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maîtrise, Supérieur, Maîtrise (bac+4)
  • cours - matière potentielle : des travaux
  • redaction
  • cours - matière potentielle : creusement
  • cours - matière potentielle : réalisation
  • cours - matière potentielle : démolition
449 M TUNNELS ET ESPACE SOUTERRAIN - n°222 - Novembre/Décembre 2010 Résumé Pour le compte de la RATP et avec Xelis en tant que maître d'œuvre, le groupement d'entreprise BUSS réalise le lot T1 du prolongement de la ligne 4 du métro parisien. Ce lot comprend des travaux à ciel ouvert qui se raccordent sur les ouvrages existants du métro et des travaux en souterrain avec un passage à très faible profondeur (moins de 4,5m de couverture) sous le boulevard périphérique et des immeubles d'habitation à Montrouge.
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CHANTIERS
Extension of Paris metro line 4, workpackage T1: a variety of techniques for a complex and delicate job 458] M
Prolongement de la ligne 4 du métro
parisien, lot T1 :
des techniques variées pour un lot complexe et délicat
M
Valérie DORÉ Bernard BIZON Franck BILLON Stéphane LEROUX Lionel PETITJEAN
Solétanche - Bachy Bec Frères Solétanche - Bachy Urbaine de Travaux Bec Frères
Sollicités par TES pour présenter notre chantier dans l’article qui suit, nous avons confié le soin de sa rédaction à trois jeunes
ingénieurs qui ont participé à notre travail d’équipe ; ainsi :
- Lionel PETITJEAN, ingénieur contrat, Bec Frères, présente l’ensemble du chantier et plus spécialement les travaux à ciel ouvert,
- Franck BILLON, géologue géotechnicien, Solétanche - Bachy, présente les études techniques et les auscultations ; c’est lui
qui a également réalisé les photos illustrant cet article,
- Stéphane LEROUX, ingénieur en charge des travaux souterrains, Urbaine de Travaux, présente les particularités de ces travaux
et les difficultés rencontrées.
Nous en avons rédigé la conclusion.
Valérie DORÉ, directrice des travaux, Solétanche - Bachy
Bernard BIZON, responsable projet, Bec Frères
Résumé
Pour le compte de la RATP et avec Xelis en tant que maître d’œuvre, le groupement d’entreprise BUSS réalise
le lot T1 du prolongement de la ligne 4 du métro parisien.
Ce lot comprend des travaux à ciel ouvert qui se raccordent sur les ouvrages existants du métro et des
travaux en souterrain avec un passage à très faible profondeur (moins de 4,5m de couverture) sous le
boulevard périphérique et des immeubles d’habitation à Montrouge. Au total, 900 ml d’ouvrages souterrains
de section très diverses sont ainsi réalisés.
Trois jeunes cadres de l’équipe travaux décrivent ce chantier (en particulier le creusement du tunnel courant
en méthode Perforex de prédécoupage mécanique et prévoûtes), leur expérience pendant trois années de
travail et les résultats des auscultations, sans omettre les difficultés rencontrées.
Cet article fait suite à celui rédigé par Ch. Blouet (Xelis) qui décrivait les confortements préalables de
carrières souterraines (TES n°219).
Principaux intervenants
Préambule- S oletanche-Bachy,
Etudes exécution : BET Travaux souterrains Présentation des intervenants- entreprise du groupe VINCI.
Bec Frères
C’est Xelis, société d’ingénierie filiale de la RATP, Travaux topographiques et auscultation
La RATP, opérateur historique du métro parisien, qui assure la maîtrise d’œuvre de ce projet de automatique : MIRE SAS
agissant en tant que maître d’ouvrage, a confié au prolongement de la ligne 4. Berlinoises et pieux jointifs :
Solétanche-Bachy Pieux groupement d’entreprises BUSS, qui s’était cons - Le groupement BUSS, le maître d’œuvre Xelis et le
Terrassement à ciel ouvert et transport titué pour réaliser le projet, le soin de réaliser les maître d’ouvrage RATP ont œuvré ensemble sur ce
en décharge : Vialis travaux difficiles du lot T1 du prolongement de la projet délicat dans l’esprit des recommandations
Ferraillage béton armé : SAS ligne 4. du Groupe de Travail N°25 de l’AFTES.
Etanchéité des cadres : Eurovia
Les entreprises suivantes s’étaient ainsi regroupées La particularité de ce chantier réside aussi bien
Assistance mécanique et fabrications
sous le nom de BUSS pour répondre à l’appel d’offres : dans la diversité des techniques mises en œuvre,métalliques : SAML
Bec Frères (mandataire du groupement), dont la méthode Perforex® est la plus originale, Fournisseurs : Béton : Lafarge - Cintres
Urbaine de Travaux, que dans le groupe humain d’origines profession-métalliques : Arcane - Coffrages : Sermar
S otraisol fondations, nelles assez variées qui aura vécu ce chantier Etudes de bruit et vibration,
prestations géotechniques : SolData ces 3 entreprises faisant partie du groupe FAYAT. pendant presque 3 années.
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Prolongement de la ligne 4 du métro parisien, lot T1 : des techniques variées pour un lot complexe et délicat[
Ces ouvrages-cadres en béton armé sont présentés
ci-dessous :
Deux ouvrages de raccordement à la boucle de
retournement de la ligne n°4 (ouvrages Leclerc
et Appell) réalisés en tranchée couverte. Ils assu-
rent la jonction entre le tunnel existant et celui
projeté ;
Un ouvrage-cadre de 7,80m d’ouverture (2 voies),
de 85 m de long entre les ouvrages Leclerc et
Koufra réalisé en partie à ciel ouvert et en partie
sous platelage ;
Un ouvrage-cadre de 5,00 m d’ouverture (1 voie
de service), de 78 m de long entre les ouvrages
Appell et Koufra exécuté en partie à ciel ouvert et
en partie sous platelage.Figure 1 : Plan d’ensemble
1 - Présentation du projet- sont rencontrés dans les travaux en souterrain. Un conducteur de travaux et deux chefs de chantier
de prolongement de la ligne 4- D’anciennes carrières existent dans le calcaire ont œuvré sur ces quatre ouvrages, avec le plus
(phase 1 - lot T1)- grossier dans la partie centrale du projet, affectant souvent trois chantiers en activité simultanée.
