10 Espèces invasives
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Description

  • cours - matière potentielle : des dernières décennies
10 Espèces invasives Bruno Baur et Wolfgang Nentwig
  • espèces européennes
  • diminution de la diversité des espèces indigènes dans les écosystèmes
  • influence exercée sur les espèces indigènes
  • incidences sur la biodiversité
  • espèces allochtones
  • fond du rhin
  • écosystèmes aquatiques
  • prévisions relatives
  • rhin supérieur
  • espèces
  • espèce

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Langue Français
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Exrait

10 Espèces invasives
Bruno Baur et Wolfgang NentwigEspèces invasives 323
Résumé
L’accroissement de la mobilité à l’échelle planétaire et la mondialisation du com-
merce entraînent, depuis environ 500 ans, l’introduction volontaire ou fortuite d’un
nombre croissant d’espèces provenant d’autres continents dans de nouveaux habi-
tats. Une partie de ces espèces allochtones (néobiontes) exercent, au bout d’un
certain temps, une incidence négative sur leur environnement. Un impact écono-
mique, écologique et parfois aussi médical a été mis en évidence. Sur les 11 000
néobiontes d’Europe, au moins 805 sont présents en Suisse. 107 d’entre eux sont
aujourd’hui considérés comme des espèces invasives. Les néobiontes se caracté-
risent notamment par le long décalage dans le temps entre leur première appari-
tion et leur multiplication explosive. En général, les néobiontes ne deviennent inva-
sifs qu’après une phase d’acclimatation de plusieurs décennies ou de plusieurs
siècles. Par la suite, il est extrêmement difficile et très coûteux de les combattre
avec efficacité. Les néobiontes ont le potentiel d’exercer une influence négative sur
les espèces indigènes qu’elles concurrencent. Elles peuvent aussi agir comme des
prédateurs ou transmettre des pathogènes et des parasites, mortels pour les espèces
autochtones et non pour les néobiontes plus résistants. L’hybridation avec des
espèces autochtones apparentées peut provoquer la perte de l’identité génétique
des espèces indigènes. Aujourd’hui, les néobiontes sont considérés, à l’échelle mon-
diale, comme l’une des plus graves menaces pour la biodiversité indigène. Les es-
pèces introduites accroissent certes le nombre des espèces à l’échelle nationale
dans un premier temps; mais, par la suite, elles entraînent souvent une diminution
de la diversité des espèces indigènes dans les écosystèmes concernés.
Il faut juger indésirable une évolution de la biodiversité due à des espèces qui
contournent des frontières biogéographiquement infranchissables avec l’aide de
l’être humain. Ces espèces allochtones ne peuvent être considérées comme un enri-
chissement de la biodiversité locale, mais doivent être suivies de près et combattues
le cas échéant. Il n’en va pas de même des espèces européennes qui modifient natu-
rellement leur zone de diffusion à l’intérieur du continent européen. A l’heure
ac tuelle, par exemple, de nombreuses espèces méditerranéennes s’installent en
Suisse parce que le changement climatique a modifié les conditions de vie en leur
faveur. Ces espèces doivent être traitées comme des espèces autochtones.
Il importe désormais, d’une part, de mettre enfin en œuvre les dispositions
légales existantes et, d’autre part, de mieux informer les décideurs de la politique
et de l’administration ainsi que l’opinion publique sur la réalité scientifique liée aux
espèces invasives. Seuls un regain de sensibilisation de la population et l’ancrage
des principes de précaution et de pollueur-payeur, ainsi que la mise en œuvre
systématique de mesures, seront à même d’atténuer la menace grandissante que les
espèces allochtones et invasives représentent pour la biodiversité indigène.
Fig. 1 : Au cours des dernières décennies, le nombre de néobiontes et d’espèces invasives n’a cessé
de croître. Les néobiontes peuvent certes accroître le nombre des espèces recensées en Suisse,
mais dans les écosystèmes concernés, ils provoquent en général une diminution de la biodiversité
indigène. La photo du haut présente une rive intacte (Birse BL) ; sur la rive présentée en bas, la
renouée (Reynoutria japonica) prédomine (photos : Bruno Baur).324 Evolution de la biodiversité en Suisse
Tab. 1 : Facteurs d’influence liés aux espèces invasives. Toutes les prévisions relatives à la biodi-
versité se réfèrent au nombre d’espèces vivant dans une biocénose. Explication des signes : avant-
dernière colonne : cf. p. 411 ; dernière colonne : l’influence s’accroît.

