C Études et expertises mesures certifications essais

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C - Études et expertises, mesures, certifications, essais Chapitre 3 VALORISATION DES RECHERCHES Études et expertises Les études et expertises réalisées par le LCPC se concentrent essentiellement dans deux champs d'expertise : la pathologie, l'entretien et la sécurité des ouvrages à 75 % ; la conception, l'exécution, l'évaluation des ouvrages, à 22 %. Les champs risques naturels, environnement, génie urbain et exploitation et sécurité routière représentent à eux quatre environ 3 % des activités d'expertise, certains sous champs identifiés n'ayant donné lieu à aucune expertise facturée. En 2005, 87 dossiers d'affaires d'études et expertises ont donné lieu à la facturation à des tiers publics et privés. Parmi les interventions les plus remarquables du domaine d'ouvrages géotechniques, citons les études sur la stabilité des falaises de la RN 1 à l'île de la Réunion et d'un sol sous un héliport, des interventions sur les réseaux autoroutiers (A11 et A89), des études sur des modèles centrifugés d'ancrage et des chargements de pieux pour la construction d'ouvrages d'art en France et à l'étranger. Le LCPC a été également sollicité pour détecter d'éventuelles cavités sous la LGV Nord et suivre le comportement sismique de sol autour d'un tunnel. Dans le domaine des ouvrages d'art, le LCPC est intervenu pour des études sur le viaduc de Millau et le pont de Bourgogne, des calculs de comportement dynamique de structures (Cathédrale de Metz, plate-forme de Tramway), de l'assistance technique sur le pont d'Izeron et de St-Nazaire, des expertises sur ouvrages

  • méthode

  • développements considérables dans l'application des méthodes quantitatives du calcul de structures aux bâtiments historiques

  • sécurité des ouvrages

  • formation concernant le programme hdm pour la gestion des réseaux routiers des pays en voie de développement

  • développement

  • sécurité routière

  • analyses organiques avec éventuel appel

  • assistance technique sur le pont d'izeron et de st-nazaire


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Chapitre 3
VALORISATION DES RECHERCHES
C - Études et expertises, mesures,
certifications, essais
en Mauritanie, à Madagascar, au Cameroun, en Bosnie-Études et expertises
Herzégovine, au Swaziland, au Sénégal et au Tchad.
Les études et expertises réalisées par le LCPC
se concentrent essentiellement dans deux champs Expertise des bétons d’ouvrages d’art
d’expertise :
la pathologie, l’entretien et la sécurité des ouvrages Un béton durci subit l’épreuve du temps et peut
à 75 % ; évoluer en perdant ses propriétés initiales. Au fil de
la conception, l’exécution, l’évaluation des ouvrages, la surveillance des ouvrages, lorsque apparaissent
à 22 %. des signes précurseurs de faiblesse, le diagnostic fait
Les champs risques naturels, environnement, génie urbain généralement appel aux analyses physico-chimiques
et exploitation et sécurité routière représentent à eux quatre et minéralogiques.
environ 3 % des activités d’expertise, certains sous champs Le service Physico-Chimie des Matériaux du LCPC
identifiés n’ayant donné lieu à aucune expertise facturée. est alors sollicité pour mener des expertises en vue
En 2005, 87 dossiers d’affaires d’études et expertises de retrouver la formulation du béton utilisé ou d’établir
ont donné lieu à la facturation à des tiers publics et privés. un bilan de santé. Pour ce dernier point, il s’agit le plus
Parmi les interventions les plus remarquables souvent d’identifier la nature des désordres, d’expliquer
du domaine d’ouvrages géotechniques, citons les études l’origine des agents agressifs, d’estimer l’étendue du
sur la stabilité des falaises de la RN 1 à l’île de la Réunion phénomène et, dans la mesure du possible, de prédire
et d’un sol sous un héliport, des interventions sur l’évolution de la pathologie. Il existe des synergies fortes
les réseaux autoroutiers (A11 et A89), des études sur avec d’autres unités travaillant sur l’aspect structure
des modèles centrifugés d’ancrage et des chargements et mécanique, particulièrement avec la division
de pieux pour la construction d’ouvrages d’art en France Fonctionnement et Durabilité des Ouvrages d’Art.
et à l’étranger. Le LCPC a été également sollicité pour Le spécialiste des structures peut alors prévoir les
détecter d’éventuelles cavités sous la LGV Nord et suivre réparations et le responsable des ouvrages les
le comportement sismique de sol autour d’un tunnel. programmer en temps utile.
