Corrigé BAC S 2015 Histoire-Géographie

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BACCALAURÉAT Série : SCIENTIFIQUE Épreuve : HISTOIRE-GEOGRAPHIE Session de juin 2015 Durée de l’épreuve : 3 heures Coefficient : 3 PROPOSITION DE CORRIGÉ 1 Propriété exclusive de Studyrama. Toute reproduction ou diffusion interdite sans autorisation Eléments officiels à connaître pour évaluer votre copie :  A titre purement indicatif : la première partie (majeure) peut être notée sur 12 points, la deuxième sur 8 points (mineure). Mais « l’évaluation de la copie du candidat est globale », de façon à ce qu’une prestation brillante ici puisse compenser des faiblesses ailleurs.  le barème de correction n’est pas un barème dégressif, avec des points en moins à mesure qu’on s’éloigne d’une production idéale ; il est au contraire cumulatif. Comme les correcteurs ont pour consigne d’utiliser effectivement toute la palette de la notation, même avec quelques lacunes il devient possible d’approcher (voire d’atteindre…) la note maximale : 20/20 !  La note prend en compte des éléments de valorisation, soit des contenus et des qualités qui ne sont pas attendus d’un candidat au baccalauréat. Crs éléments entraînent l’attribution de points supplémentaires par rapport à la note globale : - bonne compréhension du sujet, de la problématique et du contexte ; - existence d’un raisonnement, d’un esprit critique, apport de connaissances personnelles précises.

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BACCALAURÉAT





Série : SCIENTIFIQUE

Épreuve : HISTOIRE-GEOGRAPHIE


Session de juin 2015


Durée de l’épreuve : 3 heures
Coefficient : 3

PROPOSITION DE CORRIGÉ
1
Propriété exclusive de Studyrama. Toute reproduction ou diffusion interdite sans autorisation

Eléments officiels à connaître pour évaluer votre copie :
 A titre purement indicatif : la première partie (majeure) peut être notée
sur 12 points, la deuxième sur 8 points (mineure). Mais « l’évaluation de
la copie du candidat est globale », de façon à ce qu’une prestation
brillante ici puisse compenser des faiblesses ailleurs.

 le barème de correction n’est pas un barème dégressif, avec des points
en moins à mesure qu’on s’éloigne d’une production idéale ; il est au
contraire cumulatif. Comme les correcteurs ont pour consigne d’utiliser
effectivement toute la palette de la notation, même avec quelques
lacunes il devient possible d’approcher (voire d’atteindre…) la note
maximale : 20/20 !

 La note prend en compte des éléments de valorisation, soit des
contenus et des qualités qui ne sont pas attendus d’un candidat au
baccalauréat. Crs éléments entraînent l’attribution de points
supplémentaires par rapport à la note globale :
- bonne compréhension du sujet, de la problématique et du contexte ;
- existence d’un raisonnement, d’un esprit critique, apport de
connaissances personnelles précises.
- bonne maîtrise de l’expression écrite et du vocabulaire de la discipline
- présence d’un schéma, d’un croquis.
 Les exigences sur la structure des exercices comme la précision des
réponses et de la problématique sont moindres en série S, du fait du
temps imparti (1 heure de moins que pour les séries L et ES).

Première partie (composition)
Sujet 1 – Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Eléments pour l’introduction :
- Rappeler que la mondialisation est un processus géohistorique,
longtemps marquée par la DIT (division internationale du travail)
inégalitaire Nord-Sud. Intégration à la mondialisation n’est pas synonyme
de développement (zones grises).
- Précisez l’échelle des territoires : échelle mondiale (le sud), continentale
(l’Afrique), nationale (fractures territoriales), voire locales. Il y a une
gradation dans l’intégration, entre les centres d’impulsion que sont les
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mégalopoles de la Triade, et des îles ou cœurs continentaux encore peu
mondialisées.
- Débat sur la géographie de la mondialisation : les territoires continus
sont concurrencés par les réseaux.

I- La mondialisation repose sur des centres d’impulsion qui tendent
aujourd’hui à se diversifier au-delà des trois pôles de la Triade mis
en valeur par K. Ohmae en 1985.

A) Les facteurs de l’intégration :
- La capacité à innover, à produire de la science fondamentale ou des
événements mondiaux.
- La connexion à l’extérieur, physiquement (ports, aéroports) ou
virtuellement, permettant émission et réception de flux.
- Le poids des FMN dans l’économie mondiale, mais aussi d’Etats puissant
capables de consolider l’intégration dans le mondialisation, par exemple
en créant des zones franches.

