Corrigé Bac général 2015 : français série S-ES

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Corrigé Bac général 2015 : français série S-ES

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Publié le 19 juin 2015
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Langue Français
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C OR RIG EOF F IC IELNO N D ES EP REUV E S A NT I C IP EES D E F RA NÇ A IS B A C C A L A UR EA T 20 1 5 – SER I ES S et ES . 1 – Qu e st io n d e co r p u s. A) rappel des principes.  La question de corpus porte sur les trois textes proposés. Il faut donc bien répondre à la question en évoquant les trois textes : chacun d’eux doit être cité au moins une fois.  Structurer sa réponse : intro, développement (deux ou trois parties), conclusion.  Ne pas entrer dans le détail d’un commentaire, mais expliciter les grandes idées.  Eviter les plans du genre « premier texte, second texte, troisième texte », mais parler des textes ensemble, en essayant plutôt de trouver en quoi ils sont similaires (1ere partie) puis en quoi ils sont différents (2eme partie), ou l’inverse.  Appuyer ses affirmations par des citations du ou des textes concernés.  Eviter de parler de « Texte A », « Texte B », « texte C »… B) Pistes de réponse. Les trois textes évoquent la mort, de façons fort différentes. Ce sont trois textes de théâtre, qui par conséquent évoquent la mort à travers la parole et, dans une moindre mesure, par la mise en scène. Ce sont aussi trois monologues, dans lesquels l’image de la mort se déploie graduellement. Mais ce sont des évocations de différentes natures. Le texte de Racine nous raconte, par la bouche d’un témoin, la mort dramatique d’un jeune homme, Hippolyte, qui lutte contre elle et la refuse (« Le Ciel m’arrache… »). En mourant, il affirme son innocence (« …une innocente vie. »), comme s’il cherchait à se justifier, à laisser une trace ou à rétablir un malentendu avant de disparaître. Le texte de Ionesco est celui d’une femme qui guide un homme vers la mort, qui l’accompagne et le rassure. C’est un texte de mort acceptée, consentie, presque libératrice (»crains pas « Ne ,« Abandonne-moi »,« C’était une agitation bien inutile »). Enfin, le dernier extrait nous livre le monologue d’un homme qui, au moment de mourir, ressent l’amer regret de n’avoir pas su ou pu aller au bout de son destin ou de son désir, qui« disparaît avec sa soif ».…/…
2 – C o m m e n t a ir e co m p o sé . L’introduction peut situer le texte (pièce écrite en 2002 par un auteur né en 1972, donc de trente ans). Elle prend pour personnage le célèbre conquérant de l’Antiquité, Alexandre le Grand, qui s’adresse ici à la mort qui vient (NB : Alexandre est mort à 33 ans, à peu près l’âge où l’auteur écrit sa pièce…). Quelques problématiques possibles :  Un monologue poétique : -texte en vers libre de longueurs diverses, sans rimes, -mais des jeux de style tels que parallélismes (vers 2 et 3), anaphores (« Je suis… »), métaphores et comparaisons (« ce feu qui me ronge »,« nu comme au sortir de ma mère »…) -et surtout cette évocation étrange dubleu de« tigre l’Euphrate »qui symbolise l’esprit de conquête ou la recherche d’un idéal, quelque chose comme le Graal du roi Arthur.  Un bilan amer : -Alexandre, dans ce monologue, fait le bilan de son existence en comparant les efforts déployés et les résultats atteints ; -ce bilan se fait par un jeu d’oppositions : « mourir seul »,« sans ami »par opposition à sa situation o royale ; « souvenir de conquête »oppose la réalité de la victoire à o l’aspect fugace et insaisissable du« souvenir »; « trésors »et« victoires »s’opposent à« nu »o -mais aussi par l’affirmation de l’inutilité de sa quête et par le constat de son échec :« j’ai failli »,« pas osé »,« il ne reste plus rien » Une mort acceptée : -la mort, dans ce texte, n’apparaît pas comme une ennemie, mais au contraire comme une sorte de confidente compréhensive. Cela se manifeste par : le fait que le personnage s’adresse directement à elle et o en la tutoyant ; qu’il lui fasse des confidences (failli »« j’ai ,« je n’ai pas o osé ») ; qu’il se présente à elle sans crainte,« nu comme au sortir o de ma mère »; qu’il lui demande sa compréhension (« pleure sur moi »). o -Cette mort ne semble pas crainte ni rejetée par Alexandre, mais acceptée, consentie :
