//img.uscri.be/pth/3a148d55c739d24fd27bd6cdeba29783e23f7065
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Les zones d'emploi de Haute-Normandie : La redistribution des cartes

De
5 pages
Le développement d'un territoire ne se fait pas de façon uniforme dans l'espace et dans le temps. Une analyse à l'échelle des zones d'emploi permet d'apprécier comment les différents secteurs géographiques contribuent, selon les périodes, au développement régional. Certaines zones rurales, par exemple, ont pris le relais d'autres territoires en perte de vitesse durant la dernière décennie. Mais d'autres sont restées sous le signe du faible dynamisme.
Voir plus Voir moins

N° 32 - Février 2004
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
COMPARAISON N’EST PAS RAISON
LES ZONES D’EMPLOI DE HAUTE-NORMANDIE
Commenter l’évolution de l’économie régionale
sur longue période ne suffit pas : les deux dé- La redistribution des cartes
partements de la région ont connu des varia-
tions très différentes et ce n’est pas en analy-
sant la moyenne des deux que l’on comprendra
Jérôme FOLLIN
ce qui s’est passé depuis un quart de siècle.
Mais au sein de chacun des départements, la si-
tuation n’est pas non plus uniforme, loin s’en Le développement d’un LES ZONES D’EMPLOI SUR INTERNET
faut. C’est pourquoi la «zone d’emploi» semble
territoire ne se fait pas de façonêtre encore le meilleur échelon pour une ana- La publication actuellement en cours de réali-
lyse économique approfondie. C’est à cette sation propose une présentation illustrée deuniforme dans l’espace et dans
échelle que l’on pourra mesurer et comprendre chacune des treize zones d’emploi de la ré-
le temps. Une analyse à l’échelle gion Haute-Normandie. Ce document sera pu-tout ce qui s’est passé en matière d’emploi :
blié uniquement sous forme électronique etbaisse de l’emploi industriel entraînant une des zones d’emploi permet
sera donc intégré au site de l’Inseeaugmentation du chômage ou des départs de
d’apprécier comment les www.insee.fr, région Haute-Normandie.
population, ou encore un développement des
La publication a été conçue pour faciliter les
navettes quotidiennes vers l’extérieur. Dans le différents secteurs
comparaisons entre les zones : ainsi retrouve-
sillage de ces constatations, on pourra analyser ra-t-on les mêmes séries et tableaux statisti-géographiques contribuent,
les évolutions démographiques et sociales qui ques dans chaque zone. En outre, les
selon les périodes, auen sont les conséquences. principaux indicateurs seront présentés dans
On pourrait, bien sûr, tenter une comparaison des tableaux synthétiques permettant de clas-développement régional.
ser rapidement les zones entre elles.des zones d’emploi et de leurs performances.
Certaines zones rurales, par L’internaute disposera ainsi d’un ensembleOui, mais alors prudence !
d’indicateurs faisant apparaître les grandesLes zones sont si différentes en taille, en struc- exemple, ont pris le relais
caractéristiques des territoires en matière de
ture et quant à leurs particularités (urbaine, tou- d’autres territoires en perte de démographie, d’urbanisation, d’activité, d’em-
ristique, agricole) que la comparaison peut
ploi, de chômage, de formation, de revenus....
s’avérer hasardeuse. vitesse durant la dernière Il pourra également, à partir de données sur
Serait-il raisonnable de comparer le taux d’em- longue période, appréhender les mutations dedécennie. Mais d’autres sont
plois tertiaires de la Vallée de la Bresle - zone chacun de ces territoires.
restées sous le signe du faibletrès industrielle et rurale - à celui de Rouen - ca-
pitale régionale dotée d’une université et de dynamisme. L’article qui suit propose un regard
nombreux services centraux ?
