Baccalauréat Philosophie 2016 série L sujet 2 corrigé
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Corrigé : Baccalauréat 2016 – Philosophie – série L Sujet 2 : Le désir est-il par nature illimité ? Problématisation possible : Voilà un sujet assez classique sur la nature du désir avec différents niveaux de problématisation possibles. On peut aisément constater que d’un côté on désire toujours ceci ou cela (donc un objet en apparence délimité) mais que, d’un autre côté, nous avons des désirs multiples et que nous allons sans cesse de désir en désir sans pouvoir atteindre cet état de plénitude ou de satiété, que certains appellent le bonheur, mais POURQUOI ? Est-ceun effet de culture(société de consommation, désir mimétique) ou est-ce inscritdans la nature mêmedu désir ? Quel est donc l’objet du désir, quel objet expliquerait cette illimitation? La distinction entreun(et des désirs) et désirledésir pouvait de plus inviter à s’interroger sur l’extension de cette illimitation : est-elle propre à certains désirs ou à tout désir? N’y a-t-il pas des désirs qui peuvent être limités et comblés, ou des objets qui sont plus aptes à combler le désir que d’autres ? On pouvait enfin s’interroger surla nature de cette illimitation.Est-elle absence de limites ou de délimitation ? L’illimitation des désirs viendrait-elle de la multiplicité des objets du désir ou de son absence d’objet définiqui pourrait faire que nous nous égarons dans des désirs, dès lors multiples car insatisfaisables et insatisfaisants?

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Publié le 15 juin 2016
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Langue Français

Exrait

Corrigé : Baccalauréat 2016 – Philosophie – série L Sujet 2 :Le désir est-il par nature illimité ?
Problématisation possible :
Voilà un sujet assez classique sur la nature du désir avec différents niveaux de problématisation possibles. On peut aisément constater que d’un côté on désire toujours ceci ou cela (donc un objet en apparence délimité) mais que, d’un autre côté, nous avons des désirs multiples et que nous allons sans cesse de désir en désir sans pouvoir atteindre cet état de plénitude ou de satiété, que certains appellent le bonheur, mais POURQUOI ? Est-ceun effet de culture(société de consommation, désir mimétique) ou est-ce inscritdans la nature mêmedu désir ? Quel est donc l’objet du désir, quel objet expliquerait cette illimitation ? La distinction entreun(et des désirs) et désir ledésir pouvait de plus inviter à s’interroger sur l’extension de cette illimitation : est-elle propre à certains désirs ou à tout désir ? N’y a-t-il pas des désirs qui peuvent être limités et comblés, ou des objets qui sont plus aptes à combler le désir que d’autres ? On pouvait enfin s’interroger surla nature de cette illimitation.Est-elle absence de limites ou de délimitation ? L’illimitation des désirs viendrait-elle de la multiplicité des objets du désir ou de son absence d’objet défini qui pourrait faire que nous nous égarons dans des désirs, dès lors multiples car insatisfaisables et insatisfaisants ? On pouvait donc se demander si cette illimitation est propre au désir, à tout désir ou n’est que l’effet de notre ignorance de l’objet, de la force du désir ou de nous-même ?
Plan possible :
I.
L’illimitation de nos désirs ne semble pas être propre au désir
Un désir est un appétit avec conscience qui nous pousse à tendre vers un état, une personne ou un objet que nous nous sommes représenté. Il porte donc sur un « objet » précis et délimité ; l’addition d’objets définis ne donne pas une somme infinie, illimitée chez un être à la connaissance, à l’imagination limitée.
Le caractère illimité de nos désirs semble être lié à la vie en société (qui conduit à la « fureur de se distinguer », à se différencier et par là à courir après la moindre différence, à nourrir de nouveaux désirs à la différence de l’homme à l’état de nature qui se contenterait de peu, à en croire l’hypothèse rousseauiste et ignorerait le désir et la rivalité mimétiques analysés par René Girard), à une vie confortable (qui fait qu’on ne se contente plus de satisfactions simples, vitales et
qu’on cherche à gravir sans cesse les étages de la pyramide de Maslow) et à une société de consommation qui nous conduit à « désirer » sans cesse davantage.
On ne semble pas pouvoir généraliser cette caractéristique des désirs ni naturels ni nécessaires à tout désir (Épicure souligne que les désirs naturels et nécessaires dans les limites de la nature peuvent conduire à un plaisir stable, un état de repos)
Mais cette thèse n’a-t-elle pas des limites? Épicure ne confond-il pas désirs et besoins ? Et cette multiplication des désirs n’est-elle pas le symptôme d’un désir qui refuse la limite ou ignore par définition les limites, en particulier celle de la réalité ?
II.
Le désir comme refus et ignorance de la limite
Le désir comme refus de la finitude humaine : c’est la coupure originelle qui condamne les hommes à la finitude et au désir, selon le mythe de l’androgyne raconté par Aristophane dansLe Banquetde Platon. Le désir est alors aspiration à une plénitude perdue que seul un objet infini, absolu pourrait combler. Le désir comme manque ontologique peut alors conduire alors au supplice des Danaïdes, allégorie du Tonneau percé. On peut aussi penser ici à la poussée insatiable du Vouloir-vivre en nous selon Schopenhauer, qui ignore aussi la limite et les limites étroites du sujet que notre conscience pose en s’illusionnant.
Le désir se moque de la réalité et de ses limites. Même si on peut le distinguer de la pulsion freudienne, il a cette caractéristique commune avec elle.
L’objet du désir n’est pas l’objet poursuivi, mais le désir lui-même ; «la chasse plutôt que la prise», qui fait dès lors que nous courrons sans cesse après de nouveaux lièvres.
Mais cette association du désir à un manque incomblable est discutable. Ce vide que peut laisser le désir qui nous pousse alors à désirer encore n’est peut-être que l’effet d’une mauvaise orientation de la force qui anime le désir. On peut penser que le désir est comme pour Spinoza« un effort pour persévérer dans notre être »,que celui-ci est défini et qu’il est possible de tenir le désir dans les limites de cette définition et, par là, de cesser de courir sans cesse de désir en désir.
III.
L’illimitation des désirs n’est que la marque d’un égarement du désir
L’avoir que l’on cherche dans la satisfaction de nos « désirs matériels » ne peut combler notre être ; c’est parce qu’on se trompe donc d’objets du désir que l’on est condamné à la quantité faute de qualité.
La connaissance de soi permet de désirer en accord avec notre nature et de ne pas se perdre dans des désirs qui ne sont pas les nôtres et dont la multiplication n’est qu’un aveu de tristesse et d’impuissance selon Spinoza.
Le relatif ne peut combler cet absolu que recherche le désir ; il s’agit de gravir l’échelle des beautés pour Platon pour parvenir à combler de notre désir de beauté, de vérité.
L’indétermination première du désir ou le refus de la limite ne sont pas nécessairement synonymes d’illimitation au sein de course effrénée aux désirs. L’illimitation en ce sens-là n’est pas propre à la nature même du désir. Elle est plutôt le propre de désirs impropres à ce qu’est le désir en nous et à ce que nous sommes.
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