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Communication interculturelle en milieu exolingue : représentations des étudiants taïwanais en France
I) Introduction
Le présent travail est né d’une réflexion critique autour de notre enseignement du français à des apprenants taïwanais, en l’occurence ceux du département de français de l’Université catholique Fu-Jen de Taïwan, où nous enseignons depuis plusieurs années.
Nous avons observé que nos étudiants, après quatre années d’apprentissage du français, soit environ 1 100 heures, possèdent un bagage linguistique suffisant pour communiquer avec des francophones dans leur vie quotidienne. Pourtant, la plupart d’entre eux rencontrent des problèmes de communication (en situation exolingue donc), et aussi d’adaptation à la vie locale, lorsqu’ils arrivent en France. De nos observations et discussions avec ces étudiants taïwanais en France, il ressort que la plupart de ces problèmes sont interculturels, provenant en partie du décalage entre les représentations qu’ils s’étaient faites de la France, des Français et de la langue française avant leur voyage et leur expérience une fois en France.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous commencerons par tenter de mieux cerner la notion de « communication (en situation) exolingue ». Pour ce faire, nous avons choisi de nous appuyer sur la conception de Bange (1992), pour qui cette expression «en jeu au moins un locuteur natif derenvoie au type de situation qui met la langue qui sert de véhicule à la communication en cours et au moins un locuteur non natif de cette langue, appartenant à un groupe socio-culturel étranger et possédant une autre langue. [...] Ce type de communication se caractérise par une fragilité plus grande liée à la différence de compétence (phonétique, grammaticale et lexicale) entre un locuteur natif et un locuteur non natif, et aux différences au niveau pragmatique et dans les savoirs quotidiens.1» Cette définition entre bien dans le cadre de notre réflexion puisqu’elle met l’accent sur un certain nombre de facteurs extralinguistiques qui ne sont pas tout à fait intégrés dans les contenus de l’enseignement/apprentissage du FLE à Taïwan.
Par ailleurs, nous avons jugé nécessaire ici de clarifier la notion de « représentation ». Dans la perspective cognitive, les représentations n’existent pas en
1l’apprentissage de L2 (notamment dans ses formesBANGE P., « A propos de la communication et de institutionnelles ) inAILE,noParis : Association Encrages, p. 56.1, automne-hiver 1992, ~ 1 ~  
dehors des systèmes cognitifs qui les portent2. Nous considérons donc comme fondamental de comprendre le rôle et le fonctionnement de ces systèmes cognitifs dans une activité représentative. Et puis, c’est à travers cette optique des représentations que nous pourrons voir qu’il s’agit là d’un système de transformation entre objet initial et produit final, ce qui est l’une des grandes caractéristiques de cette notion. Ce terme renvoie à la fois aux processus caractéristiques d’une activité mentale et au produit de ce processus. Moscovici (1976) constate que la représentation-produit est le résultat de trois processus3: 1. Un processus de représentation consiste d’abord à intérioriser, situer et rendre présent dans notre univers intérieur ce qui se trouve à une certaine distance de nous, ou ce qui est en quelque sorte absent. Par la suite, ce processus familiarise l’objet étrange présent dans l’univers intérieur en le reconstituant avec les objets déjà existants. Enfin, le processus de représentation consiste à rendre un objet signifiant.
2. 3.
En définitive, ce qui est lointain/proche, absent/présent ou étrange/familier, c’est l’individu qui le pense ou le détermine. Ainsi, la France pourra être considérée comme proche par un Taïwanais mais lointaine par un autre, fonction de leurs expériences de voyage, leur vécu, leur domaine de connaissances et leur attitude.
«Un dessin de la tour Eiffel et l’image mentale de ce monument ont pour finalité commune d’évoquer une configuration matérielle absente. Il s’agit cependant des produits de deux sortes d’activités humaines bien distinctes. Dans un cas, l’activité de représentation aboutit à la création d’un objet matériel [...]. Dans l’autre cas, l’activité de représentation aboutit à un événement psychologique singulier, à une réalité cognitive transitoire non directement observable par autrui4. »
Entité donnée par les processus d’intériorisation, de familialisation et d’interprétation, la représentation-produit, selon Moscovici, présente deux facettes indissociables comme le recto et le verso d’une feuille de papier : celle de la figure et celle de la signification qui se correspondent réciproquement5. 2LECONTE J. (1993), « Entretien avec Michel Denis »,Sciences humaines,no27, avril 1993, p.21. 3MOSCOVICI S. (1976),La psychanalyse : son image et son public,2èmeédition, Paris : PUF, pp.56-61. 4DENIS M. (1994),Image et cognition,Paris : PUF, p.17. 5 système du sens d’un objet d’analyse est également le point de départ de la sémiologie dans la Ce sémiologie appliquée de BARTHES R. (1967),Système de la mode,Paris : Seuil. 2 ~ ~
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