Corrigé bac philo série S

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Bac 2019 Épreuve de philosophie Série S Sujet 1 : La pluralité des cultures fait‐elle obstacle à l’unité du genre humain ? Thématique et difficultés La « culture» est dans le programme l’un des« champs de problèmes »(qui regroupe l’art, le travail et la technique, la religion). Ce n’est donc pas une notion de programme à proprement parler. De plus, la question posée renvoie à des interrogations d’ordre juridique («la loi peut‐elle être internationale »),politique («n’y a‐t‐il qu’une modalité de l’humain?»), et éthique («les règles morales peuvent‐elles valoir pour tout le genre humain? »). Problématique Le sujet met en avant une contradiction entre lapluralité (il y a une multitude de cultures) et une unité (celle de l’humanité). Cette contradiction est indéniable que mais elle peut être interprétée de différentes manières. Une contradiction peut être comprise comme une opposition ou encore une tension (n’interdisantpas la coexistence de termes opposés) ou bien au contraire une exclusion, ce qui signifierait que la pluralité des cultures conduit à rejeter l’idée d’unité du genre humain. Toute la question est donc là: faut‐il renoncer à postuler ou bien à prôner l’unité du genre humain par respect pour la diversité des cultures ? Points clés à développer Donner une définition de la « culture ».

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Publié le 17 juin 2019
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Bac 2019 Épreuve de philosophie Série S Sujet 1 : La pluralité des cultures fait‐elle obstacle à l’unité du genre humain ?Thématique et difficultés La « culture» est dans le programme l’un des « champs de problèmes » (qui regroupe l’art, le travail et la technique, la religion). Ce n’est donc pas une notion de programme à proprement parler. De plus, la question posée renvoie à des interrogations d’ordre juridique (« la loi peut‐elle être internationale »), politique (« n’y a‐t‐il qu’une modalité de l’humain? »), et éthique (« les règles morales peuvent‐elles valoir pour tout le genre humain? »).ProblématiqueLe sujet met en avant une contradiction entre la pluralité (il y a une multitude de cultures) et une unité (celle de l’humanité). Cette contradiction est indéniable que mais elle peut être interprétée de différentes manières. Une contradiction peut être comprise comme une opposition ou encore une tension (n’interdisant pas la coexistence de termes opposés) ou bien au contraire une exclusion, ce qui signifierait que la pluralité des cultures conduit à rejeter l’idée d’unité du genre humain. Toute la question est donc là : faut‐il renoncer à postuler ou bien à prôner l’unité du genre humain par respect pour la diversité des cultures ?Points clés à développer Donner une définition de la « culture ». Employé au pluriel, le mot « culture » signifie : un ensemble de constructions imaginaires, de systèmes symboliques et de structures mentales qui différencient les communautés, les groupes et les nations. La notion d’ « obstacle » doit être prise en compte. Un obstacle au sens physique peut être soit franchi, soit contourné. Un obstacle au sens figuré peut aussi être un élément positif qui nous stimule et nous enrichit. La diversité des langues n’est pas un mal (un inconvénient) pour l’humanité. Elle est aussi un immense bénéfice, une ressource inestimable pour l’intelligence et la civilisation. Le « genre humain» : l’expression implique l’unité. Il n’y a pas plusieurs genres ni plusieurs espèces ni plusieurs races humaines. Unité : ce mot doit être compris comme unicité (il n’y en a qu’un) mais non pas comme uniformité. Regrouper dans une seule catégorie, un « genre », nous pouvons néanmoins être différents par certains aspects (notre histoire, nos traditions, etc. ») Plan possible : I. La pluralité des cultures semble faire obstacle à l’unité du genre humain. Du fait de leurs histoires, de leurs langues, de leurs traditions, les différentes nations ont le droit d’être respectées dans leurs différences. II. Pourtant l’unité du genre humain ne peut être mise en cause. Cela aurait des conséquences effroyables. Les hommes de différentes cultures seraient condamnés à s’ignorer, à se mépriser, voire à se combattre — c’est ce à quoi conduit une forme extrême de relativisme. III. L’humanisme (mouvement qui pose la valeur et la dignité inaliénable de tout homme en tant qu’homme) ne nie pas la pluralité des cultures, bien au contraire. Il est possible d’affirmer l’unité du genre humain, autrement dit la capacité pour tous les hommes de
partager certaines valeurs fondamentales, tout en reconnaissant l’irréductibilité ou même l’incommensurabilité des cultures entre elles. Astuces et références Évoquer le mythe de la tour de Babel. Faire observer que le fait de parler plusieurs langues n’est pas un obstacle pour l’intelligence, tout au contraire. De façon générale la connaissance des autres traditions, des autres religions, bien loin de nous brider et de nous déstabiliser, nous éclaire et nous rend plus tolérants. Pièges à éviter: le relativisme qui préfigure le racisme (« il y a plusieurs humanité dans L’humanité »). Sujet 2 : Reconnaître ses devoirs, est‐ce renoncer à sa liberté ? Thématiques Le devoir et la liberté sont deux notions du programme. Difficulté Le sujet suggère qu’il existe des devoirs objectifs, ou impératifs, auxquels on devrait se soumettre. Ce point doit être interrogé. Problématique Il y a une opposition apparente entre « reconnaître ses devoirs » (se soumettre à quelque chose qui ne dépend pas de nous) et être libres. Mais la liberté est‐ce l’indépendance ? Points clés à développer Mes devoirs ? Qui peut dire quels sont mes devoirs ? Avons‐nous tous les mêmes devoirs ? Dans ce cas qui les fixe ? Existe‐t‐il une autorité qui établit les devoirs de tous ? Ces devoirs sont‐ils civiques (propres à chaque cité ? Ou bien moraux (qui concernent le genre humain dans son ensemble ? Ou bien propres à certaines catégories des populations (devoirs professionnels, devoirs familiaux) ? La liberté ? On la confond souvent avec l’indépendance : ne dépendre de rien ni de personne. Mais une telle conception de la liberté et puérile. Plan possible I.en apparence. Telle est la conviction de l’enfant. Les devoirs imposés par les adultes Oui restreignent aou même interdisent la liberté (faire ce qu’on envie de faire). Nos devoirs sont ressentis, même plus tard, comme nuisant à notre liberté. II.car la liberté commence par l’acceptation des contraintes liées à la vie en société : Non l’homme est un animal politique (Aristote). III.Être libre, ce n’est pas être indépendant, mais c’est être autonome. Je ne renonce pas à ma liberté en reconnaissant mes devoirs. Mais à condition de ne pas me soumettre à des devoirs dont je ne saisis pas le fondement ou la légitimité. Je suis seul à même de décider quels sont « mes » devoirs ou plutôt « nos » devoirs (partagés). Astuce et références Rousseau : « Il n’y a point de liberté sans loi ni où quelqu’un est au‐dessus des lois » (Lettres sur la montagne, 1764). Sartre : pour l’existentialisme, il n’y a pas de bien et de mal dans l’absolu. Chaque homme décide par lui‐même et pour lui‐même du sens qu’il entend donner à sa vie. Il appartient à chacun de décider de ses devoirs, qui ne sont pas « reconnus » mais posés en toute liberté, et dans l’angoisse.
Pièges à éviter Admettre des devoirs comme étant imposés par la société, et ceci sans discussion possible. Sujet 3 : Texte de FreudThématiqueLa science et la vérité DifficultéLe texte peut surprendre, car il associe science et incertitude. Il est préférable d'avoir eu un cours sur la science pour savoir qu’en science les vérités sont relatives et provisoires. ProblématiqueLes reproches adressés à la science – elle n'apporte pas de certitudes absolues ni définitives – sont‐ils recevables? Problèmes clés à développerOpposer science et religion. Développer l’analogie entre la géologie (qui privilégie le temps long, qui écarte les impressions hâtives et étriquées) et le point de vue scientifique. La vérité n'est ni complète ni définitive en science. Elle est même approximative. Plan:I. (jusqu’à « davantage ») Les deux reproches principaux adressés à la science. II. (jusqu’à « géologie ») La science est une discipline très récente. III. (jusqu’à la fin) Les lois scientifiques sont sans cesse remaniées, complétées, mais elles ne sont pas invalidées pour autant. CommentaireLa thèse de Freud est partagée par tous les grands épistémologues aujourd'hui. Elle était déjà énoncée par Descartes dans lesPrincipes de la philosophie(IV) ; il disait que le réel est comme une montre fermée. La science ne reproduit pas la réalité, elle se contente d'en proposer une représentation et celle‐ci ne sera jamais achevée. On retrouvera la même idée chez Bachelard ou chez Karl Popper. La vérité scientifique est provisoire et même « falsifiable » (Popper). Cette incertitude doit être reconnue et acceptée. De ce point de vue, la différence avec la religion est insurmontable mais elle est au bénéfice de la science. Intérêt du texte : Freud nous montre que ce qui peut apparaître comme une faiblesse de la science, par rapport à la religion, est tout au contraire ce qui fait sa force. La science ne prétend pas à la vérité absolue. En revanche ce qu'elle établit, elle le prouve, mais en toute humilité. Piège à éviter:Il serait dommage de passer sous silence la dernière phrase : « un noyau de connaissance presque immuable ». Ce « presque» est important : la science ne prétend pas énoncer des vérités immuables. Ce pourquoi elle ne remplace pas la religion.