transversal sur les treize zones d’emploiPeut-on comparer l’évolution industrielle d’une
zone qui ne comporte qu’une seule grande en- de Haute-Normandie. Leurs différences
treprise et celle d’une autre au tissu industriel es grandes caractéristiques éco- tiennent d’abord à leurs composantes
diversifié composé d’entreprises moyennes ? Lnomiques de la Haute-Normandie structurelles : degré d’urbanisation, sec-
Les comparaisons brutes peuvent être dange-
sont bien connues : poids élevé de l’in- teurs d’activité représentés, jeunesse dereuses si elles débouchent sur une logique de
classement. Elles doivent toujours s’accom- dustrie, rythme de création d’emplois la population, catégories socio-profes-
pagner d’un minimum d’analyse économique. plus faible qu’en moyenne nationale, sionnelles, etc. Ces aspects étant traités
Les chiffres prennent tout leur sens lorsqu’ils ali-
taux de chômage élevé, etc. Ces tendan- de façon complète dans les fiches pu-mentent un travail de synthèse.
ces globales ne correspondent toutefois bliées sur internet, et plutôt que de cher-
Jean LEMATTRE qu’à «l’agrégation» de particularités éco- cher à définir une typologie des treize
Chef du service des études et de la diffusion
nomiques locales, que le découpage de zones, nous avons tenté d’analyser com-
la région en zones
d’emploi permet de INDICATEURS DÉMOGRAPHIQUES GÉNÉRAUX
bien apprécier. Population Part dans Taux de Taux de
sans la natalité mortalité
Dans cet esprit, la Densité de doubles population annuel annuelS O MM A IRE
population comptes régionale moyen moyenDirection régionale
en 1999 en 1999 en 1999 1990-1999 1990-1999TERRITOIRE
de l’INSEE a entre- Pays de Bray 48 35 025 2,0 11,7 11,2LES ZONES D’EMPLOI DE HAUTE-NORMANDIE
ValléedelaBresle 68 47 672 2,7 12,3 10,2La redistribution des cartes.................1 pris de mettre à dis-
Fécamp 170 40 081 2,3 13,1 11,0
Pont-Audemer 67 40 450 2,3 11,9 9,8position du public,
SOCIÉTÉ Bernay 55 62 183 3,5 11,7 9,9
dans les semaines Verneuil-sur-Avre 46 27 318 1,5 11,7 12,2LES INSCRIPTIONS ÉLECTORALES 1999
Vernon 127 88 767 5,0 14,5 7,7EN HAUTE-NORMANDIE qui viennent, des
Gisors 82 27 529 1,6 13,5 9,7L’inscription est surtout liée à l’âge..........5
fiches informatives Rouen 230 724 721 40,7 13,7 8,2
Dieppe 119 98 451 5,5 12,9 9,7
pour chaque zoneANALYSES CONJONCTURELLES Le Havre 294 360 488 20,2 13,8 8,8
Lillebonne 131 59 573 3,3 13,0 8,3LA SAISON TOURISTIQUE 2003 d’emploi sur son
Évreux 103 167 934 9,4 14,5 8,2Une très bonne année pour les campings
site Internet (voirhaut-normands ...........................7 Haute-Normandie 145 1 780 192 100,0 13,5 8,8
2encadré). Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unités : habitant/km , habitant, %, ‰
TERRITOIREment les différentes parties du territoire
LESZONESD’EMPLOI
régional se distinguaient en matière de
La notion de zone d’emploi est destinée à mettre Les treize zones d’emploidynamisme économique et démogra-
en évidence des territoires cohérents au regard de Haute-Normandie Vallée
phique depuis une trentaine d’années. du fonctionnement du marché du travail. Une de la
Dieppe Breslezone d’emploi est un espace à l’intérieur duquelSous cet angle, plusieurs «types de tra-
la plupart des actifs résident et travaillent. Fécamp Paysjectoires» peuvent être définis : zones Pour définir ces zones, l’Insee a effectué, à partir de
BrayLe Havredes données des recensements de la popula-dynamiques sur longue période, territoi-
Rouention, des agrégations de communes, sur la base Lillebonne
res en regain - ou en perte - de dyna- d’un indicateur d’attraction maximum (les navet-
Pont-
tes domicile-travail). Audemermisme sur la dernière décennie, etc. Ce
Gisors
Ce travail a permis de constituer des zones com-
regard particulier permet ainsi d’appré-
posées de communes entières, centrées sur une
Vernon
cier comment la population et les emplois commune pôle (généralement une grande ville).