le sud des travaux à ciel ouvert et le nord des
La première phase du projet de prolongement de travaux en souterrain. Les emprises de chantier
la ligne n°4 se partage en deux lots : Avec l’aide des services de la ville de Paris, des
le lot T1 (groupement d’entreprises BUSS) dont 1.1 - Les ouvrages à ciel ouvert emprises sont installées en pleine voirie pour
les travaux s’étendent de la station existante Ainsi nommés car lors de leur construction la vue permettre la mise en place de platelages lourds
Porte d’Orléans (km 0,000) et de la boucle du ciel est théoriquement perceptible (en fait une provisoires. Ce dispositif, réalisé pendant les
terminale du métro à la mairie de Montrouge grande part a été réalisée sous platelage), ces périodes de circulation les moins intenses, permet
(km 0,676) (fig. 1). ouvrages sont implantés au niveau de la place du d’assurer la circulation des véhicules en surface
le lot T2 (entreprise RAZEL - groupe F AYAT) dont 25-août-1944. Ce lieu est un carrefour stratégique tout en autorisant la poursuite des travaux en
les travaux débutent par la station « Mairie de pour l’accès, par le sud et la porte d’Orléans, au dessous. Pendant les trois semaines d’installation,
Montrouge » et se prolongent sur environ 600 centre de Paris et, notamment, à la gare Montpar- les tâches suivantes se succèdent : fouille de
mètres en souterrain vers Bagneux. nasse : un grand nombre de véhicules y circulent reconnaissance, forage des pieux berlinois, terras-
Le montant initial du marché travaux du lot T1 est chaque jour, avec de nombreux embouteillages. sement sur 1,8 m de profondeur et mise en place
de 35 660 k€ H.T. Les travaux sont actuellement
en cours et seront terminés pour la mi-février 2011.
900 m d’espaces souterrains auront alors été creu-
sés et revêtus.
Les horizons géologiques rencontrés sont les sui-
vants, en partant de la surface : remblais récents
(env. 3 m), sables de Beauchamp (env. 2,5 m),
marnes et caillasses plus ou moins décomprimées
(env. 5 m), enfin calcaire grossier plus ou moins
résistant, au sein duquel se développe une couche
d’argile verte et de marne brune d’épaisseur
métrique variable.
On peut distinguer deux types d’activité sur ce
chantier : les travaux réalisés à ciel ouvert sur une
centaine de mètres au nord du projet au voisinage
de la station Porte d’Orléans et de la boucle et les
Photo 1 : Vue de la zone à ciel ouvert.
travaux réalisés en souterrain plus au sud jusqu’au
contact de la station Mairie de Montrouge. Seuls Photo 2 : Pose des platelages
dans la circulation.les marnes et caillasses et le calcaire grossier
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Photo 7 : Ouvrage raccordement achevé
avant démontage du tunnel métallique.
d’un blindage bois, bétonnage de longrines, instal- pris du retard, perturbant également l’exécution des
lation d’un pont provisoire lourd (HEB 300 jointifs), ouvrages à ciel ouvert.
en appui sur les longrines, au-dessus de la tranchée
terrassée, application d’une couche d’enrobé sur
cette structure et enfin dépose de l’emprise et de
la signalisation, de nuit, toujours avec l’aide des A noter la construction sur l’emprise LECLERC d’un
services de la ville de Paris. A noter que les plate- égout (2,3 m x 2,7 m de section et 14 m de long)
lages provisoires sont dimensionnés en supposant d’un poids de 670 kN pour remplacer un ancien
possible le passage de convois militaire ou excep- ouvrage existant. La pose de cet égout neuf s’est
tionnel. également déroulée de nuit à l’aide de deux grues
mobiles de 250 tonnes.
Photo 4 : Le blindage métallique dans la boucle
du métro en cours de démolition. Ouvrages-cadres 1 voie et 2 voies
Les deux ouvrages de raccordement à la boucle se Ces ouvrages-cadres se situent, respectivement, à la
distinguent dans leur conception : alors que le radier suite des raccordements APPELL et LECLERC. Leurs
et les voiles sont réalisés à l’abri d’une paroi dimensions sont les suivantes : 78 x 5 x 4,7 m et 86 x
berlinoise pour l’ouvrage Appell, des pieux jointifs 7,8 x 4,7 m (L x l x h). Le soutènement provisoire est
(800 mm de diamètre) ont été choisis pour une paroi berlinoise constituée de pieux de 600 mm
construire l’ouvrage Leclerc. Cette disposition espacés de 2 m et butonnée à l’aide de profilés HEB.
permet ici de réduire la taille de l’emprise car les Le soutènement entre les pieux est réalisé en béton
Photo 3 : Réalisation des pieux.
pieux jointifs sont utilisés d’abord pour assurer le projeté par voie humide. Le terrassement puis les travaux
Les emprises situées en dehors des voies de cir- soutènement provisoire puis comme partie struc- de génie civil (radier, voile et traverse) se sont déroulés
culation ont pu être conservées tout au long des turante de l’ouvrage. Le soutènement provisoire de à 70 % en taupe sous platelages, le plus souvent
travaux et ainsi assurent les fonctions d’accès aux ces deux ouvrages est complété pour l’ouvrage dans l’encombrement des réseaux traversants
ouvrages, de zone de préparation et de stockage. Appell par des butons cylindriques traversants conservés (égouts en service, fibre optique, …). La
associés à des tirants à câble de type III (50 tonnes) pente des ouvrages-cadres, de 5%, permet de gagner
Les ouvrages de raccordement et pour l’ouvrage Leclerc par des tirants de type III la profondeur nécessaire à l’excavation en souterrain.
Les dimensions intérieures des ouvrages sont uniquement.
