Droit penal des affaires organisation des professions

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Droit pénal des affaires L’organisation des professions Faire respecter un ordre social politique.  Sous l’ancien R égime, les groupements ont une place  énorme (les jurandes et les ma îtrises).  Réglementation pour sanctionner la gr ève des compagnons et les attroupements contre la   maîtrise.  Le code p énal a conserv é le d élit de coalition et l’atteinte  à la libert é du travail jusqu’ à fin   XIX.  Milieu XX, r éapparition des premiers aspects des groupements.  2. La cons écration d’un droit p énal sp écifique  A partir de 1935 ­ Les raisons   La crise de 1929  :  Pour prot éger contre la hausse des prix et le concurrence horrible. Organisation de march és  (viande, bl é) et cr éation de comit és de surveillance des prix  Les scandales financiers  L’apparition de droits de direction (oppos és aux droits de protection )  :  L’économie lib érale c ède du terrain. Pour assurer le bon fonctionnement des ordres issus du   dirigisme, le droit p énal est sollicit é.  ­ Les grandes  étapes  Etape financi ère :  1935 : apparition du droit p énal des soci étés et du droit p énal des affaires.  Décret loi du 8 ao ût 1935  : usure qui reste une grande incrimination, d émarchage,les  déclarations notariales mensong ères,la publication d’un faux bilan, l’abus des biens et du   crédit social.  Décret loi du 30 octobre 1935  : r éorganisation de la r épression en mati ère de ch èque.   L’étape économique :  1935 : apparition dans la doctrine du p énal économique car apr ès guerre et n écessité de   reconstruire l’ économie.  ` 2 ordonnances  du 30 juin 1945 : sur les prix et sur la l égislation économique.  1986 : les ordonnances de 1945 sont abrog ées.   L’étape sociale  :  Fin 50’s  : p énalisation de la l égislation de la s écurité sociale.  Janvier 1959  : plusieurs ordonnances pour introduire des incriminations en droit du travail qui   remplaçant beaucoup de contraventions par des d élits.  1  L’étape économique et financi ère  Loi du 6 ao ût 1975  : code de proc édure p énale : un titre sur la proc édure pour l’instruction en   matière économique et financi ère.  Reconnaissance de r ègles g énérales de proc édure dans le domaine du droit p énal des affaires.  Etape aussi symbolique car double rupture  :  ­Rupture d u type de la d élinquance Jusqu’à 60’s la d élinquance d’affaires est simple astucieuse et nationale.  70’s : d élinquance plus financi ère érigée en mode de gestion des entreprises qui n écessitent  une sp écialisation de ceux charg és de l’instruction.  Rupture dans le domaine de cette d élinquance qui est devenue transnationale.  ­Modification de la r éaction judiciaire A partir de 70’s des tribunaux ordinaires ne sont plus aptes  à faire face  à ce type de   délinquance.   L’étape europ éenne et internationale  Depuis 10 ans, internationalisation de la d élinquance cons écutive à la mondialisation de   l’économie.  Une certaine internationalisation de la r épression dans les syst èmes r égionaux (Europe,   Mercosur) et m ême parfois au niveau mondial.  Cf : Europol, Eurofi, Greco.  Une certaine volont é d’harmonisation th ématique : blanchiment, corruption.  Cependant, beaucoup de textes mais pas forc ément d’efficacit é.  B. d éfinitions ­ La difficult é d’une d éfinition  Le droit p énal des affaires = constellation h étérogène d’infractions car polymorphie et   imprécision du terme affaire.  ­Droit p énal = droit de la r épression, des incriminations et des sanctions.  Mais aussi un droit administratif r épressif qui brouille la mati ère existe. Des sanctions sont   prononcées par d’autres autorit és : AMF, conseil de la concurrence.  Or, c’est de la mati ère p énale pour la CJCE.  ­Les affaires  : pas de fronti ère juridique.  Commercial : il existe la notion d’acte de commerce.  