Corrigé Bac général 2015 : littérature
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Corrigé Bac général 2015 : littérature

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Publié le 22 juin 2015
Nombre de lectures 31 356
Langue Français

Exrait

PISTES DE CORRECTION TERMINALES L 2H, coefficient 4
A) REMARQUES GLOBALES
BACCALAUREAT
EPREUVE
DE
LITTERATURE
Du point de vue de la forme : votre devoir doit développer les deux réponses séparément. chaque réponse contient :une brève introduction (présentation de l'œuvre et de son contexte, du sujet et annonce du plan),un développement organiségrandes et sous- en parties,une brève conclusionqui répond à la question posée.
Du point de vue de la méthode, il fallait : éviter le hors-sujet en analysant correctement la question au brouillon. justifierchaque idée parune référence précise au texteou une courte citation. ne pas paraphraser les œuvres : ne pas réciter son cours ou relater l'intrigue mais sélectionneruniquement les éléments qui répondent à la question.
Etant donné le court temps imparti, le correcteur n'attend pas un développement exhaustif de chaque question mais une analyse pertinente du sujet qui permet un développement construit et argumenté ayant recours à des exemples précis de l'oeuvre.
B) CORRECTION DETAILLEE DE LA 1ERE QUESTION (8 points)
Les scénarios d'ensemble centrent la fin du roman sur « la petite fille de Charles […] envoyée aux écoles gratuites ». Mais c'est sur le triomphe du pharmacien Homais que s'achève la version définitive de Madame Bovary. Que pensez-vous de cette modification ?
Difficultés du sujet, analyse: Le sujet porte surgenèse » de l'oeuvrela « , c'est-à-dire sa période de création comme le stipule d'emblée l'expression « Les scénarios d'ensemble ». Il s'agit d'envisager le plan d'écriture de Madame Bovary et ses modifications. Il invite donc à réfléchir surle travail de l'écrivaince qui vient réfuter l'idée d'inspiration : le roman naît de la création et de la correction : c'est un corps textuel en perpétuelle mutation jusqu'à la publication. Le danger est de raconter la fin du livre (simple paraphrase illustrative) sans réfléchir à ces notions de genèse et de travail de l'écrivain. La difficulté du sujet : il ne porte que sur la fin du roman. Toutefois, il peut être utile de faire allusion à d'autres moments du roman qui éclairent la fin. Expl : l'incipit peut servir de comparaison efficace. est surprenant pour évoquer la» : le verbe « centrer » Le terme « centrent la fin du roman fin. Il faut voir en quoi la fin change la perception de l'oeuvre entière ! Reformulation du sujet : pourquoi Flaubert a-t-il changé la fin ?
Le petit plusIl vient de recevoir laconnaître et citer exactement la dernière phrase du roman «  : croix d'honneur ».
Plan possible:
I)
UNE PREMIERE FIN AMBIVALENTE : « la petite fille de Charles envoyée aux écoles gratuites »
1) un excipit péjoratif ? contraste entre la situation du ménage au début de l'oeuvre et à la fin. Début : aisance, argent. Fin : Charles est ruiné (dépenses inconsidérées d'Emma, notamment à cause de Lheureux, le marchand de nouveauté). aux écoles gratuites » : l'expression relate donc une déchéance sociale.« envoyées L'éducation de Berthe va pâtir de la situation finale désastreuse. L'argent manque pour assurer son avenir. Le terme « envoyée » est péjoratif. Idée de sanction, de punition, de fatalité.
2) mais l'espoir reste palpable L'école reste une dernière chance pour Berthe désormais orpheline. L'avenir lointain de la fillette n'est pas révélé. Evolution ? Marge de liberté dans cette omission ?
3) une fin purement littéraire qui se borne à clore l'histoire sans autre portée (philosophique, historique, sociale) le sort des personnages principaux est réglé : Emma, Charles, Berthe. logique ». On termine là où on avait commencé : Charles entre àIl s'agit donc d'une fin « l'école dans l'incipit // Berthe à la fin. Effet de bouclage, le roman forme un tout.
