Corrigé bac 2014 - Séries techno - Philo - Sujet  3 Explication de texte
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CORRIGES DU BACCALAUREAT DE PHILOSOPHIE 2014 Séries technologiques Explication de texte

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Publié le 16 juin 2014
Nombre de lectures 4 513
Langue Français

Exrait

CORRECTION DU BACCALAUREAT DE PHILOSOPHIE 2014
Séries technologiques
Explication de texte : Plton, Gorgias (autour de 387 av. J.-C.)
1. Dans ce texte Platon met en scène Socrate à propos d'une discussion sur la justice. Socrate explique
à son interlocuteur bienveillant, Polos, quel est le lien entre l'injustice et le malheur. C'est en
réfléchissant sur des cas particuliers d'hommes injustes que Socrate veut montrer que celui qui vit
dans l'injustice n'a pas le pouvoir de satisfaire tous ses désirs sans avoir de compte à rendre à
personne. Ainsi, vivre de manière injuste ne peut pas rendre heureux, ou du moins est-ce une illusion
de bonheur dans laquelle vit le tyran, l'homme cruel ou tous ceux qui disposent du pouvoir. Pour
persuader son interlocuteur, Socrate utilise plusieurs arguments :
Dans un premier temps, il examine le cas d'un homme qui se livre au débordement de ses passions
sans encourir aucune punition ("...les plus puissants."). Puis Socrate utilise une analogie entre l'homme
injuste et l'homme malade pour montrer que l'injustice à ceci de paradoxal qu'elle ne relève d'aucune
justification et évite tout traitement qui atténuerait son immoralité (..."tout à fait."). Enfin Socrate
explique à Polos que ce qui fonde l'injustice et l'illusion du bonheur qui l'accompagne est l'ignorance
de ce qu'est la justice véritable, en particulier ce qu'elle a d'utile et de préférable à la santé même du
corps.
2. Explication d'expressions du texte
• Celui "qui garde son injustice au lieu d'en être délivré est le plus malheureux de tous". Par cette
phrase Socrate affirme le lien fondamental entre justice et bonheur en prenant à l'inverse le cas d'un
homme persuadé, tel un tyran, d'avoir tous les pouvoirs et d'être heureux. Socrate prend l'exemple
du tyran Archélaos que Polos, nous dit-on, avait cité. Comme tout tyran, c'est un homme qui prétend
concentrer tous les pouvoirs entre ses mains et faire régner l'ordre par la force, la violence ou
l'intimidation. Il s'agit pour cet homme non seulement de prendre le pouvoir de manière injuste,
c'est-à-dire illégitime, mais surtout de le "garder". Car l'injustice est alors relative à la fois à celui qui
la commet mais elle est aussi relative dans le temps. S'il y a une sorte de logique entre injustice et
malheur c'est parce que l'homme injuste doit vivre sans cesse dans l'injustice au risque de se voir
renverser par d'autres hommes plus injustes que lui ou de perdre tous ses pouvoirs par l'usure du
temps. N'y a-t-il pas plus faible qu'un tyran sans cesse menacé par des punitions ou un
renversement de sa situation ?
• L'homme injuste est semblable à un malade pour plusieurs raisons. La première est évoquée par
Socrate comme le silence que le malade pourrait garder relativement à des maux très graves vis à
vis de son médecin. Cela signifie que l'homme injuste ne reconnaît pas ses propres injustices
lorsqu'il les commet en toute impunité. L'homme fait comme si tous ses crimes pouvaient
être masqués aux yeux des citoyens dans la mesure où il se croit tout permis sans avoir de compte à
rendre à personne. D'autre part, la comparaison de l'injustice avec la maladie s'explique par le fait
que le remède est parfois pire que le mal et se soigner de l'injustice reviendrait alors à souffrir
davantage que de faire souffrir. L'âme de l'homme injuste est enfin comparée au corps de l'homme
malade qui refuserait ce qui le soigne et en même temps le fait souffrir. C'est le fameux pharmakon,
qui peut se traduire par le poison et le remède, la drogue qui soigne et guérit de manière
paradoxale. Enfin, un dernier argument qui justifie la comparaison de l'homme malade et de
l'homme injuste est celui de l'ignorance qui conduit l'un à ne pas reconnaître la valeur de la santé,
l'autre à ne pas savoir ce qu'est la justice véritable.