Affaire = plut ôt une notion  économique. Cependant, c’est pas que les activit és économiques.  Ça renvoie  à l’id ée de richesse. Rapport avec la notion de l’entreprise.  Ce droit incrimine et r éprime certains comportements lorsque leur auteur a agit dans le cadre   d’une entreprise en se servant de ses m écanismes de fonctionnement soit pour son propre   compte soit pour le compte de l’entreprise.  Les infractions d’affaire sont des d élits de professionnels qui agissent dans le cadre de leur   activité. Elles ont pour cadre et moyen l’entreprise. Cependant, deux types d’infractions  :  *celles qui ont un rapport n écessaire avec l’entreprise ex :infractions à l’hygi ène et  à la s écurité dans l’entreprise.  *celles qui ont un rapport occasionnel avec l’entreprise.  Ex : escroquerie, les faux, fraude fiscale, pollution.  Ce sont des infractions beaucoup commises dans le cadre des affaires.  2 Conséquence : le droit p énal des affaires est pas un droit isolable. Emprunts au droit p énal  commun.  Les infractions  étudiées recoupent la liste de l’article 704(  ?).  C. Caractéristiques du droit p énal des affaires 1. Les utilit és du p énal des affaires a. L’aspect de politique criminelle  Remise en cause du droit p énal des affaires  : ne risque­t­il pas de contribuer  à une remise en   cause du syst ème de l’ économie lib érale ?  Idée : il suffit d’une autor égulation du march é donc pas besoin du droit.  Ce qui appartient  à l’ordre  économique n’appartient pas  à l’ordre juridique. Or, on peut pas   régler des probl èmes d’un ordre avec des notions d’un autre ordre.  Ça devient une autor égulation par un d éveloppement des codes de bonne conduite et le   développement de l’ éthique dans l’entreprise. C’est pour faire obstacle  à une intervention du   législateur. Privatisation des r ègles de droit souhait ée.  Ça peut que  être de la pr évention et pas de la r épression.  Il y a des d élits li é à aucun syst ème économique particulier.  Ex : La corruption se trouve dans tous les syst èmes économiques ou politiques. Universalité des atteintes  à l’environnement Protection des travailleurs ou des consommateurs n écessaires partout.  La r épression  est pas contraire  à l’ économie de march é ­L’id ée de confiance  :  Cf : Friel  :  confiance dans les march és. Donc, quand fraude, la confiance est danger alors la   loi doit intervenir. Quand l’atteinte  à la confiance est trop importante, une sanction p énale est   appropriée. Idem quand l’atteinte a des cons équences inconnues ou des cons équences trop   diffuses.  Résolution de Caracas de 1980  : il faut pour maintenir les structures  économiques et sociales   un droit p énal.  La d élinquance d’affaires menace la structure d’ état en  ébranlant la confiance dans le syst ème  économique.  Cf. concomitance de la baisse de la confiance des m énages et les scandales dans le monde des   affaires.  ­L’id ée d’assurer l’ égalité des citoyens  :  Si rien contre la d élinquance en col blanc, plus d’ égalité des citoyens devant la loi.  Montgolfier (proc de Nice+ affaire Tapie)  : un syst ème qui emprisonne un petit voleur doit   aussi traiter de la d élinquance en col blanc pour  égalité.  b. L’aspect de technique juridique *Seul le droit p énal a assez de force pour assurer la pr évention.  La fonction premi ère du droit p énal est l’intimidation.  Le droit p énal des affaires permet l’intervention d’autorit és de contr ôle d’administrations   3 diverses  Ex : inspecteur du travail, inspection des fraudes fiscales…). L’inspecteur du travail peut   arriver dans l’entreprise quand il veut donc l’employeur fait des efforts pour v érifier les   conditions de s écurité. Souvent, l’inspecteur du travail passe puis menace de revenir pour   sanction p énale. Il vaut mieux faire changer d’avis l’employeur que de saisir le tribunal.  La tol érance de l’administration est pas forc ément pr éjudiciable.  