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  • redaction - matière potentielle : respectives sur chaque point du parcours
  • fiche - matière potentielle : parcours
Rencontre de Trouville VI, 18-19 septembre 1993 Comptes rendus Groupe de liaison pour l'action culturelle scientifique via.ïoo.xl.33
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  • question

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Langue Français
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Exrait

Rencontre de Trouville VI, 18-19 septembre 1993
Comptes rendus
Groupe de liaison pour l'action culturelle scientifique via.ïoo.xl.33 La sixième rencontre du GLACS à Trouville, les 18-19 septembre 1993, a réuni
première fois, autour du projet "Victor entre Ciel et terre", les groupes de pour la
travail de Dakar et de Paris, dans le but de démarrer un programme de production
précis.
Pour préparer ce week-end, les participants ont reçu plusieurs documents :
- un Recueil vert de fiches-parcours, un peu lourd à manier, qui rassemble nos
rédactions respectives sur chaque point du parcours (Grib.i05),
- un schéma préliminaire de ce parcours, sans commentaire (Grib.110).
Tous les participants ont été invités à formuler, dans leur feuille d'inscription, des
questionnements et des suggestions d'illustrations. Ceux-ci ont été regroupés
dans le "Cahier de Trouville", distibué sur place, afin que chacun puisse réagir
sur ce fonds et que se dégagent les interrogations dominantes, les images
préférées.
De ce week-end riche et dynamique, nous n'avons retenu dans le présent
document que les éléments susceptibles de nourrir nos réalisations - exposition,
livre(s), ateliers - et ceux qui éclairent les positions des Victors et des autres,
"ceux qui ont du Victor en eux". Il doit pouvoir être utilisé comme une sorte de
Vademecum, référence commune à tous ceux qui travaillent à ia fabrication du
projet.
Marie-Simone Detoeuf
Henri-François Dauphin
Ce document englobe ou remplace les Gribs 110 à 115 Ont participé à cette réunion :
Jacques Audinet, Geneviève Brunet, Henri-François Dauphin, Marie-Simone Detoeuf,
Souleymane Bachir Diagne, Marcel Froissart, Neil Gurry, Viviane Perrier,
Sabrina Noun, Geneviève Selle, Victoria Toulet-Blanquet, Françoise Tully
N'ont pu participer :
Serigne N'Diaye, Bernard Rérolle
Table
1. Séances générales Page
1. Extraits des échanges sur l'ensemble du projet 4
2. Les livres d'accompagnement 12
14 3. Les ateliers
14 4. A propos de i'européocenmsme du projet
Souleymane Bachir Diagne
2. L'exposition : à propos du parcours
- Approche générale
1. Victor des commencements
ii. Victor méditerranéen
ID. et la naissance de la science moderne
IV Victor et la science homphante
V. Aujourd'hui Victor
On trouvera pour chaque séquence
- le rappel du parcours proposé (Grib.110)
- les propositions des sous-groupes de travail (pour les séquences 2,3,4)
- les interrogations principales du "Cahier de Trouville" (feuilles saumon)
- les images préférées du "Cahier de Trouville" (feuilles vertes)
Annexe 1. Séances générales
1. Extraits des échanges sur l'ensemble du projet
Ces extraits suivent le fil des débats en séances générales du samedi et du dimanche.
Pour aider à la clarté, on a parfois regroupé les idées. Certains des propos concernent
plus directement l'exposition, d'aunes sont à retenir pour le livre.
Les textes en italique introduisent les réactions écrites, "de raison ou dëmotion", des
participants.
Après l'accueil des participants par Marcel Froissart, Marie-Simone Detoeuf présente le
groupe sous forme d'un conte où apparaissent les liens, faits d'heureux hasards et de
volontés personnelles, tissés entre le groupe de Paris, Nice, et celui de Dakar.
- Pour quelqu'un qui comme moi, trouve que la vie n'arrête pas de transformer les
hasards en nécessité, j'ai eu le sentiment d'une décision au-delà de nos volontés de
nous faire mus rencontrer ainsi, enne ciel et terre ...(B SD)
- Moment d'émotion intense à cette histoire de la Dame à la moutarde. Comment
aurais-je pu deviner l'aventure oZ1 aller me mener none cabotage en pirogue ? La vie
est une étrange, cruelle er merveilleuse aventure ...
