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Un regard sur les spécialisations de l'Alsace

De
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Entre 1993 et 1998, l'industrie alsacienne s'est positionnée sur des secteurs dynamiques et créateurs d'emplois. Parallèlement à ce mouvement de spécialisation, l'industrie s'est désengagée de certains secteurs en récession. Le tertiaire s'est beaucoup développé en Alsace. Les services liés à la production ont notamment profité du dynamisme de l'industrie régionale. Néanmoins, la dynamique de spécialisation dans le tertiaire est moins forte.
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ÉCONOMIE
Un regard sur les
spécialisations de l'Alsace Fin 1998, plus de la moitié des sala-
riés de l’industrie alsacienne sont em-
ployés dans des secteurs à forte
croissance de l’emploi.
Le quart des salariés alsaciens du ter-
de spécialisation sur des secteurs tiaire sont employés dans des sec-Entre 1993 et 1998,
teurs créateurs d’emploi.dynamiques.l’industrie alsacienne
s’est positionnée
Une industrie
sur des secteurs dynamiques spécialisée sur des
et créateurs d’emplois. secteurs porteurs
Parallèlement à
Entre 1993 et 1998, l’industrie alsa- plus sollicités par les constructeurs
ce mouvement
cienne s’est positionnée sur des automobiles pour concevoir et réa-
de spécialisation, l’industrie secteurs porteurs. Plus de la moitié liser des pièces techniques. La né-
s’est désengagée de certains des salariés de l’industrie alsa- cessité de respecter des délais de
cienne sont employés, en 1998, fabrication très courts et la proximi-secteurs en récession.
dans des secteurs à forte crois- té de grands constructeurs établisLe tertiaire s’est beaucoup
sance de l’emploi. La spécialisation en Alsace et en Franche-Comté
développé en Alsace.
régionale s’est notamment ren- (Peugeot) et dans les régions alle-
Les services liés à la forcée dans la fabrication d’équipe- mandes voisines (Daimler-Benz en
production ont notamment ments automobiles, d’équipements Rhénanie-Palatinat, par exemple)
mécaniques, de matériel électrique ont concouru au développementprofité du dynamisme
et dans la transformation des ma- rapide de l’activité de fabricationde l’industrie régionale.
tières plastiques. d’équipements automobiles au
Néanmoins, la dynamique de
Centrée autour de PSA Peugeot cours de la dernière décennie. De
spécialisation dans le tertiaire Citroën à Mulhouse-Sausheim et nombreuses créations de postes
est moins forte. General Motors Powertrain à salariés sont intervenues en
Strasbourg, l’industrie automobile Alsace:+22%en cinq ans. Deux
Fin 1998, l’industrie employait le est un employeur important dans la zones d’emploi ont particulière-
quart des salariés du secteur privé région. La construction automobile, ment profité du dynamisme des
en Alsace et produisait 28 % de la seule, n’apparaît pas comme un équipementiers : Strasbourg, avec
valeur ajoutée régionale (21 % en secteur particulièrement porteur l’implantation fin 1998 de Delphi
moyenne nationale). Les perfor- sur la période 1993-1998. Cepen- Automotive Systems France, et
mances de l’industrie alsacienne dant, depuis 1998, les effectifs ont Guebwiller où est localisé Behr
sont, en partie, liées à la grande bien progressé, notamment chez France.