Photo 8 :
les suivantes : 16 m de large, 35 m de long et 6 m Sur proposition du groupement BUSS, un système Ouvrage-cadre
une voie sousde haut recouverts de 1 à 2 m de couverture de de poutres en béton armé jointives avec un remplis-
platelage : fin du
3remblais et chaussée. Leur construction nécessite sage en béton de polystyrène (densité de 0,5 t/m ), terrassement.
la démolition d’une partie du tunnel existant le tout liaisonné par une dalle de compression, a été
toujours en exploitation. Pour garantir la sécurité mis en œuvre pour couvrir les ouvrages là où le
des infrastructures de la RATP et avant tout démar- projet initial prévoyait une dalle épaisse en béton
rage des travaux en surface, une protection de la armé coulée en place. La pose de ces poutres s’est
voie du métro en exploitation, par l’intermédiaire déroulée de nuit.
d’un blindage métallique, est mise en place. Ce
Photo 5 : Pose des
tunnel métallique dans le tunnel repose sur des poutres de couverture.
longrines en béton armé coulées en place. Le
blindage est constitué de profilés HEB 180 supportant
des tôles de 5 à 10 mm d’épaisseur, le tout formant
Photo 6 : Pose de
une enceinte « étanche ». Son installation est l’égout préfabriqué.
réalisée par une équipe de 11 mineurs et soudeurs
à l’aide d’une mini-pelle montée sur un lorry spé-
cialement conçu pour ces travaux. Le personnel du
chantier doit s’adapter aux horaires d’exploitation
de la ligne : les travaux se déroulent en « nuit courte »
de 2h à 4h30 environ. Du fait de nombreux aléas
liés à l’exploitation de la ligne, l’accès aux zones de
travaux est rendu difficile. Ces travaux préalables,
situés sur le chemin critique du chantier, ont ainsi
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1.2 - Les travaux souterrains 9 niches servant soit à la manœuvre d’aiguillages berlinoise, souterrain sous voûte parapluie ou en
C’est dans une partie du square du Serment de soit à la protection du personnel cheminant à pied traditionnel).
Koufra que se situe l’emprise principale du chantier : dans le tunnel.
regroupant à la fois la base vie, la principale zone Le tunnel Koufra-Montrouge réalisé selon la
de stockage du matériel et le puits de travail provi- méthode Perforex a, quant à lui, fait l’objet de huit
soire, c’est à partir de cet accès que les travaux 2 - Etudes d’exécution,- sections de calcul aux éléments finis, chacune
souterrains ont débuté. méthodes, suivi géologique- représentative d’une portion spécifique du tracé :
Les tunnels nord 1 voie et 2 voies, respectivement et auscultations- chargements dissymétriques sous les murs de
d’ouverture 5 m et 7,8 m, assurent la jonction avec soutènement du Boulevard Périphérique, faible
les ouvrages-cadres décrits précédemment. Leur 2.1 - Les études d’exécution et couverture et passage sous les égouts de ce dernier,
soutènement est réalisé selon la méthode tradition- les méthodes surcharges dissymétriques des immeubles,
nelle (cintre HEB et béton projeté) en section divisée Un chantier d’une telle variété technique dans un changement de géologie, etc (fig. 2). La première
(1/2 section supérieure et 1/2 section inférieure). intervalle de temps aussi court, avec jusqu’à quatre section calculée, sous la square du Serment de
Au km 0.158, les tunnels nord rejoignent l’enton- ouvrages réalisés simultanément, requiert un Koufra, géométriquement la plus simple, a permis
nement KOUFRA. Celui-ci permet le passage de 3 volume d’études considérable : chaque tunnel, le retour d’expérience sur les méthodes de calcul,
voies (2 + 1) à 2 voies (section courante). L’ouver- chambre, puits, niche ou rameau nécessite ses sur lequel nous reviendrons plus longuement. Le
ture des ouvrages passe de 14 à 12 puis 10 m pour propres notes de calcul, ses plans de soutènement, calcul aux éléments finis permet en particulier une
enfin aboutir au tunnel de section courante de 7,8 m. de ferraillage, de coffrage, ses procédures d’exé- estimation fine des tassements, essentielle dans un
Ces ouvrages situés au-dessus d’anciennes carrières cution et d’auscultation. Ces études, en amont de cadre urbain dense et sensible, en particulier lors
(dont le confortement a fait l’objet d’un article rédigé la réalisation et mises à jour au cours des travaux, du passage à 4,5 mètres (dont deux d’égouts) sous
par Xelis dans le numéro de Mai/Juin 2010 de TES), ont été confiées au bureau d’études de Bec Frères, le Périphérique, ouvrage stratégique et point névral-
à faible profondeur, d’ouverture importante et en liaison étroite et contact quasi-permanent avec gique du sud parisien.
elliptique, sont réalisés en méthode conventionnelle. le chantier. Un tel volume a nécessité également un
L’ouvrage de 14 m, plus sensible du fait de son travail important pour le visa de la maîtrise d’œuvre, En complément au dimensionnement des soutène-
ouverture et de sa plus grande proximité de la sur- dont une très grande réactivité a été sollicitée et ments, le chantier a dû développer des méthodes
face, a été exécuté à l’abri d’une voûte parapluie. obtenue. spécifiques à chacune des tâches critiques du
Commence alors la partie du tunnel courant réalisé chantier : interfaces entre ouvrages, coactivités,
sur 440 m environ à l’aide de la méthode de pré- Les ouvrages nord sont situés à faible profondeur amenées délicates de matériel et matériaux. Ces
découpage mécanique (système breveté « Méthode dans des horizons géologiques en grande partie plans méthodes sont développés directement sur
Perforex® »). meubles et sont réalisés avec un soutènement le chantier sous la direction du coordinateur études-
Enfin ce tunnel ne serait pas complet sans la lourd ; les études ont donc été conduites selon la travaux (CET), en liaison avec les responsables de
construction de ses « annexes », constituant ainsi méthode des réactions hyperstatiques, quel que soit production et le dessinateur-projeteur présent à
un véritable espace souterrain, à savoir : le procédé de réalisation (ciel ouvert avec paroi temps plein sur le site.
Les rameaux de ventilation au niveau de l’emprise
KOUFRA (ouverture de 3,5 et 5 m) réalisés en
méthode traditionnelle et terrassés en pleine sec-
tion (autour d’une galerie de reconnaissance pour
le 5 m). On pourra d’ailleurs noter l’aspect tridi-
mensionnel de l’espace (et des calculs) créé à la
jonction des rameaux et de l’entonnement ;
L’ouvrage d’épuisement situé boulevard Romain
Rolland. Il s’agit d’un puits de 20 m de profon-
deur, creusé sous la protection d’un blindage en
palfeuilles et cadres HEB, prolongé par 2 galeries
superposées de 8 m de long venant tangenter
l’ouvrage courant. Ces chambres accueilleront un
ensemble de pompes de relevage au point le plus
bas du tunnel ;
La baie d’aération motorisée : un rameau d’une
longueur de 15 m relie le tunnel à un puits
Figure 2 : Exemple de modélisation sous le Boulevard Périphérique.construit sur le lot T2.
