Baccalauréat Philosophie 2016 séries technologiques sujet 2 corrigé
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Baccalauréat Philosophie 2016 séries technologiques sujet 2 corrigé

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Corrigé : Baccalauréat 2016 Philosophie séries technologiques sujet 2 Pouvons‐nous toujours justifier nos croyances ? Justifier =donner des arguments permettant d’établir la vérité d’une affirmation, mais aussi être capable d’expliquer ses motivations (se justifier).

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Publié le 15 juin 2016
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Langue Français
Corrigé : Baccalauréat 2016 Philosophie séries technologiques sujet 2 Pouvons‐nous toujours justifier nos croyances ? Justifier = donner des arguments permettant d’établir la vérité d’une affirmation, mais aussi être capable d’expliquer ses motivations (se justifier). Croyance = adhésion subjective à un jugement, se distingue de la connaissance rationnelle étayée par des preuves/arguments. Elle peut être rapprochée de l’opinion, du préjugé. Il serait utile ici de distinguer des degrés de croyances (de la crédulité à la foi, de la croyance qui défie la raison à celle qui est utile dans la vie quotidienne) Sur quoi reposent nos croyances ? Quelles raisons avons‐nous de croire en telle ou telle chose, ces raisons sont‐elles valables ? Le sujet semble nous interroger sur la vérité de nos croyances : Savons‐ nous si ce auquel nous croyons est‐vrai ? Si oui, il ne s’agirait plus d’une croyance mais d’une connaissance. Si on comprend le sujet ainsi, la question portera sur l’adéquation entre notre discours et la réalité : Quelles preuves, arguments sommes‐nous capables d’apporter pour soutenir nos affirmations ? Mais on voit bien ici que si l’on arrive à justifier de manière rationnelle nos affirmations, on ne peut plus vraiment parler de « croyances ». Attention également au « toujours » présent dans l’énoncé qui sous‐‐entend que parfois on serait capable de justifier nos croyances et parfois non, donc qu’en fonction du type de croyance, la réponse peut être différente. Il sera plus difficile de justifier la croyance dans les fantômes (cf. les Lettres sur les spectres de Spinoza) que la croyance sur les chances de réussite au
bac (on peut raisonnablement s’appuyer sur les bons taux de réussite des années précédentes !) Une autre approche semble plus pertinente : En effet, le sujet nous interroge aussi (et d’abord) sur notre relation avec nos croyances : Quelles sont les motivations subjectives qui nous poussent à y adhérer et à les défendre ? Sommes‐nous libres de nos croyances ? Les avons‐nous simplement reçues, adoptées sans réelle réflexion personnelle ? (penser à Kant, l’idée de « minorité » intellectuelle) Si nous adhérons « comme les huîtres à leur rocher » selon la formule de Paul Valéry c’est‐à‐dire sans le moindre recul critique, alors il parait en effet difficile de pouvoir justifier nos croyances. Ou alors nous allons nous contenter de répéter un discours tenu par d’autres (ceux que Kant nomme les « tuteurs »), et nous risquons d’être incapables de répondre à la moindre objection ! Sont‐elles d’ailleurs bien « nôtres » ? Chercher à justifier nos croyances c’est aussi s’interroger sur le besoin de croire : Pourquoi croit‐on ? Qu’est‐‐ce qui justifie le fait‐même de croire ? La croyance ne trouve‐‐t‐‐elle pas son origine dans le besoin d’être rassuré, d’obtenir une réponse, de ne pas rester dans l’inconnu ? Nous ne pouvons peut‐être pas justifier c’est‐à‐dire expliquer le contenu de nos croyances car celles‐ci proviennent d’une peur de l’homme face à l’inconnu (N’importe quelle réponse plutôt que pas de réponse du tout, disait Nietzsche). En revanche nous pouvons comprendre pourquoi l’homme a besoin de croire : Peur de l’inconnu, mais aussi difficulté à admettre les réponses rationnelles d’où résistance des croyances face au savoir.