diversité des activités implantées Peugeot, principal employeur in- La bonne tenue de l’industrie auto-
dans la région. Seules l'Île-de- dustriel de la région. De plus, cette mobile a entraîné l’essor de la plas-
France et Rhône-Alpes offrent une activité génère de nombreux em- turgie alsacienne : les effectifs ont
aussi large palette d’activités. Tou- plois dans d’autres secteurs ou ac- progressé de 14 % en cinq ans. De
tefois, ces performances sont éga- tivités connexes. En particulier, les plus, quelques grands établisse-
lement le résultat d’un mouvement équipementiers sont de plus en ments des secteurs du bâtiment et
7Chiffres pour l'Alsace · revue n° 5 · octobre 2001 INSEEÉCONOMIE
Principaux* secteurs industriels en Alsace
selon l'évolution de l'emploi et la dynamique de spécialisation
Évolution de l'emploi
Secteurs à forte croissance Secteurs à faible croissance
Dynamique de de l'emploi de l'emploi
spécialisation
Renforcement de la spécialisation Équipements automobiles Chimie minérale mécaniques
Machines d'usage général
Autres machines d'usage spécifique
Transformation des matières plastiques
Matériel électrique
Meubles
Produits céramiques et matériaux de
construction
Produits textiles
Parachimie
Acquisition de la spécialisation Appareils d'émission et de transmission
Réduction de la non-spécialisation Industrie pharmaceutique
Fabrication de composants électroniques
Diminution de la spécialisation Moteurs, génératrices et transformateurs Construction automobile
électriques Machines agricoles
Articles en papier ou en carton
Industrie des boissons
Filature et tissage
Pâte à papier, papier-carton
Chimie organique
Production de métaux non ferreux
Perte de la spécialisation Fab. d'éléments en métal pour la construction
Accentuation de la Édition, imprimerie, reproduction Industrie des viandes
non-spécialisation Services industriels du travail des métaux Chaudronnerie, réservoirs métalliques et
chaudières
Travail du bois et fabrication d'articles en bois
Habillement-fourrures
Cuir et chaussure
Récupération
de la métallurgie ont réorienté compagné en Alsace d’un désenga- ploi ont enregistré un net recul de
leurs activités en faveur de la plas- gement de secteurs en récession. l’emploi dans ce secteur : Mulhouse
turgie comme, par exemple, Sotra- Fin 1998, le tiers des effectifs sala- avec un recul de 27 % en cinq ans, et
lentz dans la zone de Sa- riés alsaciens était employé dans Thann-Cernay avec - 38 %.
verne-Sarre-Union. Cette zone a des secteurs en phase d’ajuste- En Alsace, un seul secteur apparaît
ainsi enregistré une hausse consé- ment structurel par rapport à 1993. en phase d’adaptation lente : la
quente des effectifs employés dans Certains d’entre eux ont connu chimie minérale. Les effectifs ont di-
la transformation des matières plas- d’importantes restructurations ac- minué, entre 1993 et 1998, de 8 %
tiques (+ 26 %), mais une baisse compagnées de fortes réductions dans la région et de 13 % au niveau
dans la métallurgie. La zone de d’emplois : filature et tissage, fabri- national. La spécificité alsacienne
Saint-Louis où sont installés SES cation d’éléments en métal pour la s’est donc renforcée dans ce sec-
Sterling, Unisto et Bubendorff et construction, chimie organique, ha- teur, qui ne représente que 1 % des
celle de Haguenau-Niederbronn où billement… La filature et le tissage effectifs salariés de l’industrie alsa-
se trouve la Société industrielle restent des spécialités alsaciennes. cienne. Il n’emploie un nombre si-
Johnson Controls-Roth, figurent Cependant, comme dans d’autres gnificatif de salariés que dans trois
parmi celles qui ont le plus profité de activités du textile soumises à une zones d’emploi : celles de Thann-
la vitalité de la plasturgie. forte concurrence internationale, Cernay, Mulhouse et Saint-Louis.
Le mouvement de spécialisation les effectifs salariés ont diminué de Le développement de l’industrie
sur des secteurs porteurs s’est ac- 22 % en cinq ans. Deux zones d’em- alsacienne apparaît modeste dans
8 INSEE Chiffres pour l'Alsace · revue n° 5 · octobre 2001
Sources : Insee - Assedic au 31/12/1993 et au 31/12/1998La dynamique de spécialisation d’une région
Méthodologie ÉCONOMIE
ette analyse reprend la méthodologie développée par le Credoc pour étudierC la dynamique de spécialisation d’une région.
1 - Deux indicateurs sont utilisés : la dynamique de spécialisation et la croissance rela-
tive de l’emploi.
La dynamique de spécialisation
Le degré de spécialisation d’une région dans un secteur d’activité, en référence à la
structure nationale, s’estime par le ratio :
Part du secteur dans l’emploi salarié de la région
Part duié de France
Ratio>1:le secteur considéré est, en termes d’emplois salariés, davantage repré-
seulement trois activités porteusessenté dans la région étudiée qu’il ne l’est au niveau national, d’où une relative spéciali-
sation. d’emplois. Parmi elles, les services
Ratio<1:le secteur considéré est, en termes d’emplois salariés, moins bien repré- industriels du travail des métaux
senté dans la région qu’il ne l’est au niveau national. ont enregistré une progression,
La dynamique de spécialisation est donnée par le sens de variation du ratio entre le entre 1993 et 1998, de 9 % en
début de la période d’étude (fin 1993) et la fin de celle-ci (fin 1998). Un indice de spéci-
Alsace mais de 12 % en France.ficité qui augmente sur la période est le signe d’un mouvement de spécialisation. A l’in-
verse, s’il diminue, cela peut signifier que la spécialisation recule ou que la non-spé- Certaines zones d’emploi ont ce-
cialisation dans le secteur augmente.