Dans le domaine des ouvrages d’art, le LCPC est intervenu
pour des études sur le viaduc de Millau et le pont de
Bourgogne, des calculs de comportement dynamique de
structures (Cathédrale de Metz, plate-forme de Tramway),
de l’assistance technique sur le pont d’Izeron et de
St-Nazaire, des expertises sur ouvrages neufs et anciens
(Viaduc de Tacon, Barrage de la Rhue, Arsenal de Brest,
Centrale de Veytaux …) et des avis sur un programme
de réparation (Cathédrale de Notre-Dame de la Treille).
Le LCPC a traditionnellement répondu à une forte
demande d’experts judiciaires dans le domaine du
diagnostic physico-chimique des bétons et de leurs
constituants.
L’assistance technique à la gestion de projets routiers
représente une forte activité du domaine des chaussées.
Le LCPC contribue à l’évaluation de nouveaux liants pour
enrobés ou enduits superficiels, à usage routier ou
d’étanchéité de barrage. Enfin, la formation concernant
le programme HDM pour la gestion des réseaux routiers Pile d’un pont
des pays en voie de développement s’est poursuivie, présentant des désordres
et plusieurs expertises ont été menées au Maroc, dus à une réaction de gonflement
interne du béton
74RAPPORT D’ACTIVITÉ 2005
Les demandes d’expertise proviennent des maîtres Les échantillons sont ensuite soumis à différentes
d’ouvrage, principalement les services centraux du techniques de caractérisation :
ministère de l’Équipement, les collectivités territoriales L’analyse chimique élémentaire, qui fournit la
et les sociétés d’autoroute. Le service Physico-Chimie composition élémentaire quantitative d’un échantillon
des Matériaux intervient également de plus en plus donné, sur la base des résultats quantitatifs sur
souvent dans le cadre d’expertises judiciaires. des teneurs en oxydes (SiO2, CaO, …) ;
Sont également demandeuses certaines entreprises La diffractométrie des rayons X, méthode
françaises intervenant dans des missions de soutien principalement qualitative qui permet de mettre
technique à l’international. en évidence la présence de constituants cristallisés ;
Les méthodes thermiques (analyse thermique
différentielle et analyse thermogravimétrique),
méthodes d’analyse qualitatives et quantitatives
dans lesquelles une caractéristique de l’échantillon
est suivie en fonction d’une variation de température
ce qui permet, après dépouillement, l’identification
voire la quantification d’espèces minérales sensibles
aux traitements thermiques ;
Les analyses organiques avec éventuel appel à la
spectrométrie d’absorption infrarouge pour préciser
certains groupements fonctionnels dans les minéraux,
ou identifier la présence de matières organiques ;
La microscopie électronique à balayage, technique
qui permet d’observer la microstructure du
matériau et d’identifier la présence éventuelle de
produits néoformés délétères ;
Le calcul minéralogique qui a pour but de transformer
les résultats de l’analyse chimique élémentaire en
une composition minéralogique quantitative en tenant
compte des espèces minérales réellement présentes.
Dommage
du béton d’un tunnel
par incendie
LES MÉTHODES DE DIAGNOSTIC
La démarche repose sur une approche globale
prenant en compte tant les aspects microscopiques
propres au matériau et les aspects macrosc
liés à la structure, que les informations recueillies
à partir des différentes méthodes d’investigations.