B) Au cœur de la mondialisation : Triade et émergents de premiers rangs
- L’avance historique : EU, Union européenne, Japon
- Les BRICS : des émergents de premier rang (Brésil, Russie, Inde, Chine,
Afrique du Sud).
- Les pétromonarchies du Golfe (en voie de diversification)

C) A une échelle plus fine : des territoires plus ou moins intégrées
- Les mégalopoles : fortes densités, concentration des axes de transport,
des « villes mondiales », de la population.
- EU : opposer la mégalopole Boston-Washington, à la « diagonale
intérieure)
- Japon : la mégalopole plus intégrée que le « Japon de l’envers).
- Oppositions encore plus marquées au sein des BRICS. Développez ici un
exemple (Chine des provinces côtières – Chine intérieure : écart en voie
de réduction ; Sudeste décisionnel contre Nordeste sous-développé au
Brésil).
- Ne pas oublier l’échelle locale : Mumbaï (Inde), mégapole des contrastes
entre bidonvilles (Dharavi) et front de mer hyper mondialisé.

II- En dehors des centres d’impulsion, un gradient d’intégration va des
émergents de second rang aux Pays les moins avancés, qui sont aussi
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souvent les moins mondialisés.
A) L’émergence : la voie vers l’intégration.
Plusieurs modèles à rappeler rapidement : remontée des filières
(Industrialisation par promotion des exportations) ; exportations
énergétiques (pétromonarchies), rente touristique, minière ou agricole, les
cumuls étant fréquents.
Comme exemple d’acronymes de néo-émergents : CIVETS (Colombie,
Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie, Afrique du sud), PPICS (Colombie,
Ind Pérou, Philippines, Sri Lanka), MINT (Mexique, Indonésie, Nigeria,
Turquie).
Ne pas oublier l’Afrique : Kenya, Tanzanie, Zambie, Ethiopie.

B) Emergents à proximité des centres : les périphéries proches
Mexique : l’effet ALENA (Mexamérique)
UE : partenariat (UPM, Partenariat oriental, Turquie)
ASEAN : DIT asiatique avec le partenariat avec Chine, Japon, Corée du Sud.

C) Des espaces en marge :
Sibérie (sauf ponctuellement), Afrique sahélienne enclavée (mais néanmoins
mondialisés, iles isolées, comme les îles Andaman (Inde), choix politique
(Corée du Nord).

III- L’intégration est liée aux grandes dynamiques géographiques de la
mondialisation

A) littoralisation :

- capacité à accueillir de gros navires « porte-conteneurs » ; cumulent
différents types d’activités : industrielles, portuaires, tertiaires,
touristiques.
- Développer un exemple parmi les trois plus puissantes façades maritimes
: range nord-européen, façade atlantique de l’Amérique du Nord, façade
maritime d’Asie orientale.

B) Métropolisation

Evoquez la thèse de l’AMM : archipel Mégalopolitain mondial.
Réseaux de villes mondiales elles-mêmes hiérarchisées, et déconnectées de
leurs territoires nationaux. Caractéristiques : sont des hubs, concentrent les
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sièges des FMN et les activités de tertiaire supérieur (CBD) et de recherche
(technopole).

C) Zones grises : l’intégration non contrôlée

Paradis fiscaux.
Economie illicite : Sahara, Région des trois frontières (Brésil, Paraguay,
Argentine).
On pourra développer l’exemple d’une région productrice de drogue
(Afghanistan, Colombie).



Sujet 2 – Le Sahara : ressources, conflits.
Eléments pour l’introduction :
- Un espace immense (8,5 millions de km²), aride, qui s’étend sur une
dizaine d’États, de la Mauritanie à l'Egypte, Etats qui au sud sont presque
tous des PMA, donc faibles.
- Une population (vallée du Nil exclue) estimée à 7 millions d'habitants
(densité inférieure à 0,4 h/km²). Peuplement principalement constitué de
nomades islamisés, comme les Touaregs (Mali, Algérie, Niger).
- Mondialisation ancienne de cette interface entre Sahel et Méditerranée,
aujourd’hui marquée par l’implantation de groupes terroristes.
- Des ressources essentiellement contenues dans le sous-sol (pétrole dès
les années 50, uranium).
- Précisez (car telle est la problématique) que les conflits ont pour enjeu
(non exclusif) l’accaparement des ressources. Les ressources : facteur
potentiel de croissance mais aussi cause ou moteur de conflits multiples.