pendant profité de la hausse du
La croissance relative de l’emploi
nombre de salariés employés dans
Un secteur est dit “à forte croissance de l’emploi” si son taux de croissance est supé-
cette activité : notamment Mul-rieur ou égal à la croissance moyenne de tous les secteurs présents dans la région. Il
est dit “à faible de l’emploi” dans le cas contraire. house mais également Haguenau-
2 - Pour un secteur et une région donnés, on croise les indicateurs de dynamique de Niederbronn, Molsheim-Schirmeck
spécialisation et de croissance relative de l’emploi. Un secteur peut ainsi être placé
et Sélestat-Sainte-Marie-aux-Mines.dans une, et une seule, des cases du tableau ci-dessous :
Toutefois, dans ces trois dernières
zones, les effectifs concernés res-
Croissance relative de l'emploi Secteur à forte Secteur à faible tent plutôt faibles.
croissance de l'emploi croissance de l'emploiDynamique de spécialisation
Renforcement de la spécialisation Spécialisation opportune Adaptation lente Dans le tertiaire,
Acquisition de la développement
Réduction de la non-spécialisation des services liés
Diminution de la spécialisation Réaction tardive Ajustement structurel
à la productionPerte de spécialisation
Accentuation de la non-spécialisation
Entre 1993 et 1998, le tertiaire
s’est beaucoup développé en
Les diverses activités peuvent être classées dans quatre catégories de dynamique.
Alsace. L’emploi salarié a aug-
Spécialisation opportune : les activités qui comptent parmi les plus génératrices
menté de 16 % dans la région etd’emplois, sont bien implantées dans la région et se développent.
Adaptation lente : dans certains secteurs, l’emploi diminue moins qu’au niveau natio- de 14 % en moyenne dans l’Hexa-
nal ou y croît davantage, alors que le secteur est peu porteur. La spécialisation régio-
gone. Les services liés à la pro-nale semble ainsi se renforcer.
Réaction tardive : des activités au fort potentiel de création d’emplois se développent duction - commerce de gros,
lentement dans la région.
transports et services aux entre-
Ajustement structurel : dans des secteurs peu porteurs, souvent pour des raisons
structurelles, l’emploi s’ajuste rapidement dans la région et son poids dans le secteur prises - ont notamment profité du
national diminue. dynamisme de l’industrie régio-
Une « bonne spécialisation » se manifeste par la concentration des secteurs sur la nale. Néanmoins, comparés à la
première diagonale (de couleur verte) du tableau ci-dessus. Elle traduit le fait que le
moyenne nationale, certains sec-tissu productif s’est développé sur des marchés porteurs et que les ressources em-
ployées dans des secteurs peu dynamiques ont pu être redéployées vers d’autres sec- teurs tertiaires porteurs apparais-
teurs plus performants. sent rester en deçà de leur poten-
tiel de développement.Source et champ
L’étude porte sur la période allant du 31 décembre 1993 au 31 décembre 1998 en Fin 1998, le quart des salariés al-
France métropolitaine (hors Corse) et sur le champ d’activités couvert par les fichiers saciens du tertiaire sont employés
ASSEDIC qui ont été retravaillés par la Direction régionale de l’Insee Lorraine.
dans des secteurs à "spécialisationL’affiliation au régime d’assurance chômage est obligatoire pour tout établissement du
secteur privé industriel et commercial employant au moins un salarié (secteur mar- opportune" : hôtellerie-restaura-
chand). Sont exclus notamment : une partie du secteur public à caractère industriel et
tion, promotion et gestion immobi-commercial (SNCF, RATP, Air France...), les Mines de Potasse d’Alsace ainsi que les
salariés des exploitations et coopératives agricoles, des caisses mutuelles et des en- lière, publicité et études de mar-
treprises commerciales relevant du secteur agricole.
ché, location sans opérateur. Dans
Les activités industrielles retenues appartiennent aux secteurs des industries agrico-
les et alimentaires, des industries des biens de consommation, de l’industrie automo-
bile, des industries des biens d’équipement et des industries des biens intermédiaires.