À partir de l’étude du dossier de l’ouvrage, les essais
Matrice cimentaire en laboratoire peuvent alors commencer par des
d’aspect vitreux et présentant
carottages prélevés sur ouvrage et qui constituent les une macroporosité importante suite à un très fort échauffement
bases indispensables du diagnostic. Ces carottages sont du béton (environ 1000°C) - image obtenue par microscopie
effectués aussi bien en zone altérée qu’en zone saine. électronique à balayage avec un grossissement de 150
75Chapitre 3
VALORISATION DES RECHERCHES
C - Études et expertises, mesures,
certifications, essais
Contribution à des expertises
de dispositifs de signalisation
LA SYNERGIE DE STRUCTURES AU SERVICE
DES GESTIONNAIRES D’INFRASTRUCTURES
Depuis plusieurs années, l’INRETS, le LCPC et la Société
C & D (Communication et Développement) mettent leurs
outils et leurs compétences en commun pour réaliser
des études sur la perception visuelle de la route,
au service des gestionnaires d’infrastructure. La mise
au point du protocole expérimental, ainsi que l’analyse
des résultats et leur interprétation en termes de
réactions ou de comportement des individus, sont
Présence d’ettringite
confiées au Laboratoire de Psychologie de la Conduitesous différents faciès (1 : massif,
2 : comprimé et 3 : aiguille) traduisant une réaction sulfatique - (LPC) de l’INRETS. La division Exploitation, Signalisation,
image obtenue par microscopie électronique à balayage Éclairage (ESE) du LCPC est garante de la prise
avec un grossissement de 1500 en compte des aspects réglementaires, apporte
son expertise en termes de métrologie et de critères de
LES PROBLÈMES POSÉS visibilité, et met à disposition une salle d’expérimentation
Les problèmes posés peuvent être classés en deux (CLOVIS - cf. p29) autorisant la projection concomitante
grandes familles : d’images sur différents supports. La Société C & D, PME
Le contrôle de conformité et les problèmes du spécialisée dans les enquêtes routières, est responsable
béton au jeune âge : il s’agit de retrouver la nature de la logistique, notamment des tests avec observateurs,
et le dosage des différents constituants utilisés et participe, avec ESE, à la production des supports
dans la formulation des bétons. On peut également visuels de chaque expérimentation. À plusieurs
rechercher les problèmes de mise en œuvre (ajout occasions, cette synergie a conduit à l’émission de
d’eau, vibration insuffisante, absence de cure,…) recommandations qui ont pesé dans le choix de
ou les défauts de prise du ciment ; solutions de signalisation et d’aménagement.
Les causes de dégradation du béton : elles sont
très diverses, notamment le phénomène de QUATRE ANNÉES D’INITIATIVES
corrosion des aciers, l’attaque marine, l’attaque COMPLÉMENTAIRES ET CONCRÈTES
par les eaux pures, l’attaque biologique, l’agression Entre 2001 et 2003, la Direction Régionale de
biochimique par l’H2S, l’alcali-réaction, l’Équipement de l’Ile-de-France (DREIF) a cherché
les réactions sulfatiques, les agressions par à définir des symboles permettant de signaler à la fois
des environnements chimiquement agressifs, les périphériques et les rocades entourant les grandes
les dommages par incendie. agglomérations. Un échantillon d’automobilistes et de
professionnels a donc testé en 2001 la compréhension de
Contact : loic.divet@lcpc.fr quatre pictogrammes. L’analyse fine des verbalisations et
des erreurs a abouti à la sélection d’un de ces symboles.
La Société des Autoroutes du Nord et de l’Est de
la France (SANEF), dans le cadre d’une réflexion sur le
péage automatique, a alors préparé en 2002 des projets
de panneaux d’information pour diriger les usagers en
fonction des moyens de paiement (caisse automatique
ou guichet). La perception et la compréhension de ces
panneaux ont été mesurées afin d’opérer une sélection
en vue de tests sur site lors d’une seconde phase.
