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DS 1 – LA DEMOCRATIE A ATHENES (correction).
I.
PARTIE COURS :
A.
Définir les termes suivants :
Métèque :
Désigne un étranger libre, vivant à Athènes depuis plus d’un mois, payant un impôt et disposant d’un citoyen
comme garant. Ce statut particulier lui permet d’être protégé par la loi, de faire des liturgies et de défendre la Cité.
Misthos
: Il s’agit d’une indemnité versée par la Cité d’Athènes aux citoyens pour leur permettre de participer à la vie
politique.
Ostracisme
: Il s’agit d’un exil de 10 ans infligé par
l’Ecclesia
à un citoyen menaçant la démocratie.
Monarchie
: Il s’agit d’un régime politique où une seule personne gouverne.
B.
Répondre aux questions suivantes, en dix lignes maximum :
La démocratie athénienne est-elle une vraie démocratie ? Au V
e
siècle avant Jésus Christ ? Aujourd’hui ?
Au V
e
siècle avant Jésus-Christ, Athènes apparaît comme une vraie démocratie car tous les citoyens participent à la vie
politique. Aujourd’hui, le système politique athénien ne serait pas considéré comme une démocratie car il exclut les
femmes de la participation à la vie politique.
Quels sont les critères à remplir pour être citoyen à Athènes au V
e
siècle avant Jésus-Christ ?
Au V
e
siècle avant Jésus-Christ, pour être citoyen, il faut être un jeune homme de condition libre, de père citoyen et de
mère fille de citoyen. De plus, de l’âge de 18 ans à celui de 20 ans, il faut effectuer un service militaire, l’éphébie, et
seulement ensuite, on devient citoyen.
C.
Compléter le tableau ci-dessous :
NOM
COMPOSITION
MODE DE
SELECTION
ROLE
LIEU DE
REUNION
PRYTANIE
50
Tirage au sort
Dirigent les débats à l’assemblée
La Tholos sur
l’Agora
D.
Donner, pour les dates suivantes, le siècle en chiffres arabes (ex : 6) et en chiffres romains :
-
300 avant Jésus Christ : III
e
ou 3
e
siècle avt. J.-C.
-
501 avant Jésus Christ : VI
e
ou 6
e
siècle avt. J.-C.
II.
PARTIE EXERCICE :
SUJET 1 :
1.
Présenter le document. Est-ce une source fiable ?
Au V
e
siècle avant Jésus Christ, Athènes présente un régime politique différent de celui des autres Cités-Etats, la
démocratie. Cet extrait du Livre II, paragraphes 37 et 40 de La Guerre du Péloponnèse de Thucydide nous offre un
témoignage sur le fonctionnement de cette démocratie athénienne et sur la vision qu’en avait les Athéniens. En effet,
Thucydide a vécu au V
e
siècle avant Jésus Christ et est un citoyen athénien. Ce document a été traduit par J. de Romilly et
publié aux éditions des Belles Lettres en 1962. Le document s’adresse aux Athéniens, particulièrement les citoyens pour
leur raconter les événements qui se déroulent pendant la Guerre du Péloponnèse.
Ce document pourrait être une source fiable car l’auteur est contemporain des événements rapportés. Cependant, le texte a
été rédigé dans un contexte de guerre incitant, peut-être, l’auteur à embellir la réalité. De plus, le texte est sensé
reproduire un discours de Périclès mais Thucydide a peut-être modifié le contenu du discours en le transcrivant.
2.
D’après le texte et vos connaissances, quels sont les autres régimes en vigueur dans l’Antiquité ?
Athènes est la seule démocratie de l’Antiquité, face à elle les autres régimes politiques de l’Antiquité sont l’oligarchie,
c’est-à-dire que « les choses dépendent […] du petit nombre » et la monarchie lorsqu’une seule personne dirige.
3.
Quelle notion désigne la phrase « La loi fait à tous, pour leurs conflits privés, la part égale » ?
La phrase « La loi fait à tous, pour leurs conflits privés, la part égale » désigne la notion d’isonomie, c’est-à-dire l’égalité
devant la loi des citoyens athéniens.
4.
Quelle peine est désignée par l’expression « mépris général » ?
La peine désignée par l’expression « mépris général » est celle de l’ostracisme, l’exil pour dix ans d’un citoyen considéré
comme une menace pour la démocratie (« ceux qui les [les lois] transgressent ») après le vote de l’Assemblée.
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5.
Comment Périclès définit-il la démocratie et le citoyen à Athènes ?
Périclès définit la démocratie comme un régime où « les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité »,
donc que les décisions sont prises par la majorité des citoyens et non par une minorité voire par une seule personne.
Périclès donne aussi, en négatif, sa définition du citoyen : « un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non
pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile » donc n’est pas un citoyen. Ainsi, le citoyen se définit par sa
participation à la vie politique, il doit « se tenir […] au courant des affaires publiques ».
6.
Expliquer, à partir du texte, comment fonctionnent les magistratures à Athènes puis comparer ce
fonctionnement avec vos connaissances.
Les magistrats à Athènes sont au nombre de 700 dont les deux magistratures principales sont les stratèges et les archontes.
Ces magistrats sont majoritairement tirés au sort sauf pour les postes nécessitant des compétences particulières. On
perçoit ainsi une différence avec le texte, lorsque Thucydide écrit que « c’est en fonction du rang que chacun occupe dans
l’estime publique que nous choisissons les magistrats de la Cité, les citoyens étant désignés selon leur mérite » donc que
les magistrats seraient tous choisis selon leur compétence. Les magistratures sont annuelles (« se succèdent à la tête de la
Cité ») sauf quelques exceptions comme les stratèges qui peuvent être élus à plusieurs reprises.
7.