3. Socrate cherchait durant toute sa vie non pas à échapper à l'injustice mais à ne pas la commettre. Il
nous explique qu'il est pire de la commettre que de la subir car le fait d'un homme injuste est de vivre
dans le malheur. Certes, s'il cherche à garder son injustice, s'il ne veut pas en être débarrassé, c'est pour masquer sa propre faiblesse qui est de ne pas toujours être assuré de rester le plus fort. Si
l'homme injuste est malheureux, n'est-ce pas parce que ce qui fonde son injustice est une force toute
relative et que le seul motif de vouloir persister dans ses cruautés est la crainte de la punition ? Il faut
alors se demander qu'est-ce qui fonde l'injustice de telle sorte que l'homme le plus malheureux
persiste dans cet état et ignore quels avantages lui donnerait une vie saine c'est à dire juste.
I. Celui qui vit dans l'injustice et cherche à échapper à la punition est-il heureux ?
- Vivre dans l'injustice signifie vivre de manière débridée, faire ce que l'on veut, assouvir tous ces
désirs. C'est l'exemple de Calliclès, ce sophiste qui dans le dialogue de Platon Gorgias fait l'apologie
de la force, de la violence au nom de la loi de la nature. Il faudrait alors s'assurer d'être toujours le
plus fort, d'avoir toujours raison.
- Vivre dans l'injustice, c'est vivre comme un tonneau percé, c'est à dire ne jamais être satisfait, ne pas
pouvoir assouvir toutes ses passions qui renaissent sans cesse. Or cet homme tyrannique qui fait ce
qu'il désire cherche sans cesse de nouvelles satisfactions
- Celui qui vit dans l'injustice doit à la fois s'excuser de ses crimes, justifier, fut-ce de manière
secondaire, toutes ses actions aux yeux de ceux qui les subissent. Il vit aussi dans la crainte d'être
renversé par plus faible que lui.
II. Celui qui vit dans l'injustice est le plus malheureux
- La difficulté du bonheur en tant qu'absolu est de ne pas s'effectuer de manière arbitraire et partielle.
Socrate ne dit pas que l'homme qui vit dans l'injustice est malheureux mais c'est le plus malheureux
des hommes. Est-ce à dire que le bonheur comme la justice soit relatif à celui qui l'exerce et que
l'homme injuste fonde son bonheur sur une illusion ?
- En effet l'homme injuste se croit heureux, il croit en un bonheur absolu et durable alors que ce
dernier est relatif, il croit librement échapper à la punition tant qu'il peut éviter toutes les sanctions
qui renverserait son pouvoir tyrannique.
- L'homme injuste est condamnable non seulement par les sanctions mais surtout par la morale. Ce
qui est pire que la punition est la dénonciation du caractère illégitime de l'injustice.
III. Le bonheur ne dépend pas de l'injustice.
- Le d'un homme dépend de son honnêteté et du respect de la justice, car l'homme injuste
serait amené à exterminer toute l'humanité afin de faire régner l'intolérable. Un homme ne peut pas
en effet être heureux s'il pratique l'injustice puisque son bien supposerait alors le mal d'autrui.
- Serait plus celui qui accroît son pouvoir d'agir plutôt que celui qui reste prisonnier de ses
caprices arbitraires et de ses volontés égoïstes. L'homme ainsi caractérisé par ses seuls désirs ne
peut pas représenter la vie la meilleure dont les hommes, êtres de raison, soient capables.
- Pour trouver le bonheur, l'homme ne doit pas agir par intérêt mais par devoir car être heureux est
une question de vertu morale et non de puissance toujours relative à celui qui l'exerce et qui vit
dans la crainte de la punition et de la destitution de ses pouvoirs.
Se demander si l'homme injuste est le plus malheureux des hommes c'est affirmer en négatif un lien
entre justice et bonheur. Or ce que l'on exige de l'ordre juridique est qu'il assure l'harmonie sociale,
maintienne la mais en nous éloignant de cette loi de la nature appelée loi du plus fort. Or l'homme
contrevient parfois à cette justice au sens juridique, il brave tous les interdits et s'exposant lui même à
des sanctions ou en toute impunité se livre à des souffrances qui le privé de tout bonheur. Il suffirait
donc pour se rendre heureux de ne pas causer le malheur d'autrui, de ne pas se donner les remords
d'une conscience immorale ni vivre dans la crainte de sanctions, bref, ce serait une vie raisonnée, faite
de moralité qui pourrait conduire au bonheur.

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