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2.2 - Les auscultations a été fait au moyen d’une méthode géophysique, de travaux en cours et le comportement des ouvrages
Le poste de géologue/géotechnicien responsable le cylindre électrique. Enfin, une campagne de et des terrains encaissants, la fréquence de ces
des auscultations, correspondant peu ou prou au sondages carottés a été menée à Paris et Montrouge mesures peut aller par défaut d’une par jour pour les
titre de Chargé des Ouvrages Provisoires, recouvre afin de localiser et échantillonner un banc d’argiles sections de convergences de prévoûtes et les points
sur ce chantier trois grandes composantes : le suivi vertes et de marnes brunes à l’interface entre les de surface au droit du décousu, à une par mois pour
géologique lors des travaux spéciaux préparatoires niveaux supérieur et moyen du Calcaire Grossier. Les les ouvrages stabilisés mais où des travaux ont
et des excavations, l’instrumentation géotechnique prélèvements ont fait l’objet d’essais en laboratoire encore lieu.
des ouvrages provisoires et définitifs, et enfin la en fonction des caractéristiques de chacun des Pour le passage sous le Boulevard Périphérique,
gestion des auscultations topographiques. échantillons : valeur au bleu, teneur en matière ouvrage tiers le plus sensible du projet, une
organique, calcimétrie, triaxial CU+U, œdométrie, etc. méthode particulière a été employée, celui-ci étant
2.2.1 - La géologie Ces niveaux marneux et argileux ont également été inaccessible pour des piétons et nécessitant une sur-
Le suivi géologique consiste en premier lieu en un l’objet de deux essais pressiométriques cycliques et veillance permanente. Une station totalement auto-
contrôle de la conformité du terrain réellement ter- d’un essai à la plaque. matisée a été installée sur le pont de la Porte de
rassé avec les configurations du marché, et donc Montrouge pour effectuer toutes les deux heures
avec les hypothèses de calcul. Ledit contrôle passe 2.2.3 - Les auscultations un cycle de mesure de tous les points fixés sur le
par des relevés de fouilles dans le cas des puits et Troisième composante du poste de géologue/ boulevard. A chaque dépassement de seuil prédé-
des tunnels-cadres et par des levés de front de taille géotechnicien sur ce projet : la direction des auscul- fini, des alarmes étaient transmises par SMS et
pour les chambres, tunnels voûtés et niches ; il tations topographiques, en souterrain comme en sur- courriel aux responsables du chantier. A ceci
exige par conséquent un suivi rigoureux de la pro- face. L’équipe de topographes du chantier est s’ajoute un nivellement spécifique de la chaussée
duction, en particulier sur un chantier en 2 ou 3 composée d’un chef de brigade et de deux équipes, effectué depuis le pont.
postes de 8 heures, la priorité étant la sécurisation la première étant quasi-exclusivement consacrée aux Pour chaque ouvrage réalisé, une procédure spé-
des postes de travail par la projection de béton sur nivellements de surface de l’ensemble des ouvrages cifique d’auscultation constituée de ces trois
tout terrain nu dès la fin des excavations, ce qui en cours de réalisation ou de stabilisation, la seconde aspects a été rédigée et validée par la maîtrise
rend le délai d’observation très court, en particulier travaillant principalement en souterrain, en auscul- d’œuvre. Elle définit pour chaque mesure un seuil
dans la géologie plus complexe des terrains rema- tations et en implantation et guidage. Sur la totalité de vigilance accrue et un seuil d’alerte ; le premier,
niés ou confortés, où il faut à la fois retrouver la du linéaire d’ouvrages, que ce soit sur la voie en général fixé aux valeurs théoriques de la note de
géologie originale et pister les altérations. publique, dans les emprises de chantier, ou chez les calcul, prévient d’un déroulement anormal des tra-
tiers et riverains, ont été implantés des points de vaux et pousse à la correction dans les meilleurs
2.2.2 - La géotechnique nivellement (clous au sol ou réglettes sur les façades) délais et à une réflexion sur les causes, sans pour
Les mesures géotechniques sont, elles, fondées sur pour des mesures au micromètre, précises jusqu’à autant remettre en cause les méthodes et calculs,
l’instrumentation du soutènement et des ouvrages. 0.3 mm dans les meilleures conditions. En souterrain, alors que le second, fixé le plus souvent à 150%
Dans les ouvrages à ciel ouvert, les butons et tirants des sections de convergence de trois ou cinq points des valeurs théoriques, correspond à un péril poten-
ont été régulièrement équipés (à raison d’une pièce sont placées sur les cintres lourds, les prévoûtes et tiel des biens et des personnes du chantier ou
équipée sur dix) de vérins plats et de cales dynamo- sur le revêtement définitif, pour détecter d’éventuels tierces, la production doit être arrêtée, des mesures
métriques, chaque paroi d’ouvrage de raccordement déplacements ou déformations du soutènement. drastiques de sécurisation lancées sans délai et une
a été pourvue d’un tube inclinométrique mesuré une Selon la sensibilité de l’ouvrage et des tiers, la phase analyse en profondeur des causes est requise.
fois par phase de travaux et les platelages métalliques
Photo 9 : Ciblesau-dessus des terrassements en taupe ont été suivis
d’auscultation sur
par des jauges de contraintes à piézorésistances. les prévoûtes.
En souterrain, les cintres lourds du tunnel Koufra-
Montrouge sont auscultés par des jauges de contrainte
à corde vibrante. De plus le Calcaire Grossier fait l’objet
de reconnaissances à l’avancement par sondages
destructifs, l’Inspection Générale des Carrières ne
pouvant garantir l’absence complète d’ancienne
exploitation de pierre de taille ou de puits abandonnés
dans les limites du projet. Des reconnaissances
complémentaires et plus ciblées ont été menées à
Montrouge afin de localiser précisément les
anciennes carrières, celles-ci figurant sur la carte de
l’IGC mais avec une faible précision ; ce complément
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Un autre type d’auscultations, plus inattendu, a dû est venu confirmer cette théorie : en diminuant le pour en conclure un risque potentiel ; en effet, il
être employé lors du passage sous l’avenue de la module E et la cohésion de 80 % (valeurs conclues pourrait former des vides au contact d’eaux fuyant
République. Un autre chantier important pour la ville par deux voies différentes) et en abaissant le taux des égouts sous le Périphérique ; de même il est
de Montrouge est alors en cours, la rénovation du de déconfinement de 0,5 à 0,3 dans une nouvelle opportun de reconnaître la surface érosive très irré-
Centre Culturel et de Congrès, qui nécessite la simulation de tassements aux éléments finis, les gulière à l’interface entre les Sables de Beauchamp
démolition complète du bâti intérieur, ne laissant résultats ont retrouvé exactement les valeurs réel- et les Marnes Caillasses, quand les notes de calcul
en place que la façade parallèle au futur tunnel, lement mesurées. La perte de cohésion due au prennent pour hypothèse une interface précise et
elle-même reprise en sous-œuvre. Cette façade déconfinement a également expliqué les difficultés plane.