Même si elle saisit pas le tribunal, elle joue quand m ême son r ôle.  La menace permet d’inculquer des comportements compatibles avec la loi m ême elle est pas   exécutée.  =>Force du droit p énal = force de pr évention et pas force de r épression. *Le droit p énal serait un meilleur protecteur de droits sp écialisés :  Le juge r épressif appara ît comme le garant de l’application des lois sp écialisées. Les r ègles  d’interprétation en droit p énal sont celles d’interpr étation stricte. Le juge p énal fait respecter   les termes de la loi.  Cf. La plus sociale entre la chambre criminelle et la chambre sociale est la chambre criminelle   car la sociale n égocie plus avec le texte. Cependant c’est pas forc ément vrai dans tous les   domaines.  En r éalité, on peut se demander si la chambre criminelle fait vraiment une interpr étation  stricte des textes.  2. Les faiblesses du droit p énal des affaires  a. un constat  Hétérogénéité ou maquis ou fourre­tout.  Fourre­tout de forme  : textes dans code p énal et dans d’autres codes, des lois, des textes   réglementaires. Eparpillement des sources avec des  qualifications de droit commun et   d’autres plus sp écifiques.  Grande complexit é : multiplication voire superposition des textes  : Ex : *harc èlement dans le code p énal et dans le code du travail, probl ème : ce sont pas les   mêmes éléments constitutifs ni les m êmes sanctions.  *Droit de l’environnement  : des comportements identiques sont des d élits et des   contraventions.  *Maquis corse  : protection en fonction de la loi for êt ou incendie, obligation de   débroussailler ou pas. Multiplication de textes qui peut entra îner une sp écialisation excessive dont les d élinquants de   haut vol   peuvent tirer profit.  Banalisation de l’id ée m ême d’incrimination et de celle de la sanction Conséquence : banalisation des comportements.  Si tout est p énalement interdit, la hi érarchie des valeurs dispara ît.  Le droit p énal de l’environnement punit de la m ême fa çon des actes formels et des actes tr ès  graves.  Ex : pourquoi la pollution marine est­elle tant sanctionn ée alors que des pollutions du sol le   sont moins ?  4 Il y a un risque d’une perte cr édibilité du droit p énal des affaires.  b. les causes  Anarchie dans la conception du droit p énal des affaires.  Les incriminations sont le fait de techniciens de droit sp écialisé. La cr éation se fait dans   chaque secteur isol ément. Le droit p énal risque de manquer de coh érence. Chacun fait dans   son coin avec ses propres conceptions.  Ex : obstacle  à fonction  : fait pour un chef d’entreprise de s’opposer aux contr ôles  administratifs. Il y a a au moins 35 incriminations de d élits d’obstacle  à fonction. Cependant,   les sanctions sont jamais les m êmes or, c’est toujours la m ême chose.  c. les rem èdes Dans 80’s, des institutions se sont pos é des questions  : CE, commission  à la chancellerie.  Les id ées sont de 3 sortes  :  ­ redonner une coh érence à la cr éation de lois  :  examen par le minist ère de la justice de toutes lois qui ont une sanction p énale pour   harmonisation.  ­ Décorrectionnaliser :  Transformer des d élits en contraventions.  Ne faire des d élits que pour les cas graves.  ­ Dépénaliser :  Préférer au droit p énal des sanctions civiles ou administratives.  Problème : quels crit ères ?  La CJCE et la CEDH d éveloppent les notions de n écessité et de proportionnalit é.  Proposition de tables des lois avec des principes directeurs pour que le l égislateur choisisse le   pénal ou pas  :  Le principe de justice comme indicateur de proportionnalit é avec 3  éléments : le caract ère de   la faute, la valeur mise en cause, la nature du dommage.  Quand le degr é le plus est atteint pour les 3  éléments, c’est du droit p énal n écessairement.  