I- Les ressources du sous-sol ont été une aubaine, voire la base d’une
stratégie de développement, pour des Etats sahariens soit enclavé et tournés
vers le sahel, soit ouverts au Nord sur la Méditerranée.

A) L’eau : ressource rare et convoitée
Moins de 150 mm d’eau par an (mais fortes irrégularités intra et inter
annuelles) ; plateaux et montagnes (Hoggar, Tibesti) plus arrosés. Les oasis,
espaces de vie et d’échanges, constituent des points stratégiques vitaux et
très convoités.
Ressource traditionnelle : eau des nappes phréatiques, permettant élevage
(chameaux, vaches, chèvres, moutons, ânes) et cultures d'oasis (dattes).
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Mais eau aussi présente sous forme d’immenses réservoirs souterrains
(aquifères fossiles), notamment en Libye, où les pôles urbains côtiers sont
alimentés par la GRA (Grande rivière artificielle), construite sous Kadhafi.

B) Gaz et pétrole : dès les années 1950.
Les hydrocarbures, acheminés vers la côté par oléoduc ou gazoduc :
fondements des stratégies de développement de l’Algérie et de la Libye
depuis les années 1960. Mais aussi producteurs plus récents (Tchad,
Soudan). En projet (actuellement compromis : production massive
d’électricité solaire (projet Desertec) pour le marché européen).

C) Sous-sol riche : phosphates (Maroc), minerais divers (fer en Mauritanie,
or au Mali, cuivre et étain au Niger, uranium surtout : Mali, Niger),

II- Les ressources du Sahara sont convoitées à différentes échelles, ce qui
alimente tensions et conflits.

A) Entre Etats de la région : conflit du Sahara occidental, qui dure depuis
quarante ans (Maroc contre la Mauritanie et contre les nationalistes du
front Polisario).Présence de phosphate dans la région ajoute un enjeu
économique à la question territoriale.

B) Entre multinationales des pays développés et des États émergents.
Il faut ici développer un ou deux exemples, sans prétendre être exhaustif.
Les trois principaux acteurs étatiques extérieurs : France, Chine, Etats-Unis.
France : Niger assure un tiers de son approvisionnement en uranium
(Areva), enjeu d’une concurrence avec les États-Unis et la Chine.
Chine : se lance dans la construction d’infrastructures, à une intense
activité de prospection (hydrocarbures, minerais) au Mali et au Niger, ce qui
engendre des rivalités avec la France.

C) Au sein des Etats, souvent en corrélation avec le jeu des multinationales

Exemple du Soudan : guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan (2011 :
partition et Naissance du Sud-Soudan), les affrontements se poursuivent par
milices interposées.

Tensions souvent Nord-Sud : oppositions entre les Touaregs et les
marchands du sud (Mali, Niger) car captation par le sud de la rente des
matières premières.
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D’où la rébellion des Touaregs : en 2012, le Mouvement nationale pour la
libération de l’Azawad (MNLA), qui revendique le nord du Mali, s’est allié
avec des djihadistes d’AQMI.

III- Le Sahara est devenu une base arrière du terrorisme international, qui
capte ses ressources et s’implante territorialement, ce qui conduit à une
présence militaire occidentale et avant tout française dans la région.

A) Une zone grise sous l’emprise du terrorisme international
"Axe terroriste" s’étend de la Mauritanie à la Somalie en passant par le Nigeria,
le Mali et le Niger.
Acteurs : AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) ; entre 2003 et 2010, les rapts
lui auraient permis d’accumuler 70 millions d’euros. 2013 : prise d’otages du
site gazier d’In Amenas, sud Algérie : 38 morts !
2012 : offensive par des groupes islamistes au nord du Mali menace la capitale,
Bamako (intervention militaire de la France en 2013.

B) Le Sahara : lieu du combat antiterroriste occidental.
Les puissances occidentales interviennent militairement pour sécuriser la
région : armée française au Mali (2013, opération Serval), contre les
djihadistes, mais aussi pour sécuriser l’exploitation et le transfert des
ressources régionales (uranium du Niger). Le Livre blanc sur la défense et la
sécurité (2013) ne préconise plus le désengagement du continent.
Les Etats-Unis : sous-traitent la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue
aux États régionaux, qu'ils aident ; principal pourvoyeur d’aide internationale
en zone de peuplement touareg.