il parle de sa mort avec simplicité et sans peur :« Je vais o mourir »,« A l’instant de mourir »,« je serai bientôt l’une de ces millions d’ombres »; il évoque le séjour des morts sans rancœur ni angoisse o particulières (« tes souterrains sans lumière ») ; il imagine que, même après sa mort, il continuera de se o rappeler son existence terrestre (« mon âme, longtemps encore, sera secouée du souffle du cheval ») et cela lui est une sorte de consolation par rapport au regret de n’avoir pu accomplir ce qu’il rêvait. En conclusion : Au delà du personnage d’Alexandre, ce texte évoque un sentiment qui peut saisir tout homme à l’instant de mourir : le sentiment de n’avoir pas fini son « travail », de n’avoir pas accompli ce qu’il voulait, de»« disparaître avec sa soif . Un texte, en somme, de portée universelle. 3 – D isse r t a t io n . L’introduction doit rappeler qu’un texte théâtral est écrit, non pour être lu, mais pour être joué, c’est à dire traduit par une mise en scène et par des jeux d’acteurs. C’est donc un problème d’interprétation : cette mise en scène ajoute-t-elle quelque chose au texte, peut-elle renforcer l’émotion qu’il suscite ? Quelques pistes…  L’émotion suscitée par le texte peut être de différents registres : pathétique (comme dans l’extrait de Racine) mais aussi comique (comme dans les comédies de Molière ou de Beaumarchais), étrange (comme dans le théâtre de l’Absurde), etc. Ne pas se limiter à la seule émotion dramatique.  Certaines scènes peuvent nécessiter d’être jouées pour donner toute leur force : c’est le cas par exemple des scènes de comédie qui reposent sur le comique de situation ou sur le comique de geste (la scène du sac dansLes Fourberies de Scapin, par exemple, qui requiert un jeu d’acteur avec des changements de voix et d’accents pour être pleinement appréciée) ;  La mise en scène permet des effets de renforcement du texte par des moyens techniques : lumière, décor, choix d’un éventuel fond sonore…
 MAIS une mise en scène peut aussi trahir le texte par des effets trop lourds, excessifs, ou par des partis-pris en rupture avec les intentions de l’auteur (ainsi, il est arrivé à Samuel Beckett d’écrire à un metteur en scène pour le réprimander et lui demander dejouer ses pièces« faire comme elles ont été écrites ».  A l’inverse, une mise en scène peut permettre au public de mieux comprendre une pièce, lorsque la sensibilité a changé et que la force de cette pièce s’est émoussée. Par exemple, les attaques contre la religion duTartuffede Molière ne nous choquent plus guère aujourd’hui, en tout cas pas aussi fortement qu’elles ont pu choquer le public du XVIIème siècle…  On peut donc proposer un plan en deux parties : A)La mise en scène renforce l’émotion… a.lorsque la scène nécessite d’être jouée pour délivrer toute sa force ; b.lorsque le texte a perdu une partie de son pouvoir du fait de l’évolution des mentalités et des sensibilités ; c.lorsque des moyens techniques (costumes, décors, éclairages, sonorisation…) permettent d’en accentuer le caractère. B)Mais cette mise en scène peut aussi trahir le texte. a.deviennentlorsque les effets de « renforcement » excessifs (exemple : une musique qui viendrait souligner inutilement certains effets). On peut alors tomber dans le ridicule ou, si c’est voulu, dans la parodie. b.lorsque le metteur en scène cherche à tout prix l’originalité ou le spectaculaire, au point de dénaturer le texte et d’en faire un objet secondaire par rapport à « sa » mise en scène (exemple : une mise en scène dePhèdrede Racine qui va jusqu’à modifier le texte…). En conclusion, là comme ailleurs, il faut trouver le délicat équilibre entre innovation et respect de l’œuvre. C’est à cette compréhension intime du texte et à sa restitution habile, adaptée à la sensibilité du public, que l’on reconnaît un grand metteur en scène. Ecr it u r e d ’in v e n t io n .
A faire / A éviter Comme toujours dans cette épreuve, il est primordial de bien respecter les consignes données. Ici, elles sont très précises : -Il s’agit d’une lettre. Les éléments constitutifs et caractéristiques d’une lettre doivent donc apparaître : date et lieu de rédaction en haut à droite, formule d’interpellation (« Cher ami » si on imagine une relation amicale entre Ionesco et son metteur en scène, « Monsieur » ou « Madame » dans le cas contraire…), formule de politesse en fin de lettre. On signera évidemment « Eugène Ionesco » ; -la lettre doit donner des directives et préciser des intentions. Vous devrez donc, avant de vous lancer dans la rédaction, vous demander quelles sont ces intentions et ce que Ionesco a voulu montrer ou faire ressentir en écrivant ce monologue ; -La lettre doit expliquer comment jouer le rôle et le mettre en scène. Elle doit donc contenir des éléments précis faisant référence au jeu de l’actrice, à son costume, à sa position par rapport au roi et au trône, au ton qu’elle doit employer, etc. mais aussi, pourquoi pas, à des jeux d’éclairage, à un fond sonore ou musical… -c’est la lettre d’un professionnel du théâtre à un autre professionnel. Il est donc permis et même conseillé d’employer des termes techniques ou du jargon théâtral : côtés cour et jardin, les cintres, une poursuite, etc. -Enfin, la lettre doit respecter le travail du metteur en scène : Ionesco donne des indications et des éclaircissements, mais pas des ordres. On peut imaginer l’emploi de formules rappelant que le metteur en scène dispose d’une certaine liberté d’interprétation ou de création, et que Ionesco respecte cela, tout en réclamant néanmoins de ne pas être trahi par ses interprètes. ___________