courait deux risques majeurs : un basculement dû de réalisation des prévoûtes dans les cinquante La géotechnique, à l’opposé, est le domaine du calcul,
aux tassements différentiels générés par le tunnel premiers mètres du tunnel courant (cf. infra) et les des lois de la physique, il s’agit de confirmer ce qui
et des dégradations, voire un effondrement, du fait adaptations nécessaires à la poursuite du chantier, a été prévu dans les notes de calcul et d’analyser,
des vibrations lors des excavations au BRH. La dans le tunnel Koufra-Montrouge comme dans les comprendre les écarts pour mieux corriger les
densité de points devant et sur la façade a été tunnels nord. éventuels désordres et éviter les récurrences. Ou
augmentée et le groupement a installé trois capteurs détecter les « faux désordres », comme la mise en
de vibrations (géophones) reliés à une centrale Une fois le point d’arrêt levé pour le passage sous pression d’un buton provoquée non pas par la poussée
d’acquisition et transmettant tout dépassement de le Boulevard Périphérique, le tunnel a traversé des des terres, mais par le chaud ensoleillement d’un
seuil préjudiciable au bâti aux responsables du terrains qui n’avaient pas été perturbés par les profilé métallique au mois de juillet…
chantier pour stopper les activités générant trop de exploitations du Calcaire Grossier et les tassements Ces deux approches peuvent paraître opposées
vibrations. se sont révélés conformes aux prévisions, avec une mais tenter d’aborder un problème par les deux
valeur moyenne de 8 mm. Les mouvements ont voies garantit d’avoir toutes les clés pour surmonter
2.3 - Le retour d’expérience également été analogues aux valeurs prévues sous les complications. Ce jeu d’équilibriste entre empi-
Si toutes ces auscultations ont pour objectif le les immeubles (6 mm) et sous l’avenue de la Répu- risme naturaliste et rigueur mathématique est
contrôle de l’influence que peut avoir le tunnel sur blique (4 mm). forcément prenant, mais s’est révélé passionnant
les riverains après sa réalisation, elles permettent et enrichissant.
également de constituer une expérience des La multitude des techniques employées a permis
travaux effectués et ainsi anticiper les difficultés. de comparer l’impact des ouvrages, chacun ayant
une sensibilité particulière. Le contraste s’est avéré 3 - Les méthodes de réalisation-
Le travail le plus important de synthèse et d’analyse saisissant entre les ouvrages nord, en particulier en souterrain-
des auscultations a été fait sous le square du les tunnels-cadres, réalisés à ciel ouvert, et les
Serment de Koufra, point principal de la validation tunnels réalisés en souterrain, plus au sud : si ces Quand bien même on ne s’attardera dans ce qui
de la méthode Perforex pour passer sous le Boulevard derniers ont, comme nous venons de le voir, généré suit que sur la partie souterraine du projet, il faut
Périphérique : le passage sous le mur de soutènement, au dessus des anciennes carrières des tassements souligner que les méthodes et la réalisation des
avant d’atteindre la bretelle d’accès puis les voies au-delà des valeurs prévues, les tranchées ouvrages à ciel ouvert ont été tout aussi compli-
de circulation, constituant un point d’arrêt, il a couvertes, qu’elles soient réalisées au moyen de quées et passionnantes.
fallu valider les hypothèses de calcul, confirmer la parois berlinoises ou de pieux jointifs, n’ont causé
maîtrise des tassements et tester la capacité du absolument aucun désordre dans les immeubles Ce chantier a nécessité la mise en œuvre de
Groupement à réagir en cas d’alerte. Le test dans riverains, pourtant à quelques mètres des ouvrages plusieurs méthodes de réalisation des ouvrages
cette zone est d’autant plus opportun que la ancrés dans des confortements de carrières et souterrains, préalablement définies en fonction des
sensibilité des riverains y est très faible : ni infra- butés sur les mêmes marnes décomprimées. dimensions des ouvrages, de l’environnement ainsi
structure ni réseau, ni habitation. Lors du passage que de la géologie rencontrée. Tous les tunnels ont
sous le square Koufra, les seuils de vigilance accrue 2.4 - Conclusion sur le rôle été réalisés depuis le même puits ; au moment où
et d’alerte ont été dépassés (25mm au maximum, du Chargé d’Ouvrage Provisoire l’activité était maximale, 3 tunnels étaient ainsi
pour respectivement 10 mm et 15 mm) sans aucun Le poste de Chargé des Ouvrages Provisoires est simultanément en cours de creusement.
mouvement dans le tunnel, les mouvements étant donc au carrefour de deux disciplines finalement Les travaux se déroulent du lundi matin au
donc uniquement dus aux terrains de couverture. très différentes mais intimement complémentaires, samedi matin : en 3 postes de 8 heures pour les
L’hypothèse de plus faibles caractéristiques méca- que l’on peu décrire comme suit. équipes de creusement, chacune constituée de
niques que prévu pour les Marnes et Caillasses en La géologie est une approche naturaliste, il s’agit 6 mineurs polyvalents, en 2 postes de 8 heures
voûte a été corroborée par leur débit farineux lors d’observer, décrire et analyser les terrains pour en pour les équipes de coffrage - bétonnage (5
des excavations, indice d’un possible déconfine- comprendre l’histoire, mieux les connaître et ainsi maçons coffreurs) et en 1 poste de 3 hommes de
ment lors de l’exploitation, puis du confortement parer à l’imprévu. Il s’agit par exemple de détecter servitude, chaque poste encadré par un chef de
des carrières souterraines. Un calcul paramétrique la présence de gypse, sain ou pseudomorphosé chantier.