Bernay
Les flux sont ainsi maximisés à l’intérieur d’unese redistribuent à l’intérieur du territoire
Evreuxzone, alors qu’ils sont minimisés d’une zone à
régional. l’autre. Verneuil-
sur-Cette méthode a conduit la Préfecture de région
Avre
à retenir une partition de la Haute-Normandie en Contour
zone d’emploitreize zones d’emploi.
DEUX ZONES RURALES
EN REGAIN DE DYNAMISME
TAUX D’ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE DE 1990 À 1999
Sur la décennie 90, deux zones
Pays de Bray
d’emploi ont retrouvé un certain dyna-
ValléedelaBreslemisme économique, voire démogra-
GlobalFécampphique, après une période de stagnation
Solde naturel
ou même de déclin : il s’agit des zones Pont-Audemer Solde migratoire
d’emploi de PONT-AUDEMER et du Bernay
PAYS DE BRAY. Ces deux territoires, fai- Verneuil-sur-Avre
blement peuplés et à dominante rurale,
Vernon
ont en commun d’avoir enregistré les
Gisors
plus fortes progressions d’emploi entre
Rouen
1990 et 1999 (presque +7% dans les
Dieppedeux cas) et d’avoir retrouvé un solde mi-
Le Havregratoire positif sur la même période.
Le secteur de Pont-Audemer, notam- Lillebonne
ment grâce à une accessibilité renforcée Evreux
(A13, A29, A131, Pont de Normandie), a
-0,6 -0,4 -0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4
enregistré le 3e excédent migratoire des
treize zones d’emploi de la région ; cette Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unité : %
Note de lecture : le taux d’évolution moyen annuel global du Pays de Bray (+0,21%) est dû pour 0,06% au solde naturel et pour 0,15% au solde migratoire.
tendance s’est surtout manifestée dans
le canton de Beuzeville. L’orientation fa- senté comme un territoire en TAUX DE VARIATION ANNUEL MOYEN DE L’EMPLOI
vorable de l’emploi correspond à une déclin économique et démo- 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1975-1999
réelle résistance de l’industrie («seule- Pays de Bray -0,4 -0,6 0,7 -0,1graphique. Il faut d’abord
ValléedelaBresle 0,2 -0,1 0,0 0,0
ment» -7% entre 1990 et 1999), à une souligner que le recul impor- Fécamp -0,7 -0,4 -0,1 -0,4
Pont-Audemer 0,3 -0,1 0,7 0,3croissance notable du secteur de la tant de l’emploi enregistré Bernay -0,2 -1,2 -0,2 -0,6
construction, en recul dans toutes les Verneuil-sur-Avre 0,3 0,5 -0,7 0,0jusque dans les années 80
Vernon 0,1 1,2 0,2 0,5autres zones d’emploi, mais aussi à une était dû pour une large part Gisors 0,2 0,2 0,3 0,2
Rouen 0,1 0,0 0,2 0,1bonne tenue du secteur tertiaire. Malgré au déclin de l’emploi dans
Dieppe -0,6 1,2 -0,3 0,1
cette évolution économique favorable, le Le Havre -0,1 -0,5 0,2 -0,1l’agriculture, activité particu-
Lillebonne 0,6 0,8 0,2 0,5chômage s’est accru de façon assez im- lièrement importante sur ce Évreux 1,2 1,3 0,4 0,9
portante (même s’il reste à un niveau re- Haute-Normandie 0,1 0,1 0,2 0,1territoire. Mais surtout, la
lativement modéré) : d’une part, les créa- Source : INSEE - Recensements de la population Unité : %«santé» du pays s’est nette-
tions d’emploi ont «profité» de façon ment améliorée au cours des
substantielle à des actifs résidant dans années 90. Sur le plan démographique, tivité. Si le Pays de Bray reste, avec Ver-