C) Le Sahara : une interface pour des flux illicites africains ou
sudaméricains, contrôlés par des cartels souvent alliés aux groupes
islamistes.
15 % du trafic mondial de cocaïne transiterait (depuis l'Amérique du Sud) par la
Mauritanie et le Mali (faible densité, faible surveillance des frontières, Etats
corrompus).
Acteurs concernés : cartels latino-américains, mafias italiennes, nigérianes et
ghanéennes, tribus arabes et touarègues, diasporas africaines en Europe.
D'autres trafic existent (voitures, cigarettes, essence, etc). Les groupes qui s'y
livrent sont souvent liés aux groupes djihadistes, qui perçoivent un tribut.

Deuxième partie : La Chine et le monde des années 1960 aux années 1980.
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Consigne : Comment le document montre-t-il l’évolution de la place de la Chine
dans les relations internationales depuis les années 1960 et comment
expliquet-il les changements de la politique chinoise qui sont à l’origine de cette
évolution à partir de la fin des années 1970 ? En quoi la place de la Chine dans
le monde après 1984 confirme-t-elle l’appréciation de ces deux journalistes ?

La consigne donne clairement le plan à suivre pour commenter le texte. Sauf si
elle présente une réelle valeur ajoutée, une introduction n’est pas utile ici.

Ces extraits d’un livre dû à deux journalistes français (dont l’un très connu,
André Fontaine, est alors directeur du journal Le Monde) retracent les trois
phases de la diplomatie chinoise, depuis l’avènement de la République
populaire au tournant lancé par le successeur de Mao (non nommé ici), Deng
Xiaoping. On peut repérer trois moments :

- La RPC alliée à l’URSS dans le cadre de la Guerre froide : allusion au traité
d’amitié signé à Moscou par Staline et Mao en 1950. Les EU sont
l’ennemi (Guerre de Corée, 1950-1953). La RPC développe aussi une
stratégie de séduction à l’égard du Tiers-monde : présence de Chou en
Laï à la conférence afro-asiatique de Bandoung en 1955).
- « Alliance de fait avec les Etats-Unis » : après la mort de Staline (1953), la
RPC s’éloigne progressivement de l’URSS : schisme sino-soviétique ;
précision possible : retrait des conseillers soviétiques en 1969, bataille
frontalière sur l’Oussouri en 1869. Conséquence : le principe de
géopolitique « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » se vérifie :
rapprochement avec les EU, marqué par la venue de Nixon à Pékin
(rencontre Mao).
- Après la mort de Mao : politique plus pragmatique, juste évoquée par le
texte (détente avec l’URSS, ouverture économique).




Ce pragmatisme a différentes causes, évoquées de façon assez allusive ici :
- Le « renforcement interne » renvoie à la nécessité de la « modernisation
économique » ; éléments de connaissances attendues : échec de
l’économie autarcique et étatisée et susciter un réel développement ;
tournant après la mort de Mao avec l’arrivée au pouvoir de Deng
Xiaopong (1978) : il lance les « quatre modernisations », une réforme
agraire, permet l’autonomie des entreprises, et surtout ouverture
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économique du littoral sud, avec la création des quatre Zones
écues spéciales en 1980.
- Le texte évoque aussi une « cohésion à maintenir » : on peut évoquer ici
l’importance des minorités dans la Chine des confins (Ouighours,
Tibétains), ou bien la révolution culturelle des années 1966-1969, qui a
profondément déstructurée la société chinoise.

La Chine de 1984 voit se multiplier les réformes économiques internes. La fin
du document évoque le début de l’ouverture économique : la création des ZES
(Shenzhen) est un succès : afflux d’IDE, surtout venant des dragons (Taïwan
notamment), qui profitent de la main-d’œuvre chinoise, docile et peu
couteuse, et du statut de zone franche des ZES. La Chine exporte de façon
exponentielle à partir des ZES (industries de première génération : textile,
jouet) ; c’est le début de l’émergence. En 1984, l’accord de rétrocession de
Hong Kong est signé entre la RPC et le Royaume-Uni. L’Occident comprend que
la RPC devient un partenaire indispensable, sur le plan géopolitique (ce qui
n’est pas nouveau), mais aussi sur le plan économique (ce qui est
véritablement novateur.



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