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CHANTIERS
Prolongement de la ligne 4 du métro parisien, lot T1 : des techniques variées pour un lot complexe et délicat]
3.1 - Les ouvrages réalisés revêtement définitif. Celui-ci était réalisé par plots l’équilibre naturel du sous-sol et ainsi réduire
en méthode conventionnelle de 2,10 m sur un second coffrage métallique. au maximum les tassements en surface lors de
Les chambres de 10 m et de 12 m ont été creusées La 1/2 section inférieure a été exécutée de la même l’excavation en pleine section. En jouant sur le
en section divisée. manière que les chambres 10 m et 12 m (terrassement recouvrement entre prévoûtes, on rigidifie plus ou
La demie section supérieure a été creusée au du stross, bétonnage du radier puis piédroits par moins la coque, permettant ainsi une adaptation à
moyen d’une pelle de 21 t équipée d’un bras tunnel plots alternés). l’environnement rencontré (passage sous périphé-
et d’une fraise de 60 kW. Le soutènement était rique, habitations, géologie, ouvrages souter-
réalisé en cintres lourds plus béton projeté par travée Les tunnels nord ont également été réalisés en rains,…).
de 1,05 m avec patte d’éléphant. Le creusement traditionnel en section divisée avec un soutènement La confection des prévoûtes demande la fabrication
se faisait en 3 phases : terrassement d’un four et lourd (cintres HEB plus béton projeté et reprise en d’une machine spéciale ressemblant à une haveuse,
soutènement puis successivement terrassement et sous œuvre du soutènement de la 1/2 section appelée machine Perforex. Celle du chantier a été
soutènement des reins. Le décousu était limité à supérieure). Le terrassement a été réalisé au moyen baptisée du doux nom d’ EFI au cours de ce chantier.
5,25 m. Le revêtement était réalisé à l’avancement d’un engin de terrassement adapté, type Brokk
par plot de 2,10 m sur un coffrage métallique adap- 400, équipé d’une fraise pour la 1/2 section supé- Le cycle de production est détaillé ci-dessous.
table au 2 sections. rieure et d’un BRH pour la 1/2 section inférieure ;
La demie section inférieure a été réalisée selon une pince a été spécialement adaptée pour poser Réalisation d’une prévoûte
un calepinage précis. La cunette du stross a été les cintres avec le Brokk. Le revêtement a été coulé La machine Perforex est dotée d’une lame de 4 m
terrassée sur la longueur des 2 chambres (env. en pleine section par plot de 4m, le décousu étant de long et 22 cm d’épaisseur et d’un robot pouvant
30 ml) avec un trax de 16 t équipé d’un ripper 3 limité à 25m. se déplacer sur une arche à la forme du tunnel. La
dents, la voûte reposant de chaque côté sur une puissance à la tête est de 120 kW fournie par un
banquette talutée. Le radier a été ferraillé et bétonné 3.2 - Le tunnel réalisé powerpack électrique. Pour se déplacer, l’arche de
en plusieurs plots. Les piédroits ont été réalisés par en méthode Perforex la machine peut coulisser sur 2 grandes poutres
plots alternés dans le but de limiter les tassements. A l’aide d’une grande lame, une saignée est créée, longues de 13 m. La machine est mise en place
au sein du massif encaissant puis remplie de béton près du front de taille puis réglée grâce à un laser.
projeté. On peut assimiler cette méthode, par certains
aspects, à une sorte de paroi moulée courbe épousant
la forme de l’extrados du tunnel. Cette coque
conique (soutènement provisoire appelé « prévoûte »)
protectrice pour le personnel de production travaillant
en souterrain l’est aussi pour les habitants en surface.
Sa fonction première est de limiter la rupture de
Photo 10 : 1/2 section inférieure des chambres :
plot de piédroits.
Photo 12 : Lame de prédécoupage.
La chambre de 14m a quant à elle été terrassée
sous une voûte parapluie dont les caractéristiques Les prévoûtes sont constituées de panneaux remplis
sont les suivantes : forages de 210 mm de diamètre de béton projeté ; le nombre de panneaux peut
équipés de tubes de 177,8 mm de diamètre et varier en fonction de la géologie rencontrée dans
d’épaisseur 10 mm espacés d’axe à axe de 50 cm. le but de garantir la stabilité de la saignée (8 pan-
Une première volée de 25 m puis une deuxième de neaux en moyenne). Dès qu’un panneau est
15 m ont été réalisées. Une foreuse de type MC découpé, il est rapidement rempli par le robot. Le
600 est utilisée pour la 1ère volée et une foreuse béton est transporté à pied d’œuvre au moyen de
3de plus petite dimension (espace plus confiné) de 2 mini-toupies Dieci de 3,5m . Celui-ci est pompé
type Beretta montée sur un échafaudage pour la et projeté depuis l’entrée de la saignée grâce à
2nde. Comme les chambres 10m et 12m, celle-ci une pompe Aliva 285 permettant ainsi de remplir
a été réalisée en section divisée. La 1/2 section le panneau en quelques minutes (en moyenne
supérieure a été terrassée avec la même pelle que moins de 10 mn).
les autres chambres. Le décousu était limité à La lame et le robot sont montés sur 2 chariots indé-
3,15 m : en effet les tubes avaient été calculés pour pendants ; le sciage d’un panneau et le bétonnagePhoto 11 : La machine Perforex
de prédécoupage « EFI »reposer à l’avant sur le terrain et à l’arrière sur le d’un autre peuvent se faire simultanément : la
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CHANTIERS M
Prolongement de la ligne 4 du métro parisien, lot T1 : des techniques variées pour un lot complexe et délicat[
saignée ne reste ouverte que quelques minutes, Boulonnage du front pour la réalisation convenable d’une prévoûte ; en
limitant ainsi le déconfinement du terrain. Des boulons de 15 m de longueur sont réalisés effet, elle garantit la stabilité de la saignée et permet
Les prévoûtes ainsi réalisées forment une coque en dans le front de taille tous les 10 m avec une ainsi le remplissage correct d’un panneau. Les
béton projeté qui garantit la sécurité du personnel foreuse Robodrill équipée d’une glissière de 5 m et marnes situées au-dessus des anciennes carrières
au front de taille. Les longueurs de terrassement d’un marteau HC120. Les boulons en fibre de verre, ont été affectées par le mauvais remplissage des
peuvent être adaptées pour que les prévoûtes se constitués de deux lames minces (livrées par carrières qui a provoqué leur décompression. Leur
chevauchent plus ou moins (de 0,67 m à 2 m) en couronne de 500 m) sont assemblés sur place et cohésion diminuée ne permet plus la stabilité de
fonction du terrain à soutenir et ainsi limiter les injectés au coulis de ciment. la saignée avant et pendant le bétonnage d’un
tassements en surface. Par exemple, le recouvre- panneau, ce qui provoque des cloches au-dessus
ment des prévoûtes est de 2 m pour le passage Revêtement définitif de la saignée. De plus, les cloches trop importantes,
sous le périphérique, de 1,5 m sous les immeubles Le revêtement définitif est réalisé à l’avancement dépassant parfois 1 m, ne peuvent plus être remplies
de la ville de Montrouge et de 0,67 m sous l’avenue avec un décousu maxi de 35 m sous le périphérique par le robot de la machine Perforex. Pour améliorer
de la République. et les bâtiments de la ville de Montrouge puis de la cohésion des marnes et ainsi limiter le phéno-
50 m sous l’avenue de la République. Le coffrage mène de cloche, elles sont injectées à l’avancement
Pose du soutènement complémentaire a une longueur de 10 m et se déplace hydraulique- au-dessus des prévoûtes.