les zones voisines ; d’autre part, les nou- d’abord, le solde migratoire est redevenu neuil-sur-Avre, la zone d’emploi la plus
veaux arrivants sont venus gonfler la po- légèrement positif (il est négatif dans âgée de la région, le «frémissement mi-
pulation active locale. neuf zones sur treize) après plusieurs gratoire» (sensible surtout dans le
Jusqu’à un passé relativement décennies de déficit. La mise en service canton de Saint-Saëns) permet d’envisa-
récent, le Pays de Bray était souvent pré- de l’A28 a contribué à ce regain d’attrac- ger un rajeunissement relatif de la popu-
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 32 - Février 2004
IGN - INSEE 2004INDICATEURS SUR LES MIGRATIONS ALTERNANTESlation dans les années à venir. Dans le en matière d’emploi, s’ac-
Proportion des Proportion des
domaine économique, la croissance de croître régulièrement. Nombre emplois actifs occupés
d’emplois par occupés par travaillant horsl’emploi dans la décennie 90 est d’autant Toutefois, si ces territoi-
actif occupé des entrants de la zone
plus notable qu’elle a fait suite à plu- res ont des «histoires» com- Pays de Bray 1,00 27,6 27,9
ValléedelaBresle 1,07 31,4 26,8sieurs décennies de recul important. Elle parables sur longue période,
Fécamp 0,83 15,3 29,8
Pont-Audemer 0,85 19,5 31,4s’explique à la fois par une forte crois- leurs évolutions récentes les
Bernay 0,86 16,9 28,7
sance du secteur tertiaire mais aussi par différencient sensiblement. Verneuil-sur-Avre 1,04 27,2 24,3
Vernon 0,86 22,6 33,7une augmentation des emplois indus- Evreux connaît encore, dans
Gisors 0,73 27,4 46,7
triels (seule zone d’emploi dans ce cas). la dernière décennie, un réel Rouen 0,98 8,0 9,5
Dieppe 0,98 12,7 14,2
Les créations d’emplois profitent large- dynamisme de l’emploi (sur- Le Havre 1,02 11,2 9,4
Lillebonne 1,03 35,6 33,8ment à des actifs «extérieurs» au pays tout grâce au secteur ter-
Évreux 0,93 19,0 24,9
(les personnes habitant dans la zone tiaire) et conserve ainsi son
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unités : indice,%
d’emploi de Rouen et travaillant dans le statut de véritable pôle
Pays de Bray ont beaucoup augmenté). d’emploi de dimension régionale. A celle qui a perdu le plus d’emplois depuis
Le chômage augmente très peu pour l’opposé, la zone de Gisors, avec une po- 1975 dans la région (-12,5%), surtout en
autant (il reste au niveau le plus faible pulation qui croît plus vite, crée nette- raison du faible développement du sec-
des zones de la région) grâce à des en- ment moins d’emplois sur longue période teur tertiaire et du poids élevé de l’agri-
trées de jeunes moins nombreuses et accentue ainsi régulièrement sa posi- culture dans l’emploi. Durant les années
qu’ailleurs sur le marché du travail. tion de zone plutôt résidentielle (un actif 90, le secteur des services s’est montré
sur deux travaille maintenant en dehors plus dynamique mais l’économie locale a
de la zone d’emploi). La zone de Vernon souffert des difficultés importantes d’une
DES DYNAMIQUES DIFFÉRENTES présente, elle, une situation intermé- industrie fortement représentée.