76RAPPORT D’ACTIVITÉ 2005
Modélisation numérique
des monuments historiques
La conservation des bâtiments historiques est une
problématique qui a été traditionnellement abordée
par des spécialistes de la restauration, avec des
approches qualitatives et en s’intéressant peu aux
techniques nouvelles de calcul de structures et à
l’évaluation de la sécurité structurale. L’application
de techniques modernes de calcul de structures
aux bâtiments anciens requiert des adaptations
appropriées. Ces adaptations doivent être basées
sur des connaissances précises concernant
Information
le comportement des matériaux et des systèmesdes usagers lors de
structuraux qui sont différents de ceux d’aujourd’hui. la mise en place du système
de voie auxiliaire sur le tronçon A4/A86 en Ile-de-France
Pendant les dernières décennies, des développements
La DREIF souhaitait prendre des mesures considérables dans l’application des méthodes
d’exploitation particulières sur le tronc commun quantitatives du calcul de structures aux bâtiments
eA4-A86 en créant, de façon temporaire, une 5 voie historiques ont été accomplis. Mais l’application
de circulation en lieu et place de la bande d’arrêt de telles techniques reste encore marginale,
d’urgence. La priorité étant d’assurer la sécurité particulièrement en France. Dans ce contexte,
des usagers, la compréhension du dispositif proposé le LCPC a été impliqué dans la réalisation de deux
devait être testée. Les réactions recueillies ont permis études concernant l’emploi de méthodes modernes
en 2003 d’améliorer la signalisation projetée avant de calcul de structures pour la réhabilitation
la mise en place de cet aménagement. des structures en maçonnerie.
En 2005 enfin, sur proposition de la Direction des Routes, La première étude a concerné l’évaluation de
un groupe de travail mené par l’Association des Sociétés la réponse dynamique de la cathédrale de Metz.
Françaises d’Autoroutes (ASFA), étudie la possibilité Cette église présente des pathologies liées aux effets
d’harmoniser la signalisation des gares de péage dynamiques engendrés par la sonnerie de ses cloches
autoroutières. L’étude porte sur la compréhension et principales. La Direction Régionale des Affaires
l’interprétation de différents graphismes pour la réalisation Culturelles de Lorraine à fait appel au LCPC
de nouveaux pictogrammes symbolisant les différentes (en partenariat avec le LR de Lyon) pour la réalisation
modalités de paiement (carte bancaire ou espèces). des études concernant cette pathologie. Ces études
ont impliqué, d’une part, la réalisation des mesures
Contact : giselle.paulmier@lcpc.fr dynamiques sur la cathédrale ainsi que l’identification
de ses caractéristiques vibratoires, et d’autre part,
l’élaboration d’un modèle par éléments finis d’une
partie de la structure afin de simuler numériquement
la réponse vibratoire de l’édifice sous l’oscillation
de ses cloches principales.
77Chapitre 3
VALORISATION DES RECHERCHES
C - Études et expertises, mesures,
certifications, essais
Cette étude a permis l’émission des recommandations Cette étude a été basée sur une modélisation par
concernant l’utilisation des cloches de la cathédrale. éléments finis de l’ensemble de la structure. Les
résultats de ces calculs ont permis d’apprendre
l’origine d’une grande partie des pathologies
constatées sur la structure.
Contact : bruno.godart@lcpc.fr
L’ancrage de plate-forme en mer
profonde, un nouveau défi technologique
Les besoins d’énergie dans les années et décennies
à venir sont tels que des champs pétrolifères offshore
vont devoir être exploités sous des mers de plus en
plus profondes, atteignant déjà 1 500 m ou 2 000 m.
L’ancrage de plates-formes pose de nouveaux
problèmes, en particulier dans les cas fréquents où
les sols marins présentent de faibles caractéristiques
mécaniques (Golfe du Mexique, côtes africaines). Cathédrale de Metz :
un modèle pour connaître
la réponse vibratoire de l’édifice sous l’oscillation de ses cloches La solution classique des pieux métalliques battus
n’est plus envisageable du fait des énormes
La deuxième étude a concerné l’évaluation des pressions qui règnent aux grandes profondeurs
pathologies structurelles du Panthéon. Cette étude et d’autres modes d’ancrage doivent être conçus.
a été effectuée dans le cadre d’une assistance à L’idée des caissons à succion est de tirer profit de
la maîtrise d’ouvrage pour le ministère de la Culture. ces fortes pressions pour faire pénétrer les ancrages
Le LCPC a réalisé une étude numérique sur le dans le sol mais également pour augmenter leur
comportement structural de l’édifice. capacité de résistance.
Les pieux ou caissons à effet de succion sont
des tubes métalliques cylindriques de grandes
dimensions (jusqu’à 30 m de hauteur et 15 m
de diamètre), fermés en tête. Après une première
phase de pénétration dans le sol marin sous poids
propre, la pression de l’eau à l’intérieur du caisson
est réduite par pompage.
