Cours de philosophie fait au Lycée de Sens en 1883-1884

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  • cours - matière potentielle : émile durkheim
  • cours - matière : philosophie
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Émile Durkheim (1884) Cours de philosophie fait au Lycée de Sens en 1883-1884 Notes prises en 1883-84 par le philosophe français, André Lalande. Sections C, D et E. Un document produit en version numérique conjointement par M Daniel Banda (professeur de philosophie en Seine-Saint-Denis et chargé de cours d'esthétique à Paris-I Sorbonne) et Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi Courriel : jmt_sociologue@videotron.
  • méthode dans les sciences naturelles
  • devoirs généraux de la vie sociale
  • certitude morale
  • double aspect d'art et de science
  • preuve psycho
  • morale morale théorique
  • théorie de la connaissance perception extérieure
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Émile Durkheim (1884)
Cours de philosophie
fait au Lycée de Sens
en 1883-1884
Notes prises en 1883-84 par le philosophe français, André Lalande.
Sections C, D et E.
Un document produit en version numérique conjointement par
M Daniel Banda (professeur de philosophie en Seine-Saint-Denis
et chargé de cours d'esthétique à Paris-I Sorbonne)
et Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi
Courriel : jmt_sociologue@videotron.ca
Site web : http ://pages.infinit.net/sociojmt
Dans le cadre de la collection : "Les classiques des sciences sociales"
Site web : http ://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque
Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi
Site web : http ://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htmÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 2
Cette édition électronique a été réalisée conjointement M Daniel Banda (professeur de philosophie
en Seine-Saint-Denis et chargé de cours d'esthétique à Paris-I Sorbonne) et Jean-Marie Tremblay,
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi à partir de :
Émile Durkheim (1884)
Cours de philosophie fait au Lycée de Sens
en 1883-1884.
Sections C, D et E.
Une édition électronique réalisée à partir du cours d’Émile Durkheim (1884), Cours de
philosophie fait au Lycée de Sens. Paris. Manuscrit écrit. Bibliothèque de la Sorbonne, Manuscrit
2351. Notes prises en 1883-84 par le philosophe français, André Lalande.
Document numérique (version html) réalisé par Professor Robert Alun Jones, Professor of
Religious Studies, History and Sociology at the University of Illinois in Urbana-Champaign,
working in conjunction with the British Centre for Durkheimian Studies at Oxford University and
the Advanced Information Technologies Laboratory at the University of Illinois.
Sans l'aide précieuse de M. Daniel Banda, professeur de philosophie en Seine-Saint-Denis et
chargé de cours d'esthétique à Paris-I Sorbonne, qui nous a produit, pour Les Classiques des
sciences sociales, la première version en traitement de texte de ce cours, le 25 septembre 2002, ce
cours n'aurait pu être produit en version finale à l'automne 2002.
Polices de caractères utilisée :
Pour le texte : Times, 12 points.
Pour les citations : Times 10 points.
Pour les notes de bas de page : Times, 10 points.
Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2001
pour Macintosh.
Mise en page sur papier format
LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
Édition complétée le 28 septembre 2002 à Chicoutimi, Québec.Émile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 3
Table des matières
er(Voir le 1 fichier de deux)
