I LA CONCURRENCE I

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Niveau: Secondaire, Lycée

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I LA CONCURRENCE I I DOSSIER I12 I ÉCONOMIE et MANAGEMENT I n° 125 I Octobre 2007 I monopole du commerce extérieur, il s'agit d'une « économie de commande », basée sur la tradi- tion et l'autorité. Rome est un empire à la fois terrien et maritime, combinant des aspects centralisés et étatiques avec des pratiques commerçantes et concurrentielles. Cependant, c'est là qu'apparaissent les groupements de métiers, qui auront une importance considérable au Moyen Âge. La chute de l'Empire romain est suivie de longs siècles d'insécurité et de recul en Europe, les activités se replient derrière les murs des villes et s'organisent sur le modèle des corporations, sorte de professions fermées, limitant la concurrence et l'innovation. Le renouveau du Moyen Âge, à partir de l'an mille, n'empêche pas le maintien des corporations, même si les foires et les mar- chés sont des lieux de concurrence, mais elles apparaissent comme des exceptions, des paren- thèses, dans un univers très réglementé et protégé. Aux Temps modernes, à partir du XVe siècle, l'affirmation des États-nations et des monarchies absolues établit une paix civile, favo- rable à l'essor des activités économiques. Une délocalisation des productions vers le monde rural est alors possible, grâce à la paix du roi, à la police du roi et à la justice du roi.

  • liberté écono- mique

  • processus indirect de liberté

  • économie de marché

  • cadre juridique garantissant la protection des échanges, des contrats et des droits de propriété

  • marché

  • xxe siècle

  • concurrence

  • concurrence dans l'histoire économique


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Publié le 01 octobre 2007
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Langue Français

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DOSSIER I I
LA CONCURRENCE I I
LACONCURRENCEDANS L’HISTOIREÉCONOMIQUE
La concurrence économique, rivalité entre les hommes et les groupes sociaux, a évolué à travers les âges, parfois encouragée, parfois contrôlée. Son étude théorique ne se développe e vraiment qu’avec la naissance de la science économique auXVIIIsiècle. Depuis, la vision néoclassique traditionnelle et statique s’oppose à la vision dynamique de l’École autrichienne.
Auteur
Jacques Brasseul*
a concurrence entre les hommes et les groupes L qu’ils forment, dans le domaine économique ou ailleurs, est une réalité millénaire, des tribus de chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire, en riva-lité pour des territoires, jusqu’à la concurrence actuelle entre entreprises, élargie par la mondia-lisation. Elle imprègne profondément la sphère économique de nos sociétés actuelles. Les prix, les revenus, les méthodes de production, le choix des produits, la quantité, la taille des firmes, leur organisation, la répartition, etc., tout découle en effet de processus compétitifs. On peut la définir comme la situation où « les acteurs économiques sont libres d’offrir et de demander des biens, services et facteurs de production sur les marchés ». Mais si les pratiques concurrentielles sont aussi présentes, si elles constituent une pratique immémoriale, l’étude de la concurrence et les théories qui ont été formulées à son propos sont beaucoup plus récentes.
LA CONCURRENCE DANS L’HISTOIRE DES FAITS ÉCONOMIQUES
Les sociétés mésopotamiennes, deux mille ans avant notre ère, se caractérisent par une grande liberté économique ; on a parlé à leur égard de « système économique libéral précapi-Les civilisations taliste » (Maillet, 1952), dans un cadre maritimes juridique garantissant la protection développent des échanges, des contrats et des des pratiquesdroits de propriété, illustré par le commerçantesfameux code d’Hammourabi. Par la qui impliquentsuite, les civilisations maritimes, celles des Phéniciens et des Grecs par une concurrence exemple, développent des pratiques généralisée commerçantes qui impliquent une concurrence généralisée. L’Égypte antique est par contre une société centralisée où l’État pos-sède tout, depuis les terres, les mines jusqu’au
ÉCONOMIEetMANAGEMENTOctobre 2007n° 125 I I I I
monopole du commerce extérieur, il s’agit d’une « économie de commande », basée sur la tradi-tion et l’autorité. Rome est un empire à la fois terrien et maritime, combinant des aspects centralisés et étatiques avec des pratiques commerçantes et concurrentielles. Cependant, c’est là qu’apparaissent les groupements de métiers, qui auront une importance considérable au Moyen Âge. La chute de l’Empire romain est suivie de longs siècles d’insécurité et de recul en Europe, les activités se replient derrière les murs des villes et s’organisent sur le modèle des corporations, sorte de professions fermées, limitant la concurrence et l’innovation. Le renouveau du Moyen Âge, à partir de l’an mille, n’empêche pas le maintien des corporations, même si les foires et les mar-chés sont des lieux de concurrence, mais elles apparaissent comme des exceptions, des paren-thèses, dans un univers très réglementé et protégé. Aux Temps modernes, à partir du e XVsiècle, l’affirmation des États-nations et des monarchies absolues établit une paix civile, favo-rable à l’essor des activités économiques. Une délocalisation des productions vers le monde rural est alors possible, grâce à la paix du roi, à la police du roi et à la justice du roi. Le développe-ment des industries rurales, leputting-out system, caractérise toute la période, jusqu’à la e révolution industrielle duXVIIIsiècle. Les activités manufacturières quittent aussi les villes pour échapper aux réglementations trop contrai-gnantes des corporations et, en même temps, pour trouver une main-d’œuvre moins chère, plus docile, des sources d’énergie et des matières premières. La concurrence caractérise ce mode de production manufacturée, et la liberté écono-mique – liberté de produire ce que l’on veut,
*Professeur émérite à l’université du Sud, Toulon-Var.