La pression de la mer s’exerçant sur la tête du caisson
permet de poursuivre et d’achever la mise en place
dans le sol. En phase d’exploitation, la tête du caisson
est fermée et, lorsque les efforts d’arrachement sont
appliqués au caisson par la plate-forme, une
importante dépression (succion) apparaît sous la tête.Modélisation
de la structure Cette succion confère au pieu ou au caisson une
du Panthéon énorme résistance à l’arrachement.
78RAPPORT D’ACTIVITÉ 2005
d’enchaîner, sans arrêt de la centrifugeuse,
la phase de mise en place du caisson (avec pilotage
de la succion) et la phase d’arrachement.
Des sols naturels provenant des côtes du Nigeria
sont utilisés dans ces essais. Une partie de l’étude
porte sur l’optimisation des procédures d’installation
des caissons car le coût de location des barges
utilisées pour cette opération atteint 500.000 US$
par jour. La seconde partie concerne le comportement
des caissons sous les charges latérales (effets
des vagues, des courants, du vent et des tempêtes
sur la plate-forme) car le dispositif d’essai permet
de reproduire ces chargements cycliques sur
les modèles centrifugés.
Outre une capacité de résistance considérable,
a - Vue en coupe les caissons à succion permettent de réduire
la profondeur de reconnaissance (car ils sont 3 à 4 fois
plus courts que les pieux classiques), la longueur
des lignes d’ancrages et le temps d’installation.
De nouvelles séries d’essai permettraient par ailleurs
de développer une méthode pour les extraire à l’arrêt
de l’exploitation de la plate-forme. D’autres
applications des pieux à succion sont envisageables,
par exemple pour les éoliennes offshore.
Contact : jacques.garnier@lcpc.fr
b - Conteneur Dispositif d’essai
sur la centrifugeuse sur modèle réduit au
e1/100 de caisson à effet de succion
Le LCPC (division RMS) contribue aux recherches
sur le comportement de ces ancrages, dans le cadre
d’importants contrats avec l’industrie pétrolière tant
au niveau national qu’international (Total, Bouygues
offshore, SBM, Ifremer, ExxonMobil, Chevron).
Une nouvelle étude vient d’être réalisée pour le groupe
pétrolier Total entre 2004 et fin 2005.
eDes modèles réduits à l’échelle 1/100 ont été testés
en macrogravité (sous une accélération de 100 fois
la pesanteur terrestre) et le dispositif utilisé permet
79Chapitre 3
VALORISATION DES RECHERCHES
C - Études et expertises, mesures,
certifications, essais
Étude du comportement des loess
sous sollicitations ferroviaires
Durant la période pluvieuse qui est intervenue entre
l’hiver 2001 et le printemps 2002, de nombreuses
cavités d’effondrement ont été détectées le long
de la ligne du TGV Nord et ont été l’objet de mesures
immédiates de stabilisation. Afin d’appréhender
l’origine inconnue de ces effondrements inopinés, Fig 1. Observation au MEB
différentes recherches ont été entreprises sur
la susceptibilité à l’effondrement et à la liquéfaction
des sols loessiques d’assise. Ces recherches ont été
menées conjointement par la Société Nationale
des Chemins de fer Français (SNCF) et le CERMES
(ENPC-LCPC) pour le compte du RFF (Réseau Ferré
de France). Des blocs de loess ont ainsi été prélevés
en septembre 2002 à quatre profondeurs différentes
(1,2 ; 2,2 ; 3,5 et 4,9 m) sur un site situé à 140 km
de Paris, et à une distance de 25 m de la ligne de TGV.
La diffraction aux rayons X a montré des échantillons
principalement constitués de quartz, feldspath, et une Fig. 2. Susceptibilité à l’effondrement
faible quantité d’argiles. L’analyse réalisée sur la fraction
argileuse (< 2 µm) a mis en évidence la présence
de kaolinite, d’illite, et d’interstratifiés illite-smectite.