AUX MARGES DE L’ILE-DE-FRANCE diaire. Son développement a reposé, Fécamp est la deuxième zone
jusqu’au début des années 90, à la fois d’emploi de la région en matière de
Trois autres zones d’emploi présen- sur son attractivité résidentielle et sur pertes d’emplois sur le dernier quart de
tent un dynamisme certain mais sur plus son dynamisme économique. Depuis siècle (plus de 40% des effectifs indus-
longue période. Il s’agit des zones 1990, elle continue d’accueillir de nou- triels ont disparu). Sur la dernière dé-
d’emploi d’EVREUX, de VERNON et de veaux actifs mais crée beaucoup moins cennie, les difficultés économiques ont
GISORS, lesquelles constituent la d’emplois, glissant ainsi d’une double vo- été assez généralisées : elles ont touché
façade francilienne de la Haute-Nor- cation économique et résidentielle vers la pêche, l’industrie, la construction,
mandie. Toutes trois ont connu un déve- un statut plutôt résidentiel. tandis que les créations d’emplois tertiai-
loppement très important depuis une res sont restées limitées.
trentaine d’années, tant en matière dé- La zone d’emploi de Dieppe comptait
mographique qu’économique. Elles ont QUATRE ZONES À LA RECHERCHE à peu près autant d’emplois en 1999
aussi en commun la jeunesse de leur po- D’UN NOUVEL ÉLAN qu’en 1975. Cette apparente stabilité re-
pulation, résultat des nombreuses arri- couvre en fait des périodes bien différen-
vées de jeunes ménages, souvent d’ori- A l’opposé des zones de la façade ciées. Dieppe a vécu de grosses difficul-
gine francilienne, et un solde naturel très francilienne, quatre zones d’emploi se tés dans les années 70, liées à
positif (beaucoup plus de naissances caractérisent par un faible développe- d’importantes restructurations économi-
que de décès). Chacune des trois zones ment économique et démographique sur ques (construction navale, industrie tex-
voit également la dépendance de ses ha- les trois dernières décennies : ce sont tile…), avant de connaître une décennie
bitants à l’égard de la région parisienne, celles de BERNAY, FECAMP, DIEPPE et 80 beaucoup plus favorable (à la fois
de la VALLEE DE LA dans l’industrie et dans le tertiaire). Les
BRESLE (les deux premières années 90 se sont de nouveau placéesSTRUCTURE PAR ÂGE DE LA POPULATION EN 1999
Moins De 20 De 40 De 60 citées connaissant toutefois sous le signe du recul de l’emploi, le très
de 20 à39 à59 à74 75 ans
une situation nettement plus faible dynamisme du tertiaire ne com-ans ans ans ans et plus
Pays de Bray 24,4 26,0 24,1 16,1 9,4 difficile que les deux autres). pensant pas les pertes enregistrées
ValléedelaBresle 24,5 26,7 25,8 14,6 8,4
Sur la décennie 90, ces dans les autres secteurs.Fécamp 26,4 26,5 25,4 13,8 7,9
Pont-Audemer 25,2 26,0 26,4 14,5 7,9 quatre secteurs géographi- La Vallée de la Bresle constitue un
Bernay 24,7 24,9 26,5 15,6 8,3
Verneuil-sur-Avre 23,9 25,4 24,8 16,4 9,5 ques se caractérisent par un cas un peu particulier. Son économie
Vernon 29,0 27,0 26,9 11,4 5,7
recul de l’emploi (certes très se caractérise par une très grande sta-Gisors 28,1 26,9 25,7 12,6 6,7
Rouen 26,3 29,3 25,8 12,1 6,5 limité pour la Vallée de la bilité dans le temps, pas très favorable
Dieppe 25,7 26,4 25,9 14,1 7,9
Bresle) et par une croissance en soi, mais qui peut être interprétéeLe Havre 27,4 27,6 25,8 12,4 6,8
Lillebonne 27,4 26,8 26,3 13,1 6,4 démographique faible, voire comme une «performance» pour une
Évreux 27,8 28,1 26,5 11,5 6,1
négative. zone dans laquelle quatre emplois surHaute-Normandie 26,6 28,0 25,9 12,6 6,9
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : % La zone de Bernay est dix relèvent de l’industrie (c’est de loin