Puis Geneviève Brunet rappelle qui est notre héros Victor : "personne de savoir-faire,
mais qui n'offre pas de savoir au quotidien, qui n'a pas de clé d'entrée en ce monde. Ses
zones d'ignorance le font rêver, il y tient mais il peut aussi rêver devant un monde de
scientifiques s'il est empreint de poésie. Il est curieux et prêt à se laisser ébranler dans ses
quelques certitudes, il est prêt à toutes les aventures" ...
Victor absent
Dans le parcours proposé (Grib.110) Victor est absent émotionnellement : il n'a ni chair, ni
mpes, ni coeur, remarque Victoria Toulet-Blanquet. Il faudra ressusciter ce Victor
archaïque qui avait une densité émotionnelle qui manque ici. Voir par exemple la
séquence du rire dans le fim La Guerre du Feu. Peut-être y a-t-il là un peu de féminisme,
car, comme beaucoup de choses, le rire s'apprend par 1a.femme.
Notre Victor ne fonctionne qu'avec sa tête. Il est intello ...
F. Tully. Manque aussi l'enfant, et les émotions qui vont avec.
S. Nouri. Victor a besoin de rêve. Pourquoi ne pas laisser des questions qui font rêver
même s'il n'y a pas la réponse ? Notre savoir (SN) est acquis de façon désordonnée, nos questions fusent dans tous les
sen. Est-ce que des schémas de parcours trop précis, trop cadrés ne bloquent pas ? Si on
prévoit une construction horizontale trop serrée (par exemple, à partir du temps, de
l'espace), si on quadrille tout, on ne peut plus bouger.
On propose de prévoir des flashes, des digressions pour casser un discours trop linéaire.
Ordre et désordre
Geneviève SelldViviane Perrier. Peut-on introduire un dynamisme dans le parcours en
montrant le jeu de "l'ordre" et du "désordre" à travers les 5 moments de I'expo ?
Comment le désordre, l'effervescence des idées viennent-ils troubler à un moment donné
l'ordre établi, créant des ruptures qui permettent d'établir de nouvelles cohérences, un
nouvel ordre, de nouveaux repères ?
FT. Les termes "ordre", désordre" me gênent mais l'idée de ruptures, de déséquilibre qui
amènent un nouvel équilibre est dynamique.
Vérité et mythe
MF. Tout ceci est très juste : les grandes évolutions cultureUes de l'humanité se sont faites
par des remises en cause fondamentales. Dans notre parcours, chacune des étapes
commence par un mouvement de bouillonnement, de remise en cause, de désordre si l'on
veut. Ceci se traduit, non pas par un progrès, mais, je dirais, par un changement de
nature de la vérité, c'est à dire que la vérité d'une culture n'est plus la vérité d'une autre
culture. D'où la question : qu'est-ce que la vérité ? comment définir la vérité ?
Pourquoi la vérité ici, pourquoi le mythe là ? Quelle est la différence entre la vérité et le
mythe ? Le mythe, c'est la vérité d'une autre culture ... Chaque culture a son système de
vérité qui est cohérent pendant un certain temps puis qui se lézarde, s'effondre et donne le
jour peu à peu à une nouvelle structure un peu stable de vérité.
SBD. Deux idées se sont télescopées : pour Geneviève et Viviane, il y a une dynamique
qui naît du désordre : désordre productif, désordre producteur ; pour MF, il s'agit d'un
schéma, d'une cohérence bien établie qui se brouille, se perturbe, puis un nouveau
schéma se superpose à l'ancien, l'efface, etc.
Optimisme, pessimisme ? Qu'offrons-nous à Victor ?
Peut-on vivre sans espérer qu'au désordre succèdera un ordre ? Non (MF).
Qu'allons-nous proposer à Victor ? : "Le monde repose sur nous" ... C'est une belle
citation, mais comment la mettre en oeuvre ? Comment Victor peut-il passer de ce
discours à celui de la responsabilité ? Ce n'est pas facile. Victor du Ciel, Victor de la Terre
MSD. Deux Victors existent : un Victor "pour qui toutes les espérances sont logées sur la
Terre" (SBD), l'autre qui, même s'il n'a pas de foi précise, même s'il est en désaccord
avec les religions instituées, "projette des espérances dans le Ciel." II faut que nous
puissions parler aux deux.