II) UNE MODIFICATION PESSIMISTE ET CRITIQUE : LE TRIOMPHE D'HOMAIS
Cinq ans plus tard, Flaubert retravaille ses ébauches et décide de changer la fin. Terminer sur le triomphe d'Homais change la portée de l'oeuvre. En effet, il ne s'agit plus seulement de clore le roman en mettant un point final à l'histoire mais de faire émerger la réflexion chez le lecteur !
1) L'éloge d'une réussite sociale ? le dernier mot du récit devient « honneur » ce qui semble être connoté positivement. Homais, paradigme de la réussite sociale et du modèle bourgeois. Importance de l'argent mais aussi de la renommée au mépris des valeurs humaines incarnées par Charles.
2) Un blâme : le triomphe de l'escroc... Phrase finale lapidaire : « Il vient de recevoir la croix d'honneur ». Homais pratique illégalement la médecine : on récompense officiellement un escroc. Ironie de cette fin.
3)
Une fin à vocation de contraste Ne pas clore le roman sur la mort de Charles et l'avenir incertain de Berthe est tragique. Mais le terminer par le triomphe de l'escroc est encore plus corrosif... Le lecteur est non seulement dépité et compatissant (Emma, Charles, Berthe) mais aussi révolté (Homais). Le personnage secondaire détient le premier rôle aux dernières lignes. Effet de surprise qui
III)
désoriente le lecteur. Procédé de frustration.
UN DENOUEMENT FINAL QUI CRITIQUE LA SOCIETE
1) pessimisme littéraire : l'anti-héros le refus de l'histoire qui finit bien // souci du romancier réaliste = peindre le monde tel qu'il est sans embellissement. inversion du manichéisme du conte dans le roman de Flaubert : les bons meurent ou sont fragilisés (Charles, Berthe), les mauvais triomphent (Hommais).
2) pessimisme historique -évolution historique négative entre la phase des scénarios et la rédaction de l'oeuvre : 1852, début du Second Empire (Napoléon III). A l'image de l'Histoire, Flaubert change l'histoire et la rend également plus despotique. - l'autorité et l'ambition triomphent : le roman se durcit encore davantage avec une fin sans appel pour la société.
3) pessimisme social déterminisme du milieu qui annonce Zola : la petite Berthe ira travailler dans une fabrique à 12 ans. Le déterminisme du milieu ne lui laisse aucune chance. En même temps que la fin, Flaubert change l'incipit et instaure ce « Nous étions à l'étude » qui exclut Charles Bovary tout comme la petite Berthe sera exclue à la fin... critique du milieu bourgeois et de ses valeurs : argent et gloire. Versant péjoratif de la gloire : Homais usurpe un titre qu'il ne mérite pas. A travers Homais et le symbole officiel de la croix d'honneur », c'est toute une société que fustige Flaubert.
C) CORRECTION DETAILLEE DE LA 2E QUESTION (12 points)
Un critique a écrit : « C'est l'angoisse de la forme qui a de l'importance chez Flaubert. » Qu'en pensez-vous ? Vous fonderez votre réponse sur votre connaissance du roman Madame Bovaryet de sa genèse.
Difficultés, pièges du sujet, analyse: Le sujet porte encore sur la genèse de l'oeuvre ce qui nécessite des références aux brouillons, aux plans et aux scénarios de Flaubert. « forme »: le mot invite à s'interroger sur la façon d'écrire et de réécrire. Il faudra discuter la forme de ce roman et envisager le travail de l'écrivain comme celui d'un orfèvre ou d'un artisan : il façonne sa forme. La question du style de Flaubert est également importante : il n'écrit pas comme Balzac ou Zola. Il faudra montrer les spécificités de son écriture. Penser aux mots voisins porteurs d'idées pour ce sujet :forme – déformer – reformer ! L'expression« angoisse de la forme »peut se comprendre de deux façons. 1. la peur : Flaubert cherche à mettre en valeur le contenu (le fond) grâce à la forme. 2. L'obsession : Flaubert retravaille sans cesse et veille à la perfection de la structure de son roman. Nuancer le propos du critique : l'importance de la forme est présente mais aussi celle du style et du contenu, de la portée philosophique...