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 32 - Février 2004 3est, après Evreux, la zone d’emploiSTRUCTURE DE L’EMPLOI PAR SECTEUR AU 31 DÉCEMBRE 2001
haut-normande qui a, en proportion, créé
Pays de Bray le plus d’emplois (bonne tenue de l’in-
ValléedelaBresle
dustrie, forte poussée du secteur ter-
Fécamp
tiaire). Depuis 1990, les effectifs n’aug-
Pont-Audemer
mentent qu’à un rythme modéré,
Bernay
comparable à la moyenne régionale : le
Verneuil-sur-Avre
secteur tertiaire reste bien orienté maisVernon
l’industrie perd plus d’emplois qu’ailleurs.Gisors
Parallèlement, la croissance démogra-Rouen
Dieppe phique s’est elle aussi fortement ralentie.
Le Havre De ce fait, le chômage a assez peu aug-
Lillebonne menté et reste à un niveau modéré.
Evreux La zone d’emploi de Ver-
020 4060 80 100 neuil-sur-Avre a connu une dégradation
plus marquée de sa situation écono-Agriculture Industrie Construction Commerce Services
mique. Alors qu’elle figurait parmi les
Source : INSEE - Estimations d’emploi (provisoires) Unité : % cinq zones les plus créatrices d’emploi
durant les années 70 et 80, elle est
passée «bonne dernière» selon le mêmebreux départs d’actifs) ; il s’accroît plusla proportion la plus élevée de toutes
critère entre 1990 et 1999 (-6%, soit 700sensiblement à Fécamp et à Bernay.les zones de la région). A côté de cette
emplois perdus), annulant ainsi les créa-bonne résistance de l’industrie locale
tions d’emplois obtenues depuis 1975.(particulièrement le verre et les autres
L’économie locale a en effet connu d’im-activités de cette filière), on remarque LILLEBONNE ET VERNEUIL
portantes difficultés à la fois dans laégalement la bonne tenue du secteur EN PERTE DE VITESSE
construction et dans l’industrie, dont lestertiaire et ce, malgré une population
répercussions sont d’autant plus impor-Les zones d’emploi de LILLEBONNEqui diminue.
tantes que la composante industrielle yet de VERNEUIL-sur-AVRE ont vécu uneDans chacun de ces quatre territoi-
est très marquée. La bonne vigueur dudécennie 90 nettement moins favorableres, le faible dynamisme de l’emploi se
secteur tertiaire, initialement peu repré-que les précédentes. Dans les années 70traduit par une augmentation relative-
senté, n’a pas suffi à compenser les lour-et 80, elles figuraient parmi les zones lesment importante du nombre d’actifs tra-
des pertes du secteur secondaire. Cetteplus créatrices d’emplois de Haute-Nor-vaillant en dehors de leur zone d’emploi.
croissance des services, la plus rapidemandie. Au cours de la décennie sui-Les conséquences sur le chômage sont
des treize zones de la région, est à rap-vante, on a créé beaucoup moins d’em-moins directes : il augmente peu à
procher du regain d’attractivité résiden-plois à Lillebonne et Verneuil a enregistréDieppe (mais reste élevé) et dans la
tielle du territoire sur la dernière dé-un net repli.vallée de la Bresle, zones où la pression
cennie (notamment à l’égard desSur la période 1975-1990, Lillebonnedémographique est la plus faible (nom-
personnes de plus de 60 ans) et des «re-
tombées» de l’installation de Center
TAUX DE CHÔMAGE AU 30 SEPTEMBRE 2003
Parcs. Les difficultés économiques loca-
Pays de Bray les se sont traduites par une augmenta-
Gisors tion sensible du nombre d’actifs travail-
Verneuil-sur-Avre lant en dehors de la zone mais aussi et
Evreux surtout par une très forte augmentation
Lillebonne du chômage : Verneuil est maintenant
ValléedelaBresle
loin de la place enviée de taux de chô-
Vernon
mage le plus faible de la région, place
Bernay
qu’elle a occupé jusqu’au début des
Pont-Audemer
années 90.