Pour SBD, il ne faut pas trop s'inquiéter de ces différences car les Victors sont, par
définition, curieux de tout. Quelqu'un qui logerait ses espérances sur Terre peut aussi être
curieux de la part de poésie et de rêve, des projections religieuses que le Ciel peut
évoquer.
Jacques Audinet. Il est assez facile de montrer une Terre sans Ciel, un Ciel sans Terre
mais beaucoup plus difficile de montrer autre chose plastiquement. Comment évoquer
qu'on ne s'enferme pas dans ces deux catégones ?
MF. Il n'est pas question d'évoquer ces catégories, mais de s'adresser à un public qui a
ce genre de fonctionnement.
JA. C'est aussi une possibilité pour nous d'évoquer autre chose ... Mais ce ne me paraît
pas aisé. Par exemple, le mot ciel est très connoté.
MSD. Un poète peut évoquer "celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas" et
englober de façon non enfermante de vastes catégories.
Est-ce une question modeme ? (GS) Dans La vie de Galilée, la pièce de Brecht, Dieu est
en nous ou nulle part. A l'époque beaucoup devaient vivre ce désordre dans leur tête.
Nous avons gagné la liberté.
Un autre discours face à la science
MF. La situanon est en voie de s'inverser ... On commence à s'apercevoir que la science
ne peut pas répondre à un ensemble de questions, donc il faudra bien adopter une
démarche qui sera autre chose, en dehors de la science. Par conséquent le discours
dominant d'aujourd'hui - Victor sur Terre, une Terre sans Ciel - purement scientifique,
commence à montrer le bout de l'oreille. Il y a peut-être d'autres discours qu'il va falloir
apprendre à tenir.
Le discours d'Edgar Morin, par exemple (Terre-Patrie), commence à dater. La science
sera un discours mais il faudra le compléter par d'autres discours, pour parler de
à la science. l'homme, de choses qui ne sont pas accessibles
Ce point, intéressant pour Victor, serait à éclaircir.
Les questionnements Notre groupe se définit comme fait de "Victors" et de "ceux qui ont du Victor en eux",
par ailleurs spécialistes de quelque domaine.
Pourquoi ceux-ci ne posent -ils pas de questions? Pourquoi l'ensemble du groupe a-t-il
une telle dificulté à exprimer ses interrogations, exerce-t-il une telle censure à I'égard de
sa sensibilité ? Est-ce occidental ?
Les feuilles d'inscriptions demandaient des questions, des réactions. Seuls les Victors,
tant bien que mal, en s'entr'aidant les uns les autres, ont réussi à en formuler. Les autres
se sont tus ou ont proposé des fils directeurs, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Geneviève attaque bille en tête : Ma question s'adresse aux plus savants : est-ce que, après
toutes ces années de travail, vous vous sentez un peu Victor comme les autres, par
rapport à des questions nouvelles pour vous, ou vous sentez-vous toujours à l'écart ?
MF. Je dois dire que j'ai beaucoup de mal à me sentir Victor.
JA. Il me faut du temps pour me sentir Victor.
VTB. Pourquoi cette difficulté ? Vous savez tout ?
MF. Non, je connais bien mes lacunes, mais pour moi l'ensemble des connaissances que
j'ai sur le monde fait un ensemble raisonnablement construit. Si j'ai besoin
d'information, je vais la chercher et la mets à l'endroit qui me convient. Ceci complète
i'édifice, je n'ai pas cette impression de chaos et de désordre.
GB. A aucun moment ? Il n'y a pas de regard d'avancée très savante sur le monde qui
vous désarçonne ?
MF. Ca peut m'intéresser, me surprendre, ça ne me désarçonne pas. Je complète
i'édifice.
GB. Et si c'est un regard complètement opposé ? Etes-vous prêt à avoir des failles ?
MF. J'ai des failles, je les connais. Par exemple, je sais que je ne peux pas introduire
d'émotion dans mon discours. Mais j'essaie de me comporter quand même
raisonnablement ....
- Emotion à la découverte de ce grand Victor qui se dit sans émotion , et cependant
désireux d'aider les petits Victors, par son enthousiasme et sa recherche d'un
échafaudage (bambou, et non fer) dans lequel on saurait où situer des réponses à
nos quêtes, a nos interrogations.