A. NOTIONS PRÉLIMINAIRES
I. Objet et méthode de la philosophie
II. Objet et méthode de la philosophie (suite)
III. La science et la philosophie
IV. Divisions de la philosophie
B. PSYCHOLOGIE
V. Objet et méthode de la psychologie
VI. Théorie des facultés de l'âme
Sensibilité
VII. Du plaisir et de la douleur
VIII. Les inclinations
IX. Les passions
Intelligence
X. Théorie de la connaissance
Perception extérieure
XI. Conditions de la perception extérieure. Les sens
XII. Origine de l'idée d'extériorité
XIII. Le monde extérieure existe-t-il ?
XIV. De la nature du monde extérieur
La conscience
XV. Des conditions de la conscience
XVI. Origine de l'idée du moi
XVII. De la nature du moi
La raison
XVIII. Définition de la raison
XIX. Les données de la raison. Principes rationnels
XX. Les données de la raison. Idées rationnelleÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 4
XXI. L'empirisme
XXII. L'évolutionnisme. Théorie de l’hérédité
XXIII. De l'objectivité des principes rationnels
Les facultés de conception
XXIV. L'association des idées
XXV. La mémoire
XXVI. L'imagination
XXVII. Le Sommeil. Le rêve. La folie
Opérations complexes d'intelligence
XXVIII. L'attention. La comparaison. L'abstraction
XXIX. La généralisation. Le jugement. Le raisonnement
Esthétique
XXX. Objet et méthode de l'esthétique
XXXI. Qu'est-ce que le beau ?
XXXII. Le sublime et le joli ; L'art
Activité
XXXIII. L'activité en général. L'instinct
XXXIV. L'habitude
XXXV. La volonté. De la liberté
XXXVI. De la liberté (suite). Déterminisme psychologique
XXXVII. De la liberté (fin). Déterminisme scientifique. Fatalisme théologiqueÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 5
e(2 fichier de deux)
C. LOGIQUE
XXXVIII. Introduction
Logique générale
XXXIX. De la vérité ; de la certitude
XL. De la certitude (suite). Certitude morale
XLI. De la certitude fausse ou erreur
XLII. Du scepticisme ; du dogmatisme ; du criticisme
XLIII. L'idée ; le terme ; Le jugement ; la proposition
XLIV. De la définition
XLV. Du syllogisme
XLVI. De l'induction
XLVII. Des sophismes
Méthodologie
XLVIII. De la méthode en général
XLIX. De la méthode en mathématique
L. De la méthode dans les sciences physiques
LI. De la méthode dans les sciences naturelles
LII. De la méthode dans les sciences morales
LIII. De la méthode en histoire
Appendice
LIV. Du langage
D. MORALE
LV. Définitions et divisions de la morale
Morale théorique
LVI. De la responsabilité morale
LVII. De la loi morale. L'historique de l'utilitarisme
LVIII. Critique de l'utilitarisme. Morale du sentiment
LIX. Morale Kantienne
LX. De la loi morale
LXI. Du devoir et du bien ; de la vertu ; du droitÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 6
Morale pratique
LXII. Morale individuelle
LXIII. Morale domestique
LXIV. Morale civique
LXV. Devoirs généraux de la vie sociale
LXVI. Devoirs généraux de la vie sociale. Devoirs de justice
LXVII. Devoirs généraux de la vie sociale. Devoirs de charité
LXVIII. Résumé de la morale
E. MÉTAPHYSIQUE
LXIX. Notions préliminaires
LXX. De l'âme et de son existence
LXXI. Du matérialisme
LXXII. Des rapports de l'âme et du corps
LXXIII. De l'immortalité de l'âme
LXXIV. De Dieu. Preuves métaphysiques de ton existence
LXXV. Critique de ces preuves
LXXVI. Exposition et critique de la preuve psycho-théologique
LXXVII. Preuve psycho-théologique (fin). Preuves morales
LXXVIII. De la nature et des attributs de Dieu
LXXIX. Du dualisme. Du panthéisme. De la création
XXC. De la Providence, du Mal, de l'Optimisme et du PessimismeÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 7
Cours de philosophie fait au Lycée de Sens dispensé en 1883-1884
C.
Logique
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XXXVIII. Introduction
Logique générale
XXXIX. De la vérité ; de la certitude
XL. De la certitude (suite). Certitude morale
XLI. De la certitude fausse ou erreur
XLII. Du scepticisme ; du dogmatisme ; du criticisme
XLIII. L'idée ; le terme ; Le jugement ; la proposition
XLIV. De la définition
XLV. Du syllogisme
XLVI. De l'induction
XLVII. Des sophismes
Méthodologie
XLVIII. De la méthode en général
XLIX. De la méthode en mathématique
L. De la méthode dans les sciences physiques
LI. De la méthode dans les sciences naturelles
LII. De la méthode dans les sciences morales
LIII. De la méthode en histoire
Appendice
LIV. Du langageÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 8
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Leçon 38.
Introduction. De la logique
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A. Qu'est-ce que la logique ?
I. Définition de la logique
II. Rapports de la logique et de la psychologie
1. Elles diffèrent par leurs objets\
2. Elles diffèrent par leurs point de vue
3. Comment la logique se rattache à la psychologie
4. Comment la psychologie se rattache à la logique
B. De l'utilité de la logique
I. Une science est légitime quand même elle n'a qu'un intérêt spéculatif
II. Intérêt spéculatif de la logique
III. Intérêt pratique de la logique
C. La logique est-elle une science ?
I. La logique est à la fois une science et un art
II. Comparaison à ce point de vue de la logique, la métaphysique, la morale
D. Divisions de la logique
I. Logique générale ou formelle
II. Logique particulière, appliqué, ou MéthodologieÉmile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 9
Leçon 38. Introduction. De la logique
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La logique est la science qui détermine les règles que doit suivre l'esprit pour
arriver à la vérité. La logique se distingue donc de la psychologie, d'abord par
l'étendue de son domaine, car elle ne s'occupe que d'une catégorie déterminée d'états
de conscience, l'intelligence, ne connaît qu'une faculté de ce moi que la psychologie
décrit sous tous ses aspects. De plus le point de vue de ces deux sciences diffère : la
psychologie n'a d'autre but que de faire connaître spéculativement l'esprit ; la logique
étudie non plus pour savoir, mais pouvoir ; elle se demande comment pratiquement
l'on doit s'y prendre pour parvenir à la vérité. La psychologie montre comment les
choses se passent, la logique comment elles doivent se passer pour atteindre le but
que se propose cette science.