Le tunnel étant réalisé en milieu urbain dense, un ment sur des rails. Il a été conçu de telle manière
soutènement complémentaire est mis en place qu’il puisse être modifié en 3 jours pour passer de
sous chaque prévoûte en arrière du front de taille. la section 7,40 m à 7,80 m.
Un cintre lourd est posé au milieu de la prévoûte et Le bétonnage est assuré par une pompe située en
un cintre réticulé (type Pantex 95 x 22 x 32) est surface. Le ferraillage de la voûte a été optimisé et
posé à son extrémité (appelée « talon ») puis enrobé préfabriqué, il se limite aux piédroits sur 2 m de haut.
de béton projeté. Les cintres sont pré-assemblés Le reste de la voûte n’est pas du tout ferraillé : le
en surface avec des articulations pour être mis en treillis de peau initialement prévu a été remplacé
place grâce à un chariot télescopique rotatif équipé par l’incorporation dans le béton, en centrale, de
3d’une pince à cintre. fibres en polypropylène (0,9 kg de fibre pour 1 m Photo 14 : Le front de taille dans la zone
de béton). des carrières ; à noter la perturbation des Marnes
et Caillasses et les confortements de carrières.Terrassement sous prévoûte Compte tenu du décousu limité, le radier est
Le terrassement sous les prévoûtes est réalisé bétonné après la voûte pour que la machine Perforex Ainsi, pour passer ce moment délicat situé juste
par une pelle ITC 312 : c’est une pelle à attaque EFI puisse reculer jusqu’au coffrage de voûte. Son avant l’entrée sous le périphérique, a été intégrée
ponctuelle équipée d’un double bras permettant ferraillage est entièrement préfabriqué (20 pan- au cycle de production courant la réalisation d’un
d’utiliser un BRH type Montabert V32 puis de charger neaux) et peut être mis en place à la main. La traitement préventif 6m en avant du front par injec-
3le marin sur son convoyeur sans changer d’outil. circulation au-dessus du radier se fait sur un pont tion au coulis de ciment (dosé à 400 kg/m ), dans
3Le chargement des mini-tombereaux Dieci de 7 m lourd de 13m, celui-ci permet ainsi de dissocier le le but d’améliorer la cohésion des marnes et cail-
s’effectue par le convoyeur de l’ITC. Le marinage creusement du revêtement définitif, en maintenant lasses. Les forages sont réalisés avec la foreuse
est évacué par la grue à tour et stocké dans 2 trémies la circulation dans le tunnel lors du bétonnage du Robodrill et équipés de tubes à manchettes. Des
3de 100 m . Le front est projeté après chaque radier. forages de contrôle au-dessus des prévoûtes ont
terrassement pour éviter le déconfinement des également été réalisés afin de remplir les éventuels
Marnes et Caillasses et limiter le risque de chute 3.3 - Problèmes rencontrés et vides résiduels par des injections de clavage.
de blocs. adaptation du cycle Perforex
Pour la même raison, lors du terrassement des tun-
3.3.1 - Les adaptations liées nels réalisés en traditionnel, la longueur des travées
à la géologie doit être réduite à 1m afin de limiter les hors-profils
Les différents aléas géologiques rencontrés ont importants rencontrés.
demandé une grande réactivité et adaptabilité du
personnel pour adapter la méthode et ainsi limiter Les marnes brunes et l’argile verte
le retard d’exécution. La couche d’argile verte et de marnes brunes a
été croisée à 2 reprises par le radier du tunnel.
Les Marnes et Caillasses décomprimées Pour limiter le tassement des prévoûtes fichées
La bonne cohésion des terrains à court terme (par dans l’agile verte, elles ont été ancrées dans le
expérience Cuu minimum de 35 kPa env.) est la calcaire grossier supérieur avec 6 boulons (3 par
caractéristique géotechnique la plus importante piedroit) diam 32 scellés au coulis de ciment. LesPhoto 13 : Terrassement sous prévoûte.
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CHANTIERS
Prolongement de la ligne 4 du métro parisien, lot T1 : des techniques variées pour un lot complexe et délicat]
Figure 3 : Profil ancrages sont réalisés à l’avancement au plus près
longitudinal
du front. sous le boulevard
périphérique.
Photo 15 : Réalisation d’un essai de plaque
dans l’ouvrage d’épuisement pour caractériser 4 - Conclusion-
les marnes brunes.
Pour garantir la stabilité et limiter les tassements La méthode Perforex a prouvé sur ce chantier
du tunnel à long terme, les marnes brunes altérées qu’elle apportait une grande sécurité en
(tourbeuses) et les argiles vertes ont été purgées à matière de limitation des tassements dans un
l’avancement sous les piédroits pour être rempla- environnement urbain très délicat. Confronté
cées par du béton projeté. à des aléas géologiques non prévus, elle a
montré son adaptabilité : face à une perte de
Le calcaire grossier cohésion des Marnes et Caillasses au dessus
Photo 16 : Renforcement du couloir RATP.Il s’est avéré que le calcaire qui n’avait pas été des anciennes carrières, le chantier a com-
exploité (zones hors carrières) était faiblement plété le cycle par des injections préventives
fracturé et sensiblement plus résistant que prévu, circulation à la fin de la réalisation du tunnel sans légères. La cadence initialement prévue de
surtout dans la zone sous les immeubles. La pelle dommage à l’ouvrage. 10 m par semaine de tunnel creusé et revêtu
ITC 312 équipée du double bras est la machine a pu être obtenue durant les derniers mois du
d’abattage la plus adaptée à cette section de tunnel Les égouts du périphérique chantier, malgré la résistance du calcaire qui
pour terrasser et charger dans un faible décousu. De la même manière que pour le couloir RATP, le ralentissait sciage et terrassement. Dans son
Elle a donc été conservée. Cependant cette résis- tunnel tangente le radier des égouts pluviaux du domaine d’application privilégié (environne-
tance élevée a beaucoup ralenti le terrassement et périphérique (fig. 3). Pour limiter leur fissuration, des ment sensible, sols cohérents ou roche
a été la cause de la casse du bras d’abattage à poutres réticulées de forme trapézoïdale ont été tendre) cette méthode allie sécurité et rende-
2 reprises. assemblées à l’intérieur des égouts. Ces poutres ont ment et constitue un procédé de production
été démontées après avoir coulé le revêtement du original et performant.
tunnel. La pose et la dépose du soutènement ont pu Ce chantier, qui a nécessité la mise en œuvre3.3.2 - Les adaptations liées
être réalisées en journée grâce à la mise en place de nombreuses techniques, a été très richeà l’environnement
d’une emprise sur une bretelle du périphérique et d’enseignements pour les nombreux jeunes,
Le couloir RATP d’une ventilation continue des égouts. membres des entreprises partenaires ou
Le tunnel de 7,80 m (tunnel nord 2V réalisé en stagiaires qui ont intégré nos équipes.
traditionnel) passe sous un couloir d’accès à la station Terrassement de nuit Il s’est toujours déroulé dans un esprit de
Porte d’Orléans ; il passe si près qu’il a fallu ponc- Le tunnel est terrassé en partie dans les calcaires compréhension réciproque dans les relations
tuellement démolir les semelles de fondation du avec une couverture faible au moyen d’un BRH ; il avec la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ou-
couloir (ouvrage non ferraillé) afin de poser le cintre s’est avéré que les vibrations générées étaient res- vrage. Même si au départ ce contrat n’était
lourd de soutènement. Auparavant, une intervention senties par les riverains dans un cercle de 40 m pas établi sur la base des recommandations
a été faite dans le couloir, préalablement fermé au autour du front à l’avant comme à l’arrière. Le chan- du GT 25 de l’AFTES, c’est bien dans l’esprit
public, pour y mettre en place un soutènement tier a été contraint à ne pas terrasser la nuit pour de ces recommandations qu’il s’est toujours
provisoire. Celui-ci consistait à couler un radier limiter la gêne auprès des riverains. Ainsi, afin de déroulé. Nous sommes certains que ces
provisoire ancré dans les piédroits du couloir ne pas trop pénaliser l’avancement du tunnel, des jeunes tireront une expérience positive de ce
permettant de « suspendre » le radier existant, puis modifications de cycle ont dû être effectuées au type de relation contractuelle. t
de sceller à chacun des piédroits du couloir une jour le jour pour réaliser de nuit les tâches qui ne
poutre réticulée (treillis) longue de 20 m. génèrent que peu de vibrations et de bruit (boulon-
Ce soutènement a été déposé et le couloir remis en nage du front, pose des cintres…).
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WORKSITES M
449 Prolongement de la ligne 4 du métro parisien, lot T1 : des techniques variées pour un lot complexe et délicat[
Extension of Paris metro line 4,
workpackage T1: a variety of techniques
for a complex and delicate job
M
Valérie DORÉ Bernard BIZON Franck BILLON Stéphane LEROUX Lionel PETITJEAN
Solétanche - Bachy Bec Frères Solétanche - Bachy Urbaine de Travaux Bec Frères
TES has invited us to present this worksite. The article which follows was written by three young people who were involved in this piece of teamwork;
- Lionel Petitjean, contract engineer with Bec Frères, presents the worksite as a whole and, more particularly, the open-air works;
- Franck Billon, geologist and geotechnical engineer with Solétanche - Bachy, presents the technical studies and inspections; he also provided the photos
accompanying this article;
- Stéphane Leroux, the engineer in charge of underground works from Urbaine de Travaux, presents these works’ distinctive features and the various difficulties
encountered.
It then fell to us to write the conclusion.
Valérie DORÉ, works director, Solétanche - Bachy
Bernard BIZON, head of project, Bec Frères
Abstract
The BUSS consortium was responsible for Workpackage T1 on the Paris metro line 4 extension for the RATP,
with Xelis as the main contractor.
This workpackage included both open-air works linking in with existing metro tunnels, and underground
works, including a very shallow-depth section (less than 4.5m below ground) beneath the city ring road
and residential buildings at Montrouge. In all, this involved the construction of 900 linear metres of underground
tunnels of very different types.
We invited three junior managers from the works team to describe this worksite, more particularly work on the
standard sections of tunnel using Perforex mechanical pre-cutting and pre-arches, as well as their experience
during this three-year project, the results of the surveying and of course the difficulties we encountered.
This article follows on from the one by Ch. Blouet (Xelis), describing the preliminary reinforcements of old
underground quarry workings (TES no. 219).
Principal stakeholders
Introduction- S oletanche-Bachy,
Construction design: BET Travaux Presentation of stakeholders- a VINCI group company.
souterrains Bec Frères
Xelis, the RATP’s subsidiary engineering company, Surveying and automatic monitoring:
The RATP is the historic operator of the Paris Metro. was the prime contractor for the line 4 extensionMIRE SAS
As contracting authority, it entrusted the BUSS project. Retaining walls and jointed piles:
Solétanche-Bachy Pieux contractor consortium (put together for this particular The BUSS consortium, prime contractor Xelis and
Open-air earthworks and removal project) with carrying out the complex works involved the contracting authority RATP worked together on
of waste: Vialis in workpackage T1 for extension of its N° 4 line. this delicate project, making use of the recommen-
Concrete reinforcements: SAS The BUSS consortium bid submission brought dations by AFTES Working Group 25.
Box section sealing: Eurovia
together the following contractors: The particularity of this worksite resides both in the
Mechanical assistance and steel
Bec Frères (the lead partner), wide variety of techniques implemented – the mostfabrication: SAML
Urbaine de Travaux, innovative of which was the Perforex® method – Suppliers: Concrete: Lafarge -
S otraisol fondations and in the equally broad variety of professionalsSteel ribs: Arcane - Formwork: Sermar
These three companies are all part of the FAYAT involved, working together on this worksite for Noise & vibrations studies,
geotechnical services : SolData group almost three years in all.
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