- Emotion : l'intensité du silence qui a suivi I'interpellation de Geneviève, puis la
sincérité de Marcel.
- On a gagné !Les Victors parlent librement, même aux savants. Merci à Geneviève,
merci à Victoria. Moi aussi, être hybride, ni savant ni Victor je parle.
- J'ai pour la première fois ressenti très fort que la parole pouvait circuler entre
savants et ignorants, entre Victors et non-Victors. Moi Victor me suis sentie plus
digne d'exister et plus détendue, moins intimidée par les savants. Et Bachir, "qui a accès à l'émotion" (GB), à quel moment se sent-il Victor, à quel moment
se sent-il savant ?
BSD. A peu près en même temps. En gros,je suis d'accord avec Marcel : nous avons une
organisation globale qui fait que ce qu'on ne sait pas, on saurait où aller le chercher, et on
le situe relativement bien dans l'architecture globale de ce qu'on sait. On voit les trous.
C'est moins angoissant. Mais le sens que les gens investissent dans ce que nous savons
me désarçonne et j'ai toujours envie d'entrer dans la même perspective de signification
que la leur.
MSD. Devant les questions du Victor archaïque, les questions éternelles sur la vie,
l'angoisse de la mort, une construction, même solide, permet -elle de fonctionner ?
Un cadre de pensée, une architecture
MF. Ce que j'essaierais de faire partager à Victor dans ce travail, c'est une espèce de
cadre où il puisse accumuler les informations, les expériences de façon cohérente,
structurée plutôt que d'être envahi par des informations qui lui mivent de tous les bords
et dont il ne sait pas quoi faire parce qu'il ne sait pas comment la ranger, à quelle poutre
de la charpente il doit la ranger. Au lieu de faire quelque chose qui s'enrichit, ça fait un
tas d'immondices qui ne fait que croître ...
MSD. Immondices ... il y a parfois des perles. Mais où vient l'émotion, qui est une source
de connaissance ?
MF. Je ne pense pas que l'émotion soit une source de connaissance.
MSD. La connaissance, cela veut dire "naître avec"". (Et l'émotion, dit Michel Serres,
c'est ce qui vous "lance en avant"). Comment mettre du dynamisme, de la vie dans une
structure, nécessaire certes ?
GS. Comment communiquer à Victor de Senthousiasme, de la curiosité ?
VTB. Et ce petit Victor, il vous énerve ou il vous touche ?
MF. Il me touche. Je le vois engranger de l'information tout de travers et ne pas savoir
quoi en faire alors que si on a un cadre conshuit, l'information se renforce, se case, se
hie et fait un tout cohérent. Il suffit de pas tellement grand chose pour avoir un cadre
conceptuel satisfaisant.
*
Selon Littré. connaître vient du latin gnoscere - cf. la gnose - tandis que naîlre vient de nascere Un outil de décryptage
MSD. Ce cadre, c'est ce que Victor demande dès le départ : comment mer ?
MF. Il faut aussi apprendre à rejeter. On a essayé dans les points 2,3,4 de faire apparaître
le lieu d'où parlait la religion, d'où parlait la science et la technique avec un certain recul
pour dépassionner le débat. Dans la séquence 5, Victor est en prise avec tout cela.
Comment peut-on l'aider à organiser ces différents types de discours qu'il subit ?
Comment forger un outil qui permet de mieux-être (FT), de donner du sens aux choses,
de lire au deuxième degré (MF) ? Savoir de qui la personne qui parle ou écrit s'autorise.
Beaucoup de scientifiques jouent sur ces deux registres : glissement d'une parole de
scientifique à une parole de philosophe ou de prophète.
Que peut-on livrer comme outil de wvail à Victor dans ce point 5 ?
SN. Un peu de scepticisme. Lui montrer que les discours des scientifiques ne sont pas
nécessairement utiles.
MSD. L'introduction du doute dans le discours religieux, ce serait aussi intéressant.
MF. La clé principale, c'est d'essayer d'identifier les différents types de discours.