La figure 1 montre une observation effectuée au
microscope électronique à balayage sur l’échantillon
de sol prélevé à 2,2 m. On y remarque un agrégat d’un
diamètre d’environ 200 µm et des pores inter-agrégats
de plus de 30 µm de diamètre. Les argiles présentes
sur et entre les grains de silt contribuent aux liaisons
entre grains ou entre agrégats. La susceptibilité
à l’effondrement a été identifiée en utilisant la méthode Fig. 3. Courbe de résistance
du simple oedomètre de Knight (1963) et du double à la liquéfaction des loess
oedomètre de Jennings & Knight (1957). La première
méthode consiste en un chargement à la teneur en eau
initiale maintenue constante jusqu’à 200 kPa de présentés sur la figure 3. On observe que les quatre
contrainte, suivie d’une saturation, alors que la loess sont liquéfiables, tout particulièrement
deuxième méthode consiste à réaliser deux essais le prélèvement de sol effectué à 2.2 m et présentant
œdométriques en parallèle : un essai de compression la plus grande porosité (n = 45 %).
à teneur en eau constante et un autre essai de Les mécanismes d’instabilité d’effondrement et de
compression sur un échantillon saturé au préalable liquéfaction ainsi identifiés sur les loess présents sur
sous une faible contrainte. Les résultats obtenus (fig. 2) le tracé du TGV Nord sont maintenant considérés par
montre que les deux méthodes donnent un la SNCF comme des aspects à tenir en compte dans
effondrement similaire, d’environ 4 %. Le risque de l’étude de la stabilité des futurs tracés de TGV.
liquéfaction a été évalué en réalisant des essais triaxiaux
cycliques non drainés. Les résultats obtenus sont Contact : olivier.coussy@lcpc.fr
80RAPPORT D’ACTIVITÉ 2005
conduisant généralement à l’obtention d’uneMesures
accréditation du COFRAC pour les essais.
Les mesures concernent principalement les produits
et matériaux neufs ou usagés utilisés pour la
réalisation des ouvrages d’art (bétons frais et durcis, Certifications
aciers et câbles) et chaussées (bitumes et granulats)
Le LCPC, organisme notifié ainsi que dans le domaine des équipements de la
sur les produits de constructionroute (mesures photométriques et colorimétriques).
On peut noter cette année que le LCPC a été Le LCPC est notifié par les autorités administratives
fréquemment sollicité pour caractériser des françaises, sous le numéro 1165, pour procéder
absorbants routiers. En 2005, 237 dossiers de à la délivrance du marquage CE sur plusieurs familles
mesures et d’essais ont donné lieu à la facturation de produits de construction (granulats, produits
à des tiers publics et privés. de saupoudrage, mortiers à maçonner et plots
rétro-réfléchissants).
Dans le cadre des travaux liés à la certification, En s’appuyant sur la cellule certification nantaise
le LCPC agit comme tête de réseau des Laboratoires et sur son manuel d’assurance qualité “certification”,
des Ponts et Chaussées, les essais étant réalisés le LCPC met en place un comité sectoriel par application,
très majoritairement dans les CETE. La certification composé de représentants des producteurs et des
concerne majoritairement les domaines des aciers à utilisateurs de produits et d’organismes techniques,
58,3 % (aciers de construction, armatures et procédés qui valide le référentiel de certification. Le COFRAC
de précontrainte, armatures et pose pour béton armé), a prononcé l’accréditation du LCPC pour la certification
des équipements de la route à 16,9 % (produits des produits industriels selon la norme NF EN 45011,
de marquage des chaussées, panneaux et feux après audit de l’application “Marquage CE des granulats”.
de signalisation, dispositifs de retenue), du béton
à 13,2 % (adjuvants, béton prêt à l’emploi, produits Bénéficiant de l’expertise des agents du réseau des
de réparation), des peintures anti-corrosions à 7,3 %, Laboratoires des Ponts et Chaussées dans le domaine
et des granulats à 4,2 %. des carrières, des produits de construction et du génie
civil, une quarantaine d’auditeurs ont suivi une
Ces essais contribuent à la délivrance de la marque formation ciblée sur les nouvelles normes produits et
NF (aciers, équipements de la route, béton prêt à ont mené 120 inspections sur site. À ce jour, le LCPC
l’emploi, adjuvants, produits de réparation) ainsi a délivré 82 certificats CE Granulats pour
que divers autres labels de qualité délivrés par 152 carrières et 2 certificats CE Produits de
les organismes de certification regroupant des saupoudrage, consultables à l’adresse
industriels, des utilisateurs publics et privés et des Internet www.lcpc.fr, sous la rubrique
centres techniques (AFCAB, ACQPA, ASQPE, ASQUER) “Produits / Marquage CE”.
ou par des commissions interministérielles.