Facteur d’influence Groupe d’espèces étudié Incidences sur la Evolution future
biodiversité du facteur
(jusqu’en 2009) d’influence
Concurrence Oiseaux, poissons, insectes,

mollusques, plantes à fleurs
Prédation Mammifères, oiseaux, reptiles,
↓ amphibiens, poissons, gastéropodes,
insectes, crustacés, plantes à fleurs
Pathogènes et Champignons, plantes à fleurs,

parasites crustacés, mammifères, oiseaux
Hybridation Poissons, mammifères, oiseaux,

plantes à fleurs
Tab. 2 : Evolution de la biodiversité sous l’influence des espèces invasives depuis 1900. Toutes les
prévisions relatives à la biodiversité se réfèrent au nombre d’espèces vivant dans une biocénose.
Explication des signes : cf. p. 411.
Incidences
Groupe d’organismes
↓Organismes aquatiques
Oiseaux ?
↓Poissons
↓Insectes
↓Crustacés
↓Plantes à fleurs

➤ ➤ ➤ ➤Espèces invasives 325
10.1 Invasions biologiques
Au cours de leur évolution, les espèces se sont adaptées aux conditions ambiantes
propres à leur milieu. Par rapport à leur aire de répartition naturelle, ces espèces
seront qualifiées d’autochtones. Les aires de répartition constituent toutefois des
structures dynamiques, surtout à leur périphérie. Au fil des périodes géologiques,
les conditions climatiques évoluent de même que les habitats et les aires de répar-
tition des espèces. Ainsi, la recolonisation postglaciaire des régions d’où s’étaient
retirés les glaciers entraîna, chez de nombreuses espèces, une extension de leur
territoire qui subsiste encore parfois aujourd’hui. C’est un processus naturel. De
même, les changements climatiques actuels donneront lieu à une modification des
aires de répartition de nombreuses espèces (cf. chapitre 11).
À l’inverse des changements de distribution d’origine climatique, la conquête et
la colonisation de nouvelles régions ont eu pour effet que de nombreuses espèces
animales et végétales se sont installées sur d’autres continents par l’intermédiaire
de l’homme. La barrière représentée par des frontières biogéographiques infran-
chissables, telles que déserts, océans et montagnes, a été contournée par l’introduc-
tion volontaire (plantes d’ornement, p. ex.) ou fortuite (marchandises importées,
p. ex.). Certaines espèces sont parvenues à s’établir dans des zones éloignées de
leur territoire d’origine. La découverte de l’Amérique en 1492 constitua le point de
départ des transports mondiaux de personnes et de marchandises.
Les espèces introduites dans de nouveaux milieux après 1492, intentionnellement
ou non, dans le cadre d’activités humaines, sont considérées comme allochtones ou
exogènes. En ce qui concerne les plantes allochtones, on utilise le terme de « néo-
phytes » ; chez les animaux, on parle de « néozoaires » et chez les champignons, de
« néomycètes ». Le terme générique désignant l’ensemble des organismes exogènes
est « néobiontes ».
Sur leur nouveau site, une partie des néobiontes peuvent connaître une forte
multiplication et exercer une influence négative sur leur environnement. Ces
e spèces dites invasives causent des dommages économiques et écologiques. Les
dommages économiques peuvent survenir sur le plan agricole ou forestier (mau-
vaises herbes, ravageurs, champignons ou pathogènes comme le feu bactérien sur
les arbres fruitiers, p. ex.) ; ils peuvent également affecter l’élevage (parasites,
maladie, p. ex.) ou l’infrastructure (obturation de conduites d’eau ou de serpentins
de refroidissement, p. ex.) ; ils peuvent enfin compromettre la santé de l’homme
(agents pathogènes, parasites, pollens ou blessures, p. ex.). Les dommages écolo-
giques sont liés à la mise en péril ou à l’éviction d’espèces autochtones par la
concurrence, la prédation ou la transmission de maladies ou de parasites. De
même, l’hybridation d’espèces allochtones avec des espèces autochtones apparen-
tées, qui perdent ainsi leur identité spécifique, compte parmi les répercussions
é cologiques négatives. La réduction de l

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