L'inquiétude spirituelle
VP. J'aimerais qu'on développe l'inquiétude spirituelle, qui me semble un des points
important du point 5. Les Victors d'aujourd'hui sont déboussolés par manque de
références, ils éprouvent une certaine méfiance à l'égard du discours de l'Eglise, je parle
du Victor européen.
MF. Je pense qu'on ne peut pas prendre parti dans I'expo : le maximum qu'on peut faire,
c'est de dégager cet aspect du discours, des clefs pour décoder.
JA. De quoi nous autorisons-nous pour parler ?
MSD. De nos propres questions.
JA. Dans ce cas il faut qu'on le dise.
C'est un débat permanent. D'une part j'ai besoin de cadres, de repères. Mais dans le
point 5 il y a un autre pôle, autre chose qu'une simple mise en place, une simple
relativisation. Comment le définir ? dans quoi puis-je l'ancrer ?je ne peux pas imposer
ma propre tradition, ma propre croyance. Puis-je l'ancrer en posant différents points de
vue : Bachir, son enracinement islamique, moi mon enracinement chrétien ? Ou l'ancrer
dans un certain nombre de questions très fondamentales de l'humanité, la vie et la mort,
la relation à l'autre, etc. Je n'emploie pas bien le mot "spirituel" mais je pense que ça
touche à ça.
Comment établir un va-et-vient entre le pôle rationnel, le pôle de la connaissance
ordonnée, et le pôle du questionnement devant lequel je ne suis plus un savant, mais aussi paumé que tout le monde ? Une des voies que je perçois c'est la poésie, un discours
qui sera d'un autre type que le discours explicatif.
Pour moi, le point 5 c'est cette articulation entre ces deux points de vue ...
MF. Pourrait-on montrer que nous portons tous en nous des Victors des diverses
périodes évoquées, des couches, des strates, de l'homme préhistorique à celui qui
découvre la raison, la science, la technique, ce qui unifierait 1,2,3,4 : une image de
poupées gigognes, comme dans le cerveau ...
MSD. Ou un échafaudage en bambou, solide et fragile ...
N'est-ce pas un lapsus ? (MF). Non, voir les échafaudages en bambou qui
permettent dëdifer les gratte-ciels de Hong Kong.
Le temps des ébranlements
SBD. On pourrait faire une nomenclature des différents ébranlements, ce qui
il y a des ébranlements objectifs : les mathématiques n'ont plus déculpabiliserait Victor.
de certitudes, la physique non plus. L'absence de repères n'est pas spécifique à Victor.
Montrer, comme pour le XIXo siècle, par quelques flashes, que ces ébranlements-là ont
eu lieu aussi bien dans la connaissance scientifique que dans la personnalité des gens. Le
freudisme n'a donné tous ses effets qu'après.
Montrer à Victor que ses ébranlements, ses propres incertitudes ne sont pas un manque
qu'il suffirait de combler, mais une situation du monde aujourd'hui.
LeXIXo siècle - on en parlait en citant Poincaré : "On saura tout demain ..." - était
programmé. En gros, ce qu'on ne savait pas était programmé. Alors que le XXo déhuit
l'idée que la certitude est au bout du chemin, si long soit-il. Il démontre que ce n'est ni
l'affaire de 10 000, ni même de 100 000 ans. Les mathématiques démontrent de manière
positive que ce qu'on attendait vendredi ne vient pas, mais dimanche non plus.
MSD. Serait-ce la perplexité ? (référence au Salon de Trouville, 1990)
SBD. Je n'osais pas le dire. La perplexité serait alors une attitude subjective face à une
situation objective, et pas seulement le fait d'être paumé.
MSD. Je trouve là à peu près ce que je cherchais dans ce travail. Toute ma vie j'ai été
affrontée à deux types de certitudes, deux énormes blockhaus : dans ma jeunesse la
certitude religieuse, qui avait réponse à tout, et puis la certitude de la science.
VP. Oui, on vivait dans un monde qui paraissait organisé, apte à répondre à nos
questions, sur le sens de la vie, de la mort. A partir du moment où on remet en cause ces
convictions, l'édifice est fissuré, on ne sait plus où se diriger, on est seul dans le dése rt...
"Déculpabiliser les Victors qui se sentent exclus de la science (difficulté à
comprendre), ou de la religion (difficulté à "croire"), ou de l'art (dificulté d
"ressentir"), etc.