Haute-Normandie
Rouen
Dieppe
ROUEN ET LE HAVRE
Fécamp
MANQUENT DE RESSORTLe Havre
02 4 6 810 12 14
Les deux zones d’emploi les plus im-
Sources : INSEE - ANPE Unité : % portantes de la région, celles de ROUEN
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 32 - Février 2004et du HAVRE, ont en commun leur faible LES INSCRIPTIONS ÉLECTORALES 1999 EN HAUTE-NORMANDIE
développement économique sur les der-
nières décennies. Depuis 1975, le L’inscription est surtout liée à l’âge
nombre d’emplois n’a que très légère-
Sandrine ROCHELLEment augmenté dans la zone de Rouen
et faiblement diminué dans celle du
POPULATION DE 18 ANS ET PLUSL’inscription ou non sur les listesHavre. Cela étant, les deux zones se dis-
INSCRITE SUR LES LISTES ÉLECTORALES
tinguent nettement quant aux causes de électorales dépend En 1999 En 2002
ce faible développement de l’emploi. Moins de 25 ans 53,5 76,1essentiellement de l’âge des
25à29ans 80,0 82,4Rouen a subi une désindustrialisation
30à34ans 83,8 85,3individus. Ainsi, les plus jeunes,
très marquée : c’est, après Fécamp, la 35à39ans 86,7 89,4
40à44ans 89,9 90,9se sentant peu concernés, nezone qui a connu la baisse des effectifs
45à49ans 92,3 91,3
50à54ans 94,1 95,2industriels la plus marquée depuis 1975. sont guère plus de la moitié à
55à59ans 93,8 94,6
L’industrie havraise, en revanche, a 60à64ans 95,5 96,3être inscrits. Les femmes sont
65à69ans 98,0 96,9mieux résisté mais c’est le secteur ter-
70à74ans 95,7 96,7plus souvent inscrites que les
tiaire qui, sur longue période, peine à se 75à79ans 93,6 94,2
80 ans et plus 93,4 93,6hommes, tout comme les cadresdévelopper (20% de croissance des em-
Ensemble 84,2 89,4
plois entre 1975 et 1999, la plus faible ou les commerçants sont plus
Source : INSEE - Enquête participation électorale 2002 Unité : %
des zones de la région). souvent inscrits que les ouvriers
ou les chômeurs. Les situations dentielles et législatives ; le taux d’ins-
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI TOTAL
précaires sont défavorables auxPAR SECTEUR D’ACTIVITÉ DE 1990 À 1999 cription sur les listes électorales était
Primaire Secondaire Tertiaire Ensemble alors de près de 90% de la population deinscriptions sur les listes
Pays de Bray -31,9 2,6 22,3 6,7 plus de 18 ans, du même ordre qu’au
ValléedelaBresle -31,6 -9,4 20,5 -0,2 électorales.