Ex : faute intentionnelle qui est plus qu’une menace qui cause forc ément un dommage   important => droit p énal.  Ce principe de justice est pas suffisant, il faut le principe de l’utilit é. Les indicateurs   d’effectivité et d’efficacit é. Une incrimination doit  être cr éée que si la sanction peut  être  appliquée.  Souvent, les sanctions sont inapplicables pour des raisons de preuve.  Ex : Prouver pour les rassemblements dans les halls d’immeuble que le but est de perturber.  Mandat d’arr êt europ éen.  Il faut cr éer une incrimination que si elle peut avoir un effet positif. La pr évention doit   pouvoir bien jouer. La r éprobation doit fonctionner.  Les r éalisations pratiques  ?  ­ Uniformisation des proc édures d’enqu êtes dans les 90’s mais pas dans tous les   domaines. ­ Décorrectionnalisation et d épénalisation :  5 *L’ordonnance de 1986 a transform é des d élits en contraventions Ex : refus de vente  à un consommateur, fin du d élit d’entente illicite car c’est pass é à la   compétence du conseil de la concurrence. Dans la mati ère p énale, il reste le d élit d’entente   illicite que si fraude.  *Loi 29 janvier 1985 sur la liquidation judiciaire  : mouvement de d épénalisation car plus   que des banqueroutes frauduleuses.  *Beaucoup de nouvelles autorit és administratives ind épendantes mais pas tant de   dépénalisation que  ça, plut ôt une canc érisation. ­ Le nouveau code p énal :  Une certaine coh érence mais il prend pas en compte les lois hors code donc la situation a pas   franchement chang é. Ce code est beaucoup plus r épressif, pas de d épénalisation du tout.   Aucun principe directeur entre p énalisation et d épénalisation. Beaucoup de codifications  à partir de 2000  : am élioration de la coh érence mais augmentation   de l’incoh érence à cause de la technique du renvoi (deux textes pour l’incrimination et la   sanction).  C’est une d épénalisation de facto  car les administrations ont jou é un r ôle de r égulation plus   que de r épression.  Mouvement de d épénalisation avec la loi NRE de 2001 pour le droit des soci étés puis loi   sécurité financi ère de 2003.   Cependant, pas de politique claire derri ère donc toujours les faiblesses du droit p énal  des affaires car risque d’incoh érence maintenu.   On peut toujours utiliser l’incrimination commune m ême si l’incrimination sp éciale  existe plus.  Des infractions reposant sur le mensonge ont  été supprim ées mais l’escroquerie existe   toujours.  Fin de l’introduction.  PARTIE 1 : THEORIE GENERALE DU DROIT PÉNAL  Chapitre 1  : L’infraction Chapitre 2  : L’agent p énal  Chapitre 3  : La pr éocédure Section 1 : Le préalable légal §1. L’incidence du droit communautaire  Préliminaires :  6 1. Principe : aucune comp étence p énale n’a  été confi ée aux autorit és communautaires. Elles ne   peuvent ni  édicter des peines, ni obliger les Etats  à sanctionner p énalement des infractions   définies par le droit communautaire.  CJCE 13 septembre  : elle a rappel é 2004 ce principe.  Les exceptions  :  ­Les communaut és peuvent sanctionner administrativement certains comportements. Ce sont   des sanctions quasi p énales à caract ère punitif.  Surtout en mati ère de concurrence.  ­Dans certains r èglements, pour prot éger les finances communautaires, il y a des sanctions de   caractère administratif punitif. Elles doivent  être appliqu ées dans les diff érents syst èmes  étatiques.  erArticle 280 du trait é CE  : il fonde sur le 1  pilier (le pilier communautaire) la cr éation d’un   office europ éen de lutte anti­fraude (OLAF). Or les enqu êtes men ées par l’OLAF ressemblent   à des enqu êtes p énales.  La commission avait propos é la cr éation d’un procureur europ éen comp étent pour les   infractions portant atteinte aux int érêts financiers de la communaut é. Id ée reprise dans le   projet de Constitution pour l’Europe.  