs différences. Voilà pourquoi les gens finissent par avoir des visions très différentes du monde, des personnalités variées et des capacités non moins variées à prendre des décisions [15].
La machinerie qui fait de nous les personnes que nous sommes n'est pas simple. Ni la biologie, ni l'environnement ne peuvent façonner à eux seuls notre personnalité. Nous sommes le résultat d'un somme d'équations trop compliquées ; l'étude de cas, dans ce document, tentera d'apporter quelques pistes au travers l'analyse de plusieurs générations d'une même famille.
La découverte de Galilée a éjecté l'homme du centre de l'Univers, mais en tombant de son piédestal, l'être humain a accédé à une meilleure compréhension de lui-même, en explorant son cosmos interne comme pour répondre aux interrogations de Michel de Montaigne dès 1571 avec sa question « qui suis-je ? » ou à la phrase écrite sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes « Connais-toi toi-Même ». Nous sommes des êtres complexes avec des centaines de millions de neurones, des systèmes nerveux périphériques, des processus « zombies », des schémas d'activité complexes comme le sont tout autant la biologie et la chimie de notre cerveau. 8/210
Ainsi notre vie mentale est largement influencée par une longue liste de facteurs d'horizons divers et plus ou moins accessibles. Notre santé est confrontée aux assauts des maladies qui semblent résulter de nombreux changements mineurs, au niveau de notre ADN, et qui surviennent simultanément et selon des schémas d'interactions aussi très complexes et d'autant plus qu'ils sont dépendants d'interactions avec l'environnement. C'est ainsi que l'on conçoit aisément qu'il puisse exister un stress psychologique lorsqu'un individu passe d'un groupe à un autre, change de région ou de pays. Ce stress est d'autant plus grand si la population d'accueil manifeste un faible degré d'acception. Cette exclusion sociale peut prendre différentes formes, comme une plus grande sensibilité aux maladies, aux dépressions, des manifestions d'angoisse, différents troubles comme un stress schizophrénique. Mais tout le monde ne réagit pas de la même façon face à cette question, pour des raisons diverses comme le fait qu'il existe des gènes qui prédisposent à la dépression, à la violence pour ne citer que ces exemples. Quoi qu'il en soit la notion d'appartenance ou non à un groupe est très important si l'on veut expliquer certains déséquilibres psychiques des individus.
Ces quelques lignes étaient nécessaires pour dire que nos ancêtres ne sont pas responsables de tous nos maux. Mais il est important de garder le lien qui nous unit avec eux.
Des décisions importantes de notre vie peuvent être influencées par des détails insignifiants comme le choix d'un prénom, d'une alliance par assonance qui n'est pas forcément le fruit du hasard. Des dates de naissance, un lieu, peuvent éprouver chez nous une sensation de bienveillance alors que c'est en général la manifestation, assez souvent, d'un égotisme implicite, c'est à dire du pouvoir magnétique de l'amour inconscient que les personnes se portent à eux-mêmes ce qui a pour effet d'influencer leurs jugements. Gardons à l'esprit cet aspect cité lorsque nous étudierons la répétition des scénarios de vie.
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Dans un roman les personnages sont des projections de parties de nous, mais dans le récit d'une généalogie ce sont les personnages qui nous constituent par des esquisses, des traits simples ou plus complexes. Nous sommes une partie d'un ensemble de figures hétéroglites héritées. Nous sommes le résultat d'un immensepatchworkdont nous savons peu de choses.
Un arbre généalogique est la perception d'un monde vertical que l'on visualise sur une feuille remplie de signes, transformant cette nature morte en matière animée. On explore le champ de notre mémoire.
Tenir son arbre généalogique dans le creux de sa main, c'est tenir un peu de temps, le notre. Le temps est devenu matière. Bâtir son arbre généalogique c'est réaliser une promenade dans un monde immatériel, on n'apporte rien avec soi, on s'y promène librement, on observe sans juger, on revient les mains vides mais on ne revient pas indemne. Notre inconscient a depuis longtemps été colonisé mais maintenant les résultats de cette colonisation débarquent pour se faire entendre.
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Encore quelques mots...
Dans la tourmente du passé harcelé par le présent, notre arbre généalogique fait son devoir d'intelligence.
Notre mémoire collective a pris de la gîte et risque de sombrer. On remémore de travers, on travestit le souvenir, on récuse l'histoire au gré des manifestations de minorités. Pour des raisons politiques à courte vue, le pays se déleste de sa mémoire mettant en péril son avenir. La conservation des souvenirs communs dérange ; pourtant ils sont le résultat d'une construction humaine, commencée il y a très longtemps. La mémoire collective n'est pas seulement la somme des mémoires individuelles, encore faut-il qu'il y ait des points de contact entre elles et qu'existe un ciment fort reconnu par tous. Le risque est d'être pris en tenaille par un présent sans héritage et un avenir sans projet. A qui la faute. A des groupes de pression minoritaires et des politiques inconséquentes et lâches qui dépècent depuis plusieurs décennies notre histoire, notre mémoire, notre conscience. Nous vivons à l'heure de l'image furtive, de l'émotion circonstancielle, et du zapping.
Les arbres généalogiques sont mis à mal parce qu'ils dérangent certaines idéologies actuelles. L'Eglise et les administrations depuis le
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