Fécamp -42,3 -24,6 17,7 -1,2 niveau national. Ainsi, entre les deux pé-
Pont-Audemer -28,9 -0,1 18,9 6,9
riodes, près d’un tiers des non inscrits enBernay -31,2 -16,7 18,3 -2,2
n 1999, la Haute-NormandieVerneuil-sur-Avre -41,8 -26,2 23,0 -6,1 1999 étaient inscrits sur les listes électo-
Vernon -30,4 -13,7 16,5 1,5 Ecompte près de 1 300 000 rési- rales en 2002.Gisors -34,8 -7,3 13,9 3,0
dents de plus de 18 ans et seulementRouen -32,7 -14,9 10,6 1,4
Dieppe -37,8 -11,5 7,0 -2,9 84,2% d’entre eux sont inscrits sur les
Le Havre -34,8 -9,1 9,0 1,7
listes électorales. Ce taux d’inscriptionLillebonne -30,5 -14,1 19,0 2,0 SEULEMENT UN JEUNE SUR DEUX
Évreux -26,8 -19,3 19,7 3,7 relativement faible s’explique en partie
EST INSCRITHaute-Normandie -33,1 -12,9 12,5 1,6
parce que l’année 1999 n’a connu qu’une
Source : INSEE - Recensements de la population Unité : %
élection, probablement jugée d’un faible
L’âge semble être la variable détermi-
enjeu : les européennes. Les “nouveaux
nante quant au taux d’inscription des in-
inscrits potentiels” ont sans douteSur le plan démographique, les deux dividus. Le taux d’inscription est ainsi
manqué de motivation pour s’inscrire ef-territoires profitent de la jeunesse de leur croissant avec l’âge, le respect des insti-
fectivement. Par contre, l’année 2002 apopulation pour dégager un excédent na- tutions aidant mais aussi, tout simple-
connu deux élections majeures, prési-turel significatif. En revanche, la balance ment, l’occasion renouvelée de s’inscrire
migratoire est déficitaire dans les deux au fil des ans. De plus, les jeunes adultes
cas, surtout au Havre qui parvient tout et notamment les étudiants sont très mo-L’INSCRIPTION SUR LES LISTES
juste à stabiliser sa population entre ÉLECTORALES biles et déménagent souvent. Pour eux,
1990 et 1999. La pression démogra- l’inscription sur les listes électorales n’estL’Insee est chargé de tenir à jour un fichier gé-
phique sur le marché du travail est donc néral des électeurs en vue du contrôle de la pas une priorité d’autant qu’ils ne restent
régularité des inscriptions sur les listes élec-faible et le chômage, ainsi, augmente pas souvent dans une même commune.
torales. Chaque électeur, suite à une dé-
peu (mais il reste à un niveau élevé, sur- marche volontaire, y est inscrit avec sa date et Ils feront moins l’effort de s’inscrire et de
son lieu de naissance ainsi que sa situationtout au Havre). On notera pour finir que, se réinscrire après un changement de
électorale.
malgré leur faible dynamisme, les deux lieu de résidence, tout au moins pasProgressivement, le recensement automa-
tique des jeunes adultes à 17 ans dans leurprincipaux pôles économiques haut-nor- avant une certaine stabilité profession-
commune de résidence (démarche obligatoire
mands voient leur influence sur le reste nelle et/ou familiale.pour passer les épreuves du baccalauréat, le
du territoire augmenter : le nombre permis de conduire…) modifiera le mode Parmi la population des plus de 18
d’inscription.d’actifs venant travailler de l’extérieur ans, le taux d’inscription augmente
A partir de l’échantillon démographique per-
augmente plus vite que le nombre de jusqu’à la cinquantaine et reste sensible-manent (base d’étude de l’Insee regroupant
des données socio-démographiques sur unsortants. Cette tendance à «l’étalement» ment identique par la suite pour se situer
échantillon au 1/100 de la population fran-
de l’influence des principaux pôles ur- autour de 95%. Cependant, au-delà deçaise), les caractéristiques de plus de 12 300
Haut-Normands ont été analysées et notam-bains s’observe de façon plus générale 75 ans, ce taux diminue légèrement. A
ment leur inscription sur les listes électorales.
sur l’ensemble du territoire national titre d’exemple, alors que les moins de 25
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 32 - Février 2004 5

SOCIÉTÉ