Au cours de l’année 2005, Le LCPC agissant pour
le compte de la Direction de la sécurité routière et du
SETRA a pratiqué des essais en laboratoire et sur site
protégé dans le cadre de l’homologation des systèmes
de contrôle sanction automatisée des franchissements
de feux rouges (CSA-FR) (cf. p. 77).
Enfin, il convient de mentionner les travaux
d’étalonnage réalisés principalement au bénéfice
du réseau technique du MELT (CETE et DDE) dans Carrière candidate
le cadre de la politique qualité qui y est menée, pour marquage CE des granulats
81Chapitre 3
VALORISATION DES RECHERCHES
C - Études et expertises, mesures,
certifications, essais
Pour ce faire, le LCPC a dû aménager sur sa piste Essais
de référence un carrefour urbain avec feux tricolores.
Les premiers essais d’homologation ont eu lieu mi-2005Des essais sur la piste référence
et d’autres sont prévus à la fin de la même année. de Nantes
Ces essais consistent à réaliser un nombre défini de
La sécurité routière est un enjeu majeur des scénarios de franchissement de la ligne de feux, avec
recherches et développement dans lesquels le LCPC des véhicules (voitures, motos) qui se suivent, changent
a la volonté de s’impliquer. Sa piste de référence et de direction, de nuit et de jour, etc. Ces différents
d’expérimentations routières est un grand équipement scénarios permettent d’évaluer la conformité
qui permet de reproduire des situations accidentogènes du matériel à un cahier des charges rigoureux établi
et des scénarios en milieu maîtrisé. Dans ce cadre, par la DSCR, condition incontournable pour que les
la piste a été sollicitée en 2005 pour diverses activités constats d’infraction produits aient une valeur juridique.
et, notamment, l’homologation de matériel permettant
le Contrôle Sanction Automatisé au Feu Rouge SUMOTORI : DISPOSITIF DE SÉCURITÉ PASSIVE
et les essais de scooter du projet SUMOTORI. POUR LES DEUX ROUES
La piste de référence du centre de Nantes a accueilli
CONTRÔLE SANCTION AUTOMATISÉ : certaines expérimentations du projet européen
HOMOLOGATION DES DISPOSITIFS SUMOTORI. Ce projet, conduit notamment par un
La DSCR, chargée de la mission CSA, a confié au LCPC la consortium rassemblant le CEA, l’INRETS et le CEESAR
mission de réaliser une partie des essais d’homologation (Centre Européen d’Études de Sécurité et d’Analyse
des dispositifs proposés par les industriels pour réaliser des Risques), a pour objectif l’étude de dispositifs
les contrôles de franchissement des feux rouges. de sécurité passive pouvant être embarqués à bord
La piste
de référence
de Nantes fait partie
des grands équipements du LCPC.
Elle est sollicitée pour de nombreux essais
82RAPPORT D’ACTIVITÉ 2005
de scooters et motocyclettes. Durant la semaine
du 12 au 14 septembre 2005, un cascadeur a reproduit
différentes situations accidentogènes, dont la perte
d’adhérence directe, le déclenchement de freinage
en virage et des manœuvres d’évitement. Ces essais
ont été effectués avec un scooter équipé d’un système
d’instrumentation embarqué comprenant notamment
des gyromètres, des compteurs de tour de roues,
des capteurs de détection des commandes et un
capteur au niveau des freins.
Compte tenu des risques de l’expérimentation,
un médecin, la protection civile et des personnes
habilitées pour l’incendie ont été mobilisés. La zone
a été sécurisée par des bottes de paille. Les données
issues de ces essais ont permis d’évaluer un modèle
dynamique deux-roues.
Contact : alexandra.mosset@lcpc.fr
Essais effectués
avec un scooter équipé
d’un système d’instrumentation
embarqué dans le cadre du projet SUMOTORI
83