Plan possible :
I)
UN ECRIVAIN REALISTE ACHARNE : UN TRAVAIL COLOSSAL
Le roman est une forme à façonner, à créer.
1) le travail de l'écrivain réaliste représenter la réalité les enquêtes la peinture du milieu bourgeois. = finalement, c'est un travailde contenu! Pas seulement de forme ! (nuancer la citation)
2) les brouillons et les corrections rédaction laborieuse de 1851 à 1856 : confidences à Louise Collet sur la difficulté à écrire le roman. Sujet simple mais écriture complexe. conception d'un plan d'ensemble à partir d'épisodes clés : la noce, le bal, l'auberge, les comices agricoles, l'agonie. L'observation des brouillons : biffures, réécritures, flèches. Son écriture est en perpétuel mouvement. La correction est systématique. = la forme passe par la déformation constante !
3) un écrivain qui doute : l'angoisse de l'écriture la BovaryFlaubert se plaint dans ses correspondances : longues heures d'écriture, ennui (« m'ennuie », « Ce sujet bourgeois me dégoûte », « maudite idée ». L'écriture naît d'une lutte contre lui-même ! Un sujet sombre : la description de l'agonie d'Emma // recherches cliniques de Flaubert sur les effets de l'arsenic.
II) UNE STRUCTURE RIGORISTE : UNE CHARPENTE PARFAITE
La « forme » peut faire référence aux bases de la création : le plan et la structure d'une oeuvre.
1) Trois parties construites temporalité : partie 1 (4 ans), partie 2 (3 ans), partie 3 (2ans) : une décélération qui permet au lecteur d'entrer progressivement dans l'histoire et de dramatiser la fin. lieux : la deuxième partie est un pivot : l'arrivée à Yonville, le couple s'installe dans sa nouvelle vie. Partie 1 : la formation du couple. Partie 2 : la vie du couple. Partie 3 : la mort du couple.
2) Des échos, des parallèles : la recherche d'une symétrie L'image du double est omniprésente dans le roman et le structure. Expl : les deux femmes de Charles : sa mère et Emma / les deux amants d'Emma : Léon et Rodolphe / deux scènes de bal : les noces et le bal à la Vaubyessard / deux relations avec Léon : à Yonville, à Rouen. Chaque rêve d'Emma est suivi de la déception de ce rêve dans la réalité : Expl : fantasme d'un mariage parfait versus simple fête campagnarde.
III)
UN STYLE QUI NAIT DES TENSIONS
Le style, la façon d'écrire fait également référence à la perfection de la « forme ».
1) Un style réaliste différent, novateur descriptions différentes des autres romanciers. Expl : Balzac décrit par un long portrait exhaustif alors que Flaubert façonne ses personnages par touches successives, un peu comme un peintre impressionniste. Le personnage peut alors s'étoffer et évoluer au cours du roman. La psychologie de l'héroïne est complexe. Expl : Emma est tantôt : simple rêveuse, femme qui s'ennuie, femme adultère, femme fatale, femme en détresse, héroïne tragique, …
2) Un style qui naît de la tension et du doute : une écriture angoissée Flaubert se plaint dans sa correspondance de ses difficultés à trouver un style : longues heures d'écriture, ennui (« la Bovary m'ennuie », « Ce sujet bourgeois me dégoûte », « maudite idée ». L'écriture naît d'une lutte contre lui-même ! L'errance et le doute sont des facteurs importants de la genèse d'une oeuvre. Expl : le changement de la fin qui donne une portée différente à l'oeuvre.
3)
Un style unique ! L'harmonie et la recherche poétique : roman ou prose poétique ? Les scènes picturales : les Comices agricoles Le rythme ternaire L'impersonnalité
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