Grâce au texte et à vos connaissances, expliquer où et comment se déroule l’essentiel de la vie politique à
Athènes au V
e
siècle av. J.-C. .
Le cœur de la vie politique athénienne est l’Ecclésia où se réunissent tous les citoyens. Il s’agit du lieu d’expression de la
souveraineté populaire. Les citoyens y votent les lois à main levée, la paix et la guerre (« Nous intervenons tous
personnellement dans le gouvernement de la Cité au moins par notre vote ou même en présentant à propos nos
suggestions »). Ils y élisent les magistrats et demandent des comptes aux magistrats. Enfin, il s’agit du vote de
l’ostracisme.
SUJET 2 :
1.
Présenter le document.
Au V
e
siècle avant J.-C., la démocratie athénienne est à son apogée, pour la première fois dans l’histoire tous les
citoyens d’un Etat participe au gouvernement. Ce système politique a beaucoup inspiré les générations suivantes ainsi le
document proposé est un extrait des paragraphes 3 à 7 du livre III de la
Politique
d’Aristote. Ce dernier est un philosophe
grec du IV
e
siècle (384-322). Dans cet extrait, Aristote donne sa définition du citoyen et explique le fonctionnement des
magistratures à Athènes au V
e
siècle. La
Politique
n’est pas une source totalement fiable puisqu’elle décrit le
fonctionnement de la démocratie athénienne au V
e
siècle alors que le texte a été écrit un siècle après pour les citoyens de
l’époque.
2.
Qui peut devenir un « citoyen naturalisé ». Comment et grâce à qui le devient-
o
n ?
Aristote explique que certains citoyens obtiennent ce statut « de façon exceptionnelle », il les appelle des « citoyens
naturalisés ». Dans certains cas rares, des métèques pouvaient recevoir, grâce à un vote de
l’Ecclesia
, le statut de citoyen.
Pour cela, ils devaient avoir accompli des faits particulièrement marquants pour la Cité (sauver un citoyen à la guerre,
participer à une bataille de façon héroïque, effectuer de nombreuses liturgies…).
3.
Définir le terme « métèque » à partir du document et de vos connaissances.
Les « métèques » que cite l’auteur sont des étrangers à la Cité d’Athènes – grecs ou non grecs – qui résident plus d’un
mois à Athènes, qui payent un impôt particulier et qui disposent d’un « patron » citoyen qui est responsable d’eux. En
échange, les métèques disposent de droits particuliers qui les différencient des étrangers de passage : comme le « droit de
résider », de défendre la Cité, de disposer de la protection des tribunaux athéniens (« agir en justice comme défenseur ou
demandeur »), de participer à la vie publique par le versement de liturgies – somme d’argent permettant à la Cité de
financer des fêtes ou la construction de navires de guerre, ou de participer à la vie religieuse en assistant à certaines fêtes
comme les Grandes Panathénées, se tenant tous les 4 ans en l’honneur d’Athéna.
4.
Pourquoi les enfants sont-ils des citoyens « imparfaits » ?
Aristote explique que les enfants sont des citoyens « imparfaits », qu’ils sont « non inscrits à cause de leur âge ». En
effet, un enfant mâle ne peut devenir citoyen que s’il effectue une sorte de service militaire, l’éphébie, qui dure deux ans –
1 an pour la formation militaire, 1 an pour la défense des frontières. Avant de participer à celui-ci, il doit être inscrit, à
l’âge de 18 ans et par son père, sur la liste des membres du dème, les démotes. Et encore, cette possibilité n’est offerte
qu’aux enfants, fils d’un père citoyen et d’une mère, fille de citoyen.
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5.
Quelles magistratures l’auteur distingue-t-il ? Donner un exemple pour chaque type de magistratures.
L’auteur distingue les magistratures « limitées en durée » qui ne « peuvent absolument être exercées deux fois par la
même personne » comme la magistrature d’archonte ou « qu’après un intervalle de temps bien défini » comme la
magistrature de stratège. En effet, un même citoyen ne pouvait exercer la même magistrature chaque année ou pendant
plus d’une certaine durée. Il distingue un second type de magistratures, celles « de durée illimitée » comme « juge » à
l’Aréopage ou celle de « membre de l’Assemblée », de l’
Ecclesia
. En effet, un membre de l’Aréopage ou de l’Assemblée
est membre à vie
6.
A partir du texte donner une définition de la citoyenneté à Athènes. Cette citoyenneté est-elle démocratique.
Nuancer votre réponse en fonction de l’époque de référence.
Selon Aristote, le citoyen se définit par « la participation à l’exercice des pouvoirs de juge ou de magistrat » et par le
fait qu’aucun « correctif à son titre » ne puisse être apporté. Sachant que tous les citoyens peuvent devenir juge ou
magistrat, on peut considérer que la citoyenneté définie par Aristote est démocratique, car le peuple gouverne. Cependant,
à Athènes, au V
e
siècle, il existe un certain nombre de limites à la démocratie. Tout d’abord, les citoyens riches peuvent
s’occuper plus facilement de la vie politique et, comme ils disposent d’une bonne éducation, accéder à des postes élevés ;
les pauvres sont relativement exclus de la vie politique car ils manquent de temps malgré l’existence du
misthos
. Ensuite,
les citoyens ne représentent que 12% de la population athénienne, la majorité des habitants de la Cité sont donc exclus de
la vie politique. Enfin, cette démocratie est réservée à Athènes et les Athéniens ne cherchent pas à l’étendre en dehors de
la Cité. Aussi, selon nos critères contemporains, il ne s’agit pas d’une citoyenneté démocratique, cependant, la
citoyenneté athénienne constitue un progrès par rapport aux autres régimes politiques antiques qui concentrent les
pouvoirs entre les mains d’une (monarchie, tyrannie) ou de quelques personnes (oligarchie).