Les activités tertiaires relèvent des secteurs du commerce, des transports, des activi-
tés financières, des activités immobilières, des services aux entreprises (hors postes
et télécommunications, recherche et développement) et des services aux particuliers
(hors services personnels et domestiques).
9Chiffres pour l'Alsace · revue n° 5 · octobre 2001 INSEEÉCONOMIE
Principaux* secteurs tertiaires en Alsace
selon l'évolution de l'emploi et la dynamique de spécialisation
Évolution de l'emploi
Secteurs à forte croissance Secteurs à faible croissance
Dynamique de de l'emploi de l'emploi
spécialisation
Renforcement de la spécialisation Hôtels et restaurants Commerce de gros, intermédiaires
Magasins d'alimentation, spécialisés ou non
Acquisition de la Sécurité, nettoyage et services divers
aux entreprises
Réduction de la non-spécialisation Manutention, entreposage, Assurance
gestion d'infrastructures
Promotion, gestion immobilière
Activités récréatives, culturelles et sportives
(hors activités audiovisuelles)
Publicité et études de marché
Diminution de la spécialisation Sélection et fourniture de personnel (intérim) Transport routier de voyageurs
Grandes surfaces à prédominance alimentaire Organisation du transport de fret
Intermédiation financière
Perte de la spécialisation Autres commerces de détail, en magasin
ou non, et réparations
Accentuation de la Activités informatiques Architecture, ingéniérie, contrôle
non-spécialisation Administration d'entreprises
l’activité de sécurité, nettoyage et l’Alsace renforce son poids au ni- la progression des effectifs a at-
services divers aux entreprises veau national : le commerce de teint 60 %, au lieu de 36 % en
(secrétariat et traduction, organisa- gros, les magasins d’alimentation Alsace et de 52 % en moyenne
tion de foires et salons, etc.), les ef- et l’assurance. Le commerce de nationale. La zone d’emploi de
fectifs salariés ont augmenté de gros est une spécialité régionale Strasbourg regroupe sept salariés
28 %, soit 8 points de plus qu’en fortement liée à l’industrie. Le des activités informatiques sur dix,
moyenne nationale, renforçant ain- nombre de salariés y a progressé notamment grâce à de nombreux
si une spécialité de la région. Les de 10 % en cinq ans, soit 7 points établissements de réalisation de
zones de Strasbourg, Mulhouse et de plus qu’en moyenne nationale. logiciels et de conseil en systèmes
Colmar concentrent 88 % des em- Fin 1998, ce secteur regroupait informatiques. Dans la sélection et
plois de cette activité, notamment 15 % des effectifs du tertiaire privé fourniture de personnel, qui com-
grâce à des établissements alsacien, dont la moitié dans la prend des établissements de tra-
comme Securitas France ou la zone d’emploi de Strasbourg où vail temporaire, le nombre de pos-
Technique française du nettoyage. est implantée l’entreprise Würth tes a progressé moins vite en
Les activités tertiaires classées en France, spécialisée dans le com- Alsace (+ 73 % au lieu de + 89 %
"ajustement structurel" regroupent merce de gros de quincaillerie. dans l’Hexagone). Cette activité
près du tiers des salariés alsaciens. Enfin, six secteurs du tertiaire, très reste cependant une spécificité ré-
L’emploi progresse peu au niveau riches en créations d’emplois, se gionale importante. Hormis la zone
régional, voire même régresse sont moins développés qu’au ni- d’emploi de Saverne-Sarre-Union,
dans l’intermédiation financière, les veau national, en particulier les toutes les autres, surtout celles de
transports aériens ou la gestion im- activités informatiques, la sélec- Guebwiller et Haguenau-Nieder-
mobilière. Dans cette dernière acti- tion et fourniture de personnel. bronn, ont profité du dynamisme
vité, les effectifs ont diminué de Les activités informatiques sont de l’intérim.
moitié sur la période. Toutes les zo- bien implantées en Île-de-France,
nes d’emploi ont été touchées. qui concentre près de six salariés
Delphine LÉGLISEPour trois secteurs, pourtant relati- du secteur sur dix. De plus, dans
vement peu créateurs d’emplois, cette région, entre 1993 et 1998,
10 INSEE Chiffres pour l'Alsace · revue n° 5 · octobre 2001
Sources : Insee - Assedic au 31/12/1993 et au 31/12/1998