Chiapas: La Constitution Néo-Zapatiste de 1994 à 2001
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Chiapas : la contestation néo-zapatiste de 1994 à 2001 Introduction L'insurrection de 1994 au Chiapas a soudainement attiré l'attention du monde sur cette région touristique mais pauvre du sud du Mexique. Incarné par le médiatique sous-commandant Marcos, le mouvement néo-zapatiste met en avant des revendications indigénistes, sur fond de profonde crise économique et sociale. De la guérilla de 1994 à la marche pacifique sur Mexico de 2001, où en est la question chiapanèque ? Au Chiapas, 30 % de la population est analphabète et plus de 80 % n'a pas accès au système de santé ; 19 % des actifs sont sans ressources et 40 % disposent d'un revenu inférieur au salaire minimum ; 29 % des enfants échappent à la scolarisation obligatoire, 35 % des agglomérations ne possèdent pas l'électricité, trois logements sur cinq n'ont pas l'eau courante. D'autres indices de pauvreté, tous bien supérieurs à la moyenne nationale, pourraient prolonger cette énumération.
Le 1er janvier 1994, le Chiapas fait une entrée remarquée dans l'actualité internationale. Quelques milliers de guérilleros sortis de la Forêt lacandone investissent la ville de San Cristóbal de Las Casas. Cette insurrection se réclamant du "zapatisme" attire soudainement l'attention de la communauté internationale sur cette région touristique située à l'extrême sud du Mexique.
La contestation néo-zapatiste a immédiatement un impact médiatique considérable, notamment grâce à l'action habile du "sous-commandant Marcos". Dans ses discours, l'emblématique chef de l'"Armée zapatiste de libération nationale" (EZLN) met en avant des revendications indigénistes. La crise au Chiapas mise en évidence par le soulèvement néo-zapatiste, sans en sous-estimer le caractère politique et ethnique, tient largement à une profonde crise économique et sociale. En 2000, alors que les différentes négociations et tentatives d'établissement d'un dialogue politique ont échoué les unes après les autres sur fond de guérilla larvée, la victoire de Vicente Fox à l'élection présidentielle semble modifier la donne et permettre de sortir la question chiapanèque de l'enlisement politique, à la faveur d'un changement d'attitude de part et d'autre. Le 5 décembre 2000, le président Fox présente au Congrès mexicain un projet de réforme constitutionnelle qui permet une reprise du dialogue. Celui-ci est marqué par l'arrivée spectaculaire des néo-zapatistes à Mexico en mars 2001, au terme d'une marche triomphale à travers le sud du Mexique, et par l'intervention d'une délégation devant le Congrès mexicain. Autorités mexicaines et mouvement zapatiste parviendront-ils à trouver des réponses politiques et économiques à la question chiapanèque dans le cadre d'une vie politique démocratique ? De Zapata au néo-zapatisme Zapata et le zapatisme Emiliano Zapata (1877 ? - 1919), Indien et paysan libre du Morelos, s'engage au début du XXème siècle dans les conflits qui opposent vivement communautés indiennes et haciendas autour de la question foncière. Il soutient Francisco Madero à l'élection présidentielle de 1908 contre le dictateur Porfirio Diaz. Après son échec, il prend une part active à l'insurrection de novembre 1910 dans le Morelos. Diaz renversé, Madero est élu président. Mais il ne lance pas la réforme agraire et Zapata reprend les armes en novembre 1911 pour obtenir "la restitution de la terre à ses anciens possesseurs" (Plan d'Ayala, 28 novembre 1911), s'imposant comme le chef de file de cette "Révolution du Sud". En 1914, Emiliano Zapata et Pancho Villa entrent dans Mexico, mais le pouvoir leur échappe au profit de Venustiano Carranza. Zapata poursuit alors son combat, mais il est défait en 1916 puis assassiné en 1919. Incarnation de la réforme agraire, Zapata devient un héros populaire, intégré au mythe révolutionnaire mexicain. Son personnage sera repris au cinéma notamment par Elia Kazan, qui réalise en 1952 le célèbre "Viva Zapata !", interprété par Marlon Brando.
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