BAC-L-2017-PHILO-SUJET-3-CORRIGE
2 pages
Français
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

BAC-L-2017-PHILO-SUJET-3-CORRIGE

Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
2 pages
Français

Description

avec Corrigés bac 2017 Bac 2017 PHILOSOPHIE Série L SUJET 3 – EXPLICATION DE TEXTE Rousseau,Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes Enjeu du texte : Pourquoi nous est‐il difficile d’être heureux, pourquoi souffrons‐nous de tant de maux ? On pourrait penser que cela vient denotre natured’êtres désirants qui ne peuvent parvenir à combler tous leurs désirs. Dans cette hypothèse, nous ne serions pas constitués pour être heureux, étant conscients et donc incapables de demeurer comme l’animal attaché « au piquet de l’instant », étant dévorés par le Vouloir‐vivre selon Schopenhauer, ou dominés par notre Ça selon Freud. En somme, on pourrait penser qu’il n’était pas inscrit dans le plan de la Création que nous soyons heureux et que « la vie » est «un assez mauvais présent» (ligne3). Mais Rousseau, lui, soutient dans ce texte la thèse adverse en liant notre malheur à notre statut d’« homme Civil » (ligne 5) et à un éloignement de la « bienfaisante nature », de « l’homme Naturel » que nous étions, avant l’entrée dans la culture, dans l’état civil. Nous serions donc les maîtres d’œuvre de nos souffrances, et Rousseau va exposer comment et pourquoi nous mettons en place les conditions de notre malheur.

Informations

Publié par
Publié le 15 juin 2017
Nombre de lectures 4 762
Langue Français

Exrait

avec
Corrigés bac 2017
Bac 2017 PHILOSOPHIE Série L SUJET 3 – EXPLICATION DE TEXTE Rousseau,Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommesEnjeu du texte : Pourquoi nous est‐il difficile d’être heureux, pourquoi souffrons‐nous de tant de maux ? On pourrait penser que cela vient denotre natured’êtres désirants qui ne peuvent parvenir à combler tous leurs désirs. Dans cette hypothèse, nous ne serions pas constitués pour être heureux, étant conscients et donc incapables de demeurer comme l’animal attaché « au piquet de l’instant », étant dévorés par le Vouloir‐vivre selon Schopenhauer, ou dominés par notre Ça selon Freud. En somme, on pourrait penser qu’il n’était pas inscrit dans le plan de la Création que nous soyons heureux et que « la vie » est « un assez mauvais présent » (ligne 3). Mais Rousseau, lui, soutient dans ce texte la thèse adverse en liant notre malheur à notre statut d’« homme Civil » (ligne 5) et à un éloignement de la « bienfaisante nature », de « l’homme Naturel » que nous étions, avant l’entrée dans la culture, dans l’état civil. Nous serions donc les maîtres d’œuvre de nos souffrances, et Rousseau va exposer comment et pourquoi nous mettons en place les conditions de notre malheur. Ce texte est donc une invitation à interroger la thèse rousseauiste de la culture comme dénaturation de l’homme, mais aussi les conditions de notre bonheur comme celles d’un état civil qui permette à l’homme d’assurer son épanouissement (possible par nature pour Rousseau mais non réalisé, l’état civil ayant été associé à l’orgueil, au paraître – lignes 16‐17 – plutôt qu’à la réalisation de l’homme et de l’intérêt général). Ce texte permet donc de poser des problèmes différents, qui concernent aussi bien la question du bonheur que celle de la culture, ou celles du droit et de l’État. Structure du texte Lignes 1 à 7: Rousseau expose le bilan de Maupertuis (plus de maux que de biens, une condition humaine qui a plus de raison d’être malheureuse qu’heureuse) et présente cette condition malheureuse comme liée à la situation de l’homme en tant qu’homme civil, c’est‐à‐dire membre d’une société et d’un État. Le malheur est donc présenté comme le produit de l’entrée de l’homme dans l’histoire, la sortie de l’état de nature, état hypothétique de l’homme avant l’entrée en société. Cela permet à Rousseau d’écarter la thèse d’un malheur congénital, lié à la nature de l’homme, et d’opposer à l’« homme Civil », malheureux, l’« homme Naturel », qu’on comprend implicitement heureux. On pouvait ici interroger ce présupposé en développant la thèse d’une nature malheureuse de l’homme (désir comme manque, Freud, Schopenhauer).Donc, pour Rousseau, nous sommes les artisans de notre malheur, ce qui suggère que nous pouvons peut‐être défaire ce que nous avons fait et refaire mieux (d’oùl’enjeu du contrat social et de la réflexion politique de Rousseau). Lignes 7 à 13: Rousseau va exposer les raisons de ce malheur. Il décrit ce qu’on pourrait appeler le progrès technique et même technologique (car il lie « sciences approfondies et techniques ») comme la
1
avec
Corrigés bac 2017
domination progressive de la nature. La nature est en même temps défigurée (« rasées », « brisés »...) et humanisée, pour devenir un habitat confortable et répondre aux besoins de l’homme. Comme Rousseau interroge ensuite « les vrais avantages » de ce travail (« peine », « forces déployées »…), on peut penser qu’ici, le bilan est mitigé : Rousseau décrit à la fois une dénaturation et une humanisation, à la fois une défaite et une victoire. L’homme s’est fait « maître et possesseur de la nature » (Descartes), mais aussi « Prométhée définitivement déchaîné » (H. Jonas, qui dénonce e les dangers écologiques au XX siècle). Lignes 14 à la fin: Si Rousseau fait de la perfectibilité le propre de l’homme (par opposition à la fixité de l’instinct chez l’animal), ici c’est l’orgueil seul, le désir de paraître et d’être admiré (l’amour‐propre, différent de l’amour de soi, naît selon Rousseau de la vie en société), qui explique cette domination‐destruction de la nature. Cet orgueil s’accompagne de démesure (qui faisait que, dans l’Antiquité, on le condamnait), par opposition à la mesure de l’ordre naturel, qui devait être l’étalon des désirs, comme dans les philosophies épicurienne et stoïcienne. L’homme naturel se contente de ce qui est, de la satisfaction de ses besoins, d’être. L’homme civil aspire a ce qui n’est pas, à être ce qu’il n’est pas : il est dans leparaître, « la fureur de se distinguer », et se condamne à être insatisfait en s’éloignant desanature et delanature. Comme dit précédemment, ce texte n’incite pas nécessairement au pessimisme : si l’homme est artisan de son malheur, il peut donc aussi l’être de son bonheur. Est‐ce qu’il s’agit pour cela de revenir à l’homme naturel ? C’est ce qu’il fallait aussi interroger : l’état de nature n’est‐il pas une projection culturelle ? La culture ne peut‐elle être que dénaturation, est‐elle même dénaturation ? La nature de l’homme n’est‐elle pas d’être un être culturel ?
2
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents