Bac philo 2019: le corrigé pour les séries techno

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Bac 2019 Épreuve de philosophie Bac technologique Sujet 1 : Seul ce qui peut s’échanger a‐t‐il de la valeur ? Thématiques : La notion d’échanges étant couplée à celle de culture, elle fait partie du programme. Difficultés : Moyenne : le sujet repose sur le programme, mais implique une réflexion sur la notion de valeur. Problématique : La valeur est une notion complexe puisqu’elle désigne à la fois le prix d’un bien marchand (« combien ça vaut ? ») ou l’utilité de ce bien (« c’est un outil de grande valeur, il me sert beaucoup »), mais aussi ce qui n’a pas de prix et dépasse à ce titre le champ des échanges économiques, de ce qui peut être échangé sur le marché, c’est‐à‐dire acheté ou vendu. Dans le premier cas, la valeur est la condition de l’échange économique, dans le second cas, elle constitue un obstacle (moral) à l’échange économique. Tout peut‐il s’échanger ? Points clés à développer : 1) Si la notion d’échanges fait tout de suite penser au domaine économique (celui des échanges marchands), il ne faut pas se limiter à ce seul domaine : les humains échangent aussi des idées, des arguments, des coups, des baisers, etc. 2) Analyser la notion d’échange économique (une transaction entre deux acteurs, un acheteur et un vendeur, qui s’échangent des choses censées être équivalentes) ainsi que les conditions de possibilités de l’échange, comme le suggère l’intitulé du sujet (qu’est‐ce qui peut s’échanger ?

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Publié le 17 juin 2019
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Bac 2019 Épreuve de philosophie Bac technologique Sujet 1 : Seul ce qui peut s’échanger a‐t‐il de la valeur ? Thématiques : La notion d’échanges étant couplée à celle de culture, elle fait partie du programme. Difficultés : Moyenne : le sujet repose sur le programme, mais implique une réflexion sur la notion de valeur. Problématique : La valeur est une notion complexe puisqu’elle désigne à la fois le prix d’un bien marchand (« combien ça vaut ? ») ou l’utilité de ce bien (« c’est un outil de grande valeur, il me sert beaucoup »), mais aussi ce qui n’a pas de prix et dépasse à ce titre le champ des échanges économiques, de ce qui peut être échangé sur le marché, c’est‐à‐dire acheté ou vendu. Dans le premier cas, la valeur est la condition de l’échange économique, dans le second cas, elle constitue un obstacle (moral) à l’échange économique. Tout peut‐il s’échanger ? Points clés à développer : 1) Si la notion d’échanges fait tout de suite penser au domaine économique (celui des échanges marchands), il ne faut pas se limiter à ce seul domaine : les humains échangent aussi des idées, des arguments, des coups, des baisers, etc. 2) Analyser la notion d’échange économique (une transaction entre deux acteurs, un acheteur et un vendeur, qui s’échangent des choses censées être équivalentes) ainsi que les conditions de possibilités de l’échange, comme le suggère l’intitulé du sujet (qu’est‐ce qui peut s’échanger ?) : pour être amené à acheter quelque chose, encore faut‐il avoir besoin de cette chose ou en avoir envie. 3) Bien distinguer différents sens de la notion de valeur : la valeur d’échange, c’est‐à‐dire le prix (la question « combien ça vaut ? » revient à « combien ça coûte ? ») ; la valeur d’usage, c’est‐à‐dire l’utilité (en réponse à la question « à quoi cela sert‐il ? ») ; la valeur au sens de la qualité d’une personne ou d’une conduite (« c’est un collaborateur de grande valeur » : il a de nombreuses qualités, il est apprécié) ; les valeurs au sens des idéaux que l’on poursuit (« quelles sont les valeurs que tu défends ? »). Plan possible : I. Sur le plan économique, tout ce qui s’échange, c’est‐à‐dire fait l’objet de transactions marchandes, a une valeur au sens d’un prix en argent. Pour que l’échange ait lieu, il faut que l’acheteur en ait le besoin ou en ressente l’envie, c’est‐à‐dire qu’il ne dispose pas déjà de ce bien ou qu’il n’en ait pas suffisamment à son goût. Par conséquent, les choses qui sont accessibles en abondance pour tout le monde, dont personne ne peut donc manquer ou avoir envie, ne peuvent faire l’objet d’échange et n’ont pas de valeur économique : ainsi l’air pur tant qu’il est disponible pour tous. Seul ce qui est rare est cher, c’est‐à‐dire a de la valeur économique au sens d’un prix. II. Si ce principe est vrai dans le domaine des échanges marchands, il ne faut pas oublier que la valeur des choses ne se réfère pas seulement à leur valeur d’échange (leur valeur marchande, leur prix), mais aussi à leur valeur d’usage (leur utilité). Or, il est des choses qui n’ont pas de valeur marchande
tout en ayant une valeur d’usage immense : ainsi l’air pur justement, car il est la condition de possibilité de la vie et de la santé. Pourtant, il ne peut pas s’échanger. III. Au delà des questions économiques relatives au prix et à l’utilité des biens, on remarque que ce qui a le plus de valeur aux yeux des êtres humains, ce qui a une valeur absolue ou inappréciable (qu’on ne peut quantifier sous la forme d’un prix), c’est précisément ce qui ne peut pas s’échanger au sens marchand, c’est‐à‐dire ce qui ne peut pas s’acheter (comme l’honneur) ou ce qui est inutile mais auquel on est attaché (un cadeau d’un parent décédé, par exemple). Astuce ou référence : Penser au cynisme qui consiste à dire que tout peut s’acheter, que tout a un prix, ce qui revient à dévaloriser les plus hautes valeurs morales. Penser aussi à ce qui ne peut s’acheter : l’amitié, l’amour, etc. Pièges à éviter : Ne pas en rester au simple domaine économique. Sujet 2 : Les lois peuvent‐elles faire notre bonheur ? Thématiques : « La justice et la loi » ainsi que « le bonheur » étant les notions couplées à celle capitale de la liberté, il s’agit d’un sujet complètement articulé au cours. Difficultés : Sujet relativement facile puisqu’il ne mobilise pas de notions au‐delà du programme. Problématique : Qu’il s’agisse des lois de la nature ou des lois civiles, s’y opposer est risqué du point de vue de la quête du bonheur : dans le cas des lois de la nature, on risque de se mettre en situation d’échec, dans le cas des lois civiles, de se mettre en infraction et donc de subir les peines prévues par la loi. En ce sens, difficile d’atteindre le bonheur contre les lois. Mais les lois sont‐elles pour autant le seul vecteur du bonheur ? Points clés à développer : 1) Bien distinguer les différents types de lois : les lois de la nature (lois qui décrivent ce qui est) et les lois positives ou civiles (lois qui prescrivent ce qui doit être), et parmi ces dernières, divers types de lois positives : les lois fondamentales qui définissent les droits fondamentaux que l’État doit garantir et les « lois d’exception » qui constituent souvent des entorses aux lois fondamentales. 2) Tel qu’il est formulé, le sujet suppose que les humains puissent atteindre le bonheur. Mais on peut en douter : si on définit le bonheur comme la satisfaction de tous nos désirs, comme nos désirs se caractérisent justement par le fait d’être insatiables, on ne pourra jamais atteindre le bonheur en ce sens. Plan possible: I. Pour les humains, il est impossible de vivre heureux sans édicter un ensemble de lois ou de règles prescrivant ce que l’on doit ou non faire : car l’absence de lois condamne aux conflits incessants et aux malheurs qu’ils entraînent. II. Pour autant, ces règles du vivre ensemble ne sauraient faire le bonheur des citoyens, au sens où elles en seraient la condition suffisante (qu’il suffirait de vivre sous de bonnes lois pour être heureux), car le bonheur suppose la satisfaction de désirs et de besoins divers qui n’entrent pas forcément dans le cadre de la loi : l’amour est un élément du bonheur, mais il ne peut être prescrit.
III. Quand les législateurs prétendent faire le bonheur de leurs sujets, ils outrepassent leur domaine de compétence, qui est d’assurer la justice. Or, ils doivent se contenter d’être justes et ne pas s’immiscer dans la quête du bonheur, affaire éminemment subjective et personnelle. Astuce ou référence: Penser au mythe d’Icare : il veut voler, donc transgresser la loi de la nature qui veut que les humains ne soient pas des oiseaux, mais en s’approchant du soleil, ses ailes de cire fondent et il s’écrase au sol. Pièges à éviter: Ne pas négliger le caractère subjectif et fluctuant des conceptions du bonheur. Sujet 3 : texte de Montaigne Thématiques : La vérité, la raison et la croyance. Difficulté : Texte difficile, écrit en ancien français. Problématique : Est‐il possible d’atteindre la vérité, au sens de propositions qui fassent l’objet d’un accord unanime de la part de tout le monde, ou du moins de la part des savants qui se disent en quête de vérité ? Ou sommes‐nous condamnés au règne de l’opinion et, le cas échéant, que faut‐il en conclure quant à notre manière d’aborder les débats d’idées ? Ne faut‐il pas faire preuve d’humilité, en étant à l’écoute des autres et de nos propres faiblesses, plutôt que d’obstination arrogante ? Points clés à développer : Non seulement les opinions sont diverses, au sens où chacun a son opinion, mais nous changeons également souvent d’opinion (la diversité des opinions est également en nous). Et malgré tout, nous prétendons toujours atteindre la vérité, par manque d’humilité et de réflexivité (nous oublions que nous changeons d’opinion). La prise de conscience de cette diversité des opinions et de cette prétention à la vérité doit nous conduire vers une éthique de la discussion fondée sur l’humilité et l’écoute des autres et de soi. Plan du texte : I. Premier paragraphe : le fait que toute question fasse objet de débat suggère que nos jugements ne sont pas fondés sur une capacité naturelle et universelle à saisir la vérité objective. II. Second paragraphe : il n’y a rien qui puisse être dit évident, au sens d’une proposition que personne ne pourrait mettre en doute. III. En dépit du fait que nos opinions sont fluctuantes, nous défendons chacune de nos opinions avec opiniâtreté, comme s’il s’agissait de la vérité objective. Commentaire : Si le texte de Montaigne est un éloge de la modestie sceptique consistant à ne jamais oublier que nous ne sommes pas infaillibles, que nous sommes sujets à l’erreur et qu’il nous faut donc faire preuve de tolérance à l’égard des autres opinions que les nôtres (et donc à l’égard d’autrui), on peut se demander si un tel scepticisme ne va pas trop loin. Car nous avons des moyens (logiques, scientifiques, etc.) de trouver certaines vérités et de condamner certaines opinions comme irrémédiablement fausses. Le fait qu’aucune question ne fasse l’unanimité ne doit pas nous faire
renoncer à l’idée de vérité, car les raisons d’être en désaccord ne sont pas toutes également valables. Astuce ou référence : Penser à la notion d’opiniâtreté, qui dérive de la notion d’opinion pour définir la manière particulière dont on défend nos opinions : avec entêtement, obstination et arrogance. Pièges à éviter : Ne pas déduire de la diversité des opinions l’impossibilité de la vérité.