Le conseil europ éen de Tamp éré a donn é un  élan à l’harmonisation des droits p énaux  internes. Il faut trouver un accord sur les d éfinitions, les incriminations et les sanctions.  2.  Une harmonisation s’op ère d éjà de 2 fa çons :  ­ Directement par le biais de certaines directives ou d écisions cadres.  ­ Indirectement par l’interpr étation des trait és et du droit d érivé par la CJCE Lundi 17 octobre 2005 Passerelle entre les piliers La protection de l’environnement  :  Quels instruments  ? Quels piliers  ?  La commission estime que la communaut é a assez de comp étence p énale pour prendre une   directive.  Le Conseil a d écidé que la communaut é a pas de comp étence p énal donc que une d écision  èmecadre du 3  pilier du 27 janvier 2003.  La commission a fait un recours en annulation car empi ètement sur les comp étences  communautaires.  CJCE 13 sept 2005 => annulation de la d écision cadre car  :  ­ Elle a constat é que la mati ère de la d écision cadre est largement communautaire donc   er èmenon respect des comp étences respectives du 1  et du 3  pilier. Depuis 30 ans, la   communauté prend des textes sur l’environnement du m ême genre que la d écision  cadre.  ­ Elle a rappel é le principe que la communaut é a pas de comp étence p énale mais que   rien interdit  à la communaut é pour donner effectivit é à sa l égislation communautaire   erd’imposer aux Etats par directive de prendre des sanctions p énales. Dans le 1  pilier, il   y a une action en manquement  : si l’Etat ne transpose pas, la commission peut saisir la   7 erCJCE. Cette action existe pas sur le 3  ème pilier donc le 1  est plus coercitif.  Une nouvelle page de la construction communautaire  :  Avec de comp étences p énales de la communaut é qui s’affirment au moment o ù politiquement   la construction stagne. C’est la CJCE qui fait avancer les choses. C’est une page dangereuse si   la comp étence p énale est pas bien utilis ée.  ­ Une harmonisation s’op ère d éjà de 2 fa çons : Indirectement par l’interpr étation des   traités et du droit d érivé par la CJCE Interprétation qui doit s’int égrer dans les droits nationaux.  D’abord une d écision de la Chambre Criminelle 22 10 1970.  L’incidence du droit communautaire sur le droit interne est venue car influence de la   jurisprudence de la CJCE qui combine 4 principes m ême si certains sont repris dans des   textes :  ­ principe d’imm édiateté : le droit communautaire acqui ère automatiquement statut de   droit positif dans l’ordre interne.  ­ Principe de l’effet direct affirm é d ès 1963  : le droit communautaire cr ée des droits en   faveur des particuliers qui peuvent s’en pr évaloir devant le juge national.  En cons équence, le juge national est juge de droit commun du droit communautaire.  Ce fut d’abord reconnu aux r èglements puis aux directives (1974).  Les directives mal ou pas transpos ées qui peuvent  être invoqu ées par las particuliers   contre l’Etat mais pas par l’Etat contre la particuliers. C’est en mati ère de directive que la   erCJCE s’est prononc ée en 1  (1987  ou 11 nov 2004) mais la CJCE a aussi  étendue cette   solution aux r èglements (7 janv 2004) CJCE 7 janv 2004 => les douanes ont saisi des rolex contrefaites en Autriche. Un r èglement  communautaire interdit le transit de marchandises contrefaites. La loi a pas de loi anti   contrefaçon pour les hypoth èses de transit. La CJCE a estim é que  à d éfaut de texte interne, il   est impossible de poursuivre car ce serait contraire au principe de l égalité. On peut pas faire   peser sur les particuliers le manquement des Etas  à transposer.  ­ Principe de la primaut é du droit communautaire sur la l égislation m ême post érieure  des Etats membres. ­ Principe de coop ération loyale des Etats membres  :article 10 TCE. Il permet une   condamnation des Etats en manquement quand il ne coop èrent pas loyalement   (mauvaise ou pas de transposition).  