Corrigé bac 2014 - Série L - Philo - Sujet 3
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Corrigé du sujet 3 du bac 2014 de philosophie pour la série L.

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Publié le 16 juin 2014
Nombre de lectures 675
Langue Français

Exrait

CORRECTION DU BACCALAUREAT DE PHILOSOPHIE 2014
Sujets corrigés
Bac 2014
Philosophie
Série L
Sujet 3
Explication de texte :
POPPER, La Connaissance objective
Série L 4h, coefficient 7Explication de texte : Texte de POPPER, La Connaissance objective
(1972)
Ce texte a pour thème le déterminisme. Le déterminisme est le fait que tout ce qui arrive
est l’effet nécessaire d’une cause. La science pense à la nature soumise au déterminisme
et cherche à dégager les lois invariables qui lient les phénomènes. Sans déterminisme,
pas de science possible. Si ce déterminisme naturel permet de prévoir les phénomènes
naturels et d’avoir une action sur la nature, ce qui nous rassure, si on l’étend au « monde
entier » et donc à l’homme, à ses actes et pensées, il devient dérangeant et même un
« cauchemar », comme le souligne ici Popper dès son premier paragraphe. C’est
pourquoi on a tendance à penser que l’homme serait « un empire dans un empire », un
îlot de liberté dans un océan de nécessité. Popper aborde donc dans ce texte les
conséquences d’une réduction de l’homme au déterminisme, assimilé à un mécanisme.
Sa thèse est que le déterminisme nie la créativité, c’est-à-dire la possibilité de créer du
nouveau. Cette nouveauté présupposerait selon lui que le présent contienne davantage
ou autre chose que ce qui est déjà dans le passé et que ce présent ait donc une part
d’imprévisibilité, car une partie de ce présent ne serait pas le simple effet de causes
repérables dans le passé. Or selon le déterminisme, le présent n’est que la conséquence
nécessaire du passé, et ce passé connu permettrait l’anticipation de ce présent. C’est la
thèse du déterminisme universel de Laplace, si on connaissait l’état du monde dans ses
moindres détails et toutes les lois liant les phénomènes à un temps t, il serait possible de
prédire dans les moindres détails l’état du monde et de chacune de ses parties au temps
t’. Popper soutient donc que réduire l’homme au déterminisme, c’est le réduire à un
phénomène physique (la pensée à l’œuvre pour faire la conférence n’est qu’un produit
du cerveau, qui n’est lui-même que matière, corps), à de la matière, donc nier qu’il y ait
en lui une part qui échappe à la matière et à ses déterminations, qui permettrait la
liberté et la créativité. La réduction déterministe réduit l’homme à une machine
entièrement déterminée et prévisible.
Pour illustrer sa thèse exposée lignes 1 à 5 et suggérer ses conséquences
cauchemardesques, Popper prend donc deux exemples celui de la préparation de sa
conférence (lignes 6 à 16) et celui de la création artistique, musicale (lignes 17 à 29).
La est réduite à une sorte d’encéphalogramme, la main trace sur le papier ce
que le cerveau dicte, et qui aurait pu être entièrement prédit par une imagerie cérébrale,
les zones cérébrales en activité repérées ou par une connaissance des déterminismes
sociologiques et psychologiques du cerveau de Popper. Rien de neuf dans cette
conférence que ce qui était déductible de l’état du cerveau de son auteur.
Avec le second exemple Popper reprend le même schéma, avec le physicien qui pourrait
écrire un concerto de Mozart à partir de la connaissance des états physiques de son
corps, de son cerveau et des conditions de l’élaboration de l’œuvre, sur lesquelles
Popper ironise en faisant le descriptif du régime alimentaire de Mozart.
Cet exemple de la création artistique permet à Popper de souligner les conséquences du
déterminisme, à savoir la négation de la liberté, du génie artistique (associé souvent à la
capacité de s’extraire de la règle ou de donner à l’art ses règles, des règles originales car
neuves et appelées à servir de modèle, comme le soutenait Kant), de montrer aussi les
limites de l’explication scientifique déterministe avec la surdité du physicien. Comment
composer de la musique si on n’entend pas les notes ? Peut-on réduire la musique à un
processus physique ? On peut penser ici à la différence entre l’approche quantitative de la science opposée à l’approche qualitative de l’art, du corps, de la sensation, qui est
perdue dans une réduction physicaliste. Cette expérience de pensée proposée par
Popper peut être mise en parallèle avec celle de Jackson, Ce que Marie ne savait pas,
cette physicienne spécialiste de la couleur enfermée dans une chambre noire, qui
découvre les couleurs. Il y a autre chose dans la vue, dans l’expérience d’une couleur
que dans sa mise en équation. C’est le problème des qualia.

Ce texte posait donc le problème de la réduction de l’action, de la volonté et de la
pensée humaines à des phénomènes physiques régis par des lois. Il invitait donc à
penser sinon les limites du déterminisme, du moins ses conséquences. Popper par les
exemples choisis et par l’ironie des dernières lignes semble souligner les limites d’un tel
réductionnisme. On pouvait n’y voir que la confirmation de l’idée que la difficulté de
prévoir les actions et volontés humaines n’est que ce qui contribue à entretenir l’illusion
d’un libre-arbitre (on pouvait penser ici aux critiques de Schopenhauer ou de Spinoza)
ou à l’inverse ce qui atteste de l’impossibilité de réduire l’homme à la matière, à des
processus physiques. L’homme est soit un être qui n’accepte le déterminisme que pour
ses avantages et le rejette pour ses inconvénients, ce qui n’est pas possible selon Russell
par exemple, soit un être qui y échappe car conscient, pensant mais s’y réfugie quand il
ne veut assumer la responsabilité qui en découle. C’est sans doute cette alternative
qu’il s’agissait de souligner pour faire apparaître la dimension problématique de
ce texte, dans la partie critique.