Mais si la logique est distincte de la psychologie, elle n'en a pas moins avec cette
science d'étroits relations : d'abord, dans l'une comme dans l'autre, c'est de l'homme
qu'il s'agit. La logique applique à une fin particulière les conclusions de la psycho-
logie. La science théorique précède nécessairement la science pratique. Il faut savoir
ce qu'est l'intelligence avant de chercher à s'en servir.
De plus, l'intelligence n'est pas une faculté isolée dans le moi, agissant seule ; elle
agit toujours de concours avec les autres facultés. Nous verrons que la volonté et la
sensibilité jouent un rôle dans les phénomènes spirituels. La logique doit donc être
précédée de la psychologie.
Et pourtant la psychologie suppose en quelque sorte la logique, car celle-ci traite
de la théorie de la certitude, qui est le fondement de toute science. Cette importance
est si grande que sans la nécessité de faire tout d'abord un inventaire complet des états
de conscience, il eût fallu mettre la logique en tête de la philosophie.
On a quelquefois contesté l'utilité de la logique. Elle détermine, dit-on, comment
il faut faire pour bien raisonner. Mais ne le sait-on pas naturellement ? A-t-on besoin
de connaître le mécanisme du syllogisme pour faire une déduction juste ? La logique
naturelle, innée à tous les esprits, rend inutile cette logique artificielle, compliquée,Émile Durkheim (1884), Cours de philosophie fait au Lycée de Sens, sections C, D et E. 10
obscure, et qui n'a jamais ni amélioré les esprits faux ni fait faire de progrès à la
science.
A cette objection on pourra répondre d'abord qu'une science n'a pas besoin d'avoir
une utilité pratique. Quand même la géométrie n'aurait pas lieu d'appliquer ses
principes, elle aurait encore droit à l'existence comme science pure. Il y a dans l'esprit
un besoin de comprendre inné, et toute science qui le satisfait, pratique ou non, fait
une œuvre bonne et utile. Il en est de même de la logique. Quand bien même elle
serait sans application, elle aurait encore le droit d'exister comme science pure,
pourvu qu'elle parvînt à nous faire connaître son objet, les lois que suit l'esprit quand
il raisonne juste, ce que c'est que raisonner juste. Il y a un intérêt tout spéculatif il est
vrai, à connaître la solution de ses problèmes, et cet intérêt suffit à la légitimer.
Mais la logique a de plus un intérêt pratique. Si naturellement les hommes rai-
sonnent bien, il ne leur est pas impossible de se tromper, de mal raisonner. L'instinct
nous inspire des jugements faux aussi bien que justes. Le meilleur moyen de nous
garantir de l'erreur est donc de déterminer la nature de la vérité, de l'erreur, de leurs
conditions. Alors, munis de ces renseignements nous pourrons distinguer avec plus de
sûreté le vrai du faux.
Mais dira-t-on, dans bien des cas on se serait moins trompé en faisant moins de
logique et en raisonnant moins subtilement. De ce qu'il y a eu des abus de la logique,
est-ce une raison pour la proscrire ? Pour un cas où l'on s'est trompé par excès de
logique, combien de cas où l'on a erré faute d'elle ! Ne nous laissons donc pas
intimider par quelques exemples troublants qui prouvent seulement que de la
meilleure des choses on peut faire mauvais usage.
La logique est donc à la fois une science, puisque elle se propose d'expliquer un
objet déterminé : le raisonnement ; un art, car les sciences étudient leurs objets sans
avoir un but pratique, ni font que constater ce qui est sans chercher ce qui doit être si
on veut réaliser tel ou tel but. Or, la logique se pose cette dernière question.
Ce caractère de la logique se manifeste surtout dans la partie de cette science qui
traite de la méthode : la logique est là plus que jamais une science appliquée, un art.
Ce double caractère de la logique marque encore une différence avec la psycho-
logie ; cette dernière est une science et rien qu'une science, celle des états de con-
science : la morale, la logique ont au contraire le double aspect d'art et de science. Car
d'une part elles expliquent leur objet et de l'autre elles appliquent à la pratique les lois
ainsi déterminées.
La logique se divise en deux grandes parties :
Dans la première elle étudie les règles que suit l'esprit dans le raisonnement sans
s'appliquer à chercher les différentes manières dont doivent être appliquées ces
règles ; elle examine comment se comporte l'esprit pour arriver à la vérité.
C'est la logique générale ou formelle.