Aucun de ces principes ne met en cause directement le droit p énal mais ils ont tous une   incidence sur la mati ère.  Ils peuvent permettre   De constater l’incompatibilit é entre la norme p énale interne et le droit communautaire.   Dans ce cas, neutralisation du droit interne. Il s’exerce  pleinement sans intervention du    législateur national   : le juge p énal interne doit juste constater l’incompatibilit é .   De constater les lacunes du droit p énal interne donc c’est un appel au renforcement du   droit interne.  Il ne peut y avoir qu’une action en manquement contre l’Etat  i.e. recours   de la commission contre l’Etat devant la CJCE. Personne n’a la possibilit é de   remplacer le l égislateur interne. Personne ne peut cr éer l’incrimination ni la sanction  à  la place du l égislateur interne.  A. L’incidence sur les incriminations 8 1. La paralysie du droit p énal fran çais  a. Les principes Le juge fran çais ne peut appliquer que le droit interne compatible avec le droit   communautaire. Il (surtout la Cour de cassation) a le devoir de faire un recours pr éjudiciel en   interprétation aupr ès de la CJCE quand doute sur la compatibilit é entre une r ègle nationale et   un principe communautaire (et recours en appr éciation de la validit é d’un acte communautaire   qui est plus rare).  En r éalité, l’Etat demande si son droit est compatible avec le droit communautaire m ême si   c’est pas comme  ça que la question doit  être pos ée.  Quand incompatibilit é, le juge interne doit  écarter le droit interne qui est incompatible avec   les principes fondateurs de l’Union en particulier la libert é de circulation des marchandises.   Tout texte interne qui peut  être assimil é à une mesure d’effet  équivalent à une restriction   quantitative à l’importation doit  être écartée (jurisprudence Dassonville 11 juill 1974).  Il faut  écarter les textes incompatibles avec du droit originaire ou du droit d érive.  Quand l’ élément descriptif de la norme de comportement est plus restrictif que le droit   interne, il faut  écarter le texte le plus large.  CJCE 23 janv 2003 =>  étiquetage de produits. Un texte p énal interne interdit les mentions sur   la vertu des produits alimentaires. Une directive de 1978 fait la diff érence entre les indications   exactes et celles qui sont erron ées donc elle est plus restrictive. Le texte autrichien pouvait pas   être compatible avec le droit communautaire donc l’incrimination doit  être écartée.  CJCE 16 janvier 2003  => Une dame est arr êtée pour avoir d ébarqué des coquilles St J apr ès la   date officielle. Le droit communautaire de la p êche est tr ès d éveloppé. Il permet aux Etats de   prendre des textes sur la p êche que dans des cas tr ès pr écis : que quand p êche dans les eaux   territoriales , quand stock locaux , que des p êcheurs de l’Etat membre. Or, les coquilles ont   été p êchées dans un autre Etat. Donc paralysie du droit fran çais car le droit communautaire est   plus restrictif. On peut pas condamner la dame.  Le droit communautaire r éserve la possibilit é du maintien du droit interne (ex article 36). Les   Etats peuvent  édicter des restrictions justifi ées pour des raisons de moralit é publique, d’ordre   public, de s écurité publique, de protection de la sant é et de la vie des personnes et des   animaux.  Le motif d’int érêt g énéral est tr ès encadr é par la CJCE CJCE 5 f év 2004  => vente de denr ées alimentaires interdites en France pour des raisons de   santé publique mais pas Angleterre. La CJCE a indiqu é quelles sont les conditions pour qu’un   Etat fasse valoir l’int érêt g énéral :  ­ Procédure transparente  : proc édure d’inscription sur une liste nationale.  ­ L’intérêt g énéral ne pet  être avanc é que sil y a un risque r éel pour la sant é publique.   Pour l’appr écier, l’Etat doit respecter le principe de proportionnalit é et tenir compte   des donn ées scientifiques des donn ées les plus r écentes et les plus fiables.  b. Quelques applications  : 2 domaines de paralysie.   Publicité des boissons alcooliques  : Le code de d ébits de boisson avait des articles sur les boissons alcooliques  : diff érentes  possibilités = pub permises, r églementées, interdites. Mais, entre un vin cuit fran çais, italien   ou portugais beaucoup de diff érences : il est plus facile de faire de la pub pour les produits   français. La commission a dit ce texte discriminatoire donc elle a saisi la CJCE qui a   9 condamné la France pour discrimination (1982).  Les producteurs fran çais étaient dans une situation difficile car ne plus appliquer les textes   permet aux autres de faire toute la pub qu’ils veulent alors que le producteur fran çais se voit   appliquer la r ègle donc discrimination  à rebours.  La Cour de cassation a saisi la CJCE en recours pr éjudiciel en interpr étation. La Cour de   cassation s’est conform ée à la d écision de la CJCE  : la l égislation fran çaise n’est applicable ni   aux produits venant de la communaut é ni aux produits fran çais en concurrence avec des   produits europ éens comparables. C’est quoi un produit comparable  ? Pour la CJCE, c’est des  ts comparables dans leur condition de consommation (ap éritif, digestif…).  Le texte fran çais est paralys é presque tout  à fait mais il est pas abrog é. Il peut pas  être  appliqué car si c’est la cas cette exception de non conformit é avec le droit communautaire.  Le l égislateur a d û changer la l égislation sur la pub.   Interdiction du travail de nuit des femmes  Dans le code du travail, incrimination pour le travail de nuit des femmes mais pas   d’interdiction sur le travail de nuit des hommes. La CJCE a dit qu’il est impossible de poser   en principe l égislatif l’interdiction du travail d nuit des femmes alors qu’il n’y a rien pour les   hommes (CJCE 1991). Elle a  dit que c’est pas compatible avec le droit communautaire.   Certaines juridictions fran çaises ont relax é les employeurs poursuivis pour le travail des   femmes la nuit car le droit fran çais incompatible car non respect de l’ égalité homme femme   (=principe communautaire).  Problème : le droit fran çais était conforme avec le droit international car interdiction dans le   traité de l’OIT qui interdit le travail de nuit des femmes.  Pour la commission, c’est le droit communautaire qui doit primer (position un peu   impérialiste). La France a d énoncé la convention de l’OIT en 1992. En 1993, la CJCE a   estimé que quand hypoth èse de conflit entre norme communautaire et norme international, le   droit communautaire ne prime pas n écessairement. En l’esp èce, la convention de l’OIT aurait   dû primer.  A partir de fev 1992, la France a d énoncé la convention de l’OIT donc elle peut que mettre en   conformité son droit avec le droit communautaire. Plus de condamnation des employeurs pour   travail de nuit des femmes.  Pour la CJCE, la fait que les articles du code soient pas abrog é est un manque de coop ération.  En 1997, la France est condamn ée en manquement. La loi du 9 mai 2001 permet le travail de   nuit des femmes.  2. L’application du droit communautaire  : l’incidence positive Rien sur le droit de la concurrence.  Les polices communautaires  :  C’est la face du dirigisme du droit communautaire oppos é aux grands principes   communautaires.  La violation de ces normes ne peut  être sanctionn ée que par le droit interne. Il faut un support   en droit interne pour respecter le principe de la l égalité.  Comment faire pour que le droit communautaire puisse recevoir application en tant que r ègle  pénale en droit interne  :  ­ L’assimilation :  Une intervention sp écifique du l égislateur interne n’est pas n écessaire car *le droit   communautaire l’impose (le droit communautaire interdit quelque chose et dit qu’il faut le   10